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Archive for mai, 2009

Nous reproduisons ici les propos de Florence Delay recueillis par Emmanuelle Giuliani, et paru dans « La Croix » le 27/05/09

« Ce que je crois profondément, c’est que l’espoir réside dans une forme de retour en arrière. Il nous faut retrouver la jeunesse des premiers chrétiens, ni installés, ni puissants, parfois jugés ridicules. Une faiblesse qui, en réalité, est une force et peut nous aider à résister au lieu de nous affaiblir. Ce retour à la semi-clandestinité, avec la joie et non pas le sens du martyre qu’il suppose, me donne de l’énergie !

Comment retrouver cette vigueur après deux mille ans d’histoire ?

C’est parce que je suis persuadée qu’il faut être au plus près du Christ et de sa Parole que je tiens ces propos au ton idéaliste. Certes, nous avons appris à nous recroqueviller discrètement dans notre coquille, à ne plus évangéliser, à ne plus être prosélytes. Mais nous pouvons tout de même rayonner à travers notre droiture, notre charité, notre joie aussi, j’y tiens. Nous récoltons de mauvais fruits en ayant valorisé la souffrance et le dolorisme. Personnellement, c’est l’idée d’un christianisme joyeux qui m’en a rapprochée après que je l’avais abandonné.

Qui sont, selon vous, les chrétiens d’aujourd’hui ?
Il me semble qu’il y a actuellement beaucoup plus de chrétiens que de gens qui fréquentent les églises. Certains vivent une relation quasi protestante à Dieu, se satisfaisant de leur propre pensée, leur propre prière. Je les comprends, ayant moi-même un « problème » avec la hiérarchie ecclésiale, le pape notamment : je suis hantée par ses déclarations si fermées, jusqu’à être d’accord avec le journal Réforme lorsqu’il titrait : « Ad nauseam »… Je suis, bien entendu, persuadée de la spiritualité hors du commun et de la haute valeur intellectuelle de Benoît XVI. Mais tout autant choquée par la main tendue aux intégristes, la béatification des religieux espagnols tués durant la guerre civile alors que l’Espagne essaie de se « mettre au clair » avec son histoire, la supériorité numérique des cardinaux occidentaux quand l’avenir de l’Église est ailleurs, l’absence d’égalité entre hommes et femmes (les amis du Christ n’étaient-ils pas aussi – surtout – des femmes ?)… La hiérarchie institutionnelle dans laquelle vit l’Occident me semble désuète, sinon dangereuse dans son inadéquation aux réels besoins du monde. Je crains que le grand déploiement de Vatican II n’ait trouvé sa fin.
Les femmes ont-elles un rôle spécifique à jouer ?

Elles sont déjà là, très présentes, dans la catéchèse, les activités en paroisse, toutes ces tâches réservées par l’Église aux « non-PDG »…

Durant mon séminaire, j’avais une étudiante merveilleuse : physique éblouissant, grande intelligence. Seulement, elle ne venait en cours qu’une semaine sur deux, ce qui m’étonnait. Jusqu’à ce que j’apprenne qu’elle suivait une formation pour devenir pasteure. Elle allait, en outre, se marier deux mois plus tard. J’y ai vu une superbe réussite, une image de plénitude que je déplore de savoir – pour le moment – impossible dans l’Église catholique.

Propos recueillis par Emmanuelle Giuliani, 27 mai 09

Intégralité sur :

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2323357&rubId=4078

xavier

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L’homélie de Benoît XVI au stade international d’Amman, en Jordanie, le 10 mai 2009, est un petit bijou de condensé de cette idéalisation  des femmes  qui permet de passer à côté de la femme réelle dans l’Eglise.  Evoquant  « la dignité particulière »,  «  la vocation » et  « la mission des femmes »,  il  s’empresse de la repérer  chez les  « mères » ou « religieuses ». La dignité de toutes les autres- un bon nombre tout de même- passerait-elle  aux oubliettes ?
Et il poursuit « Qui peut dire ce que l’Église ici présente doit au patient, aimant et fidèle témoignage d’innombrables mères chrétiennes, religieuses, enseignantes, médecins ou infirmières ? ». Educatrices ou soignantes sans doute mais pourquoi pas  ingénieurs, chercheuses, chefs d’entreprise …?
Comme par hasard, et non sans contradiction, après le rappel de ces professions estampillées « bien féminines », vient en point d’orgue, un éloge de  l’heureuse complémentarité homme-femme : « Dès les premières pages de la Bible, nous voyons comment l’homme et la femme, crées à l’image de Dieu, sont destinés à se compléter l’un l’autre en tant qu’intendants des dons de Dieu et partenaires dans la communication du don qu’il fait de sa vie au monde, à la fois sur le plan biologique et spirituel. »

