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Archive for avril, 2009

« Vocations, vocations », encore une affaire de mecs

Ce dimanche, 4e après Pâques nous célébrons dans nos églises « la journée des vocations ». J’ai encore en tête le prêche du prêtre l’année dernière à ce propos, prêtre à qui j’aurais bien envoyé quelques tomates bien mûres.

Cette année on remet ça avec parfois dans les paroisses de bien belles affiches sur cette journée (et la prière qui va avec). L’affiche ? Des prêtres, des religieuses en habit….et en cherchant bien…ah tiens, une famille !!! Ah ? Et une autre personne en pleine ville ! Pas mal, bel effort. Je suis cynique. Que voulez-vous, j’en ai assez du raccourci vite fait : vocations =  prêtrise et appel aux vocations = « merci messieurs de venir remplir nos séminaires », qui s’accompagne non moins souvent du « nous avons désespérément besoin de vous, qui, bien entendu, êtes les seuls à pouvoir correctement porter la Parole ». Certes des efforts sont faits, comme dans l’affiche, pour en revenir à ce qui fait la vocation même : l’appel de Dieu à s’accomplir dans sa vie. Nous sommes TOUS appelés à la Sainteté (dixit aussi le catéchisme des Evêques de France que certains prêtres pourraient relire avant leur homélie dimanche). Nous avons TOUS une vocation. Nous sommes TOUS invités à répondre aux appels de Dieu. Nous sommes TOUS appelés à faire de notre vie un service à Dieu, une réponse à sa Parole. Que l’on soit Laïc, laïc engagé, diacre, religieux(se), prêtre.

On a souvent l’impression (c’est pas qu’une impression….) que l’Eglise cherche frénétiquement des prêtres pour remplir ses séminaires et combler le déficit, que dis-je l’hémorragie. Elle a raison et je dis bravo à ceux qui prennent cette voie-là. Mais je voudrais aussi souligner que de nombreux laïcs s’impliquent, vivent à fond leur vocation et que finalement « comptent pour du beurre » parce qu’en se focalisant sur les vocations sacerdotales, on renvoie en permanence l’idée qu’être laïc c’est bien, mais être religieux, c’est encore mieux, et prêtre c’est le « must-have » de toute vocation chrétienne.

Passons donc de la théorie de la vocation, très belle sur le papier de la Conférence des Evêques de France et dans leur Catéchisme, à la pratique. Comment est-ce que l’Eglise accompagne les vocations des uns et des autres ?

Enfin, si ce dimanche, certains prêtres s’obstinent à parler des vocations sacerdotales, peuvent-ils à ce moment-là appeler les FEMMES à la prêtrise ? Ben oui quoi, pourquoi un « must-have » de la vocation de chrétien serait fermé à la moitié d’entre eux ? Ah…pardon, excusez, moi, j’avais oublié : on ne peut pas porter une jupe ET avoir un cerveau formé aux questions théologiques.

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Raphaël, 12 ans, fait sa profession de foi en 5e, dans une école catholique. Les responsables de la catéchèse demandent aux parents des volontaires pour aider pendant la messe: distribution du livret de la célébration à l’entrée, quête, communion…
Le père de Raphaël se propose pour aider à faire la quête, sa mère pour distribuer la communion. Quand elle se présente, la femme responsable du mouvement de communion (notez bien qu’il s’agit d’une femme) lui demande aussitôt: « Mais où est votre mari? »  » A la quête, c’est moi qui désire distribuer la communion » répond-elle, sans se démonter. « Bon alors, vous irez au fond, pour qu’on ne vous voie pas ».

Aujourd’hui, en 2009, des femmes s’estiment indignes d’accomplir ce service liturgique du fait de leur sexe.
Je propose de leur offrir à toutes une adhésion au comité de la jupe!

