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Archive for mars, 2009
Cette déclaration de l’archevêque de Poitiers vaut la peine d’être lue. Elle me semble à la fois prendre la bonne distance par rapport aux événements récents et être d’une remarquable justesse. C’est une sorte de feuille de route pour une réflexion à venir. Bonne lecture
CP
Déclaration de Mgr Albert Rouet, source : Radio Accords
Extrait de l’émission Parole à notre évêque - 20 mars 2009
A propos des évènements récents qui ont marqué l’Eglise : levée des excommunications dequatre évêques intégristes, de l’excommunication à Récife, des propos sur le Sida
Sans revenir sur chaque évènement récent, je souhaiterais faire quatre remarques. En effet, ce ne sont pas des crises à cause d’un mot ou d’une mauvaise communication. Nous sommes devant des problèmes infiniment plus profonds, dont ces évènements en sont l’illustration. Ils sont les symptômes de malaises plus graves. Notre Eglise se trouve de par les circonstances, les évolutions, devant quatre problèmes fondamentaux, pour lesquels elle doit faire révision de vie.
• La première question qui se pose est la prise en compte de la complexité de ce qui est humain. On ne peut pas avoir une morale tellement claire, tellement évidente, tellement impérative qu’aucune exception ne serait jamais possible, qu’il n’y aurait qu’à appliquer des décisions prises par des instances morales. Déjà saint Thomas d’Aquin écrivait que « la première instance morale de l’homme est la conscience éclairée, c’est-à-dire un homme qui s’est informé ». Ce problème est tellement grave qu’une morale qui voudrait répondre à toutes les questions deviendrait immorale, parce qu’elle empêcherait les sujets libres de prendre leurs propres décisions. Cette question est évidemment à la source d’autres problèmes.
Des gens qui critiquent le siècle des Lumières comme étant un siècle de sécularisation et d’éloignement de la religion agissent exactement dans la même logique que ce siècle qu’ils contestent. Ils en sont les enfants, puisque leur approche de l’homme est tellement claire, tellement rationnelle, qu’il n’y aura plus d’obscurité. Pour eux, l’homme déploie son existence dans une clarté dont l’homme est maître à chaque moment ou est capable de le devenir. Il y a là deux aspects. Le premier est la hantise de la rigueur. Rappelons-nous que sur les papyrus qu’on mettait sur la bouche du Pharaon défunt, il était écrit : « je suis pur » cinq fois. Cette protestation était liée à la mort, pour se présenter dans l’au-delà. Justement lorsqu’on est mort, cette complexité humaine s’est éteinte. En attendant, on est toujours dans une sorte « d’entre-deux ».
L’autre exemple historique est très parlant. Partout où il y a eu en France des prêtres rigoristes, moralement jansénistes comme on disait à l’époque, dans ces endroits-là, l’athéisme s’est développé. C’est-à-dire qu’une très grande rigueur provoque l’inverse de ce qu’elle recherche. Une très grande rigueur est de soi inapplicable. Le premier examen est de se rendre compte que l’homme est un être ambigu. Cela ne signifie pas qu’on renonce à la morale, mais cela signifie qu’on renonce à une morale réglementant tous les détails de la vie des hommes et ayant accès aux moindres décisions, comme si elle était un savoir portant sur tout.
Nous nous fondons sur une idée de la nature qui vient du stoïcisme, qui a été commune au Moyen-âge, mais ce que nous oublions c’est que la nature était donnée et qu’il fallait la suivre. Aujourd’hui, pour la science, la nature est ce que l’on a à creuser, à façonner parce que cette nature-là, on ne l’obtient que par l’approche d’une culture. Il faudrait là encore avoir une approche de l’homme qui soit autre, une fausse clarté finalement naît de trop d’assurances sur des bases contingentes.
• Le second point est une question classique de théologie : c’est de distinguer les degrés d’engagement dans les paroles du Pape. Tout ce que dit le Saint-Père n’est pas sur le même plan et n’engage pas son infaillibilité. J’ai entendu sur une radio nationale « avec de telles déclarations, le pape met à mal son infaillibilité. » Mais là n’est pas le problème. Jamais une réponse à une question dans un avion n’entre dans le registre d’une parole officielle qui engage l’infaillibilité. Il faut savoir distinguer la parole ordinaire et habituelle du pape et de ce qui relève de son engagement public. Sans cette distinction et ce travail de discernement, on sort du christianisme pour entrer dans une relation du même type qu’un tibétain envers le Dalaï-Lama. Or, ce n’est pas ce que dit le Concile Vatican I. Il faut donc voir quelle est la portée des expressions, le contenu des mots utilisés, les références de base. Autrement dit, toute parole est sujette à interprétation. Sinon ce n’est plus une parole humaine. Dans notre histoire, il faut se mettre au clair sur le sens des mots. Prenons par exemple, le mot « unité ». Il va de la complaisance jusqu’à la communion. Quel sens retient-on ? Où place-t-on l’index ? L’incertitude des mots et la valeur des expressions sont pour beaucoup dans les crises que nous venons de vivre.
• Le troisième problème est sans doute le plus grave. Il nous faut revoir le positionnement de notre Eglise dans le monde. C’est-à-dire qu’il faut revoir le mode de présence au monde. On se rend compte que toute parole qui vient d’en-haut, qui n’est pas engagée dans un dialogue, après avoir écouté et entendu l’autre, ne peut plus être une parole crédible. Ce type de parole peut se rencontrer dans des décisions économiques de quelques grands décideurs qui annoncent la fermeture d’une usine dans notre pays. Mais on ne fait pas vivre l’Evangile sur le même mode que celui des décisions économiques. Sinon on sort de la morale chrétienne. « Et toi, qu’en penses- tu ? » dit le Christ. Tant que l’Eglise va se contre-distinguer de ce monde, tant qu’elle va vouloir vivre dans une nébuleuse ou en état d’apesanteur, elle perd toute crédibilité.
C’est un problème pour nous tous, pour le pape bien sûr, mais aussi pour les évêques, pour toutes les communautés chrétiennes. Notre monde n’écoute que ce qui est prononcé à hauteur de visage d’homme. Tant qu’on n’aura pas compris cela, on ne pourra pas être entendu, ni même compris. Nous n’avons pas eu affaire à une erreur de communication, mais à une erreur de point de vue, une erreur de positionnement. La question à se poser est de se demander quelle est notre posture vraie pour être en capacité d’être entendu. On se rend compte que sans partage, il n’y a pas de posture vraie. Aujourd’hui, on ne peut plus annoncer des choses qui passent pour définitives dans une posture sans aucune relation avec la situation prise dans son contexte humain concret. Sinon, cette déconnexion produit du rejet. A trop répéter, on crée de la dévaluation.
• Une quatrième question se pose : on ne construit pas un avenir de l’homme uniquement en jouant sur le permis et le défendu, parce que la morale ne dépend pas seulement d’une technique. Il faut revenir à la signification humaine des problèmes qui sont posés. C’est très joli de donner un idéal. Le monde n’est quand même pas perpétuellement adolescent… heureusement ! L’idéal, comme l’horizon, est invivable.
Car lorsqu’on pense l’approcher, il apparaît toujours plus loin. Le problème n’est donc pas la question de l’idéal, ni même des repères. Tous repères sont forcément dans un environnement donné. Ils ne peuvent être en suspension dans l’air, autour de rien du tout. Si on ne recherche pas un accord commun de sens, à ce moment-là on isole l’Eglise de sa participation à l’histoire humaine. Elle en sera réduite à se parler à elle-même.
Dans toutes ces questions, il y va de la vie des hommes. Le véritable problème est « qu’est-ce qui fait vivre ? Qu’est-ce qui met debout ? Qu’est-ce qui rend responsable de son existence ? » Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’exigence à poser. Au contraire, je suis persuadé qu’il faut en poser, mais pas sous forme manichéenne du tout noir-tout blanc, du permis et du défendu. Regardons l’Evangile. Le Christ dit au paralysé : « Lève-toi et marche ! » Imaginons que l’homme lui réponde : « Je suis bien couché, je n’ai pas envie de me lever ». Le Christ ne va quand même détruire son grabat. Si cet homme ne se met pas debout, il ne pourra pas être guéri. Nos paroles mettent-elles les gens debout ? Sont-elles des paroles de vie ? Voilà pourquoi dans nos paroles, il faut toujours se repositionner par rapport à la vie des gens, par rapport à ce sursaut évangélique.
Y-a-t-il moyen de réduire l’écart entre l’Eglise et le monde actuel ?
La crédibilité ne se décrète pas. Par conséquent, la crédibilité ne se retrouvera que par l’humilité de partager la vie des hommes, en étant à leur écoute, que par le partage de leurs peines, que par le désir de partager avec eux notre espérance et de les aider à se mettre debout.
Il n’y a pas d’autres moyens que Nazareth, que de cheminer comme le Christ sur les routes de Galilée. Il n’y a pas d’autres moyens que le partage de la fragilité humaine. C’est en devenant frères que les chrétiens deviennent crédibles. Cela fait vingt siècles qu’on le sait et cela fait vingt siècles, qu’après chaque moment difficile comme celui que nous vivons, il nous faut reprendre les mêmes pas.
Albert Rouet
Archevêque de Poitiers
Dans cette sombre histoire de Sida, de préservatif, et de propos du pape, il me semble que les choses ne sont pas à leur place.
D’un côté, il y a une maladie, transmissible et souvent mortelle, et parmi les modes de transmission, il y a les relations sexuelles non-protégées.
De l’autre côté, il y a le légitime et puissant appel de l’Église pour que les relations d’amour entre les hommes et les femmes (il serait plus politiquement correct de dire entre les personnes, mais ce serait encore un sujet de polémique, puisque les relations amoureuses et sexuelles entres personnes du même sexe sont condamnées) s’inscrivent dans la durée, la fidélité et la fécondité.