On se mettrait presque à  craindre que les célibataires non consacrées, déjà dispensées de dignité le soit aussi de ce destin de complémentarité, si l’on n’avait soi-même cessé de croire à cette fameuse complémentarité homme-femme.  Elle fait trop songer à ce mot d’humour : « Ne faire qu’un ? oui, mais lequel ? ».

Qui plus est, complémentarité à géographie variable : puisque force est de constater que les femmes sont un peu plus complémentaires que bien des hommes pour tout ce qui touche, par exemple, aux travaux domestiques… et que, dans l’Eglise, les hommes se passent, par exemple, de la complémentarité des femmes dans certains ministères, ou tout simplement de leur parole chaque dimanche.
Mystère théologique des ratés de cette complémentarité « biologique »… de cette égalité affirmée entre les sexes qui n’entraîne pas, de fait, une égalité de traitement. Comme le dit malicieusement Sacha Guitry «  Je reconnaîtrais volontiers que les femmes nous sont supérieures si cela pouvait les dissuader de se prétendre nos égales. »

Complémentarité illusoire, enfin, que cette  volonté d’être ensemble le tout, cette nostalgie de l’un, dans la fusion  de nos différences. On dira qu’elles sont maintenues bien sûr mais la pratique  montre trop souvent que ce n’est pas si simple. Au nom de la complémentarité, et de la différence maintenue, que d’enjeux de pouvoir dans le couple ou dans les institutions !
Impossible d’oublier  qu’être homme et femme, être sexué, c’est être « secare » , coupé, séparé.   C’est être, justement, du côté du « pas-tout ». Incomplets.  Pas de moitié d’orange comblante à attendre.. L’un n’a pas à espérer  de l’autre qu’il lui donne enfin ce qu’il n’a pas.
Il y a là un écart qui ne se surmonte pas.  Quelque chose en l’autre d’inaccessible . Rude  mais heureuse  épreuve qui nous fait d’autant plus rêver qu’hommes et femmes soient associés dans l’Eglise. Réellement. Pas l’un sans l’autre. Pour de bon.

Claude Plettner

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Qui êtes-vous?

Nous sommes plus de 300, femmes et hommes, laïcs, religieux et prêtres, un peu partout en France, et en Belgique. A Paris, un groupe s’est mis en route et prépare activement la marche. Beaucoup souhaitent rester discrets sur leur participation à cause de leurs responsabilités ecclésiales.

Pourquoi avoir choisi ce nom?

Que ce nom déroute, nous le comprenons. Mais au cours de l’histoire, combien d’initiatives ont été masculines, combien de femmes ont été définies par des mots masculins! Est-ce si difficile d’accepter que pour une fois, ce soit le contraire? Bravo aux hommes – de plus en plus nombreux – qui nous rejoignent. Ils font preuve de fair play.

Rappelons que nous ne sommes pas d’abord un mouvement féministe, mais un mouvement de renaissance de notre Eglise où nous souhaitons simplement que les femmes soient justement considérées.

Certains trouvent ce nom agressif. Hélas, l’agressivité était déjà là lorsque nous avons pris notre nom. Celui-ci, au contraire, est né du désir de mettre un peu de légèreté dans des propos bien pesants. Inconsciemment, nous avons cherché à ne pas vouloir nous laisser blesser. Mieux valait renvoyer la balle, sourire, jouer. On nous traite de jupes, nous répondons comme des jupes, c’est tout.

Maintenant, ce nom a une histoire et c’est une inestimable richesse. Observez autour de vous : il s’est répandu comme une traînée de poudre. A chaque fois qu’on le prononce, l’histoire revient. Et cette histoire est une fierté, il n’y a pas de honte à avoir. C’est l’histoire de femmes qui découvrent le « devoir de résistance », qui aident à ouvrir les yeux sur l’urgence de changer et de construire une Eglise prophétique.

