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Archive for octobre, 2009
Anne Soupa et Christine Pedotti viennent d’adresser, le 29 octobre 2009, une lettre aux évêques de France, afin de préciser les raisons, les intentions, les fondements et les missions de la Conférence des Baptisé-e-s de France qu’elles souhaitent voir naître. Les évêques de France sont réunis en Assemblée plénière à Lourdes à partir du lundi 3 novembre.
Aux évêques de France
Lettre ouverte
et adressée à chacun
Anne Soupa et Christine Pedotti
contact.cbf@gmail.com
Le 29 octobre 2009
Messeigneurs, et chers Pères
Voici deux semaines, nous vous avons fait parvenir un bref courrier afin de vous indiquer dans quel esprit nous avons pris l’initiative de créer la Conférence des Baptisé-e-s de France (CBF). Nous vous avions annoncé que nous reviendrions vers vous pour le début du mois de novembre. Nous y voilà.
L’année qui vient de s’écouler a été pour nous une année de prise de conscience, nous avons utilisé le mot dans notre courrier précédent, de « réveil » et pour nous, il ne s’agit de rien de moins qu’un sursaut de la conscience.
Notre Église ne va pas bien. Non seulement parce qu’elle manque de moyens, inutile de refaire un bilan que tout le monde connaît, mais surtout parce qu’elle a un problème de moral. En un mot, nous n’avons pas le moral parce que nous ne cessons d’avoir les yeux fixés sur ce qui nous manque, sur ce que nous avons perdu.
Nous n’avons pas le moral, et nous avons peur de l’avenir.
Face à cette situation, on peut réagir de différentes façons :
le déni, « mais non, ça ne va pas mal »,
l’atténuation, « ça ne va pas si mal que cela »,
la banalisation ; « l’Église en a connu bien d’autres ».
On peut se laisser aller à la pensée magique « bientôt, ça ira mieux »,
à l’agressivité ; « c’est la faute des autres (du monde) ».
On peut monter des murailles, se barricader, se boucher les yeux, fermer les oreilles à la rumeur du monde,
ou essayer de fabriquer des machines à remonter le temps.
Tout cela, nous l’avons fait, peu ou prou, vous comme nous.
Au cours de cette année, à cause de l’élan d’espérance qui est monté vers nous, nous avons fait une autre analyse, celle des ressources, et nous avons découvert que nous sommes riches, infiniment plus riches que nous ne le pensions, car nous sommes riches de nous. Nous, c’est-à-dire, vous, nous. Nous sommes des milliers de gens, hommes et femmes, religieux ou religieuses, diacres, prêtres, évêques ou laïcs, qui partout dans l’Église de France avons donné notre foi au Christ et sommes prêts à rendre compte de l’espérance qui nous fait vivre, sommes prêts à rendre compte de la grâce de notre baptême.
Tel est le trésor, le roc, sur lequel nous voulons bâtir.
C’est un vaste gisement que celui-là, et presque inexploité parce que des mentalités et des structures, autrefois opératoires, sont aujourd’hui paralysantes. Oh, certes, il y a beaucoup de laïcs qui « font des choses », mais ils bouchent les trous, colmatent les brèches, et, vous le savez bien, ils « râlent ». Pourquoi ? Nous croyons que trop souvent, les uns et les autres, dans les missions qui leur sont confiées, ne sont pas réellement associés aux responsabilités afférentes. Parfois parce qu’on ne les leur donne pas, parfois parce qu’ils ne se sentent pas autorisés à les saisir.
La Conférence des Baptisé-e-s de France nous semble être le moyen d’ouvrir un lieu qui nous associe tous au nom de notre responsabilité baptismale.
La meilleure objection que nous avons entendue à cette création, c’est que cette Conférence n’a pas de raison d’être puisqu’elle existe déjà et qu’elle est tout simplement l’Église de France… Certes, mais l’Église de France n’a pas de lieu où tous peuvent débattre, s’écouter, se soutenir.
Relisons le Décret sur l’apostolat des laïcs du Concile Vatican II, § 26 : « Autant que possible, il y aura dans les diocèses des conseils qui apportent leur concours pour le travail apostolique de l’Église , soit dans le domaine de l’évangélisation et de la sanctification Des conseils de ce genre doivent exister aussi, autant que possible (….) au plan national. »
Il n’y a aucun désir de « révolution » dans notre action. Nous nous situons fermement en Église, et à son service, dans la perspective spécifique de la vocation baptismale qui est d’abord une vocation missionnaire. En cela, nous répondons à l’appel de Jean-Paul II dans son exhortation apostolique Christifideles laici. Soucieux de rappeler la place particulière des laïcs, le pape Jean-Paul II distinguait nettement leur « participation à l’Église communion » (chapitre II) de leur « co-responsabilité dans l’Église mission » (chapitre III).
Alors, cette Conférence des Baptisé-e-s de France, quelle sera-t-elle ?
Elle sera ce que nous en ferons. Cependant, l’acte initial de création a retenu trois grands fondements et trois premières missions.
1. Les fondements :
A. Un attachement indéfectible aux Écritures et à la Tradition catholique.
Ceci n’est pas sujet à discussion puisque c’est l’essence même de notre attachement à l’Église catholique.
B. Un attachement indéfectible au Concile de Vatican II dans sa lettre et son esprit
Ceci n’est pas non plus sujet à discussion, puisque le dernier concile s’inscrit de façon plénière à la fois dans la Tradition catholique et dans la réalité de la vie de l’Église depuis presque quarante-cinq ans.
C. La parité entre les femmes et les hommes dans la C.B.F.
Ce fondement-là peut sembler plus étonnant. Pourtant, c’est très précisément au nom de notre baptême que nous l’invoquons. On souligne trop rarement que le baptême chrétien, à la différence des rites d’accueil des autres monothéismes, et même des autres religions n’introduit rigoureusement aucune distinction entre les petites filles et les petits garçons. Le baptême, dans un geste prophétique et eschatologique, accomplit ce qui sera.
Égalité n’est pas parité, diront certains. Allons, bien sûr que si ! La parité (sans intégrisme) est la condition de l’égalité.
D’ailleurs, que faudrait-il craindre de la parité dans la C.B.F. ? Rien, sinon de mettre en pleine lumière ce qui appartient au code génétique du christianisme et ceci bien sûr, dès l’origine. Oui, cette parité qui appartient à notre tradition la plus antique, fera paradoxalement apparaître notre Église, par le moyen de la C.B.F., comme « ultramoderne ». Aussi, nous recevons comme une grâce cette règle, qui s’enracine dans l’une des dispositions sacramentelles les plus anciennes de notre Église.
Et, pour conserver un peu d’humour, observons que cette parité protégera d’abord… les « hommes » de sexe masculin, en nombre bien moindre que les « hommes » de sexe féminin dans l’Église.
2. La question des moyens
est celle qui va requérir beaucoup de soins, d’imagination, de forces aussi.
Nous souhaitons réunir des assises générales, dès que la chose sera possible.