Contre la maladie, il y a, comme pour toutes les maladies, l’information, la prévention, la recherche et les soins aux malades. Dans le cadre de la prévention, il y a le préservatif qui en faisant obstacle physiquement à la transmission du virus est efficace. Bien sûr, il peut se produire des accidents, le latex n’est que du latex. La prévention n’est donc pas fiable à 100%. Et alors ? Est-ce une raison pour exposer les 97% qui auraient pu être protégés ? Le préservatif n’est pas un problème moral c’est un moyen de prophylaxie, fiable à 97%. Dont acte.
Par ailleurs, la maîtrise des appétits et des pulsions, le goût de la fidélité, de la stabilité amoureuse et sexuelle ne sont pas des moyens de lutte contre le Sida, ce sont des moyens de bonheur. Tout le monde rêve d’être amoureux et heureux pour la vie entière avec la même personne, même si beaucoup croient ce rêve inatteignable.
Le métier du pape ne devrait-il pas être de parler du bonheur, d’appeler les hommes et les femmes à oser faire le pari de l’amour, à prendre le risque de s’engager ?
Je rêve d’un pape qui appellerait ceux qui s’aiment à s’aimer plus encore, ceux qui se tournent le dos à prendre sur eux de se pardonner, d’effacer leurs fautes et de panser mutuellement et avec tendresse leurs blessures. Je rêve d’un pape qui dirait « Osez », « Osez faire le pari de l’amour pour toujours, au nom de Dieu, je vous en crois capables ! »
Pourquoi le pape parle-t-il du préservatif ? Est-ce son rôle ? Non, non, et non !
Papes, frère Benoît, et ceux qui viendront après toi, parlez-nous d’amour, parlez-nous de Dieu, parlez-nous de nous. Parlez-nous de Dieu qui nous rêve plus grands que nous-mêmes. Donnez-nous une grande espérance ! Rendez-nous à Dieu et le latex aux hygiénistes.
PS: quelques notes de musiques et mots de bonheur ne nous feront pas de mal
link
Le Saint Père est venu en Afrique, pour « dénoncer les forces extérieures qui exploitent les faiblesses du cœur humain, attisent les guerres pour vendre des armes, soutiennent ceux qui sont au pouvoir au mépris des droits de l’homme et des principes démocratiques »(Document de 60 pages distribué aux évêques à la suite de la messe célébrée le 19 mars dans le stade de Yaoundé.).
Qui, mieux que le chef spirituel d’une religion qui dispute à l’Islam le titre de plus grande religion du monde, est aujourd’hui assez indépendant pour dire ces choses-là ? Personne. La place du pape dans le monde est irremplaçable. Le nier serait faire une politique du pire. Du reste, lorsque le Saint Père constate, avec d’autres, que « le préservatif ne résout pas le problème du Sida », il joue son rôle de guide paternel, soucieux de conjurer le fléau dans toutes ses dimensions.
On est d’autant plus blessé de voir son autorité tournée en dérision. Une fois de plus, le mal est fait. En un éclair, Benoît XVI a dévoilé au monde stupéfait l’ignorance du cercle qui l’informe. Non, Très Saint Père, l’usage responsable du préservatif n’ »aggrave » pas le SIDA ! Le XXe siècle nous a trop appris qu’à partir de généralisations biaisées, une logique implacable peut conduire à des catastrophes.
Au delà de toute polémique, l’explication désarmée que certaines personnes autorisées furent contraintes de donner a posteriori dénote aussi une méconnaissance pathétique des méthodes qui permettent de faire reculer les épidémies.
En termes de prévention ou de traitement à l’échelle de populations touchées par des maladies transmissibles, en effet, la plupart des progrès accomplis depuis près d’un siècle, l’ont été grâce à des comparaisons très précises de fréquences et de gravité des risques, en d’autres termes, grâce au calcul des probabilités, sans lequel aucun traitement ni aucun médicament n’est aujourd’hui validé.
Réfléchissons un instant à l’explication donnée :
- La probabilité qu’un homme soit infecté et transmette son infection à une femme par un préservatif emprunté à un ami existerait-elle si cet homme avait normalement accès à des préservatifs ?
- A l’échelle de l’Afrique, le risque d’infection par un préservatif vieux ou sale est-il un cas plus fréquent que les millions de transmissions infligées, faute de préservatifs, par des rapports sexuels non protégés?
Soyons sérieux : les dissertations sur la loi naturelle selon Aristote et saint Thomas, risquent de prendre des accents prométhéens lorsqu’elles placent le concept au-dessus de la vie. Quand le mal est mortel, toute femme le sait, il faut choisir le moindre pour le conjurer.
Le nier est dangereux.
Que faire ? C’est un devoir des laïcs, d’oser dire, au moins qu’une réflexion sur la loi naturelle ne peut être préparée sans danger par un cénacle d’hommes qui s’appuient sur des textes antiques et médiévaux et ont, de surcroît, prononcé le vœu de renoncer à toute vie sexuelle. Ce vœu est respectable et respecté en termes de noces mystiques, mais il est lourd de conséquences, en termes d’expérience de la vie. Que des hommes comblent le manque qu’ils ont choisi ou que la logique de l’institution leur impose, en légiférant entre eux sur la vie des couples, c’est, non seulement imiter ceux qui n’ont que « mépris pour les principes démocratiques », mais s’exposer à la risée.
Dans la vie de tous les jours et de toutes les nuits, en effet, ce sont les cas imprévus et parfois limites qui révèlent, à l’évidence, les limites de la Loi, même si cette loi indique l’absolu.
Le Christ n’a jamais nié ce paradoxe. Il n’abroge pas un iota de la Loi, mais Il guérit un jour de sabbat et ne condamne pas la femme adultère. Il se laisse toucher par une femme intouchable et l’envoie, guérie, en mission : « Va, ta foi t’a sauvée » Non pas « Je te sauve », mais, avec un infini respect de l’Esprit présent en elle : « Ta foi t’a sauvée ».
Il faut imiter le Christ lorsqu’il soigne. Vous qui informez le Saint Père, n’aggravez le malaise de ceux qui quittent l’Eglise à bas bruit !
Elisabeth Dufourcq
Ancien ingénieur de recherches dans l’unité INSERM
Maladies tropicales et Sida de la Pitié Salpétrière ( 1984-1995)
Ancien membre du comité national d’Ethique
Auteur de l’Histoire des Chrétiennes ( Bayard réédition 2009)
Voici l’article paru le 19 mars dans Libération le 19 mars 2009
Jeudi 19 mars 2009
La théologienne Anne Soupa, fondatrice du Comité de la jupe, réagit aux propos du pape :
Recueilli par CATHERINE COROLLER
Anne Soupa est théologienne et fondatrice du Comité de la jupe, créé en réaction aux propos du cardinal archevêque de Paris, André Vingt-Trois. Interrogé sur la place des femmes dans l’Eglise, le prélat avait répondu : «Le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête.»
Que vous inspirent les propos du pape sur le préservatif qui aggraverait le problème du sida ?
Sachant l’écho que cela va avoir en Afrique, ces propos sont irresponsables. Il faut savoir que pour les Africains le sida est une maladie importée par les Blancs, et le préservatif un remède imposé par les Blancs. Pour leur faire accepter le préservatif, il faut mener des campagnes répétées. Avec de tels propos, le pape met les acteurs de terrain dans une position impossible.
Jusqu’à quel point l’Eglise a-t-elle le droit de se mêler de morale sexuelle ?
Elle a à dire la norme sur les questions de morale, mais je ne suis pas d’accord avec les intrusions du magistère dans les questions de sexualité. Je suis choquée que l’encyclique Humanae Vitae se mêle de contraception. L’Eglise n’a pas à savoir ce qui se passe dans la chambre à coucher. Je fais une distinction pour les lois de bioéthique. Le début et le terme de la vie concernent tout le monde, l’Eglise aussi.
Jean Paul II n’avait-il pas condamné, lui aussi, le préservatif ?
Benoît XVI a franchi un degré de plus en déclarant que le préservatif «aggrave» le problème. En plus, il l’a dit dans l’avion, avant d’avoir écouté les gens, ce qui signifie qu’il avait un discours normatif tout prêt.
Comment jugez-vous le pontificat de Benoît XVI ?
Il pose les limites d’un système trop cléricalisé. Le Vatican, la Curie, les personnes en situation de responsabilité vivent en dehors du monde réel. Il faudrait que la place des laïcs soit plus grande dans l’Eglise. Il faudrait trouver aussi un nouveau système de gouvernement. Un homme seul ne peut pas gouverner 1,5 milliard de catholiques. Au mois de janvier, le nouveau patriarche de Russie, qui a une autorité morale sur 250 millions de fidèles, a été élu par un collège de 700 personnes composé de religieux et religieuses, et de laïcs, hommes et femmes. Le pape, lui, est élu par un collège d’une centaine de cardinaux, uniquement masculins.
Benoît XVI est-il réactionnaire ?
Toutes ses décisions vont dans le sens d’une restauration du passé, jamais elles ne regardent l’avenir. Son tropisme vers les intégristes que traduit la levée de l’excommunication des évêques de la Fraternité Saint-Pie-X est grave. Le Vatican n’a toujours pas fait officiellement, non plus, de déclaration sur l’excommunication de la mère de la petite fille de Recife ayant avorté de jumeaux à la suite d’un viol de son beau-père.
Etes-vous pessimiste sur l’avenir du catholicisme ?
