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Archive for juin, 2009

« Etre catholique : se mettre à l’école de l’amour »  par Jean-François Bouthors

« Aime et fait ce que tu veux ! » dit saint Augustin. S’il me faut dire ce que signifie être catholique, c’est de là que je partirai. L’ordre des mots d’Augustin soumet le vouloir à l’amour. Autrement dit : « Que ton faire soit l’expression de ton vouloir commandé par l’amour ! » Jésus nous a laissé son commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres… C’est à l’amour que tous vous reconnaîtront pour mes disciples… » Mais quel est donc cet amour ?
Aimer, comme en parle saint Augustin, c’est un acte bien plus qu’un sentiment, une détermination personnelle, un vouloir, mais un vouloir qui n’enferme pas, qui consent à l’incertain et s’ouvre à l’inattendu. C’est une aventure toute d’écoute, d’humilité, dans laquelle peu à peu s’affine le vouloir, et qui, chemin faisant, mène à la liberté. La liberté est moins le début de l’amour que son aboutissement, son fruit – comme la joie.
Cet amour-là, naturellement, n’est pas enfermé dans les frontières du catholicisme. Cependant, c’est là que je l’ai reçu. Et pour moi, être catholique, c’est avant tout se mettre à l’école de cet amour auquel Jésus a donné chair. Au point que nous comprenons, en Jésus, que cet amour est Dieu.
Parce que l’Église se veut communion, elle est ce lieu où nous pouvons nous soutenir les uns les autres dans l’amour, nous encourager et nous corriger. Parce qu’elle est humaine, l’Église, est un lieu où l’amour est à la fois servi et blessé, mais, en la personne du Fils de l’homme, la blessure appelle à la remise en question, pour aimer davantage. En la personne du Fils de l’homme, nous apprenons que l’amour est fort comme la mort, qu’il traverse la nuit…
Être catholique, c’est croire que dans la communion de ceux qui ont, sont et seront appelés par le Fils vers le Père, cet amour peut être découvert, reçu, vécu, donné, pour tous les hommes sans exception aucune, parce que tous naissent de cet amour. Être catholique, c’est croire que cet amour est le nom d’un salut – d’une vie en plénitude – qui ne connaît aucune frontière, pas même celle de l’Église. Être catholique, c’est vouloir servir cet amour, s’en savoir incapable par soi-même, et s’en découvrir pourtant la force et la joie, par la grâce de cet amour lui-même. Être catholique, c’est cet appel, ce très puissant désir…

Jean-François Bouthors

Nota du comité : bien sûr, on pourrait dire  »chrétien » au lieu de « catholique ».

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Un nouvel adhérent au Comité de la jupe… Et quel adhérent ! Benoit XVI en personne !!!

Benoît XVI lui même nous écrit en commençant par nous parler de l’expérience du Feu de Dieu…:
« En parlant de feu, Jésus fait d’abord allusion à sa passion de l’amour et donc à un feu ; elle est le nouveau buisson ardent qui brûle sans se consumer, un feu qui doit se répandre.
Jésus ne vient pas pour rendre la vie facile, mais il apporte le feu sur la terre, le grand feu vivant de l’amour de Dieu, qu’est le Saint Esprit, un feu qui brûle. Origène rapporte une parole apocryphe de Jésus : « Qui m’approche approche du feu. » Celui-là donc qui l’approche doit être prêt à se laisser enflammer.
Le feu qui brûle n’est pas un feu qui détruit, mais un feu qui éclaire, qui purifie, qui libère, qui fait grandir.
Etre chrétien, c’est risquer de s’exposer à ce feu-là avec confiance.
Le Christ est celui qui nous apporte la paix. Je dirais que c’est là le sens premier. Mais nous ne pouvons vraiment comprendre cette paix qu’apporte le Christ que si nous ne la concevons pas comme un échappatoire aux souffrances, ou à la vérité et aux débats qu’elle entraîne.
Si la seule préoccupation de l’Église était d’éviter les conflits, pour qu’il n’y ait pas de remous, son message spécifique ne passerait plus. Car le but de ce message est aussi de débattre avec nous, d’arracher les hommes au mensonge et de faire la lumière et la vérité. Il n’y a pas de vérité au rabais. Elle est exigeante et même brûlante. »
Benoît XVI, Voici quel est notre Dieu, Plon, 2005, p 157-158

Alors aurons-nous la surprise et la joie d’avoir comme premier marcheur d’honneur le 11 octobre prochain, un soutien de si grande qualité ?