Ce ne sont pas les quelques quatre cents personnes, cinq à six cent peut-être, avec celles des villes de province qui ont marché ou se sont rassemblées le même jour, qui peuvent prétendre constituer cette Conférence. Elles ne sauraient en être que les instigatrices, les chevilles ouvrières, afin que la maison dont nous posons les fondations devienne une maison pleine et vivante où chacun trouve sa place. Beaucoup, depuis le 11 octobre, nous ont rejoints. Plusieurs centaines de mails chaque jour…. Précieux vivier de forces avec lequel nous constituerons ces assises générales, dans le respect des choix ultérieurs du plus grand nombre. C’est pourquoi nous allons créer dans un premier temps une association de soutien à la création de la C.B.F. (Conférence des Baptisé-e-s de France) — association loi 1901 et dans un deuxième temps, sera créée une association canonique pour la vie de la CBF en Église.
Sur les schémas de structure possibles de cette future Conférence, il conviendra de s’entourer d’avis, d’examiner les expériences étrangères apparentées, et d’exploiter au maximum les ressources d’internet, afin que le niveau de consultation et la participation effective soient les plus larges possible.
3. Les missions
A. Le premier est le ministère de l’Écoute, disposition du cœur essentielle depuis toujours, pour le judaïsme comme pour le christianisme : « Ecoute Israël, le Seigneur ton Dieu est le seul Dieu. » Cette écoute qui entoure et permet la révélation de l’amour de Dieu doit pouvoir s’exercer au sein de notre Église comme au sein de la société. Il serait significatif qu’un lieu – la Conférence- lui soit, par vocation, dévolu. Ad intra, nous voulons recueillir et faire circuler la parole des baptisés afin de la structurer en opinion publique structurée, cohérente et responsable ce qu’en aucun cas une consultation par sondage ne peut produire. Ad extra, le besoin d’écoute existe aussi, de façon cruciale. Qui, aujourd’hui, n’a besoin d’être écouté ? Souffrances, joies, aspirations profondes des hommes et de femmes sont, hier comme aujourd’hui, le terreau de l’annonce de l’Evangile. Jésus ne faisait pas seulement le catéchisme. Souvent, il interrogeait : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? ».
B. Le second ministère est celui de la bénédiction. Si Dieu est amour, si l’extraordinaire bénédiction du monde qui ouvre la Bible a un sens, elle engage à un type de discours sur le monde et sur l’humanité qui en fasse ressortir la bonté, la beauté, la grandeur. C’est au sein de ce jugement attendri de Dieu sur son œuvre que peut, s’il y a lieu, se déceler la part des manquements et des errances. Nous voulons donc éclairer, autant au sein de notre Église que nous chérissons que dans notre environnement social, les actes d’amour, de générosité, de compassion, de pardon et de partage. Nous voulons reconnaître Dieu à l’œuvre auprès de l’humanité, et le louer : il n’est qu’à voir le si riche rituel des Bénédictions promulgué après le Concile Vatican II.
C. L’Espérance, enfin, se fraie difficilement une place aujourd’hui, autant dans l’Eglise que dans la société. L’une comme l’autre croient-elles encore à leur avenir ? Si Dieu est l’alpha et l’oméga, il est toujours devant nous. Il y a à dire et à redire que l’homme aspire à rencontrer Dieu et que Dieu lui offre la vie en abondance. Elle est impérieuse cette annonce de la sollicitude de Dieu envers chacun et chacune ! Nous voulons annoncer que toute existence humaine a un sens et que Dieu se soucie de chacun et donne un sens au destin de l’humanité.
Partageons, enfin, quelques intuitions
En premier lieu, nous faisons le pari que les critiques lourdes dont l’Église est aujourd’hui l’objet sont pour une part le tribut payé à la passivité dans laquelle sont tenus beaucoup des baptisés. Que ceux-ci deviennent acteurs et « comme par magie », les critiques qui pèsent sur l’institution diminueront. Être acteur renforce la solidarité et désarme la critique. Quand réellement, l’Église, c’est nous, nous tous, et non plus un « ils ! », « vous ! » chargé de tous les maux, alors l’énergie, auparavant mobilisée dans la critique, devient une force d’édification.
Il ne suffit pas de brandir le canon 208 sur l’égale dignité des baptisés. Il faut aussi offrir aux laïcs des lieux de dignité. Ainsi, chacun accomplissant sa vocation propre fait grandir le Corps du Christ en vue du bien de tous.
Ensuite, il nous paraît que, dans la situation de souffrance actuelle, souffrance partagée par tous, notre position de laïcs, très engagés, certes, mais « un peu à côté » nous met dans une situation « privilégiée » pour amorcer un mouvement. Nous ne souffrons pas comme vous parce que si nous sommes du Christ, comme vous, l’Église n’est pas notre seule maison. Nous ne sommes pas pris comme vous dans les contraintes institutionnelles. Mais sans doute, plus que vous, nous voyons tous ceux et celles qui sont partis et qui nous manquent à tous.
Alors, nous voici ! Nous avons le cœur plein d’espérance, nous pensons que c’est le moment. Nous voyons chaque jour des gens se lever et espérer avec nous. Ils n’attendent pas que d’autres qu’eux fassent bouger les choses. Ils se lèvent pour le faire. Ils nous le disent sans répit ; leur passion, c’est que l’Évangile soit annoncé. Nous ne vous demandons presque rien… mais un peu plus que le bénéfice du doute… un peu plus que la jurisprudence Gamaliel : « si leur œuvre vient des hommes, elle se détruira d’elle-même ; mais si vraiment elle vient de Dieu, vous n’arriverez pas à les détruire ». Nous vous demandons votre bienveillance, au fond, votre bénédiction. Ne tuez pas dans l’œuf ce qui demande à grandir, elles sont tendres et fragiles les œuvres qui commencent, elles ont besoin des autres, elles ont besoin de vous.
Cette fois, Messeigneurs et chers Pères, nous attendons de votre part réponses et commentaires, encouragements, correction (fraternelle), et bénédiction. Pour tout dire, nous espérons même que beaucoup parmi vous discerneront dans cette initiative un signe positif, un signe de vitalité, comme une hirondelle, qui si elle ne fait pas le printemps, cependant l’annonce. Nous sommes prêtes à rencontrer chacun à tout moment que vous jugerez opportun et, dans l’attente de ces rencontres, nous vous assurons de notre très fidèle respect dans le Christ.
Christine Pedotti et Anne Soupa
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Parmi les messages que nous recevons, celui de Brigitte.
Une habitante de Versailles, 44 ans, mère de famille de 4 enfants.
Il est représentatif de beaucoup d’autres… C’est pourquoi nous vous le partageons !
« Bonjour,
Informée de votre action par un article du Monde, j’ai lu votre texte « En marche » et m’y suis retrouvée….
trop tard pour participer à la marche.
Je souhaiterais être informée de l’évolution de la Conférence des Baptisés de France et participer éventuellement à des rencontres.
Voici quelques réactions :
Je trouve votre texte « en marche » très intelligent, équilibré, positif.