Ce qui me rend optimiste, c’est la réactivité de la base. On assiste à la naissance d’une opinion publique catholique. Mais comment parviendra-t-elle à se faire entendre en ne se limitant pas aux canaux officiels que lui laisse le magistère ? C’est toute la question. Ce remue-ménage a été suivi bon gré mal gré par l’épiscopat. On sent, dans les déclarations récentes d’André Vingt-Trois lorsqu’il dit que «l’Europe occidentale n’a pas à garder les yeux rivés sur la péninsule italienne»,une prise de distance vis-à-vis du Vatican. Le haut clergé a compris qu’il était dans une impasse et que cela ne pouvait pas durer.
Cet après midi, dans l’avion qui l’emmenait au Cameroun, Benoît XVI a fait une déclaration où il a renouvelé sa condamnation du préservatif, allant même plus loin que Jean-Paul II.
Pourquoi le pape, qui reconnaît avec une humilité touchante qu’il n’est pas compétent en matière politique et économique, oublie-t-il cette modestie pour affirmer avec aplomb (c’est le moins que l’on puisse dire!) que le préservatif « ne fera qu’augmenter le problème »?
Sans doute veut-il dire que la permessivité sexuelle que le préservatif favorise – peut-être, mais ce n’est pas si sûr! – augmente les risques de contamination du sida? Mais de quelle compétence, de quelle expérience, de quels soins médicaux prodigués aux malades, s’arme-t-il pour parler ainsi?
Outre que cette prise de position du Vatican, pour être constante, n’en est pas moins surpenante, quasiment incompréhensible, surtout dans sa radicalité péremptoire, le pape, ici, ne se trompe-t-il pas de problème? La permessivité est une chose, la lutte contre la maladie une autre.
Où est la prise en compte de la réalité dans de tels propos? On mesure, à l’entendre, le décalage qu’il y a entre un penseur en chambre et un responsable politique. Parfois, il est bon que les instances morales rappellent la norme, mais en l’occurrence, cette « norme » est trop contestable pour s’imposer, surtout lorsque la vie de milliers de personnes est en jeu.
Et, facteur aggravant de ce décalage, la pensée vers laquelle le pape, « penseur en chambre », s’investit, est d’ordre religieux, domaine où la spéculation est inévitable, et risque toujours de filer vers l’azur du ciel. Elle prépare donc encore moins à des prises de paroles de ce genre. Seul un débordement de miséricorde, une empathie vigoureuse avec ceux que l’on visite et qui souffrent pourraient corriger cette incompétence… Si celles-ci pouvaient s’imposer….
A essayer de comprendre la pensée de cet être brillant, courtois, déconcertant, je me sens comme la petite héroine du conte qui entre dans un palais de glace, séduisant de froide beauté, où la norme prime sur le réel de la vie des gens. Je ressens le poids de l’idéal, la terrible étreinte d’une main de fer qui organise toute la vie autour d’un projet, grandiose au risque d’en être tyrannique, insoucieux des corps, des êtres, de la complexité des histoires humaines. Organiser sa vie plutôt que la vivre.
Je ressens aussi la pesante, la dramatique incapacité à se mettre à la place d’autrui.
Il y a en ce pape quelque chose du bon élève qui dit aux autres : « Mais vous n’avez qu’à faire comme moi ! »
Anne Soupa
Changement de cap! Laissons le Vatican se prendre les pieds dans le tapis et regardons du côté de l’Islam sénagalais, assez particulier, car distant de l’Islam moyen oriental et regroupé derrière des chefs religieux charismatiques, de tendance mouride (confrérie soufie, née au siècle précédent, autour de la ville de Touba).
Voici un article de Penda Mbow, historienne sénégalaise. Elle est professeur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et présidente du Mouvement citoyen.
Observez les étapes du parcours des femmes dans l’Islam sénégalais : d’abord balayer les infériorités d’ordre théologique, puis exercer une fonction de guide spirituel, puis fonder un ordre soufi. Autre religion, même schéma de militance : acquérir un peu de dignité, puis agir, occuper le terrain, investir des fonctions… Notez la place de l’aide extérieure. Les institutions religieuses ne cèderaient-elles que contraintes de l’extérieur?
Femmes et religion au Sénégal : quel espace aujourd’hui ? lundi 16 mars 2009
par Penda Mbow
Au Sénégal, l’Islam occupe une place très importante : il régit presque toute la psychologie collective. Parce que quelques textes religieux sont interprétés de façon à considérer la femme comme un être inférieur, de nombreuses féministes estiment que l’Islam constitue une entrave à l’émancipation des femmes.
Or le rôle des femmes dans l’univers religieux sénégalais, leur façon d’innover dans cet espace si particulier, est plus complexe qu’il n’y paraît.
Dès les années 80, une analyse critique de la place de la femme dans les sociétés islamiques s’est développée, coïncidant avec la montée du réformisme et de l’intolérance au Sénégal.
A cette époque, la vie se révélait très dure pour toute femme qui osait évoquer le Coran, surtout lorsque les prédicateurs à la radio, à la télévision nationale justifiaient la légitimité, par exemple, de battre sa femme « selon les prescriptions du Coran ».
Des textes souvent défavorables aux femmes furent mis en exergue, des références religieuses sur l’obéissance de la femme, sur le caractère presque obligatoire de fonder un foyer, de faire des enfants et d’accepter la polygamie comme une fatalité. Par ailleurs, les femmes étaient légalement considérées comme des mineures.
Mais la volonté des femmes d’évoluer, avec – il faut le souligner – la pression de la communauté internationale, ouvrirent de nouvelles perspectives très intéressantes. Les femmes sénégalaises occupent aujourd’hui une place certaine dans la vie religieuse. La participation au débat intellectuel public fut la première étape pour rendre visible le rôle des femmes dans la religion.
Par exemple, l’interprétation du verset 34 de la Sourate An Nissai qui affirme que les hommes sont les « défenseurs » des femmes. Alors que nombreux sont ceux qui mettent en avant ces vers comme preuve de l’infériorité de la femme dans l’Islam, ils n’ont que rarement porté leur attention sur la justification qui suit dans le même verset et qui décrit une réalité de facto : « parce qu’ils dépensent leurs biens pour subvenir aux besoins des femmes ».
Ainsi, l’autorité des hommes sur les femmes dépend de la capacité des premiers à subvenir à l’ensemble des besoins des secondes. Puisque de nos jours, les femmes subviennent de plus en plus à leurs besoins propres, à ceux de leur progéniture et voire de leur mari, cette prééminence des hommes se justifie très difficilement.
Mais au-delà de l’interprétation des textes religieux, les femmes sénégalaises ont aussi créé un espace pour elles-mêmes dans d’autres domaines de la vie religieuse.
Un des premiers exemples est Sokhna Maguat Diop. Cette femme a hérité de la charge de son père, guide religieux de l’ordre soufi des Mouride à Dakar, après le décès de ce dernier dans les années 80. Non seulement elle devint la propriétaire des terres cultivées par les disciples de l’ordre, mais elle leur donnait également des conseils religieux et nommait elle-même les imams.
Un autre exemple sera la tentative de création d’un ordre soufi, apanage des hommes jusque-là, par une ancienne journaliste, Ndiaye Mody Guirandu, décédée dans les années 90. Elle fut un phénomène intéressant parce qu’illustratif du rôle et du statut auquel les femmes peuvent prétendre légitimement au Sénégal. Les critiques soulevées par la vocation de Ndiaye Mody sont éclairantes : pourquoi dans un pays où l’Islam se trouve au centre de toutes les activités, où l’eschatologie constitue un exercice au quotidien, Ndiaye Modu serait-elle considérée comme une « hérétique » (par rapport à l’orthodoxie) ?
Elle constitue une rupture parce que jusque-là, la seule présence des femmes en religion se limitait à leur mobilisation dans les associations religieuses et surtout à l’organisation des différentes cérémonies. Mais pas à l’appartenance à l’élite religieuse.
Dans un pays comme le Sénégal, renforcer ou dominer sa position dans la sphère religieuse, comme participer au pèlerinage annuel à la Mecque, peut servir de tremplin social pour les femmes. Malgré leur marginalisation du pouvoir politique, leur mise à l’écart de la participation aux affaires publiques, du contrôle des terres et du leadership de la pratique religieuse dans les lieux publics, les femmes ont commencé à bouleverser ce statu quo en faisant prendre conscience de l’importance des questions religieuses pour les femmes, en encourageant un débat public sur les rôles des femmes au Sénégal et en prenant part aux cérémonies religieuses.
Cet état des lieux, bien qu’encourageant, reste incomplet si la réflexion sur les rapports entre hommes et femmes n’intègre pas la démocratie et la laïcité, questions sans lesquelles il serait illusoire de parler d’égalité.
Source : Service de Presse de Common Ground (CGNews), 13 mars 2009, Reproduction autorisée.
Changement de cap! Laissons le Vatican se prendre les pieds dans le tapis et regardons du côté de l’Islam sénagalais, assez particulier, car distant de l’Islam moyen oriental et regroupé derrière des chefs religieux charismatiques, de tendance mouride (confrérie soufie, née au siècle précédent, autour de la ville de Touba).
Voici un article de Penda Mbow, historienne sénégalaise. Elle est professeur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et présidente du Mouvement citoyen.
Observez les étapes du parcours des femmes dans l’Islam sénégalais : d’abord balayer les infériorités d’ordre théologique, puis exercer une fonction de guide spirituel, puis fonder un ordre soufi. Autre religion, même schéma de militance : acquérir un peu de dignité, puis agir, occuper le terrain, investir des fonctions… Notez la place de l’aide extérieure. Les institutions religieuses ne cèderaient-elles que contraintes de l’extérieur?
Femmes et religion au Sénégal : quel espace aujourd’hui ? lundi 16 mars 2009
par Penda Mbow
Au Sénégal, l’Islam occupe une place très importante : il régit presque toute la psychologie collective. Parce que quelques textes religieux sont interprétés de façon à considérer la femme comme un être inférieur, de nombreuses féministes estiment que l’Islam constitue une entrave à l’émancipation des femmes.