Déjà cette marche n’est plus, dès lors, la marche des seuls « laïcs citoyens » mais bel et bien celle des « cathos citoyens ».
La Parole nous habite tous, de notre vénérable Benoît XVI au catho le plus anonyme…
Laissons-nous nous exposer au Feu qu’elle révèle en nous !

Alors encouragé par un tel frère,
ne résistons pas à la joie de faire circuler cette parole entre nous.
Apprenons à la débattre ensemble, sans crainte, sans voile et sur la place publique !
…………………
Mais déjà sans attendre le 11, faisons un pas de plus dans le débat ainsi engagé :

- Pourquoi cette interrogation demeure en nous lorsque nous entendons ces propos : vont-ils au terme de ce qu’ils disent ?
- Tirent-ils les conséquences qui s’imposent ?
Car bien souvent l’expérience nous donne de percevoir comme deux types de discours dans le Magistère : un « très feu » lorsqu’il parle ad extra, et un « plus tiède » ad intra…
Or n’est-ce pas au même Feu que, tous, nous sommes appelés à nous laisser brûler ?

Cela ne signe-t-il pas dès lors un problème de confiance entre nous ?
Non pas qu’il faille avoir une confiance naïve, fleur-bleue, mais celle qui traverse les désillusions et qui s’enracine dans la bienveillance du Père unique.

Or si nous nous faisons vraiment confiance mutuellement, alors nous pouvons nous parler en partenaires à égalité, non dans une relation disymétrique Majeur-mineur, Supérieur-inférieur, Adulte-enfant, Maitre-serviteur.
Suivant en cela Jésus lui-même :
« Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis » (Jean 15, 14-15).

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I have a dream…or I have a nightmare?

Si cette photo est bien le reflet d’une certaine réalité, alors oui elle résonne pour nous, non comme un rêve mais bien comme un cauchemar…

Faisons donc notre possible pour que, jamais, oui vraiment jamais, notre Eglise ne devienne un lieu de dissimulation et de peur.

Un lieu où l’on dit les choses derrière un masque parce qu’on ne peut les entendre de face. Ni pour les imposer, ni pour les déplorer.

Un lieu où les êtres humains souffrent de ne pas être écoutés
et de ne pas pouvoir s’écouter eux-mêmes.

Et comme elles sont massives les souffances dans l’Eglise, celles que l’on s’impose à soi-même et celles que l’on impose à autrui, non par esprit évangélique, mais par simple paresse d’esprit…

Un lieu où l’on préfère se priver de compétences plutôt que de s’adjoindre des personnalités libres et audacieuses.

Un lieu fracturé où l’on suspecte l’autre, où l’on fomente contre son frère.

Un lieu où l’alignement à la pensée la plus primaire, la plus inepte parfois, sert de vertu. Evidemment, si l’on se mettait à penser, on risquerait de rejoindre cet autre chargé de tous les péchés.

Un lieu où l’on préfère stagner plutôt qu’avancer.

Un lieu où l’on aurait oublié le bel adage de nos Pères :
« Ce qui concerne tout le monde doit être délibéré par tous »

Et à visage découvert….

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18 juin…

18 juin 2009 by xavier
18 juin…

… en mémoire d’un appel qui fit date dans l’Histoire…

un autre appel qui pourrait faire date…
pour une marche « canon 208″,
un calibre qui ne peut que se faire entendre…

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Un seul baptême

12 juin 2009 by Christine
Un seul baptême

C’est parfois ce qu’on a sous le nez qu’on voit le moins !
Le dimanche de la Pentecôte, au cours de la messe à laquelle j’assiste, ont lieu trois baptêmes de petits enfants ; deux petites filles et un petit garçon.

À la fin, le célébrant invite les parents et les jeunes baptisés dans le chœur, et toute la communauté les applaudit.

Jolie image que ces trois bébés, dans les bras de leurs parents émus, et nous faisant face pour que nous les accueillions et les « adoptions ». Les voilà, joyeux bambins, devenus nos jeunes frères et sœurs dans le Christ.