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Certains nous disent « vous détruisez l’Eglise! »

Avec ceux qui s’inquiètent que, parfois, la voix de notre conscience personnelle risque de nous écarter des sentiers du magistère, nous avons envie d’engager un échange qui nous chahutera tous un peu dans nos conceptions traditionnelles de l’Eglise.

On entend dire  » Vous allez faire du mal à l’Eglise », « il faut défendre le pape parce que c’est le pape, et ne pas se poser de questions! »
Mais l’Eglise, c’est vous et moi.

Comment peut-on craindre que la parole d’un membre de l’Eglise le détruise? L’Eglise est un corps où chaque membre compte et où le plus faible, dit saint Paul ( 1 Corinthiens 12, 12-30), surtout le plus faible,  est important. Parfois, l’oeil ne voit pas ce que l’oreille entend. Est-ce pour cela qu’il faut détruire l’oeil?

La parole de chacun de nous est donc participante de l’Eglise. Aucune ne peut faire du mal à une autre, puisque toutes sont indispensables.

L’Eglise n’est pas une société militaire, même si le magistère prend, au gré de ses remous internes, à la mesure, surtout de son inquiétude et de sa tentation d’une puissance toute temporelle, des allures autocratiques.
L’Eglise n’est pas plus société de muets ou de bénis oui-oui.

L’Eglise est un peuple : vous moi… et si le Christ exauce notre condition d’homme et de femme, si par lui nous avons l’être et la vie, alors notre parole ne peut faire de mal à son corps.

Et ce que nous avons à dire doit être dit, parce que l’Eglise a besoin de l’entendre. Et ensuite, il faudra le faire, parce que, si nous ne le faisons pas, nous aurons manqué à notre responsabilité de chrétiens.

C’est ce que suggère ce texte de Madeleine Delbrêl, chrétienne « experte en humanité », non par de grands discours, mais par une vie simple, sans beauté, sans éclat, dans sa banlieue déchristianisée où elle a trouvé Dieu, oui, Dieu Père, Fils et Esprit, oui le Dieu très Haut, et où il est venu vers elle sans falbalas liturgiques ni procession de reliques.
Sans défense elle aura vécu dans le monde, ce monde « rouge » qui moquait volontiers sa foi d’attardée, et elle ne l’aura pas dénigré ni renié… Ne s’attardant pas en faux problèmes, libérée de tout hédonisme identitaire, elle a juste obéi à cette petite voix qui lui chantait qu’une vie de femme pleinement vécue, travaillée, dépliée, mise au large, était ce qui réjouirait son Seigneur.
V.B. et A.S.
« Nous avons quelquefois, vis-à-vis de l’Eglise, l’attitude de quelqu’un qui veut un certificat de bonne conduite. L’Eglise ne conduit pas : elle est et nous sommes en elle. Elle est le Corps du Christ et nous sommes membres de ce Corps.
Notre dépendance, notre dévouement vis-à-vis d’elle, s’ils exigent des actes extérieurs, des signes, sont avant tout une dépendance et un dévouement interne, vital. Notre dépendance, vis-à-vis de ce corps qu’elle est, est considérable.

Mais notre initiative, notre responsabilité, notre fonction sont, elles aussi, considérables. Nous y sommes providentiellement irremplaçables.
Nos soumissions et nos initiatives y sont à égalité obéissance, comme pour les cellules d’un corps qui seraient à la fois intelligentes et aimantes.
Une seule cellule peut infecter tout l’organisme ; une seule cellule peut laisser passer l’aiguille qui le sauve. (in N.A) »

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Des femmes prêtres?