Franchement « Comité de la Jupe » ne me plaît pas, même si cette appellation a pût avoir du sens à son lancement. Conférence des Baptisés de France me plaît beaucoup. Je n’ai pas compris si vous l’écriviez au féminin ou pas. Je préférerais le masculin (puisque c’est ainsi qu’en français on rassemble hommes et femmes), car je ne voudrais pas me limiter à l’action en faveur de la parité hommes-femmes.
La phrase de votre texte qui me mobilise la plus est la suivante :
Nous disons que la capacité de tous, prêtres ou laïcs fidèles du Christ, hommes ou femmes, à prendre la parole, à peser et discuter une décision, à débattre n’est pas le sous-produit regrettable du relativisme, mais le signe que l’Église devient un peu plus mûre, un peu plus adulte.
De formation scientifique, je n’arrive pas à me ranger à certaines conceptions de l’Église qui vraiment heurtent ma raison. J’aspire à des espaces d’échanges ou chacun mobilise son intelligence et sa responsabilité pour vivre au mieux l’Évangile.
Plus jeune, je n’hésitais pas à exprimer mes doutes sur certaines positions de l’Église, lors de réunions paroissiales. Maintenant j’évite car je n’ose plus tirer sur l’ambulance. J’ai même peur de pousser les prêtres au désespoir. Donc je me tais, sauf avec les amis proches qui connaissent déjà mon « discours » depuis longtemps ce qui n’avance pas à grand chose.
Je serais donc intéressée par des rencontres avec d’autres personnes qui « s’autorisent à penser ». Mais je ne voudrais surtout pas tomber dans l’hostilité ou la polémique, j’ai vraiment peur pour l’ambulance.
J’aime l’Eglise, j’ai beaucoup d’admiration et même d’affection pour ses prêtres envers lesquels je suis très reconnaissante. J’ai reçu d’eux des témoignages très forts, une bonne formation de la foi. Ils restent des témoins précieux pour mes enfants. (être prêtre aujourd’hui, quand même, quel témoignage de confiance en Dieu !). J’ai aussi de l’estime pour des cathos « tradi » dont je ne partage pas toutes les convictions mais qui ont parfois une vie quotidienne édifiante.
Donc il ne s’agit pas pour moi de partir en guerre et de me faire entendre. J’aspire seulement au débat et à la pluralité de pensée et j’aimerais croire que ce serait une nouvelle chance pour l’Eglise dans l’annonce plus large de l’Évangile.
Un peu plus d’informations à mon sujet :
J’ai 44 ans, mariée, 4 enfants. En particulier j’ai 3 filles à qui il n’a jamais été offert d’être enfant de chœur, mais à qui l’aumônerie propose, de plus en plus jeune, une sensibilisation à la « fertilité » et un enseignement sur les « vérités et contre-vérités » en matière de sexualité. Je souhaiterais un peu plus de discrétion sur ce sujet ou les contre-vérités me semblent se trouver de tous bords.
J’ai été élevée par une mère emballée par Vatican 2, j’ai animé mon premier groupe de catéchisme à 18 ans grâce à une équipe d’aumônerie (prêtre, religieuse et laïcs) formidable. Mon mari et moi avons eu depuis divers engagements, auprès des petits enfants et des collégiens.
Votre mouvement m’apparait comme un bol d’air frais.
Merci de me tenir au courant de vos actions. Je ne sais comment participer et attends donc d’être sollicitée.
Fraternellement,
Brigitte, Versailles »
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Jean-Claude Eslin est philosophe,
professeur à l’école de Commerce ESCP-EAP, à SUPELEC et à la Catho de Paris,
membre du comité de rédaction de la revue ESPRIT et enseigne au Centre Sèvres.
Il a notamment publié » Dieu et le pouvoir. Théologie et politique en Occident » (Éd. du Seuil, 1999)
Le 22 octobre 2009, il nous écrit :
L’initiative du comité de la Jupe me réjouit, je la rejoins.
Dans l’Église, en une circonstance difficile comme aujourd’hui, il est bon d’écouter toutes les voix.
La coopération entre la vérité qui vient d’en haut et la vérité qui vient d’en bas crée un double mouvement,
une plus grande vitalité, un meilleur diagnostic, plus de réalisme, plus de lucidité.
Je soutiens le projet de la Conférence des Baptisé(e)s.
La journaliste qui a été l’envoyée spéciale du journal La Croix à Rome pendant quatre ans, jusqu’à l’été dernier, avait arrêté son blog « vu de Rome » avec cette dernière publication : « l’Église n’est pas qu’à Rome« … Un blog qui avait été largement suivi avec intérêt par nombre de personnes… Intéressant de terminer un blog avec une telle allusion au cardinal Etchegaray sur l’Église…
Depuis, revenue sur Paris, elle est devenue responsable du service « d’informations religieuses » toujours dans le même journal…
Et voilà que, grâce aux miracles des moteurs de recherche par le biais d’une recherche un jour sur les mots clés « Conférence des Baptisés de France », nous retrouvons les réflexions d’Isabelle de Gaulmyn dans son nouveau blog, « une foi par semaine« … Un nouveau blog qui commence le 14 octobre par une réflexion sur les laïcs dans l’Église en échos à l’annonce du projet de la Conférence des Baptisé-e-s de France… Déjà des commentaires sont venus… Un autre lieu de débat de qualité sur internet est entrain de voir le jour… Nous ne pouvons que nous en réjouir !
Alors bon vent à ce nouveau blog d’Isabelle de Gaulmyn !
Et en clin d’oeil final, quand elle dit que notre site est « extrêmement bien fait », nous rendons grâce d’un tel compliment car venant d’une « pro »… cela nous touche beaucoup !!!
Lors des Assises de la Communication qui se sont tenues les 14 et 15 octobre dernier à la Conférence de Évêque de France, Mgr Jean-Michel di FALCO, président du Conseil pour la communication,
s’est exprimé sur “La communication d’Église…”
Notre attention a été attirée par le fait que certaines de ses analyses rejoignent les nôtres.
Nous vous invitons à lire ses propos sur son site : http://www.diocesedegap.com
Et pour vous mettre en appétit, vous trouverez, dans son homélie qui suit son discours, une véritable invitation :
« Nous devons parler ouvertement et sans crainte tout comme Jésus a parlé ouvertement et sans crainte. Parler ouvertement et sans crainte cela revient à avoir une parole libre. La peur paralyse. Par crainte du qu’en-dira-t-on, on s’autocensure. On est bien prolixe et on s’expose inconsidérément pour défendre son amour-propre blessé, mais dès qu’il s’agit des intérêts du Royaume ou des autres, on est bien timide et on se défausse. Donc, parler ouvertement et sans crainte pour avoir une parole libre. Ne rien cacher par crainte. »
Continue Reading »Un beau et bon soutien bien réfléchi…
Sur le blog du « catho libre » Pierre de Bérulle, allez lire l’article Pourquoi je crois que la Conférence des Baptisés de France est une bonne idée ?