Or le rôle des femmes dans l’univers religieux sénégalais, leur façon d’innover dans cet espace si particulier, est plus complexe qu’il n’y paraît.
Dès les années 80, une analyse critique de la place de la femme dans les sociétés islamiques s’est développée, coïncidant avec la montée du réformisme et de l’intolérance au Sénégal.
A cette époque, la vie se révélait très dure pour toute femme qui osait évoquer le Coran, surtout lorsque les prédicateurs à la radio, à la télévision nationale justifiaient la légitimité, par exemple, de battre sa femme « selon les prescriptions du Coran ».
Des textes souvent défavorables aux femmes furent mis en exergue, des références religieuses sur l’obéissance de la femme, sur le caractère presque obligatoire de fonder un foyer, de faire des enfants et d’accepter la polygamie comme une fatalité. Par ailleurs, les femmes étaient légalement considérées comme des mineures.
Mais la volonté des femmes d’évoluer, avec – il faut le souligner – la pression de la communauté internationale, ouvrirent de nouvelles perspectives très intéressantes. Les femmes sénégalaises occupent aujourd’hui une place certaine dans la vie religieuse. La participation au débat intellectuel public fut la première étape pour rendre visible le rôle des femmes dans la religion.
Par exemple, l’interprétation du verset 34 de la Sourate An Nissai qui affirme que les hommes sont les « défenseurs » des femmes. Alors que nombreux sont ceux qui mettent en avant ces vers comme preuve de l’infériorité de la femme dans l’Islam, ils n’ont que rarement porté leur attention sur la justification qui suit dans le même verset et qui décrit une réalité de facto : « parce qu’ils dépensent leurs biens pour subvenir aux besoins des femmes ».
Ainsi, l’autorité des hommes sur les femmes dépend de la capacité des premiers à subvenir à l’ensemble des besoins des secondes. Puisque de nos jours, les femmes subviennent de plus en plus à leurs besoins propres, à ceux de leur progéniture et voire de leur mari, cette prééminence des hommes se justifie très difficilement.
Mais au-delà de l’interprétation des textes religieux, les femmes sénégalaises ont aussi créé un espace pour elles-mêmes dans d’autres domaines de la vie religieuse.
Un des premiers exemples est Sokhna Maguat Diop. Cette femme a hérité de la charge de son père, guide religieux de l’ordre soufi des Mouride à Dakar, après le décès de ce dernier dans les années 80. Non seulement elle devint la propriétaire des terres cultivées par les disciples de l’ordre, mais elle leur donnait également des conseils religieux et nommait elle-même les imams.
Un autre exemple sera la tentative de création d’un ordre soufi, apanage des hommes jusque-là, par une ancienne journaliste, Ndiaye Mody Guirandu, décédée dans les années 90. Elle fut un phénomène intéressant parce qu’illustratif du rôle et du statut auquel les femmes peuvent prétendre légitimement au Sénégal. Les critiques soulevées par la vocation de Ndiaye Mody sont éclairantes : pourquoi dans un pays où l’Islam se trouve au centre de toutes les activités, où l’eschatologie constitue un exercice au quotidien, Ndiaye Modu serait-elle considérée comme une « hérétique » (par rapport à l’orthodoxie) ?
Elle constitue une rupture parce que jusque-là, la seule présence des femmes en religion se limitait à leur mobilisation dans les associations religieuses et surtout à l’organisation des différentes cérémonies. Mais pas à l’appartenance à l’élite religieuse.
Dans un pays comme le Sénégal, renforcer ou dominer sa position dans la sphère religieuse, comme participer au pèlerinage annuel à la Mecque, peut servir de tremplin social pour les femmes. Malgré leur marginalisation du pouvoir politique, leur mise à l’écart de la participation aux affaires publiques, du contrôle des terres et du leadership de la pratique religieuse dans les lieux publics, les femmes ont commencé à bouleverser ce statu quo en faisant prendre conscience de l’importance des questions religieuses pour les femmes, en encourageant un débat public sur les rôles des femmes au Sénégal et en prenant part aux cérémonies religieuses.
Cet état des lieux, bien qu’encourageant, reste incomplet si la réflexion sur les rapports entre hommes et femmes n’intègre pas la démocratie et la laïcité, questions sans lesquelles il serait illusoire de parler d’égalité.
Source : Service de Presse de Common Ground (CGNews), 13 mars 2009, Reproduction autorisée.
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Christine nous fait parvenir ce message et cette lettre du père Cadart: « Il est plus difficile à certains moments qu’à d’autres de vivre la communion dans notre Eglise. Mais certaines paroles courageuses peuvent redonner confiance en l’Esprit. Voici encore une bouffée d’air pur venant d’un prêtre vivant au Brésil Bravo pour votre blog que je consulte chaque jour. Avec mes encouragements Christine »
« Après « l’excomunication pour avortement d’une fillette de 9 ans violée par son beau père »
Bruno Cadart, prêtre au Brésil, Comme je mets copie de ma réponse à diverses personnes, je présente Véronique en espérant ne pas trop me tromper. Elle a été responsable dans le MRJC (Mouvement Rural de la Jeunesse Chrétienne), responsable de « Carrefour en Monde Rural ». Elle a fait un « tour du monde » pour découvrir ce qui se cherchait dans le monde agricole dans le monde entier. Elle a ainsi passé un séjour au Brésil, apprenant la langue en « quelques jours », au point d’être capable de faire des interviews sans traducteur. J’ai eu la joie de la cueillir à Belo Horizonte, où elle était accueillie par un prêtre ouvrier français, puis de l’accueillir quelques jours à Guaçui.
Chère Véronique,
En fin d’homélies, dimanche, j’ai dit :
Je vais parler d’un autre sujet (que la Transfiguration) avec beaucoup de tristesse. J’ai été questionné sur ce que je pensais de la situation de cette mère et des soignants qui avaient décidé de provoquer l’avortement de cette fillette de 9 ans.
Je vais vous poser une question : Vous imaginez, Jésus, devant cette mère et cette fillette détruite par un beau-père cassé, la condamner publiquement ?
Comment aurait-il réagi ?
Il se serait approché d’elles et aurait pleuré. Il les aurait écoutées. Il se serait tu, parce qu’il n’y a aucun mot devant tant de souffrance. Il n’aurait pas rajouté de la douleur à sa douleur.
Qu’a-t-il fait, dans une situation bien différente, avec la femme adultère que les pharisiens, les religieux de l’époque, le pressaient de condamner ? Il s’est abaissé, il ne l’a pas regardé de haut, il s’est tu. Il a provoqué les religieux de l’époque à accueillir la Parole pour regarder leur propre vie et non pour condamner d’autres. Il l’a aimée, il lui a redonné vie.
Vous le voyez excommuniant ceux qui sont sur la croix avec lui ? Il se tait, il donne sa vie.
Et cette mère et ces soignants ne sont en plus pas dans la position de cette femme adultère ou de ces bandits. Ils sont dans la position de personnes qui, dans une situation extrêmement difficile ont du prendre une décision douloureuse.
Même pour les principes les plus absolus, il peut arriver que suivre le Christ, vivre de l’Evangile puisse nous amener, dans une situation très complexe, à les transgresser.
J’ai expliqué comment, tout en ayant travaillé à fond contre l’euthanasie, il m’était arrivé de mettre dans la pharmacie du service, les produits pour pratiquer une euthanasie au cas où la personne que je soignais venait à étouffer sans que je ne sois capable d’apaiser ses souffrances par un autre moyen.
J’ai expliqué comment j’avais été jusqu’à prendre 4 jours de garde consécutifs pour suivre cette malade et que, finalement, j’avais pu l’accompagner jusqu’au bout, sans pratiquer l’euthanasie et en mettant au point un protocole de traitement des personnes en situation d’étouffement qui sert largement aujourd’hui.
Mais il n’aurait pas été moral de laisser cette personne étouffer « au nom de la défense de valeurs », même les meilleures.
J’ai continué en disant que je priais en premier lieu pour cette fillette et sa sœur handicapée et également abusée depuis des années, si détruites par leur beau-père ; en deuxième lieu pour sa maman, pour les soignants qui avaient dû prendre une décision pas facile et qui se justifie. Cette fillette encore non formée était effectivement en danger pour sa propre vie pour accoucher de 2 jumeaux, sans parler de toutes les autres difficultés autres que vitales. J’ai dit que je priais ensuite pour cet homme si défiguré en disant que, probablement, lui-même avait du être victime de quelque chose avant. Beaucoup de pédophiles ont eux-mêmes été violés dans leur enfance. S’il devait être emprisonné, il restait notre frère, un fils de Dieu pour lequel Christ a donné sa vie. J’ai dit que je priais ensuite pour cet évêque, pour l’Eglise, qu’elle se laisse toucher par l’Esprit Saint et ne trahisse pas le Christ.
As-tu lu l’éditorial de La Croix de ce lundi ?
C’est une des premières fois (je peux me tromper) que La Croix est si explicitement et frontalement critique contre Rome (sans oublier tout ce qu’elle a écrit sur la levée de l’excommunication des évêques intégristes).
Tu te demandes jusqu’où Rome ira ?
Je crains malheureusement que le problème ne soit pas seulement à Rome.
Nous sommes dans un moment de montée de l’intégrisme dans toutes les religions et ce n’est pas que le Pape. Combien de jeunes prêtres, de laïcs, sont encore plus durs ? Ici, c’est contre les laïcs que je dois me battre pour lever tous les interdits, tous les « non pode » (pas possible) élevés face aux demandes de baptêmes.
Faut-il quitter l’Eglise ?
C’est au contraire le moment de s’y accrocher, mais de parler sans langue de bois, et surtout, de lire l’Evangile chaque jour, de le vivre. C’est ce qu’a fait Saint François d’Assise dans un moment encore pire de l’histoire de l’Eglise.