Elisabeth Dufourcq a bien montré dans son livre qu’à chaque crise de l’Eglise, ce sont des femmes qui se sont levées (Catherine de Sienne, par exemple) et qu’elle leur a dû le salut. Tant qu’il restera des raisons de dire « trop c’est trop », notre nom sera utile et symboliquement fondé.

N’êtes-vous pas en train de diviser l’Eglise?

L’Eglise, c’est vous et moi, nous tous. Depuis ses origines la Tradition nous reconnaît le sens de la foi, le « sensus fidei ». Dira-t-on aujourd’hui que la situation de l’Eglise est la meilleure du monde? Et où serait-il écrit que Jésus a voulu que son Eglise soit une monarchie? Ne devons-nous pas tous prendre part à la fois au diagnostic et au relèvement? L’immobilisme, la passivité, le déni de sa conscience sont des facteurs de ruine. Qui ne change pas recule.

Relisez la parabole des talents (Mt 25, 14-30). Le serviteur blâmé est celui qui enfouit la monnaie sous la terre et la rend à un pour un, sans bénéfice. Et souvenez-vous : il avait peur, il pensait que le maître était dur et âpre au gain.
Croirions-nous en un Dieu fourbe au point de nous empêcher de dire ce qui est bon pour son Eglise, celle qu’il nous a confiée? Si nous avons chassé la peur, nous ferons plutôt comme les deux autres serviteurs qui doublent la mise.
Comment? En parlant, en construisant par la parole et l’échange, qui suscite le lien entre nous. Le corps ecclésial n’est fait que de paroles échangées. Passivité et suivisme ne feront jamais l’Eglise du Christ, de même que la vie spirituelle n’est pas faite de silence, mais de mots qui s’échangent entre le Seigneur et celui qui le prie. Que risque-t-on à s’adresser à Dieu et à nos frères et soeurs? Le silence? Ou qu’ils répondent vraiment? N’allons donc pas faire comme si la réponse était pire que le silence…


Qu’avez-vous donc contre les hommes?

Dieu merci pas grand chose… Nous les aimons. Nous ne sommes pas un mouvement dont le féminisme serait une critique des hommes ni une exaltation du seul sexe féminin.
A l’écoute du Créateur dont la Bible dit « Homme et femme il les créa », nous croyons aux vertus de la différence et au respect envers toute personne humaine.
Simplement, la société change et nous sommes de notre temps. Les femmes sont de bons artisans du Royaume, pourquoi s’en priver ? Vous connaissez le bon mot : « Le féminisme n’a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours. »
Oui notre ennemi, c’est bien le machisme. Et comme ceux qui le pratiquent ne le voient plus tellement il est « ordinaire », nous les aidons à le voir. Le machisme ecclésial existe vraiment. Nous le relatons parfois dans le blog. Il écrase, humilie, écarte les femmes des responsabilités. Il agit sous la peur ancestrale de la femme.
Et très souvent, il use de ses positions de pouvoir pour parler « à la place » des femmes. « Mulieris dignitatem » cette encyclique du pape Jean-Paul II a beau être pleine de compliments flatteurs, c’est un magnifique placard, et le jour où une papesse écrira un « De viris dignitatem », je pense qu’un petit frisson d’humiliation et une bonne colère réveilleront l’honneur masculin.
A vous, messieurs, de faire en sorte que ce jour n’arrive jamais.

Ne craigniez-vous pas que l’on vous accuse de vouloir le pouvoir?

Touché! La réponse est oui. Oui, nous voulons le pouvoir. Sans honte. En christianisme, le pouvoir est un service. Pourquoi le pouvoir serait-il bon et tourné vers le service lorsqu’il est masculin, et nuisible, accaparant, honteux lorsqu’il est féminin?

Il y a déjà tellement de femmes dans l’Eglise, pourquoi vous plaindre?
C’est vrai! 90% des catéchistes, 100% de l’entretien d’églises, une part importante des aumôneries hospitalières, la majorité des fidèles, surtout sont des femmes. Cela fait beaucoup…. Que des hommes les rejoignent, ce serait un gain pour l’Eglise!
Maintenant, regardez le Vatican, la Conférence des évêques, la commission d’éthique qui va représenter l’Eglise aux Etats généraux de la bioéthique; à la loupe, s’il le faut. Et comptez les femmes….