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Une semaine après le 11 octobre, il nous paraît utile d’ouvrir le débat avec ceux qui ont marché avec nous
et aussi avec ceux qui se mettent « en marche » dans leur tête à l’annonce de cette création,
sur certaines des raisons profondes qui nous poussent.
Ne revenons que brièvement sur l’absence de participation actuelle des laïcs au gouvernement de l’Église, sauf pour rappeler que la place est vide depuis trop longtemps et que nombre de théologiens, d’ecclésiologues, de sociologues le soulignent en se demandant « jusqu’à quand » les laïcs seront absents des décisions de leur Église. La France est dans ce domaine en retard.
(N.B. : nous constituons actuellement une bibliographie précise à ce sujet et que nous mettrons en ligne tout prochainement).
Mais dans notre cheminement, nous ne nous sommes pas arrêté(e)s à cette hypothèse de représentation limitée aux laïcs. Nous avons vu qu’il y avait un danger de se raidir dans un face à face, de structurer des blocs dont les projets, parfois, pourraient diverger. En regard de ces risques, le fondement baptismal nous est apparu d’une bien plus grande et intense fécondité. Il donne au projet une vigueur stupéfiante : une ouverture à tous ! Une vraie image du peuple de Dieu ! Il a de quoi vraiment exprimer une communauté toute entière.
C’est une idée fort ancienne, ancrée dans l’Ancien Testament, que de ne pas instituer de hiérarchie au sein du peuple. La fameuse « Assemblée du désert » le rassemblait tout entier. Reconnaissons-le, ce peuple était celui des hommes, selon le modèle des sociétés patriarcales anciennes. Mais faisons crédit à la Bible du fait que, si elle avait été écrite en 2009, elle aurait inclus les femmes dans son assemblée. Constatons simplement ici qu’il n’y avait ni monopole sacerdotal, ni pondération des votes par un quelconque statut social. Les nombreuses récriminations du peuple envers Moïse prouvent bien que la parole n’était pas bridée!
Mais c’est aussi une idée très moderne, parce qu’elle est fondée sur la dignité de tous, formellement reconnue au canon 208, menant à l’égalité réelle entre les membres. La règle de la parité entre les hommes et les femmes y ajoute une touche presque « ultra moderne » qui mettrait notre Église en pointe, et ferait même des envieux, car nombre d’institutions, du fait de leur ancienneté, peinent à l’établir. Parité dont il faut remarquer avec un peu d’humour qu’elle serait surtout destinée à protéger…. les hommes, en nombre bien moindre que les femmes dans l’Église. Gageons, d’ailleurs, que cette parité sera un jour inutile.
Le résultat est que pourront collaborer, dans cette conférence, laïcs et clercs de toutes sortes. Il faut se souvenir qu’après le concile, en 1966, la conférence épiscopale de France avait envisagé de créer un conseil national du clergé, à compétence uniquement consultative. Mais, devant le peu d’enthousiasme des évêques, le projet avorta dès 1970, suscitant alors le départ de plus de cent prêtres. L’idée de solliciter la parole des prêtres n’est donc pas nouvelle et il est évident que leur parole est non seulement nécessaire, mais indispensable à toute l’Église, car ils sont des acteurs privilégiés, tout proches de la communauté chrétienne.
J’aborde maintenant sans fard quelques objections entendues.
La première est que le titre sonne fort et pourrait faire dire à certains que l’histoire de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf est en train de se rejouer. Notre réponse est simple : la Conférence tout juste naissante n’est qu’un toit, une maison vide, il faut la meubler et l’habiter. Soit la conférence suscite de l’intérêt et elle devient vite une expression crédible de l’ensemble des catholiques. Soit l’heure n’est pas venue, ou bien les forces manquent, ou toute autre raison intervient, et il faudra jeter l’éponge. Mais quel péché contre l’espérance que de tuer dans l’œuf quelque chose qui demande à grandir! Ne ferait-il pas bon, dans notre Église, d’oser simplement susciter du nouveau, du vivant? Ce serait dommage que notre foi ne fasse pas bon ménage avec un peu d’audace!
La seconde concerne le titre de « baptisé-e-s ». Certains se drapent dans une dignité soi disant offensée parce que nous parlerions au nom de tous. Notre réponse est double : comment reprocher son absence de représentativité à une institution qui s’annonce en état de constitution? S nommer « la conférence des baptisé-e-s » n’est pas une démarche totalitaire. Il existe une « Action catholique des femmes ». Je n’en fais pas partie… et après? Je ne me sens pas privée de mon statut de femme catholique pour autant.
Maintenant place à une intuition que nous chérissons
Une fois ces compléments donnés, laissons place à une intuition que nous chérissons : cette création peut être un ferment nouveau d’unité. Ce n’est un secret pour personne que l’Église de France est aujourd’hui traversée de multiples tensions : entre clercs et laïcs, entre Rome et la conférence épiscopale, entre hommes et femmes, entre la génération Vatican II et la génération post JMJ, hélas aussi entre évêques eux-mêmes. Ces tensions sont douloureuses pour tous. Ces forces antagonistes favorisent l’immobilisme, lequel suscite à son tour deux attitudes : le départ de fidèles découragés, c’est-à-dire le délitement du corps ecclésial, ou la colère, suivie de la dépression, lorsque le constat d’impuissance s’installe. Nous y sommes. Il n’est donc pas faux de dire aujourd’hui, tant le climat est mauvais, tant les manœuvres défensives sont fortes, tant le manque de paroles est criant, que de puissantes forces de mort assaillent l’Église. Le cœur de l’institution, disons le corps épiscopal, cœur aussi des forces antagonistes, pris dans ces terribles tensions, n’a pas la tâche facile s’il veut bouger. Ne serait-il pas opportun que les initiatives partent d’ »un peu à côté », là où la pression est moins forte, par exemple de ces laïcs engagés et, espérons-le, « à la bonne distance critique ».
La Conférence des baptisé-e-s de France, si elle est vraiment le fruit d’une collaboration large, aurait cet incomparable avantage, non pas de « créer du lien » entre tous, ce qui est le souci des sociétés mondaines, mais de contribuer à la visibilité du Corps du Christ. C’est ce qui existe dans de nombreuses paroisses où le curé joue bien ce rôle de fédérateur, mais qui est déficient au niveau national. Parler, aborder ensemble les difficultés, regarder l’avenir en posant à plat les alternatives, et non en imposant une vision unique, serait l’assurance d’une solidarité fructueuse. A partir de ce lien nouveau, à partir aussi de la bonne volonté qui accompagne souvent les entreprises naissantes, des incompréhensions pourront être levées, des faux problèmes disparaître. Et on pourra, enfin, s’atteler aux vrais problèmes, le plus important étant, bien sûr, comme cela a été abondamment dit pendant la marche, l’annonce de l’Évangile dans le monde de demain.