Dom Luiz Flávio Cappio, évêque extraordinaire et pétri d’Evangile et d’amour des plus petits vient de nous prêcher notre retraite diocésaine. A la fin, il a dressé le portrait du prêtre dont le monde avait besoin. Dans ce portraite remarquable, il a dit qu’il fallait qu’il ait un « équilibre affectif solide », mais, immédiatement après, il a eu plusieurs réflexions où il semblait minimiser très fortement le problème qui, malheureusement, touche de nombreux prêtres ici au Brésil et les réponses totalement inadaptées des responsables. Après avoir parlé avec lui, il m’a demandé de lui mettre par écrit mes réflexions. Parlant de ce que je peux voir, j’ai forcément été amené à évoquer des situations du diocèse où je suis, et les décisions inadaptées de notre évêque, pourtant vraiment bon et homme d’Evangile. Je viens de lui adresser cette lettre avec copie à deux évêques que je connais ici, et à mon évêque de Cachoeiro.
Dans le même temps, j’essaye de provoquer d’autres prêtres à se passionner pour la lecture simple de l’Evangile au milieu des plus pauvres. Nous étions 2 en équipe Prado il y a un an ; nous sommes 11 et sans doute douze, sur environs 25 prêtres dans le diocèse.
3 autres prêtres ont démarré ce travail de lecture des Actes (ou d’un Evangile) dans chaque communauté après la messe. J’espère qu’ils sortiront transformés de cette manière de s’approcher des gens et de la Parole.
Je viens de prêcher la retraite des séminaristes du diocèse. J’ai d’abord été étonné (et touché) que l’on me fasse cette demande, alors que je parle mal, que je questionne très directement et que je pensais que cela incommodait. J’y ai parlé sans détour y compris de profils de prêtres où ils n’ont pas pu ne pas reconnaître des gens précis, dont leur recteur de propédeutique, pour les appeler à choisir le type de prêtre qu’ils souhaitaient être.
Le Recteur du Séminaire de Propédeutique passe tout son temps à donner des consultations de psychologie qu’il fait payer R$ 100,00 (1/4 de salaire minimum). Il a une entreprise de camions. Même quand un laïc vient lui demander un conseil, il lui est demandé de payer. Il est devenu psychologue, formé dans une école « ésotérique » où il avait été traiter sa propre dépression.
Je crois à ce double mouvement :
- Lire et vivre à fond l’Evangile, en témoigner, essayer de permettre à d’autres de bouger.
- Ne pas avoir peur de dénoncer, en essayant de le faire dans des termes qui puissent être reçus.
Il n’est pas possible de « suivre vraiment le Christ » en se coupant du Corps qu’il a fondé.
Quand je vois ce que produit le mouvement qui a consisté à se couper de l’Eglise et à fonder d’autres Eglises pour « réformer », cela me garde de la tentation quand elle se fait forte. Je suis chaque jour plus effaré de ce qui se passe dans les Eglises « Evangéliques » et, lisant les Actes tous les soirs dans des communautés, je ne vois pas comment nous pourrons vivre du Christ, le signifier, en se coupant de son corps.
Mais, oui, chaque jour j’ai un peu plus mal et ce que je vois ici m’inquiète profondément : intégrisme, pentecôtisme et toute la manipulation et la destruction des personnes que véhicule ce courant, scandales nombreux dans le clergé au Brésil que je me suis contenté, jusque là, d’évoquer discrètement dans mes courriers. Je n’avais pas la même perception du clergé en France.
J’ai la conviction que nous ne sommes qu’au début d’une grande crise dans l’Eglise. Je le dis depuis des années. Chaque année me prouve cependant que je me suis trompé… c’est pire que ce que j’imaginais.
Ce peut être l’occasion de claquer la porte, ou de s’attacher au Christ vraiment, de méditer sur son choix fou de s’en remettre à des hommes limités, qui n’ont pas arrêté de le trahir, le renier, lutter pour savoir qui serait le plus grand alors qu’il annonçait la Croix, de vouloir éloigner ceux qui dérangeaient…
Cela veut aussi dire qu’il te choisit, qu’il me choisit avec nos propres limites.
Par ailleurs, il n’y a pas que ces signes que j’évoque. Combien de personnes, de communautés, vivent l’Evangile de manière extraordinaire autour de nous, même si cela les amène à souffrir d’autant plus de tout ce que j’évoque ci-dessus.
Ce qui m’aide à tenir, ce sont toutes ces personnes rencontrées dont je parle dans mes courriers collectifs, parfois totalement inattendues, comme « Baba », ce patron de scierie qui employait 60 personnes sans les déclarer et en les faisant travailler 7 jours sur 7. Mercredi, nous aurons notre deuxième rencontre. La situation de sa scierie a vraiment changé et cet homme a été bouleversé intérieurement.
Mais, comme toi, j’ai mal, profondément mal.
J’attends avec inquiétude l’article qui sortira vraisemblablement dans le journal diocésain. Le mois précédent, un article justifiait tous les retours en arrière de Benoit XVI sur la liturgie et son choix de réintégrer les évêques traditionalistes au nom de l’ouverture et de « l’œcuménisme ». Il y a deux ans, le vicaire général signait un article pour appuyer le Pape qui avait refusé de recevoir une artiste catholique très connue au Brésil parce qu’elle avait participé à un appel à prévenir le SIDA en utilisant le préservatif. Le vicaire général parlait d’elle avec mépris et, s’appuyant sur un « scientifique » loufoque, affirmait que, en plus, le préservatif ne préservait pas du SIDA et que le virus passait à travers les pores du latex.
Je ne sais pas si vous avez eu cette information en France, mais l’Archevêque de Récife aurait eu ces extraordinaires réflexions complémentaires :
- Le beau-père (qui violait les filles) n’a pas été excommunié parce qu’il n’a pas été pour l’avortement et qu’il n’y a pas de commune mesure entre le faite de tuer (avorter) et son propre comportement.
- Quelques jours plus tard : si la mère et les soignants reconnaissent leur faute, ils pourront être « pardonnés » et communier de nouveau. Je n’ai pas entendu dire que l’on ait attendu que les évêques intégristes reconnaissent leur faute pour lever l’excommunication… Il semble même qu’ils attendent que le Pape reconnaisse sa faute et la faute de toute l’Eglise catholique…
C’est du moins ce que rapporte la presse.
Quand aux réactions des communautés… Les gens n’ont pas appris à être critiques au bon sens du terme. Ils semblent gober tout, à commencer par tous les excès du Pentecôtisme.
Ceci-dit, tout à l’heure, un journaliste très « populaire » et « populiste », qui passe son temps à utiliser tous les crimes dans des discours type « Le Pen » et à faire la morale à tous, disait : « Benoit XVI, je suis catholique, je suis dévot de Na Sra Aparecida, mais si tu continues, je vais quitter l’Eglise. Arrête ces « bobagens » (paroles absurdes). C’est un signe que « l’opinion » est troublée, car il parle dans le sens de l’opinion. Je vois des responsables de la paroisse ici profondément en question alors que, jusque là, ils ne remettaient jamais rien en question et « croyais en tout », « obéissait en tout », même aux énormités.
C’est peut être un aspect positif de cette crise : des personnes, des évêques, osent questionner et dire un désaccord, comme sur les décisions de Rome par rapport aux intégristes.
Je ne sais pas si cet évêque, qui est un évêque « malade » (psychiatriquement déséquilibré) nommé par Rome pour remplacer Dom Helder et qui a systématiquement tout détruit ce qu’avait fait Dom Helder, a servi la cause en défendant « la morale ». Je crois qu’il a profondément contredit l’Evangile et la manière du Christ de venir révéler l’amour du Père à tous, et d’abord aux plus détruits. Ils croient défendre le « non à l’avortement », ils n’ont fait que convaincre une multitude de promouvoir le « droit à l’avortement ».
Tiens bon, et accroche-toi au Christ à l’Evangile, à l’Eglise aussi. Chevrier, fondateur du Prado, qui vivait dans une époque difficile et qui n’a pas eu peur d’avoir une attitude et des paroles en contrepoint de ce qu’était « l’Eglise » a écrit ceci dans son livre le « Véritable Disciple » (p. 511) :
Aimer Jésus Christ.
« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole et mon Père l’aimera et nous viendrons en lui et nous ferons en lui notre demeure. Celui qui ne m’aime point ».. (Jn 14,23) « C’est la gloire de mon Père que vous deveniez mes disciples et que vous portiez beaucoup de fruits ». (Jn 15,8) Le disciple de Jésus Christ est un homme qui est rempli de l’esprit de son Maître, qui pense comme son Maître, qui agit comme son Maître, qui le suit en tout et partout. Mais cet esprit de Dieu, peu le reçoivent, peu le comprennent, peu l’admettent dans la pratique. Ceux-là seulement qui sont de Dieu, qui écoutent sa parole et à qui il est donné de la recevoir. Personne ne va au Fils que par le Père.
C’est donc une grande grâce que de recevoir cet esprit que le monde ne peut recevoir. Si nous sommes du monde, si nous pensons comme le monde – idées du monde – nous ne pouvons le recevoir, il faut se dépouiller de soi-même pour le recevoir et le comprendre.
Cet esprit est répandu dans le Saint Evangile. C’est là qu’il est semé comme des fleurs qu’il faut cueillir une à une pour en prendre la plus grande quantité possible.
Notre Seigneur l’avait tout entier, cet esprit ; nous, nous ne pouvons l’avoir qu’en partie; mais au moins tâchons d’en prendre le plus possible, pour en être le plus possible animés et glorifier Jésus Christ et son Père.
Cet Esprit est peu connu, peu goûté, peu compris, même parmi ceux qui devraient le posséder et le comprendre : les habitudes, les usages, les idées qu’on se fait, les raisonnements qu’on fait, les exemples extérieurs, entraînent le monde et les prêtres même à vivre selon l’esprit du monde et non selon l’esprit de Dieu.