« Ah, mais à la tête de l’Eglise, ce sont des prêtres » me direz-vous, il faut bien qu’ils gouvernent. Eh bien moi, je vais vous montrer le ver qui ronge ce fruit : c’est la confusion entre le ministère ordonné et le gouvernement de l’Eglise. La présidence de l’eucharistie, c’est une chose. Gouverner, recommander des positions éthiques très importantes, c’en est une autre. Croyez-vous que ce soit de la compétence naturelle d’un évêque de se prononcer sur les mères porteuses ou le statut de l’embryon? Que des femmes accèdent au gouvernement de l’Eglise (et des laïcs hommes aussi), ce serait naturel, sain, et fructueux.

Ne trouvez-vous pas que chacun a son rôle, les femmes dans le souci de la vie, l’accueil, la disponibilité, le don de soi, les hommes dans le pouvoir et la décision?

Peut-être, mais il existe des hommes qui s’épanouissent dans les tâches d’accueil et de compassion, comme il existe des femmes faites pour la décision et le gouvernement. Le « féminin » n’est pas seulement chez la femme, ni le « masculin » seulement chez l’homme.
Aussi nous nous interdisons impérativement de dire ce pour quoi la femme et l’homme sont faits. Il n’y a que « des » femmes, et « des » hommes. « La » femme n’existe pas, pas plus que « l’homme ».

En somme, que voulez-vous?

Nous occuper de ce qui nous regarde, notre Eglise.

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Cause commune: femmes entravées, en Iran

Les femmes iraniennes qui tiennent des sites féministes sont en ce moment la cible des autorités iraniennes.

La proximité des élections l’explique (en juin), fait grandir la mobilisation, car un candidat d’opposition sérieux se profile, en la personne du maire de Téhéran.
Ceci prouve encore que les femmes font les premières les frais de mesures de rétorsion.

Parmi elles, Shahnaz Gholami, rédactrice d’un blog  féministe vient d’être libérée après 69 jours de prison. Plusieurs condamnations similaires fleurissent ça et là dnas le pays.

Ne l’oublions pas : les femmes font peur. Notre solidarité, à travers nos différences religieuses est peut-être précieuse pour certaines. Tenons-nous informées, n’ayons pas peur  de les soutenir.

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Quand Florence Delay parle des femmes dans l’Eglise

Les lignes qui suivent sont extraites du discours que Florence Delay a prononcé jeudi 14 Mai, jour de la réception de Monseigneur Claude Dagens à l’Académie française, au fauteuil de René Rémond.

« Mais comme je pourrais m’assombrir en songeant aux horreurs qu’ils (les Pères de l’Eglise)ont répandues sur les femmes. Je les cite avec peine n’ayant jamais imaginé que le sort de mon sexe dit beau, second et faible, était un destin. Pour Thomas d’Aquin, je corresponds « au second dessein de la nature, de même que la putréfaction, la difformité et la décrépitude.» Pour Albert le Grand je suis moins qualifiée que l’homme pour la morale, car je contiens plus de liquide. Je suis « un homme raté » dont on se doit garder « comme d’un serpent venimeux». Pour Clément d’Alexandrie, la conscience même de ma nature ne devrait évoquer en moi qu’un sentiment de honte. Brisons-là.
Rien dans les Évangiles n’annonce semblable opprobre. Nous sommes, avec les apôtres, les premières amies du Christ. « Les femmes, ses amies », répétait l’ancien évêque auxiliaire de Paris, Daniel Pezeril. Dans l’Évangile du disciple préféré, Jean, c’est à la femme aux cinq maris, une étrangère de Samarie, que Jésus confie pour la première fois qui il est. C’est la femme aux parfums qu’il défend contre ses disciples. C’est la femme infidèle qu’il refuse de condamner. C’est pour ses sœurs Marthe et Marie qu’il ressuscite Lazare. C’est à Marie de Magdala qu’il apparaît en premier le matin de sa résurrection. « Femme » dit-il à sa mère, comme si tel était son prénom. « Femme » dit-il aussi doucement à l’infidèle qu’à Marie Madeleine. Oui, les femmes ses amies.
Les petites mains du christianisme comme dans les ateliers de haute couture sont essentiellement féminines, vous le savez bien. Parmi les relais paroissiaux, si essentiels dans la vie ordinaire, ce sont elles qui permettent aux églises d’être ouvertes, accueillantes, fleuries  et pleines de chants. Bref, elles ont une grande part dans cette « visibilité de l’Eglise », question sur laquelle vous travaillez actuellement. »