Et « comme par magie », les critiques, lourdes, pesantes, qui pèsent sur l’institution, diminueront. Être acteur renforce la solidarité et fait oublier la critique. Car le mouvement canalise l’énergie auparavant mobilisée dans la critique, énergie de surcroît exacerbée par l’impossibilité d’être entendu. Les laïcs, tout comme les prêtres et les diacres, sont aujourd’hui tenus à l’écart des décisions. Les évêques, c’est bien connu, sont devant d’énormes difficultés. Ils demandent de l’aide, mais ni la structure de l’institution, ni la stratégie irréaliste actuelle du « tout clérical » ne permettent de résoudre le problème, car l’une et l’autre discréditent ceux qui pourraient aider, ces laïcs sans voix au chapitre, bons à donner de l’argent et des prêtres, mais sans modèle pour se penser en dehors d’un système clérical. Combien de fois entend-on cette critique trop cruelle, hypocrite même, faite aux laïcs, de « singer le clerc », alors qu’ils sont en réalité dépourvus de modèle alternatif clair et dynamisant. La conférence, par la représentation de laïcs en son sein, donnera une dignité à celui qui est laïc et l’aidera à se penser en dehors du modèle unique actuel.
Voici, rapidement résumées, quelques bonnes raisons « d’être pour », dans le débat que vous ne manquerez pas d’alimenter….
Anne Soupa
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Échange entre Christine Pedotti et Laurent Villemin
après sa réaction publiée dans La Croix daté du 13 octobre.
C.P. : Laurent, bonjour,
Tu as publié mardi dans La Croix un article intitulé « Quelle place peuvent revendiquer les laïcs dans l’Église », qui est apparu à beaucoup, comme une charge contre la création de la Conférence des Baptisé-e-s de France.
Moi-même, j’ai été très étonnée de cette prise de position de ta part. Peux-tu nous dire ce qui la justifie ?
L.V. : J’ai été contacté par téléphone lundi par un journaliste de La Croix me demandant si j’étais d’accord pour répondre à la « question du jour » ainsi formulée : « Quelle place peuvent « revendiquer » les laïcs dans l’Eglise ? ». Il m’a dit que la Marche de dimanche dernier organisée par le Comité de la Jupe en constituait le contexte mais que la question se voulait beaucoup plus vaste. On m’a donc demandé de réagir comme ecclésiologue au téléphone à cette question et non à la marche organisée par le Comité de la Jupe.
Les termes de la question ne viennent pas de moi. Résultat : quand je commence l’article en disant que « cela me gêne que la question soit posée en termes de revendication », je n’ai pas en tête les textes du Comité de la jupe ou son action mais la formulation de la question du journaliste. Il en va de même lorsque j’affirme que « Cette formulation induit immédiatement une problématique de droits et de pouvoirs à réclamer ». Cependant le journal a introduit entre la question posée et ma réponse un paragraphe relatant la marche du Comité de la Jupe. Du coup mes propos ont été lus immédiatement en rapport avec celle-ci et non en rapport avec la question qui était beaucoup plus vaste. D’ailleurs à plusieurs reprises dans l’article je souligne l’intérêt de la démarche du Comité de la Jupe.
Quand je dis : « De même, la participation des baptisés dans l’Église suppose une formation théologique, une pratique habituelle des sacrements et de la Parole de Dieu, ainsi qu’un engagement ecclésial », ce que je veux dire, c’est que ce sont les fondamentaux de la vie de tout baptisé, trois bonnes façons de participer à la vie de l’Église, et de vivre pleinement sa vocation de baptisé.
Bien sûr, je n’accusais pas les membres du Comité de la Jupe et ceux qui ont participé à la marche de manquer de formation ou d’engagement dans la vie de l’Église. J’en connais suffisamment pour savoir que ce n’est pas la réalité. Et bien sûr, je ne voulais pas dire non plus que les baptisés doivent être des experts et des théologiens pour que leur parole soit légitime. Si ces paroles ont pu blesser certains, je les prie de m’en excuser. D’ailleurs, je ne comprends pas mon rôle de théologien comme celui d’un censeur.
C.P. : J’entends bien tes explications, et j’aimerais que La Croix les répercute, mais tes réticences sur le nom que nous avons choisi, Conférences des Baptisé-e-s de France sont intactes ?
L.V. : Oui ces réticences demeurent et je trouve que cette appellation de « Conférence des Baptisé-e-s de France » n’est ecclésiologiquement pas heureuse. D’une part, je le trouve trop calquée sur « Conférence des Evêques de France » et donc induisant d’emblée une polémique ou laissant croire qu’il y a, d’un côté, les évêques et, de l’autre, les baptisé-e-s, chacun ayant sa Conférence, comme s’il y avait deux structures parallèles. Cela est dangereux et ne permet pas de comprendre que c’est le propre de l’Eglise catholique de tenir à la fois l’égale dignité de tous les baptisés et la mission spécifique de quelques-uns comme ministres. D’autre part, la « Conférence des baptisés de France » a déjà un nom : il s’agit de l’Eglise de France dont font parti tous les baptisés. De quel droit un mouvement particulier — ce que reste à mes yeux le Comité de la Jupe — s’attribuerait-il cette identité ecclésiale large ?
C.P. : Selon toi, avec la Conférence des baptisé-e-s de France, courrons-nous un risque de nous aventurer en dehors de l’ecclésiologie catholique ? Quels sont les critères auxquels nous devons être attentif-ve-s ?
L.V. : Susciter le débat ne situe pas en dehors de l’ecclésiologie catholique, bien au contraire, de plus l’ecclésiologie catholique a aussi évolué au cours des siècles et il faut en avoir une conception dynamique. Il y a cependant des principes fondateurs à prendre en compte dans toute réflexion et toute créativité. Sans prétendre en établir une liste exhaustive, on peut citer : le fondement pneumatologique de l’Eglise, c’est-à-dire le fait qu’elle repose sur l’Esprit de Dieu. Cela invite au débat : l’Esprit parle aussi par ce biais et pas seulement dans les conciles ou les synodes.
Je pense qu’il faut également faire attention lorsqu’on fait entrer une notion dans l’Eglise que l’on emprunte à la société. Non pas que cela soit interdit : cela s’est toujours fait. Mais il faut la situer dans l’ensemble de la foi catholique pour voir ce qui peut en être gardé et ce qui doit en être rejeté. Je vous dis cela en pensant au terme de « parité » que vous employez. A lui seul je ne pense pas qu’il soit susceptible de bien poser la nécessaire participation des femmes aux instances de responsabilité dans l’Eglise, ou d’approfondir la théologie du ministère presbytéral. Si on l’emploie, il faut mener une réflexion pour opérer une mutation catholique de son sens. Cela se fait à la fois par un recours à la Tradition de l’Eglise qui est à voir comme le trésor des expériences que l’Eglise a dans son histoire, par des apprentissages nouveaux, par des débats et des dialogues où chacun ne joue pas le même rôle, les ministres ordonnés ayant un rôle particulier de discernement.
De même, je ne suis pas contre le fait de parler de pouvoir dans l’Eglise, mais c’est moins la science politique qui nous aidera à discerner ce dont il s’agit qu’un approfondissement de ce qu’est l’auctoritas du Christ ; « Il parlait avec autorité » (Marc 2, 22). C’est de cela dont notre monde et notre Eglise ont besoin. C’est-à-dire une parole qui donne du sens, qui fait vivre et apporte le salut.