23 avril 2009 by Christine

Depuis qu’il nous arrive de répondre à des journalistes, Anne et moi sommes souvent sollicitées sur la question des prêtres qui pourraient être des femmes.
Il est vrai que l’action de la Jupe ne vise pas directement cet objectif, cependant, il est bon de répondre, au moins un peu.
D’abord, une réponse rapide que je nommerai jurisprudence Gamaliel.
Souvenez-vous, le pharisien Gamaliel « sauve la mise » des apôtres devant le Sanhédrin, dans les tout premiers temps de la prédication de l’Évangile, à Jérusalem. Alors que le conseil est près de les condamner, il se lève et dit : « Si leur propos ou leur œuvre vient des hommes, elle se détruira d’elle-même ; mais si vraiment elle vient de Dieu, vous n’arriverez pas à les détruire » Actes 5, 38-39.
De la même façon, nous disons que si les arguments qui sont opposés aux femmes pour réserver les ministères ordonnés aux hommes, viennent de Dieu, alors, ils tiendront. S’ils viennent des hommes, ils tomberont d’eux-mêmes.
Pour autant, la certitude que j’ai qu’ils tomberont d’eux-mêmes ne nous dispense pas de réfléchir un peu à la question.
L’argument de la masculinité du Christ m’a toujours semblé difficile à tenir. Pourquoi faudrait-il, pour être en figure du Christ, « in persona Christi » être de sexe masculin. Pourquoi confisquer l’universalité du Christ au profit d’un seul sexe au risque de rendre la « figure » hémiplégique ?
L’argument que c’est un choix que le Christ lui-même a fait, a toujours beaucoup plus retenu mon attention. En effet, pourquoi le Christ, qui de façon indiscutable ne montre pas la moindre trace de misogynie, au contraire, il est à l’aise avec les femmes, il n’est qu’à le voir avec la Samaritaine, avec Marthe et Marie, avec Marie-Madeleine ne choisit-il aucune femme parmi les douze ?
Intention symbolique ou soumission au modèle culturel ?
J’avoue que je ne voyais pas bien ce maître, si libre, s’incliner sur un point si crucial devant les us du temps.
Alors si le choix est symbolique, de quoi est-il symbolique ? Est-il nécessaire, impératif, de le respecter aujourd’hui ?
La lecture de l’excellent ouvrage de Maurice Vidal, Cette Église que je cherche à comprendre, aux Éditions de l’Atelier m’a ouvert une voie de compréhension.
Maurice Vidal rappelle une chose que je savais, mais sa façon de le dire, et sans doute ma façon de le lire ont opéré comme une révélation. En effet, le choix de Jésus de douze hommes juifs est tout sauf un effet du hasard. Jésus-Christ est le Messie qui accomplit la promesse et qui va rassembler Israël. Aussi choisit-il pour symboliser ce nouvel Israël douze hommes juifs, qui figurent les douze fils de Jacob et donc les douze tribus d’Israël. L’intention du Christ est bien et de renouveler et d’accomplir l’Alliance dans la continuité de l’histoire sainte d’Israël. Du passé, le Christ ne fait pas table rase, au contraire, il fonde en enracinant.
Très bien voilà qui justifie ô combien le choix initial et fortement symbolique des douze hommes juifs.
Mais ensuite, les premières communautés chrétiennes, et Paul à leur tête ont bien compris que la nouvelle Alliance conclue dans le sang du Christ avait une vocation universelle et qu’en Christ, Dieu ne rassemblait pas seulement la maison d’Israël, les fils de Jacob, mais l’humanité tout entière. Vision grandiose à laquelle l’assemblée de Jérusalem, et Pierre à sa tête, souscrit pleinement. Et Paul pourra avoir ces mots sublimes : « Il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus ».
Et de fait, l’Église pour donner une succession aux apôtres ne s’embarrassera pas de choisir douze hommes juifs. Bien vite, elle en choisira plus de douze, parce que la moisson est abondante et qu’il faut des bras, et elle ne considérera pas comme déterminant de les choisir juifs. Alors pourquoi pendant deux mille ans les choisit-elle hommes ? Par convention, par habitude, parce que ça ne venait à l’idée de personne que les femmes puissent être capables et dignes (que les curieux et curieuses lisent les propos de saint Thomas d’Aquin sur la faiblesse des femmes).
Qui aujourd’hui oserait prétendre que les femmes ne sont pas dignes ou capables ? Certainement pas notre frère cardinal archevêque de Paris, André Vingt-Trois, qui s’en est expliqué. Alors, que reste-t-il ? Le fameux symbole des douze fils de Jacob figurant les douze tribus, si puissant pour les contemporains du Christ nous parle-t-il ? Non. Il ne reste que des arguments oiseux sur la « nature » des hommes et des femmes sur la fameuse égale dignité dans la différence qui me font toujours penser à cette réplique de Coluche, « et certains seront plus égaux que d’autres ! »… par nature !
Allez, je ne suis pas une pétroleuse, je suis patiente le fruit tombera quand il sera mûr. Mais de temps en temps, secouons l’arbre.
Christine Pedotti