Jusque-là, rien que de très normal, joli et émouvant. Et tout à coup, je me rends compte qu’on vient de faire les mêmes gestes, de dire les mêmes paroles, en un mot, de célébrer le même baptême pour les filles et pour les garçons. Et ce n’est pas une nouveauté ; il en fut toujours ainsi !

Et alors, me direz-vous, en quoi est-ce remarquable ?
Tout simplement parce que nous sommes les seuls, nous chrétiens à ne faire aucune différence entre les fils et les filles de Dieu, sans doute parce que Dieu lui-même n’en fait pas.
Oui, réfléchissez, nous sommes les seuls. Les petits enfants juifs ou musulmans n’ont pas les mêmes rites d’accueil suivant qu’ils sont filles ou garçons. Dans l’Hindouisme, la différence commence dès la grossesse, où l’on prie pour que l’enfant soit mâle, et les rites de naissance concernent seulement les garçons. Et dans le Bouddhisme, il n’y a pas de rite autour de la naissance, mais l’une des traditions les plus assurées est de dire qu’il faut à une femme se réincarner en homme avant d’atteindre le nirvana.

Mais chez les chrétiens, rien de tout ça. Un seul baptême !
Cette chose qui nous semble évidente est une vraie nouveauté. Un vrai signe de la Bonne Nouvelle qui s’adresse identiquement aux hommes et aux femmes. Par le baptême, nous sommes hommes et femmes, identiquement, équivalemment, prêtre prophète et roi.

N’en déplaise aux pourfendeurs des « gender studies », il semblerait bien que le genre ne soit pas une différence si essentielle. Sous le regard Dieu, nous sommes, hommes ou femmes, enfants bien-aimés.

De cette « révélation » de Pentecôte, il me vient l’idée que ce n’est pas un hasard si l’émancipation des femmes naît dans des sociétés profondément labourées par la culture chrétienne.
L’égalité homme/femme n’est pas un gadget, ni une mode. C’est un fruit de l’Évangile, qui fut certes, long à mûrir, tant la misogynie est la norme ordinaire des sociétés humaines, mais c’est un fruit direct de l’Évangile, une « appellation d’origine contrôlée » du terroir chrétien.

« Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ : il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus. » Galates 3, 27-28. C.Q.F.D., Merci Paul !

Christine Pedotti

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LE COMITE DE LA JUPE
Vous invite à
La première MARCHE
des cathos citoyens / nes dans l’Église
« Canon 208″
— Vous croyez que l’Évangile est une nouvelle vraiment bonne
— Vous croyez que cette bonne nouvelle change la vie, le monde,
et qu’elle l’a déjà fait.
— Vous croyez que l’Église a la mission d’annoncer cette bonne nouvelle.
— Vous croyez que l’Église ne se donne pas tous les moyens de le faire.
Venez marcher avec nous :

Dimanche 11 octobre 2009,
A Paris et dans les grandes villes

comitedelajupe@laposte.net
— Nous aimons l’Église
— Nous en sommes les membres, les pieds, les mains,
mais aussi le coeur et l’imagination.
— Nous avons de grandes richesses et de grandes énergies à offrir au monde.
— Hommes, femmes, laïcs ou clercs, mettons-nous en marche.

— Parlons-nous, écoutons-nous, partageons notre espérance,
rêvons l’avenir ensemble.

Et faisons-le advenir!

réservez la date,
alertez vos amis et participez !

Le comité de la jupe a été fondé par Anne Soupa et Christine Pedotti, fin 2008, à la
suite des propos de Mgr Vingt-Trois, cardinal-archevêque de Paris et président de la
conférence des évêques de France : « le tout, ce n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir
quelque chose dans la tête ! ». Le comité s’engage pour une Église prophétique ouverte
à tous sans discrimination de sexe ou d’état de vie.

Le canon 208
extrait du Code de droit canonique, le droit de l’Eglise

« Entre tous les fidèles, du fait de leur régénération dans le Christ, Il
existe quant à la dignité et à l’activité, une véritable égalité en vertu de laquelle tous
coopèrent à l’édification du Corps du Christ, selon la condition et la fonction propres de
chacun. »

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