C.P. : La question du rapport entre le sacerdoce commun des baptisés et le sacerdoce ordonné donne lieu à toutes sortes d’interprétations, et chacun invoque Lumen Gentium. Toi, que dirais-tu ?
L.V. : Je dirais qu’en théologie c’est une question compliquée ! Effectivement elle vient de Lumen Gentium 10, où il n’est d’ailleurs pas question pour les prêtres et les évêques de sacerdoce ordonné mais de sacerdoce ministériel ou hiérarchique. Le texte lui-même ne va pas très loin dans l’articulation des deux, si ce n’est pour dire qu’il ne s’agit pas de la même chose et qu’ils sont ordonnés l’un à l’autre.
Je pense qu’il vaut mieux parler de ministère presbytéral pour désigner les prêtres comme le fait par ailleurs le concile Vatican II et des baptisés pour désigner le sacerdoce commun. On évite ainsi de tout mélanger et surtout d’opposer l’un et l’autre sacerdoce. Ce qui n’a aucun sens.
Mais ici, comme dans beaucoup d’autres domaines, la théologie est nécessaire mais ne suffit pas. Il faut des apprentissages pour que la responsabilité de chacun puisse s’exercer et des institutions pour la mettre en œuvre… le tout en conformité avec l’Evangile. Sur ces points, il y a encore du travail à faire dans notre Eglise catholique.
C.P. : Est-ce que tu crois qu’il est possible de dire que nous sommes en train d’écrire une page (ou une ligne) de la Tradition catholique ?
Je n’en sais rien ! On sera en mesure de répondre à cette question dans trois cents ans ! Ce que je peux dire c’est qu’il n’y aurait pas de Tradition catholique si des hommes et des femmes n’avaient pas mené à chaque époque des expériences pour vivre leur foi et être ainsi fidèles à l’appel de Dieu. Les formes en sont très heureusement variées dans cette même Tradition catholique. C’est d’ailleurs à mon avis ce qui en fait la richesse et — n’ayons pas peur du mot — la vérité.
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Alina Reyes est écrivain, originaire de Bordeaux.
Elle nous envoie cette très belle réflexion :
Il est normal que le monde ne comprenne pas la logique d’un saint. Dans la logique d’un saint, le préservatif est un mensonge, un écran entre la vérité et la vérité, un instrument pour ne pas assumer ses actes.
Il est dommage qu’un pasteur en charge de millions d’âmes ne comprenne pas la logique d’un homme vivant dans le monde. Dans la logique d’un homme vivant dans le monde, d’un homme ordinaire, le préservatif est un rempart contre le défaut de compassion, un instrument pour assumer ses actes en refusant qu’ils risquent de donner la mort.
Dans la logique d’un homme ordinaire, il est humainement urgent d’éviter la mort de millions d’enfants, de femmes et d’hommes. Car l’abstinence sexuelle n’est pas dans la logique de la vie d’un homme ordinaire.
L’homme ordinaire ne vit pas dans un cadre protecteur et doré, l’homme ordinaire ne vit pas que de prière et d’étude, l’homme ordinaire vit au cœur du chaos du rude monde, il doit gagner sa vie, préparer chaque jour les repas pour ses enfants, supporter les tensions générées par la promiscuité en famille et au travail, supporter l’insécurité permanente, les guerres de toute sorte, conflits armés ou sociaux ou intimes, supporter bien souvent de vivre dans un tunnel dont il ne voit pas le bout.
L’homme ordinaire sait bien qu’il lui faut accueillir, s’il ne veut risquer son âme, risquer de plonger dans la déréliction complète ou la fermeture aux autres, accueillir les moments de joie que lui offre pourtant la vie. Repas partagés en famille, entre amis, entre collègues… Tendresse, jeux et rires avec les enfants… Et bien sûr joies sexuelles : qu’elles soient simples instants d’exultation de la chair ou partage de l’amour, elles sont tout de même une consolation, un temps de rencontre importante, même si elle est sommaire.
La vie de l’homme dans le monde fait qu’il est souvent amené à connaître plus d’un partenaire au cours de sa vie (que celui qui n’en a jamais connu ou désiré qu’un seul lui jette la pierre) ; que cela lui soit l’occasion de transmettre la mort rajoute beaucoup de malheur à son malheur.
L’homme qui vit dans le tunnel a sa sainteté, aussi, car il est dur de vivre ainsi. Il aime le pasteur qui a su accomplir la très difficile tâche de trouver la lumière, et peut la lui montrer.
C’est pourquoi le pasteur doit dépasser sa propre sainteté, afin de montrer à l’homme qui vit dans le monde qu’il l’aime vraiment. Afin de ne pas seulement lui montrer la lumière, mais de la lui rendre accessible. En lui prêchant constamment, non pas la radicalité, mais la modération, et le choix d’accomplir en son âme et conscience un chemin de vie réellement possible, en esprit d’amour. Dans une compassion les uns envers les autres dont le pasteur doit donner le premier l’exemple, sur la terre comme au ciel : non pas seulement idéale mais vivable, et protégeant la vie.
… et d’un autre côté…
Moi aussi je suis Noire et je suis Africaine.
Moi aussi je vis dans un monde qui s’acharne à me piller, me faire souffrir, me dévaster, moi aussi je suis entourée de forces négatives – et moi aussi je continue pourtant à savoir chanter, danser, rêver longuement, connaître l’invisible, aimer Dieu, vivre en plein cœur du paradis terrestre, malgré le mal.
Moi aussi j’aime la vie et j’aime jouir de mon corps, mais j’ai aussi envie d’amour pur et de douceur et de respect entre les êtres.
Moi aussi je suis une femme qui se bat chaque jour pour sa liberté, et je ne la reconnais pas dans les magazines féminins occidentaux, mais je m’interroge quand je vois des témoignages de femmes victimes de viols de guerre qui ont refusé d’avorter, et vivent une relation d’une extraordinaire humanité avec l’enfant qui leur est ainsi né.
Moi aussi, ne perdant pas de vue qu’il est capital qu’en définitive je puisse décider moi-même face à Dieu, j’aime qu’une autre voix puisse me parler et m’autoriser une autre voie.
Moi aussi je sais reconnaître un grand maître spirituel, je sais reconnaître son amour et son courage, je sais reconnaître mon désir du bien dans son habit blanc.
Moi aussi je sais que ce désir est une question de vie ou de mort, et je sais qu’aller toujours plus avant dans ce désir rend la vie belle, rayonnante, éternelle.
Moi aussi j’ai suffisamment d’oreille pour entendre une parole qui touche le ciel, moi aussi j’aime Benoît XVI.
(ces textes sont parus sur mon blog)
Alina Reyes vit entièrement de son écriture, souvent caractérisée comme poétique et sauvage. Traduits dans plusieurs pays, ses livres sont particulièrement bien connus en Italie et en Allemagne. Ses derniers ouvrages, spécialement Lumière dans le temps (Bayard, 2009) et Psaumes du temps présent (Presses de la Renaissance, 2009), témoignent d’une ardente découverte de Dieu, dans la foi catholique.