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Ca y est! Notre grand projet est lancé. Voici l’appel pour la Marche du 11 octobre. Copiez-le et faites le circuler autour de vous. L’Express l’a annoncé aujourd’hui. Lisez vite et inscrivez-vous.
Partout où ce sera possible, à Paris et en province, il y aura une marche.


« Le tout, ce n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête ».

C’est par cette phrase d’André Vingt-Trois, cardinal archevêque de Paris, Président de la Conférence des évêques, que pour nous, tout a commencé.
Si comme nous, ces mots vous choquent, si les récents événements  de l’hiver vous ont attristé(e) ou interrogé(e), et si vous voulez contribuer à construire l’Eglise de demain, une Eglise prophétique qui dépasse les discriminations de sexe, qui ne soit plus seulement que l’Église des clercs, mais celle de tous et donne leur place aux laïcs, femmes et hommes, dans ses instances de décision, rejoignez le Comité de la Jupe.
Nous invitons tous les catholiques, engagé(e)s ou non, pratiquant(e)s ou non, à la première « Marche pour l’avenir, en Eglise », le 11octobre prochain, à Paris et en région, partout où nous serons en nombre.
Son nom : « Ite Missa est », parce que sur ce sujet, nous ne pensons pas que « la messe est dite ». Bien au contraire, nous nous souvenons que ces mots nous envoient, vers les autres, vers le monde, vers l’avenir, et c’est bien là que nous avons l’intention d’aller.
Hommes, femmes, familles, groupes d’amis, mouvements, associations, prêtres et diacres, et même les évêques s’ils le souhaitent, tous y sont fraternellement conviés.
Ce dimanche-là, lors d’une marche d’environ 3 heures on parlera de l’avenir, de l’Eglise que l’on souhaite voir éclore, de ce que le christianisme peut apporter à notre société.

Aussi, nous comptons sur vous. Celles et ceux qui seraient prêt(e)s à suivre cette marche et aussi à collaborer à sa préparation peuvent nous contacter : comitedelajupe@laposte.net.
Même si, pour diverses raisons, vous ne pouvez en être, merci de faire circuler l’information autour de vous et de mobiliser toutes vos connaissances. Ce sera votre façon de participer.
Nous avons particulièrement besoin de vos contacts en région, car, certes, « Paris vaut bien une messe », mais ne fait pas la France! Nous savons que la participation des régions est essentielle.
Nous croyons que cette première initiative forte de laïcs en France est un moment de la vie de l’Eglise précieux, riche de potentialités, tout particulièrement en ces temps où la confiance est troublée. C’est l’occasion de se parler, deregarder devant, ensemble, dans la liberté et l’écoute mutuelle!

Notre ardeur est grande, notre conviction aussi qu’il ne faut pas se démettre, mais agir. Notre Eglise, celle dont nous sommes membres et que nous chérissons toutes et tous, sera ce que nous désirons pour elle. Il est temps de l’accompagner vers sa renaissance  afin qu’elle soit toujours plus fidèle à sa mission.

Bien à vous et merci de votre concours.
Anne Soupa et Christine Pedotti, cofondatrices du Comité de la Jupe

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Nous sommes en croisière, au nord de la Grèce, dans la ville de Philippes, sur le site de la rencontre de Paul et de Lydie, le 14 avril 2009.

Une bibliste, Odile Flichy  prend la parole pendant la messe. Depuis des années, elle sillonne les Actes des Apôtres, elle suit Paul à la trace : c’est le sujet de sa thèse.

Les participants écoutent… Un petit fait de rien du tout, rapporté en Actes  Ac 16,11-15 qui, cependant, en dit long, et que des instances masculines n’ont guère cherché à mettre en avant, au cours de l’histoire. Ils ont même dénaturé le sens d’un verbe.

Lisons, comme si nous y étions.