De sorte que, si nous voulons agir selon l’esprit de Dieu, il faut lutter beaucoup contre les idées, les usages, les manières des autres, et c’est aussi pour cela que les saints, qui avaient l’esprit de Dieu, ont eu tant à souffrir de la part même de leurs frères.
Mais il ne faut pas s’arrêter à cela, il faut s’appuyer sur Jésus Christ et sa parole ; c’est là le fondement inébranlable et solide sur lequel on peut s’asseoir tranquille : Jésus Christ et l’Eglise.
Appuyé sur ces deux bases, on ne peut que marcher en sûreté, malgré les contrariétés, les combats, les luttes et les persécutions.
Prie pour l’Eglise, donne lui visage d’Evangile. Très fraternellement.
Bruno Cadart, prêtre au Brésil, Médecin de formation, auteur de deux livres dans lesquels je défends le refus de l’euthanasie (En fin de vie, et Réflexions sur Mourir dans la dignité, le lundi 10 mars 2009
Mgr Grallet, archevêque de Strasbourg a transmis à l’AFP le texte de la lettre de deux pages qu’il adresse à l’enfant violée. En voici, repris de La Croix, les principaux extraits.
Merci à Mgr Grallet pour ces mots de miséricorde et de tendresse.
STRASBOURG, 14 mars 2009 (AFP) -
« Tu viens de vivre un si long et si douloureux calvaire (…) ton beau-père, mû par je ne sais quelle sordide pulsion, s’est emparé de toi, violant ton intimité et tout ton être », écrit-il à la fillette qu’il prénomme « Maria » en référence à « Marie, la mère de Jésus ».
« Je suis révolté par tant de mépris machiste, d’indignité parentale, d’égoïsme incestueux », dénonce encore l’archevêque.
« Je souffre en pensant à ta maman, à son désarroi, aux souffrances physiques et morales qu’elle a pu connaître. Je pense encore aux médecins qui t’ont soignée et à leur dramatique cas de conscience », poursuit-il.
« Comment certains légalistes, au nom d’une loi pourtant si nécessaire, ont-ils pu condamner avec tant de froide assurance un si douloureux choix de survie? Ne fallait-il pas, d’abord, condamner avec force le malfaiteur, agir sans tarder pour toi, la victime et offrir soutien à ceux qui sont venus t’assister? », s’interroge Mgr Grallet.
« Le rappel du droit sans la miséricorde n’est qu’une caricature du droit », fustige-t-il.
Continue Reading »Le Vatican (avec d’autres, bien sûr) évoque souvent une loi « naturelle » qui serait le fondement de la morale.
Si nous savons tous qu’il y a des états, des décisions, des destins qui »vont de soi », nous autres femmes avons aussi amèrement vérifié que sous le manteau de « la » loi naturelle », se cachent des faits de culture. Ne dit-on pas : »Vérité en deça des Pyrénées, erreur au delà » ?
Les femmes ont tout lieu de craindre que l’on utilise ce concept un peu fourre tout pour contester l’émancipation des femmes et justifier le maintien de structures traditionnelles.
Or, le Vatican prépare un texte sur le sujet. Connaissant l’usage abondant fait par le pape de ce concept, il y a lieu de rester vigilant.
C’est pourquoi Elisabeth Dufourcq, auteur de Histoire des chrétiennes nous a demandé de bien vouloir mettre en ligne ce courrier qu’elle vient d’adresser à quelques prélats.
Nous le faisons bien volontiers car nous partageons son inquiétude.
« Eminence
A l’heure où le Saint-Père s’apprête à donner au monde un texte sur la Loi Naturelle, il serait, me semble-t-il important qu’une ambiguïté soit levée.
Pendant des siècles, depuis Aristote, jusqu’à Jean Jacques Rousseau, le terme de Loi naturelle a été instrumentalisé pour légitimer une domination arbitraire de l’homme sur la femme.
Un texte imminent sur la loi naturelle est, certes nécessaire, dans le domaine de la bioéthique. Hélas, le non respect de la vie en son début et en sa fin se banalisent. Ceci représente une régression majeure dans l’histoire de l’humanité.
Mais il faudrait, me semble-t-il, que soit introduit dans ce texte une nuance très explicite. Il n’est pas question de légitimer, dans l’Eglise du Christ, instrumentalisation de la loi naturelle aux fins d’une discrimination sexuelle qui existe, hélas, dans l’Islam.
Si non, la désaffection des femmes hors des églises risque de s’accélérer.
Pour justifier ma crainte, je vous prie de bien vouloir trouver ci-joint un texte caricatural de Mgr Williamson sur la nature de la femme.
Je ne voudrais pas que la prochaine levée de boucliers médiatique prenne prétexte de ce genre de raisonnement rétrograde
Ne sachant comment faire parvenir ce message à Rome je me permets de vous le confier, comme je l’ai fait à Son Eminence notre Nonce en France, dans l’espoir qu’il y parviendra.
Je vous prie de croire, Eminence, à l’assurance de mon profond respect. »
Elisabeth Dufourcq
auteur de l’Histoire des Chrétiennes
L’Autre Moitié de l’Evangile
( réédition février 2009 corrigée et actualisée, 5e mille)
Continue Reading »Cet article a été écrit pour le « Contrejournal » de Libération sur la sollicitation du journal.
On dirait un cas d’école rédigé par un moraliste fou ; une pauvre gosse de 9 ans, un beau-père violeur, une grossesse gémellaire de 15 semaines.
Question de cours : l’avortement est-il autorisé (en idiome catholique on dit licite).
L’archevêque de Recife n’a pas chipoté. C’est niet, excommunication immédiate ; dura lex, sed lex (la loi est dure, mais c’est la loi).
Cette histoire de loi m’en rappelle une autre : On jette une femme surprise en flagrant délit d’adultère aux pieds de Jésus. « Selon notre loi, elle doit mourir ! » disent les hommes religieux de l’époque. « Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre », répond Jésus. Et tous s’en vont en commençant par les plus âgés. Heureusement que l’archevêque de Recife n’était pas là, sinon : blang ! On imagine le pavé que la femme aurait pris sur la tête.
On pourrait se consoler en se disant que l’archevêque de Recife est un cas isolé, une sorte de fou de Dieu extrémiste. Mais pas du tout, à Rome, le très sérieux cardinal Re, proche du pape, apporte sans nuance son soutien à son confrère brésilien. Blang, deuxième pavé sur la tête de la petite fille et de sa mère.
La condamnation tombe sur l’enfant violée et ignore le beau-père criminel. Il paraît qu’il est contre l’avortement – bel exemple de sens moral !
Comment une telle dureté de cœur est-elle possible ? On me souffle que si l’archevêque eut été femme… Non, je fais crédit à la plupart des hommes d’être capables de cette humanité, de cette compassion, dont l’archevêque et son confrère romain semblent si fort dépourvus.
La petite fille risque sa vie ? Qu’importe ! Ces hommes-là sont prêts à ordonner un sacrifice humain pour soutenir leur loi. Ils osent prétendre que la vie non advenue d’un fœtus humain (même de deux) vaut plus que la vie, la tragique et terrible vie de cette petite fille. Les fœtus sont des vies innocentes argumentent les Tartuffes. Comme si la vie de la fillette ne l’était pas ! La vie de la petite fille est une vie humaine, tragiquement. Elle a vu le mal, elle en est la victime. Où est Dieu dans tout ça ?
Où est Dieu ? demandait un déporté devant l’enfant pendu par les bourreaux nazis. Il est là, répondait un croyant (juif) en montrant l’enfant.
Oui, si Dieu est quelque part, il est avec cette pauvre gosse, il est de son côté.
Doit-on en conclure que je suis pour l’avortement ? Soyons sérieux, on n’est pas pour l’avortement, pas plus qu’on est pour la guerre. Mais parfois, il faut faire la guerre. Ce n’est jamais de gaîté de cœur. C’est toujours parce que tout ce qu’on aurait dû faire pour l’éviter ne l’a pas été ou a raté, et des responsabilités sont engagées, personnelles et collectives. Pour l’avortement, nulle ne s’y résout de gaîté de cœur. Mais tout ce qui aurait dû être fait pour que cela soit évité ne l’a pas été, ou a raté. Et sans doute y a-t-il des responsabilités en jeu, de femmes… et d’hommes.
Ensuite, de la même façon qu’il y a des « lois de la guerre », il y a, différentes suivant les pays, des lois pour accompagner les détresses individuelles et le malheur social.
Aux hommes de religion si sûrs de leur bon droit divin, je rappelle cette autre histoire de l’Évangile : Entre Jérusalem et Jéricho, des bandits tabassent un voyageur et le laissent pour mort. Passent un prêtre, puis un religieux, et tous deux se détournent par crainte de l’impureté. Passe un étranger, un mécréant, un Samaritain. Il s’arrête, soigne le blessé, le dépose à l’auberge, paie pour les soins à venir ; promet qu’il reviendra prendre des nouvelles. Qui s’est montré le prochain de l’homme blessé demande Jésus ? Qui lui a fait miséricorde ? À l’époque, les hommes religieux qui ont entendu cette histoire ne l’ont pas aimée. Pas sûr que certains hommes religieux d’aujourd’hui l’aiment davantage !
Christine Pedotti, femme, catholique, membre fondatrice du Comité de la jupe
Continue Reading »Ces lignes d’une conférence donnée par Monseigneur Williamson en 2001 (ce n’est pas si vieux!) sont terribles…. Elles contiennent des propos d’un autre âge.
Mais ils ne sont pas comme ceux qu’il nous arrive de croiser, au sujet des femmes, et envers lesquels nous éprouvons presque de la sympathie, parce qu’ils respirent tout de même la bonté et la bienveillance.