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Certaines enquêtes signalent un accroissement des demandes de radiation des registres de baptême, 19 en un mois au lieu de 6 dans l’Eure, par exemple.
Il y  a toujours eu un petit mouvement en ce sens, mais là, on sent à plein nez « l’effet Benoît ».

Ce sont de tristes démarches, parmi les plus douloureuses pour un pasteur. J’ai de la peine pour les prêtres qui doivent y souscrire.

Et en plus, vous n’êtes pas si vieux que cela…

Certes, on n’annule pas un baptême, mais on inscrit tout de même sur l’acte la mention de demande de radiation.

On aura beau dire que ces personnes n’avaient peut-être pas vraiment la foi, que le Christ est plus grand que l’Eglise, il n’empêche… dur dur!

Que dire, que faire? Seulement dire et redire à ceux qui désespèrent de l’Eglise, comme une suggestion sans jugement, que ce sont nous tous, vous et moi, qui la constituons. Et que, avant de partir, pourquoi ne pas se demander ce que l’on aimerait voir se faire si on y restait, et ce que l’on peut faire pour y rester?

Mais pour cela, mieux vaut ne pas être seul. Nous devons être nombreux et nombreuses pour espérer changer quelque chose, même si l’Evangile gagne avec le coeur de chacun, sans qu’il faille faire nombre.
Alors, avant de flancher, envoyez-nous un mail et on parle de ce que l’on peut et de ce qu’on veut faire.

Anne Soupa.

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Une référence : « Histoire des chrétiennes », par E. Dufourcq

Le livre qui conscientise les chrétiennes : à lire!

Élisabeth Dufourcq
Histoire des chrétiennes
L’autre moitié de l’Évangile


Une grande fresque qui équilibre l’histoire du christianisme
en plaçant les femmes au cœur de cette histoire

Pour la première fois, un livre retrace non seulement l’histoire des grandes figures féminines du christianisme, mais du peuple chrétien, né femme. Alors que, dans les Évangiles, Jésus reconnaît et fait reconnaître le génie avec lequel elles abordent le surnaturel, alors qu’il fait passer par les femmes le témoignage de Sa Résurrection, les apôtres et leurs successeurs banalisent le christianisme en le prenant en mains, comme une affaire d’hommes attachés aux modèles antiques.  De siècle en siècle, à chaque fois que la hiérarchie masculine se laissa dominer par les soucis du pouvoir, elle étouffa le génie et la voix des chrétiennes, limita l’accès aux Ecritures et fit de la femme idéalisée un symbole.
A l’heure où la science contredit les préjugés millénaires sur la nature de la femme, mais où les fondamentalismes se durcissent, l’histoire, vue du côté des femmes montre que, seule la manière du Christ résiste à l’épreuve du temps. Si l’exégèse critique des textes bibliques a  permis de réconcilier la foi et la raison, celle de la tradition apostolique apparaît comme un champ à explorer pour que soit mieux mise en lumière l’autre moitié des Evangiles.
Construit chronologiquement, l’ouvrage présente dans leur singularité, les figures inspirées qui ont marqué l’histoire du christianisme, de Marie-Madeleine à Edith Stein ou Geneviève de Gaulle-Antonioz.