– Paul a entrepris, en compagnie de Silas et de Timothée, un nouveau voyage pour rendre visite aux Églises fondées au cours de son précédent périple. Son idée est d’aller annoncer la Parole en Asie, dans la région d’Éphèse et de Smyrne. Mais, par deux fois, l’Esprit Saint est intervenu, l’obligeant à modifier son itinéraire. De ce fait, c’est à Troas qu’il arrive.
Or, Troas est un lieu illustre dans l’Antiquité, chanté non seulement par Homère dans l’Iliade mais aussi par Virgile, dans l’Énéide : c’est des rivages de Troie que part Énée, fuyant la ville en flammes, pour arriver en Italie et poser les premières pierres de la future puissance romaine.
Troas apparaît ainsi comme un lieu symboliquement fort, d’où s’engendrera un monde nouveau.
– En outre, c’est à Troas que Paul a eu une vision dans laquelle il lui a été révélé que Dieu l’appelait, lui et ses compagnons (on note que, pour la première fois, le récit parle en « nous »), à passer en Macédoine et répondre ainsi à la demande du Macédonien qui l’appelait à l’aide dans sa vision (Ac 16,9-10).
C’est donc un tournant important qui s’annonce dans le déploiement de la mission païenne sur le continent européen. Tel Énée, le troyen, emportant avec lui son bien le plus précieux (son vieux père Anchise sur ses épaules et des dieux pénates) pour aller vers un nouveau destin, Paul s’embarque avec confiance dans une traversée qui le conduira à porter le nom du Christ au cœur de la culture gréco-romaine, de Philippes, la ville du grand Alexandre, jusqu’à Rome, en passant par Athènes, Corinthe…

La rencontre avec des femmes un jour de sabbat, au bord d’une rivière, en un lieu de prière, est le premier épisode marquant de ce voyage. Comme à son habitude, le jour du sabbat, Paul cherche à se rendre à l’office. Première surprise : il ne se rend pas à la synagogue mais dans un lieu où il « pense » trouver cet office. Deuxième surprise : ce sont des femmes qu’il rencontre ! L’une d’elles nous est présentée avec un soin particulier : Lydie, dont le nom « la Lydienne » dit qu’elle est originaire de la région dans laquelle se trouve la ville de Thyatire, connue par ses ateliers de teinturerie, spécialisée dans le commerce de la pourpre.
Elle une « adoratrice de Dieu » (autre désignation pour « craignant-Dieu »), c’est-à-dire une païenne sympathisante du judaïsme, comme le prouve sa présence en ce lieu de prière un jour de sabbat. Les mots par lesquels Luc la décrit la font apparaître comme l’exacte correspondante, au féminin, du centurion romain Corneille, lui aussi « craignant-Dieu » et caractérisé par une grande piété (cf. Ac 10). En effet, de même que Corneille avait fait venir Pierre chez lui à la suite d’une révélation divine, Lydie, nous dit Luc, a déjà le « cœur ouvert » par le Seigneur. C’est pour cela qu’elle « écoute », attentive aux paroles de Paul, à l’image de Marie écoutant la parole du Seigneur (Lc 10,39).
Comme Corneille, elle reçoit le baptême avec toute sa maison. Cet événement, pourtant, n’est  mentionné que de manière lapidaire. La scène n’est pas décrite pas plus que n’est évoquée la venue de l’Esprit Saint. L’accent est mis, en revanche, sur l’invitation que Lydie fait à Paul de « demeurer dans sa maison ». Le texte ajoute « Elle nous y contraignit » (traduction de la TOB) / « Elle nous força d’accepter » (traduction de la BJ).
Qu’est-ce donc que cette contrainte exercée par Lydie sur les missionnaires ? Ont-ils vraiment été « forcés » à une démarche face à laquelle ils éprouvaient des réticences ? Aller chez une femme païenne ! Était-ce inconvenant à ce point ? Luc entend-il mettre en lumière le caractère exceptionnel de cet acte de Paul ? ou l’audace incroyable de cette femme ? Toutes les hypothèses ont été faites…. !