Ces propos-là sont méchants, ils veulent humilier, écraser, imposer un ordre mâle.
En substance, les femmes ne doivent pas aller à l’université, elles distrairaient les garçons, feraient perdre de l’argent à leurs parents, et n’y apprendraient rien car elles n’ont pas les qualités mentales pour cela. Dieu les a faites faibles, sous la domination de leurs maris (Genèse 3, 16) et il faut respecter la volonté divine. Toujours cette fameuse nature qui met les femmes à une place fixe jusqu’à la fin des temps… Observez aussi le fondamentalisme qui anime ces interprétations de la Bible.
Bref, ce texte est une horreur!
Le Comité a renoncé à passer deux heures à traduire cette bile malfaisante. Désolés, on vous le livre tel quel…
Bishop Williamson’s Letters
Girls at University
Emancipation’s Mess of Pottage (Gen. XXV, 29-34)
Winona, September 1, 2001
Dear Friends and Benefactors:
Canadians strike me as a gentle people; but “strike” is the word! Ten yeas ago I was innocently asked in Canada whether women should wear trousers. Some ten weeks ago, also in Canada, I was asked whether a girl should go to a conservative Novus Ordo university. The answer now to the second question may be as stormy as the answer to the first:- because of all kinds of natural reasons, almost no girl should go to any university!
The deep-down reason is the same as for the wrongness of women’s trousers: the unwomaning of woman. The deep-down cause in both cases is that Revolutionary man has betrayed modem woman; since she is not respected and loved for being a woman, she tries to make herself a man. Since modem man does not want her to do what God meant her to do, namely to have children, she takes her revenge by invading all kinds of things that man is meant to do. What else was to be expected? Modem man has only himself to blame.
In fact, only in modern times have women dreamt of going to university, but the idea has now become so normal that even Catholics, whose Faith guards Nature, may have difficulty in seeing the problem. However, here is a pointer in the direction of normalcy: any Catholic with the least respect for Tradition recognizes that women should not be priests – can he deny that if few women went to university, almost none would wish to be priests? Alas, women going to university is part of the whole massive onslaught on God’s Nature which characterizes our times. That girls should not be in universities flows from the nature of universities and from the nature of girls: true universities are for ideas, ideas are not for true girls, so true universities are not for true girls.
NATURE OF UNIVERSITIES
Let us begin with the true university. As defined by Cardinal Newman in his famous “Idea of a University”, it is “a place of teaching universal knowledge”. Universities in this sense were a creation of the Catholic Church in the Middle Ages, and, as the Cardinal splendidly recalls, theology held pride of place there because, as science of the Supreme Being, it is the supreme science which alone can appoint to all other sciences their proper place. So a true university is a place for all-round learning of reality beneath the queenship of Catholic theology. The value of sciences and this need of theirs for theology is why the Catholic Church is always tending to create universities, and why she alone can create true universities, directing all study ultimately to the glory of God and the salvation of souls.
From which, one must question what kind of queenship can be exercised by Novus Ordo theologians, even conservative. Normally, “conservative” Catholics who have left Tradition are in bad faith, so will be bad teachers, while those who have never known Tradition will be ignorant, and so bad teachers. Both will make a point of “rescuing” a damsel in”schismatic” or “excommunicated” distress. Therefore a Traditional girl putting herself under “conservative” teachers will, to keep her Faith, require a special effort to resist the menfolk whom God designed (and her parents paid) her to follow. She will then be voluntarily so setting her true Catholic Faith against her true feminine nature that one or the other is almost bound to suffer.
It also follows from the queenship of Theology that a democratic age like ours, rejecting God and dethroning Theology, will make a nonsense of universities. Sure enough. All around us we see “universities” which are much worse than brothels, because not only does democratic “equality” indiscriminately herd there together all kinds of boys and girls with little or no interest in ideas so that they should not be studying in the first place, but also, by silencing Theology and rendering Philosophy ridiculous, these “universities” corrupt the highest part of the youngsters’ nature, their minds, leaving their lower nature with little or no means of resisting the aided and abetted promiscuity of the two young sexes. Survey the waste on any “university” campus today – feckless unmen and trashy unwomen whose noblest activity is throwing frisbees at one another!
Such “universities” dedicated to the defiance of God and Nature, make mincemeat of the youngsters’ Faith (if they had any), of their morals and of their common sense. Poor parents. But they have mocked God, and God is not mocked. Obviously no boy, let alone any girl, should be sent to such a “university”. What needs to be proved is that even to a decent university, if such could be found, few or no girls should be sent. This is because of the God-given nature of girls. Which, despite today’s massive propaganda to the contrary, is quite different from the God-given nature of boys!
NATURE OF GIRLS
For a sane grasp of woman’s nature, let me appeal to the Church’s Common Doctor, St. Thomas Aquinas, distant now by three-quarters of a millennium from our own disturbed times. The three reasons he gives in his Summa Theologiae (2a, 2ae, 177,2) why woman should not teach in Church in public can all be applied to why she should not teach or learn in a public university. Firstly, he says, teaching is for superiors, and women are- not to be superior, but subject, to their men (Gen III,16). Secondly, women stepping up to teach in public can easily inflame men’s lust (Ecclus IX,11). Thirdly, “Women are not usually (”communiter”) perfect in wisdom”.
To grasp these three reasons, let us back up another five millennia, to Adam and Eve. Since the word “nature” comes from the Latin word for “being born”, then to study a thing’s nature one goes back to its birth. Eve was created by God to be a “help” to Adam (Gen. 11,18). She was to help him, says St Thomas Aquinas elsewhere (1a,92,1), not for any other work than that of generation (or reproduction), because for any other work man could be more suitably helped by another man. It follows that woman’s nature is intrinsically geared to motherhood, so that in all things pertaining to motherhood she is man’s superior, in all else she is his inferior, and in none of all the things in which the two sexes are complementary are they equal.
Now to attract a man so as to marry and become a mother, to nurture and rear children and to retain their father, she needs superior gifts of feeling and instinct, e.g. sensitivity, delicacy, tact, perspicacity, tenderness, etc. by which her mind will correspondingly be swayed, which is why no husband can understand how the mind of his wife works! For to do the work of generation, i.e. to ensure nothing less than the survival and continuation of mankind, God designed her mind to run on a complementary and different basis from her man’s. His mind is designed not to be swayed by feelings but on the contrary to control them, so that while his feelings may be inferior to hers, his reason is superior. And reason being meant to rule in rational beings, then he is natured to rule over her (Gen. III, 16), as can be seen for example whenever she needs to resort to him for her feelings not to get out of control.
Correspondingly, while she senses family (and loves to talk about it), he responds to the world around and wants to master it (Gen II,15,19,20). While she is people-oriented, he is reality-oriented. (How often will a woman pull an idea or a question of reality back to family! – “You’re against drink? You’re attacking my husband!” This is in woman’s nature. One does not mock her for it.) So while she is queen of feeling within the home, he must be king of reason over the home. So while he must love her and listen to her, at the end of the day she must obey him, because he is natured to take the broader view and to be the more reasonable (Eph V 22,25: Col III, 18,19).
FIRST REASON
Now what does a university call for? Whereas in modem “universities” the males all believe in “if it feels good, do it,” which is why they are, as they wish, overrun by feeling females, on the contrary in a true university one thinks about universal reality, which is the prerogative of men. A woman can think in this way, or do a good imitation of handling ideas, but then she will not be properly thinking as woman. The dilemma is inescapable: she cannot do what is properly men’s thinking or work without cutting across her deepest nature. Did this lawyeress check her hair-do just before coming into court? If she did, she is one distracted lawyer. If she did not, she is one distorted woman.
Moreover, true university thinking tends to produce leaders because true students have pondered on more or less universal reality. Cardinal Newman may argue that the cultivated mind is an end in itself, but if Mother Church has always raised universities, is it not because an elite of all-round minds will in any society powerfully help many souls to get to Heaven, if those minds’ studying has been governed over all by the true Faith? But women are neither meant, nor normally gifted, to be leaders! Therefore girls should not be at university. As for a Queen Isabella the Catholic, Spain was her family and she never went to university! Nor did Theresa of Avila, Catherine of Sienna or Joan of Arc.
Concretely, if a girl devotes several years of her youth and much money of her parents to acquiring a university education, especially a decent one, how easily will she submit to her husband, especially if he has not had that education? And how may she not argue with him if he has had it? And if she has a “degree”, how will she not think herself above the multiple humiliations of being “barefoot and pregnant”? And if she is a “graduate”, how will she not hold-herself superior to being-a “vegetable at the-kitchen-sink”? And if making a family makes her forget in the right kind of way all about “graduating”, “degrees” and “university”, why go there in the first place? The dilemma is inescapable: in doing manly things like going to a university, either she is merely going through the motions or she is damaging her potential for motherhood – conclusion: she should not go there.
SECOND REASON
We come to St Thomas’ second reason: the inflaming of lust. Enough said about today’s unibrothels. What will happen if heaps of boys and girls are thrown together with mention of God even forbidden is massive common sense, but that is not the whole story!
Just suppose that a decent girl can find a decent university which is cultivating on a broad front minds of an elite of boys who will provide tomorrows world with its leaders. If she is smart enough to study, will she not be smart enough to know that even if she does not wish to distract the boys, she will still be a distraction? To this reason there is no exception. So if she is that decent, will she not prefer to hang back from distracting the future leaders that she and all her society tomorrow will need? Then the more decent the university, will she not the more keep away? What woman can be imagined taking part in Plato’s Dialogues? Not even the Blessed Virgin Mary took part in the Last Supper. Girls at university are a double source of confusion, both doing what girls were not created to do, and distracting the boys from doing what the boys were created to do.