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Un article publié sur le site de Témoignage Chrétien
Les baptisé-e-s de France s’émancipent
par Jerôme Anciberro
Et si le Comité de la Jupe avait trouvé le bon ton ?
Celui que recherchent depuis des années les catholiques qui ne se sentent plus en phase avec la manière dont la hiérarchie mène la barque de l’Église et qui ne savent plus comment exprimer ce malaise sans se voir aussitôt reprocher de semer le trouble dans la maison commune, voire d’inciter au schisme.
En annonçant le 11 octobre, à Paris, sur le parvis de l’église Saint-Sulpice, la création d’une Conférence des Baptisé-e-s de France (CBF), Anne Soupa et Christine Pedotti, les co-fondatrices du Comité de la Jupe (lire TC n° 3365), ont peut-être ouvert une brèche dans la muraille du prêt-à-penser ecclésial.
Il sera difficile pour les évêques de France de faire comme si de rien n’était ou de rejeter l’interpellation comme une manifestation d’humeur de contestataires hors circuit ou d’intellectuels détachés des réalités (1). Religieuses et religieux, prêtres, diacres, mais surtout de nombreux laïcs très engagés dans l’Église et souvent formés en théologie : la petite foule qui écoutait les oratrices de la place Saint-Sulpice avait un air à la fois décidé et… très sage.
C’est peut-être là sa force, dans un monde catholique se vivant comme étant menacé de toutes parts. Rigueur du fond, fermeté du discours mais grande attention à la forme : la recette peut fonctionner.
La phrase calamiteuse du cardinal Vingt-Trois le 6 décembre dernier sur le manque de formation des femmes (« Le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête ») n’aura été que la goutte d’eau qui fait déborder le vase. « Les cathos ne parlent pas, estime Estelle, membre du Comité de la Jupe. Ils ont l’habitude de laisser couler les choses en se répétant que l’Église en a vu d’autres.
Mais aujourd’hui, beaucoup, qui sont pourtant très patients, n’en peuvent plus. »
Les réactions de nombreux catholiques croisés sur le parcours laissent penser que le potentiel d’une telle initiative est réel.
Horizon.
Certaines personnalités catholiques, comme l’historien Jean Delumeau, les journalistes Monique Hébrard ou René Poujol ( ex-directeur de la rédaction de Pèlerin ), ne sont pas non plus passées inaperçues des initiés durant la marche ou sur le parvis de Saint-Sulpice. « Il nous est impossible désormais d’en rester à la question particulière portée au début par le comité de la jupe, celle de la dignité des femmes, a déclaré Anne Soupa devant les quelque 300 personnes qui venaient de participer à la marche du 11 octobre. Notre cause, maintenant, est plus vaste : l’horizon s’élargit. Qu’avons-nous en commun ? notre baptême ! Et à cause de ce baptême qui nous a donné l’Esprit, nous croyons en la force de la parole et nous n’avons pas peur. »
La CBF ne se veut pour l’instant qu’une invitation lancée à tous les catholiques à créer un véritable lieu d’échange qui aujourd’hui manque en France (2). Des exemples de telles structures existent à l’étranger, par exemple en Allemagne, autour du Katholikentag, une manifestation très populaire qui a lieu tous les deux ans durant cinq jours, et lors de laquelle les catholiques allemands se rassemblent autour de débats et de rencontres thématiques très ouvertes. Un Comité central composé essentiellement de laïcs assure la liaison entre deux manifestations.
Les initiateurs de la CBF ne se posent donc nullement en opposition aux structures existantes de l’Église de France. Leur vision se veut « responsable ». Anne Soupa le rappelait dans son discours : « À ceux qui nous disent : “ vous prenez le pouvoir ? ”, nous répondons : “nous prenons nos responsabilités !”»
Des contacts officiels devraient être pris dans les semaines qui viennent avec les évêques de France, lesquels se réuniront en novembre à Lourdes pour leur assemblée d’automne.
(1) Invité de la matinale de Radio Notre-Dame lundi 12 octobre, le Père Pierre-Yves Péqueux, directeur national des Œuvres pontificales missionnaires, n’a pas hésité à classer la démarche du Comité de la Jupe parmi les « combats marginaux qui passent à côté de questions profondes ». Et de citer en contre-exemple les catholiques qui s’engagent… auprès des migrants !
(2) Pour contacter la CBF : e mail
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Réponse aux propos de Laurent Villemin sur la Création de la Conférence des Baptisés de France
(propos tenus dans le journal La Croix du 13 octobre 2009)
Pierre de Bérulle se présente comme « catho libre » sur son blog : http://berulle.over-blog.com/
Il était présent à la marche du 11 octobre. Il ne se revendique pas comme « militant » de la Conférence.
Mais il répond en fonction de ce dont il a été témoin directement.
Cher Père, Cher Frère, Cher Laurent,
Permets-moi de m’étonner en lisant tes propos dans le La Croix du 13/10/2009. Comme toi et pour les mêmes raisons, je me pose des questions sur la pertinence du nom de « Conférences des baptisés de France ». J’ai peur qu’il ne soit perçu comme une attaque de la Conférence des Evêques de France et comme une volonté de rassembler « fictivement » toutes les tendances du catholicisme contemporain.
Comme toi, et peut-être pour la simple raison que nous sommes des hommes et j’ose le croire peu « machos », je ne suis pas passionné par le débat sur la stricte parité. Je crois à l’égalité et la stricte parité n’aurait pas de sens si chacun était convaincu que tous les baptisés et toutes les baptisées sont égaux dans l’Eglise. Malheureusement, tu seras d’accord avec moi pour constater que le fait même que le ministère ordonné presbytéral (et épiscopal) soit réservé à un seul des deux sexes semble impliquer pour certains et pour certaines (aux deux opposés) qu’il y aurait un sexe investi de l’autorité – le sexe fort, celui du Christ – et un sexe destiné à l’obéissance, à la maternité et au service – le sexe faible, celui de Marie, paradigme chrétien, que les mouvements conservateurs agitent comme un étendard immaculé non en signe de trêve mais de restauration, Marie modèle de la femme, que les Evangiles et les Actes des apôtres ne présentent pas vraiment comme l’image de la femme au foyer (peut-être Jésus l’eut-il préféré dans certaines péricopes ?). Aussi me paraît-il normal que dans l’Eglise, comme dans la société, le combat des femmes pour la reconnaissance de leur stricte égalité avec les hommes passe malheureusement (et on peut leur faire crédit qu’elles sont dans ce combat les plus malheureuses) par la revendication de la stricte parité.