Élisabeth Dufourcq est Docteur en sciences politiques, ancien membre du comité national d’éthique, ancien secrétaire d’État à la Recherche, inspecteur général des affaires sociales honoraire. À la suite de plusieurs longs séjours à l’étranger (Tokyo, Moscou, Brazzaville, Rome…), elle s’est passionnée pour l’histoire comparative des femmes. Elle a écrit notamment Les femmes japonaises (Denoël), Les Aventurières de Dieu (Lattès) qui a reçu la médaille de vermeil  de l’Académie française. Elle a consacré  plus de quinze ans de travail à l’histoire des chrétiennes.
1260 pages, 39 euros
Paru le 16 octobre 2008,  Éditions Bayard, www.editions-bayard.com

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« Tiens! » disent les évêques, « il existe des femmes…pour de vrai ? »

Vous vous souvenez combien nous nous étions plaintes, en diverses occasions, de « l’absolue masculinité » des titulaires des services nationaux de la Conférence des évêques de France. Eh bien…. Voici que celle-ci annonce, en ce 16 avril 2009, la nomination de Monique Baujard à la tête du Service national Famille et Société. Est-ce une première réponse à nos appels? Qui sait? Votre comité incline à le croire…..

En tous cas, saluons cette nomination qui arrive à point. Un vent de bon sens aurait-il fait comprendre aux évêques que, tout de même, un clerc n’était peut-être pas la personne la plus idoine pour suivre les questions relatives à la famille et à la société?

Souhaitons bonne chance à la nouvelle désignée, et que la cause des femmes progresse ! (Elle le peut, n’oublions pas que cette nomination nous porte à 10% des effectifs, rien de très glorieux! ) C’est notre voeu le plus cher, non seulement parce qu’elles sont injustement traitées, mais comme nous l’avons souvent dit, parce que l’Evangile souffre de cette confiscation masculine.
AS

Voici le message de la Conférence des Evêques annonçant cette nomination.

« Le conseil permanent a nommé avec l’accord de Mgr Descubes, président du Conseil Famille et Société, Mme Monique Baujard directrice du Service National Famille et Société.

Avocat au barreau de Paris, Monique Baujard connaît bien la Conférence des Evêques de France pour y avoir été six ans chargée de mission. A ce titre, elle a pu intervenir auprès de la présidence et du secrétariat général, participer à divers groupes de travail épiscopaux.

Chargée de relations avec le Parlement européen à la COMECE (Commission des épiscopats de la communauté européenne) à Bruxelles d’octobre 2006 à juillet 2007, elle était, depuis octobre 2008, déléguée vicariale à la communication au vicariat de Bruxelles. »

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Grande Semaine, heureuse fête de Pâques!

Nous entrons dans la Grande Semaine.
Votre comité souhaite à tous que ces jours soient vécus en lien avec la Passion de Notre Seigneur.
Jeudi, vendredi; samedi, dimanche, en chacun de ces jours, nous célèbrerons Celui qui nous a aimés à en mourir.

Que ce ne soit pas pour  taire la vie en nous, mais pour la chercher au plus près de notre coeur, là où elle se tient, dans le lien avec Celui qui nous sauve.

Pâques est la fête du passage. Non seulement du passage de Jésus à travers la mort, mais de tous les passages de nos vies, du jour à la nuit, de l’enfance à l’âge adulte, d’un sentiment à l’autre.

Pâques célèbe le mouvement même de la vie.
Joie qu’elle soit la plus grande fête, juive et chrétienne!

Nous croyons « faire nos Pâques ». Mais ne nous trompons pas, c’est Pâques qui nous fait, nous modèle, nous libère, nous tire en avant vers davantage de vie.

Heureuse Pâques à vous, visiteurs et sympathisants.
AS.