At any true university, the worthwhile students do not want to be distracted by girls. Those are exactly the potential husbands that the really intelligent girls will go after. That is why even really intelligent girls should not be at university.
THIRD REASON
For indeed – St. Thomas’s third reason – “women are not usually perfect in wisdom”. This is because woman’s family-wisdom is priceless, it comes straight from God, but it is as wisdom, because it orders only a part of reality.
Woman’s thinking is subjective, inward, intuitive, concrete, small-scale, with a gift for loving details. University thinking needs to be objective, outward, rational, abstract, large-scale, with a drive towards the grand principles. Her thinking follows her heart. University thinking can only follow the head. While a university professor is teaching, the boy will be listening to and learning from the words but the girl will naturally be listening to the man and learning by osmosis. Only by an effort will she listen to the words, because her heart is elsewhere – usually on the boys. Naturally docile and possibly possessed of more than sufficient brains, she can always do a good imitation of a good student, especially if she wishes to please a particular male professor. Nor, again, should she be mocked for that, insofar as God designed her to please and to attract – a husband. Rarely, however, will the impressive studentess be a really good student, because the Lord God simply designed her heart and mind for a quite other task. Girls, do you really want to spend so much of your time and of your parents’ money on doing something God almost for sure did not mean you to be doing?
OBJECTIONS
But Pius XII encouraged you to make the best of being forced out into the world? – Maybe he was making the best of an already bad situation in the 1940’s and 1950’s, when he hoped women would bring to bear their femininity on the public domain. However, by the definitions of “feminine” and “public”, that is a contradiction in terms. Fifty years later, who can deny that the public domain has de-feminized, woman? As a friend said, “Women used to have careers open to them only in nursing and teaching, which they did well. Now they no longer know how to do either!”
It is high time for Catholics to buck the current and to buck the world! Europe, center of Christendom, is collapsing, because European girls are all being taught to go to “university” and to “put off’ having babies! Woman and family are in desperate crisis – do we want to follow the swine over the cliff?
But men today are unfit to lead, so you have to go to university to take their place? – You cannot take their place!!!! (The exception proves the rule). Today you are merely following them into “universities”, tomorrow you will be following them out. By hook or by crook, do something motherly, play your part as God meant you to do, and God can give you back from above the manly leaders and the husband that you pray for and need, but that you cannot by the nature of things wrest to yourselves from below. You cannot restore God’s order by breaking it. Get behind your men! Behind, you have an enormous power to inspire and guide. In front, you will merely make them more irresponsible than ever…
But what about the Dominicans’ school for girls in Idaho? – As much as St Thomas Aquinas disapproves women teaching in public, he approves their teaching in private, in other words at home, “or in a home-like setting”. A university cannot resemble a home, but wise Mothers can keep a girls’ secondary school like a home. See the enclosed flyer for an encouragement to support the same Dominican Mothers’ primary and secondary schooling in France.
But where will girls’ secondary schools find women teachers if no girls go to university? -One needs no university to learn most of what secondary schoolgirls need to be taught, for instance “domestic economy, setting up home, running a house, the care and education of children, the spiritual and social preparation for marriage” – Pius XII’s timeless list, to the Union of Catholic Women, June 24, 1949. Of course if the law of the land, as now in France, demands “university” “diplomas” for women to teach or to open girls’ schools, then some women’s “university” attendance becomes, for the duration of that law, an exceptional necessity. However, exceptions make bad rules!
But what about the co-educational college of the Society of St Pius X at St. Mary’s in Kansas? – It is still a family-scale operation, typical of the true Church’s drive to teach the true Faith in as much depth as possible amidst difficult circumstances, but according as it may expand and rise in the future to a truly university level of teaching, I for one piously hope that the boys will by then be giving such a lead and example, creating such a new world, that the girls will no longer feel any need to attend.
But what are girls in the meantime to do, who have a brain and are not ready to get married? – Let them use their brain: firstly, to grasp how God designed them, and for what role; secondly, to pray God He grant us all some men; thirdly, to read at home on their own (for instance Jane Austen, a classic example of how much domestic woman can do); fourthly, to devise with their parents a feminine place and function where they can mature towards marriage. Or – for Heaven’s sakes – let them think of a vocation! Old saying: “A woman is once a woman, a nun is twice a woman”!
CONCLUSION
For all these reasons, domestic girls are not by nature for public universities. Where did modern man go wrong?
As man puts himself in the place of God, so this life on earth blocks out of view any after-life in God’s Heaven or Hell. Man’s pride unchains his inclination to pleasure here below. Self comes first But children – however unconsciously -demand and reward selflessness in their parents. Therefore the children, and the demand, and the reward, most go. But woman’s life is natured to center around children. Therefore woman’s life in particular becomes empty, as does her home, especially if working conditions take her husband also away. She will inevitably follow him into his domains, eg. university, where she is liable to impose female patterns that do not belong, but that are frustrated at home. She will not let her being remain meaningless!
As this letter has often argued, such a breaking of family, home and woman is too deep a violation of Nature for the modem way of life to be able to survive. With men in the lead, Catholics, whose Faith should give them a handle on Nature, will be wise, according to circumstances, to take remedial action now. The journey of a thousand miles begins with the first step.
Men, think! Give substance to the home! Girls, I bless you, your parents and all dear readers.
Sincerely yours in Christ,
+Richard Williamson
Ce 8 mars a été pour notre comité un passage important. Le prix du macho de l’année décerné à Monseigneur Vingt-Trois a donné à penser aux médias qu’il fallait nous interroger, ce que nous avions un peu prévu, et et nous avons donc été sollicitées par plusieurs radios pour y donner notre opinion sur la place des femmes dans l’Eglise.
Un couplage a donc été proposé à l’opinion, entre « mysogynie ecclésiale » et comité de la jupe.
Cette petite victoire est déjà énorme : on n’a pas parlé de mouvements institués et reconnus, mais de nous, toute petite structure, toute nouvelle. Nous sommes identifiées et reconnues.
La place s’ouvre donc pour une militance plus marquée.
Cela aussi nous avons cherché à le mettre en oeuvre. Ces derniers jours, nous avons adressé un mail à chaque évêque, en lui rappelant notre demande de décembre (La Croix, 18 décembre) de mettre à l’ordre du jour de la prochaine conférence des évêques la question de la place des femmes, demande sans aucune réponse et que nous renouvelons, à chacun, par ce mail.
Chaque évêque sait donc maintenant que le Comité de la jupe attend une réponse.
Tout ceci n’est qu’un début, une « plateforme de départ », comme on le dit parfois. Le chemin devant est long….. mais pas si mal commencé. Rejoignez-nous!
Radios sur lesquelles il a été question du Comité de la jupe
- France Culture, actualités samedi 7 mars, 22heures.
- Radio Vatican, magazine samedi 7 mars, relayé sur RCF et Radio Notre Dame
- Radio France international, émission religieuse de Geneviève Delrue, dimanche 8 mars, 10h10
Monseigneur Vingt-Trois a été élu « Macho de l’année » par l’association « Les Chiennes de garde ». A plus du tiers des votantes du réseau!
C’est peu dire sur la violence du propos tenu, sur leur caractère intolérable dans une société où les droits de l’homme sont reconnus…
Mais ces propos reflètent malheureusement une attitude déplorable de l’ensemble du magistère envers les femmes. C’est l’Eglise tout entière qui est ainsi « épinglée » , montrée du doigt.
L’Eglise, la grande, la sainte et la charitable Eglise du Christ est-elle, hélas, tombée si bas pour s’attirer un tel opprobre? Le magistère ne voit-il pas les ruines qu’il prépare? Ne voit-il pas qu’en s’arc boutant au passé, il est simplement en train de maintenir ses privilèges ?
Nous, membres du Comité de la jupe, nous revendiquons notre place entière dans l’Eglise et avons honte qu’elle soit aussi rétrograde.
Nous souhaitons que cette désignation donne à réfléchir : il est urgent de remettre l’Eglise debout et de donner aux femmes les mêmes droits qu’aux hommes.
Le Comité de la jupe a envoyé ces jours-ci une lettre personnelle à chaque évêque en lui demandant de bien vouloir mettre la question de la place des femmes à l’ordre du jour de la prochaine conférence épiscopale, en novembre.
Et pas de huis clos, de texte trituré pour obtenir une version finale lissée qui n’engage à rien. Non un débat public, contradictoire, où nous exposerons notre demande, un débat porté à la connaissance de tous . Un vrai débat, en somme.
Nous ne manquerons pas de vous avertir au premier frémissement de dialogue.
Le Comité
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Qu’est-ce qu’une femme catholique peut bien fêter lors de la « Journée de la femme »? Je propose à toutes de s’en expliquer sur ce blog : pour ce qui me concerne, j’ai deux convictions :
La première est que la main mise masculine est tellement évidente qu’elle n’est plus à démontrer. Elle est à combattre. Tentant de se mettre la tête sous l’oreiller, de faire sa petite affaire avec le Seigneur sans vouloir voir. Aujourd’hui, c’est l’Evangile qui est pris dans une terre sèche, trop masculine, où il ne peut s’épanouir. A nous de le « déconfisquer ».
La seconde est que nous ne pourrons rien si nous restons isolées. Tentant de s’en sortir par ses mérites personnels, ses compétences, son petit milieu où l’on est respecté comme femme… Et rien ne bougera, sinon dans « les siècles des siècles ». Si nous voulons que nos filles ou celles qui nous sont chères, si ce ne sont pas nos filles) soient encore catholiques demain, Il est urgent d’agir ensemble.
Anne Soupa
Surveillez ce qui se dit sur les femmes cette semaine. Il pourrait y avoir des surprises… Et si vous pouvez faire parler de la cause des femmes catholiques dans les médias et autour de vous, faites marcher tout votre entregent et toute votre capacité à convaincre! Et faites-le nous savoir.
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