Mais Luc lui-même nous suggère une autre interprétation.
Les mêmes verbes clés de ces versets « demeurer / rester » et « contraindre / forcer » se retrouvent, en effet, dans un autre passage de son œuvre, à savoir l’épisode des disciples d’Emmaüs, en Lc 24. Curieusement, cependant, ils ne sont pas traduits de la même façon dans nos Bibles !
– Dans le passage qui ne concerne que des personnages masculins, les disciples d’Emmaüs à qui le Christ va ouvrir les yeux (comme il a ouvert le cœur de Lydie), nous lisons : « Mais ils le pressèrent, en disant : “Reste avec nous” » (Lc 24,29, TOB).
– Dans le passage qui concerne Lydie et les femmes qui l’entourent, si on suit le texte grec et si l’on adopte la même traduction pour les mêmes mots, nous lisons : « Elle les invita, en disant : “Entrant dans ma maison, restez”. Et elle nous a pressés » (Ac 16,15).

Lydie a tout simplement invité Paul et ses compagnons à demeurer chez elle, manifestant le même sens de l’hospitalité que les disciples d’Emmaüs et désireuse, comme eux, de continuer à écouter parler de celui qui avait ouvert les Écritures à ses disciples.
Finalement, cet épisode est-il si extraordinaire que cela ? N’est-il pas simplement normal que Luc ait, une fois de plus, souligné par le parallélisme qu’il établit entre la figure féminine de Lydie et les figures masculines de Corneille et des disciples d’Emmaüs, à quel point il est héritier de la tradition paulinienne. Pour l’Apôtre, en effet, dans l’Église du Christ, juifs, grecs, esclaves, hommes libres, hommes, femmes, tous sont égaux, parce que fils et filles de Dieu, parce que tous « ne sont qu’un en Christ » (Ga 3,28).

Odile Flichy
Philippes, le 14 avril 2009.

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L’ouverture de la Garde suisse pontificale aux femmes est envisageable. C’est du moins ce qu’a affirmé le commandant de l’armée du plus petit Etat du monde, pourtant exclusivement masculine depuis sa fondation en 1506. “Selon moi c’est possible et, personnellement, je peux imaginer cela pour une tâche ou l’autre“, a ainsi répondu le nouveau commandant dans une interview accordée, le 5 mai 2009, une chaîne de télévision italienne. A la veille de la prestation de serment de 32 nouvelles recrues, le commandant Anrig n’a pas caché que l’arrivée de femmes au sein de la garde pourrait poser “quelques problèmes“ mais, en même temps, que “tous les problèmes peuvent être résolus.

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J’avais envie de vous livrer une petite histoire qui m’est arrivée il y a 4, 5 ans au séminaire des Carmes. Un ami séminariste des Carmes m’invite à venir entendre Mgr Teissier à l’occasion de l’inauguration de la cellule du père Christian de Chergé.
C’est la journée inter-séminaire, tous les séminaristes parisiens sont là : Paris, les MEP, Saint Sulpice et les Carmes. Cela fait une belle foule de jeunes et un peu moins jeunes, qui rassemblée est impressionnante… L’ambiance est gaie, c’est la fin de l’année, il fait beau et cela sent les vacances.

Je me dirige vers l’amphi dans lequel se tiendra la conférence de Mgr Teissier, je prends place il n’y a pas grand monde encore. Puis l’amphi se remplit petit à petit… j’ai pris place dans un rang encore vide puisqu’il n’y a pas grand’ monde encore et je suis au bord.
Bizarrement, personne ne semble intéressé par ce rang et le monde afflue maintenant. Je me retourne, dans la salle il y a quelques femmes, au grand maximum une petite dizaine, et je suis de loin la plus jeune. Arrive un moment où il n’y a plus de place nulle part à part sur mon rang  et je vois enfin arriver des voisins !

Cela m’a laissé un drôle de goût dans la bouche, un léger sentiment de malaise… Nous pouvions ensuite assister aux vêpres, je ne me suis pas démontée, y suis allée et me suis sentie encore plus seule. Il y avait bien quelques coup d’œil amicaux, des sourires bienveillants mais ce que j’ai ressenti ce jour là m’a fait froid dans le dos.
Tous ces jeunes allaient devenir nos prêtres de demain, ils sont les prêtres d’aujourd’hui et j’espère que leurs regards se posent à présent différemment sur toutes celles qu’ils côtoient et rencontrent au quotidien. M.M.

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