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Dans les récents débats qui ont agité catholiques et médias, on a souvent entendu dire, presque comme une évidence tranquille, que « le pape ne pouvait pas faire moins que de défendre le préservatif et la contraception. »

Il est vrai que le « Catéchisme de l’Eglise catholique », en plusieurs de ses articles, interdit toute pratique qui détournerait le couple de la naturelle procréation qui suivrait leur union.
Mais deux choses me paraissent importantes à souligner.
La première est qu’il ne s’agit pas d’une matière entraînant un engagement jugé infaillible. Il suffit de jeter un regard sur la succession de ces Catéchismes officiels pour constater que, si les principes restent, les dispositions en matière morale évoluent.
Mais surtout, je voudrais faire part ici de mon interrogation : Est-il chrétien de s’incliner devant la profusion de la vie biologique? Pourquoi l’Eglise s’enferme-t-elle dans des positions qui exaucent davantage la loi naturelle que le dogme de l’incarnation ?

Le préservatif et la contraception sont des dispositifs qui entravent l’éclosion spontanée de la vie qui traverse naturellement le vivant, y compris l’homme et la femme.
Mais nous chrétiens n’adorons pas cette vie brute, sauvage, que nos corps génèrent. Notre religion est celle de l’incarnation, c’est-à-dire de ce qui « prend chair » et dont nous avons à être ensuite les protecteurs.
Avant, il me semble particulièrement avisé, sage, au contraire, de chercher à maîtriser une vie débridée, trop naturelle….

Ceci pour dire qu’il n’est jamais inutile de s’interroger de manière critique sur les dispositions éthiques du magistère. Bon de tenir tout cela à bonne distance, à l’aune de son Credo.
Dommage que certains chrétiens ne s’en avisent pas et que les médias ne soient pas conscients des enjeux, et de considérer les chrétiens pour des benêts.
A moins que les médias demandent simplement au pape de tenir le rôle de celui qui rappelle une norme, peu importe d’ailleurs laquelle, mais qui la rappelle, parce que dans cette société déboussolée, qui manque de repères et d’hommes ou d’institutions qui les professent, il faut confier ce job à quelqu’un. Qui fera le garde barrière, le douanier aux frontières, et qui, ainsi affranchira tous ceux de l’intérieur de leur service de garde? Eh bien, ce sera le pape!
Enfin, quelqu’un qui dit « non! », pour que tout le monde puisse en paix faire le contraire.

Anne Soupa

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Article paru dans La Croix du 02/04/2009 19:23
source http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2369755&rubId=786
Pourquoi je resterai dans l’Eglise.
Par Anne Soupa, présidente du Comité de la jupe

Anne Soupa est journaliste, théologienne et bibliste. Elle préside le Comité de la jupe  collectif de quinze personnes créé après les propos du cardinal Vingt-Trois sur le la formation des femmes dans l’Eglise

« Devant la vague de tristesse et de déceptions qu’engendre la série noire des faux pas du magistère, la tentation est grande de partir, par lassitude, par écœurement, par refus de cautionner des actes et des positions aussi indéfendables tellement elles sont anti évangéliques. Autour de nous, ces jours-ci, fleurissent, ça et là, des décisions de ce genre, douloureuses, venues des profondeurs de nos consciences : « Le Christ, oui, une Eglise pharisienne, non ! »

Mais partir est-il le bon geste à poser? En temps de désolation, disait Ignace de Loyola, surtout ne pas prendre de décision…

Ce qui me frappe, c’est le système binaire dans lequel trop de catholiques se sentent souvent emprisonnés : être d’accord ou partir. Il n’y a pas de troisième voie, pas encore assez de force en chacun pour refuser cette alternative aliénante. Si étroit est le chemin qui concilie l’expression libre de sa conscience et le désaccord… Si malmenées ont été les figures de référence qui, dans le passé, l’ont déjà emprunté, si discréditées, si salies pour leur audace même… Si lourde est la culpabilité qui pèse sur les catholiques (et que certains alimentent) – vais-je contribuer à détruire l’Eglise, à « briser la tunique sans couture du Christ »? – que mieux vaut souffrir mille morts plutôt que de dire « non! »

Or, la preuve est faite, depuis quelques mois, que la digue s’est rompue, faisant le lit de cette troisième voie, au cours encore incertain, mais irréversible. Le Jourdain ne remonte pas en arrière… Quand la conscience a parlé, comment les mots rentreraient ils dans la gorge?
Une sorte de passage de la mer Rouge

L’expérience que font en ce moment les fidèles catholiques, pour douloureuse qu’elle soit, est une sorte de passage de la mer Rouge. De même que les Hébreux, dos à l’Egypte, un peu perdus dans le vaste désert de Sîn, ont dû apprendre à s’assumer, de même les catholiques d’aujourd’hui, par leur mobilisation, se sont mis en situation de responsabilité morale dans une Eglise qui, encore plus, est la leur. Le « non » oblige autant que le « oui ». Davantage, même, car il appelle des solutions alternatives. Après l’avoir osé, tout reste à faire…

Ce qui fonderait donc le fait de rester, malgré l’amertume de ces jours, est la conviction que la critique est destinée au relèvement. Soigner un corps malade vaut mieux que l’abandonner. Et c’est pour cela qu’aujourd’hui, il est vital pour l’Eglise que ceux qui ont manifesté leur désapprobation ne la quittent pas. Pour moi, la cause est entendue, je ne partirai pas, mais j’apprendrai à me couler dans ce qui vient d’advenir et me paraît le seul, mais réel, acquis de ces temps de méchante houle : la naissance d’une opinion publique dans l’Eglise.

Une fois cette conviction posée, reste à apprendre à ajuster au mieux ses critiques avec le souci réel de vivre ensemble, dans l’Eglise. Il est incontestable que le web a favorisé l’éclosion d’une parole spontanée, plus libre. Mais celle-ci a aussi été violente, parfois à l’excès. Etait-ce l’effet de ce double anonymat, émetteur sous pseudo, destinataires fragmentés derrière l’écran ? Ou bien une caractéristique propre à la matière religieuse, à l’image de ces furieux débats qui émaillèrent les premiers siècles chrétiens, lorsque les frondes théologiques – entre évêques !- ont généré toutes sortes de violences, d’exactions, de coups de mains mercenaires, de crimes même, puisque le malheureux émissaire de l’évêque de Rome, Flavien, en est même mort ! (Brigandage d’Ephèse, en 449). Est-ce la conséquence d’une atonie du débat interne dans le monde catholique, atonie elle-même adossée à l’hypertrophie actuelle du ministère de Pierre, contraire à la plus grande tradition chrétienne?
Des lieux pour vivre le débat en Eglise!

Toujours est-il qu’il serait bon de se donner les lieux et les moments de vraiment vivre le débat en Eglise. La dernière lettre du pape montre son désir d’expliquer, de ne pas cacher ses propres erreurs. Dommage qu’elle n’ait été destinée qu’aux seuls évêques alors que les réactions de la base, celles des fidèles, dans la crise intégriste comme dans l’affaire de Recife, ont été déterminantes. Il revient maintenant aux Eglises locales, clercs et simples laïcs, aux médias catholiques (aux médias non catholiques même, qui ont hébergé les opinions « dissidentes »), de multiplier les initiatives qui prouveront qu’on peut débattre à visage découvert, dans le respect, que l’on peut s’écouter et non s’anathématiser, et surtout que l’on garde le souci de construire. Lorsque deux personnes ou deux groupes sont en face l’un de l’autre, la vindicte de certains fidèles autant que la langue de bois magistérielle ne tiennent plus : on se parle en vérité.

Aujourd’hui, nous avons tous besoin de ce contact direct, d’une proximité presque charnelle. D’incarnation, en somme. D’une Eglise qui sache inviter autour du feu et disposer les fauteuils pour faire cercle et se parler. L’heure vient, elle est venue, d’inventer dans la parole échangée l’Eglise de demain.  »

Anne SOUPA

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