Mais ce n’est pas cela qui me choque. C’est ta phrase « De même, la participation des baptisés dans l’Église suppose une formation théologique, une pratique habituelle des sacrements et de la Parole de Dieu, ainsi qu’un engagement ecclésial. » Le fait qu’elle soit structurellement incompréhensible (la participation des baptisés dans l’Eglise suppose un engagement ecclésial ?!) me laisse espérer que tu n’as pas relu des propos qui ne reflètent ni la rigueur habituelle de ton écriture, ni je crois le fond de ta pensée. Quel degré ou grade de formation théologique est-il nécessaire d’avoir pour pouvoir s’engager dans l’Eglise ? Pour ma part je croyais que c’était le baptême et la confirmation qui nous obligeaient à nous engager dans une vie ecclésiale nourrie par « la pratique habituelle des sacrements et de la Parole de Dieu » et non des études de théologie qui nous le permettaient.
Laurent, j’ai participé à la marche qui, dimanche dernier, à l’initiative du Comité de la Jupe, a rassemblé quatre cents catholiques pour un temps de partage. Parmi eux, tous étaient engagés dans l’Eglise, tous se nourrissaient des sacrements et de la Parole de Dieu, beaucoup étaient formés aussi bien que la majorité des prêtres. Je n’y étais pas en tant que militant mais en tant qu’ami. Et ce que j’y ai vu et entendu n’a rien à voir avec les craintes que tu as. Je n’ai pas entendu que ces chrétiens (hommes et femmes) revendiquaient le pouvoir, j’ai entendu qu’ils et elles souhaitaient prendre leur responsabilités. Je n’ai pas entendu qu’ils fustigeaient les évêques, j’ai entendu qu’ils souhaitaient participer au nom de leur baptême à la vie de l’Eglise avec eux et dans la communion. Je n’ai surtout pas entendu un petit groupe d’agitateurs mais un groupe épris de compassion pour ceux et celles qui ont quitté l’Eglise parce qu’ils ne s’y retrouvent plus.
Tu sais comme moi que seules des tendances aveugles, qui revendiquent un pouvoir dans (ou plutôt sur) l’Eglise qu’elles ont vécu comme confisqué depuis Vatican II, qui souhaitent non la grandeur de l’Eglise mais la restauration d’une société archaïque, peuvent prétendre que la génération montante remplit les Eglises et célébrer les fruits d’une nouvelle « civilisation de l’amour » fondée sur des principes moraux inappliqués par eux-mêmes et des crispations théologiques et liturgiques qui ne sont que les images (les idoles) d’un modèle de société patriarcal et monarchique rêvé.
Je suis d’accord avec toi : dans l’Eglise tout repose sur l’Esprit Saint et il n’est pas question de rêver une église catholique fondée sur les principes démocratiques strictes de ce Monde. Mais je refuse de croire pour autant que le dialogue et une certaine démocratisation de nos institutions ecclésiales ne sont pas oeuvres de l’Esprit. Il y a une différence entre avoir des comportements démocratiques et être une démocratie. Il est quand même réel que l’Eglise primitive était sur plusieurs points plus démocratique dans ses choix que l’Eglise contemporaine. Etre démocratique pour l’Eglise c’est se rappeler que l’Esprit Saint n’est pas qu’un concept trinitaire. L’Esprit saint est envoyé à tous le baptisés. Nous le célébrons et le proclamons… peut-être faudrait-il le vivre. Comme toi je suis tenté souvent de penser que sans formation, il est difficile de pouvoir faire des choix justes. Mais je me force à croire toujours que Dieu a choisi l’Incarnation et l’envoi de l’Esprit Saint à tous les baptisés pour qu’ils s’engagent à faire vivre l’Eglise. On peut choisir de préférer laisser Dieu parler par les jeux de hasard mais si on choisit de le laisser s’exprimer par les hommes et les femmes qui ont reçu l’Esprit Saint, il n’y a aucune raison que seule une petite partie des catholiques puisse parler au nom de tous. On peut avoir peur, être frileux (c’est sûrement mon cas), mais si on croit que Dieu aime et anime son Eglise, il faut avoir l’audace de l’écouter quelles que soient les voix qui nous interpellent, fussent-elles féminines !
Je ne sais pas si « Conférence des baptisés de France » est le nom le plus approprié, discutes-en avec elles et eux, mais je crois que les intentions qui les animent sont celles qui devraient animer toute l’Eglise : le souci que tous puissent rencontrer Dieu, se sentir chez soi dans l’Eglise, et accueillir le Salut. Ce n’est pas par souci de pouvoir qu’ils restent dans l’Eglise quand des âmes bien pensantes les invitent à la quitter si Elle ne leur plait pas, c’est parce que, fidèles à leur baptême, ils savent qu’en démissionnant ils contribueront, malgré eux, à abandonner des frères et des sœurs.
Amitiés,
Bérulle
« interview » de Laurent Villemin dans La Croix
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Message reçu du Père Antoine Sondag :
Un petit mot à propos de la Conférence des Baptisés de France (CBF)…
Cela a l’air je ne sais pas quoi, contestataire, critique envers les évêques… si j’en crois certains articles de presse.
Je signale qu’il existe en Allemagne un organisme tout à fait semblable :
le Zentral Komitee der deutschen Katholiken, acronyme ZdK.
C’est une assemblée composée d’environ une petite centaine de représentants des associations catholiques du pays, d’une petite centaine de représentants élus par les Conseils pastoraux diocésains, et d’une petite cinquantaine de représentants cooptés, choisis d’ailleurs en général dans les milieux politiques (plutôt le personnel politique au niveau régional, les Länder) et pas seulement évidemment du parti démocrate-chrétien, il y a tous les partis (Die Linke, je ne suis pas sûr, quoique ?). Ils se choisissent un président élu, qui doit être confirmé par la Conférence Episcopale. Ces années récentes, pour la première fois dans l’histoire depuis 1848, la Conférence Episcopale n’a pas confirmé le candidat choisi.
Voilà, vous savez sans doute tout cela.
Ce ZdK est une institution ancienne, vénérable, pas trop contestataire (présidé par un ancien ministre CDU)…
Le secrétaire général de ce ZdK, Stefan Vesper, qui est d’ailleurs aussi francophone, se ferait sans doute un plaisir de venir expliquer tout cela à Paris en français. Pour le moment, il a des liens avec les Semaines Sociales de France (qui tentent parfois de jouer le rôle de ZdK pour la France, mais elles ne le sont pas, elles n’ont pas la base démocratique du ZdK).
Je m’arrête ici, bon courage à toutes et à tous…
Si je puis être de quelque utilité, je suis prêt
Antoine Sondag
sympathisant, j’ai un doute si je suis adhérent ou non… peut-on déjà être adhérent à la CBF ?
Antoine Sondag, prêtre, diplômé de l’Institut d’Etudes politiques de Paris, travaille au Secours Catholique depuis dix ans dans les affaires internationales. Parallèlement, il a été aumônier international de Pax Romana. Il a été président d’Article premier. Ancien secrétaire de la commission Justice et paix de la conférence des évêques de France, il est l’auteur de On n’éliminera jamais la pauvreté, même pas vrai ! (Erès, 2005) et la Géographie des catholiques (Centurion,1991) et plus récemment La solidarité chemin de spiritualité (Salvator, 2008).
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Le samedi 10 et le dimanche 11, en plus de Paris, plusieurs villes ont lancés leurs propres initiatives de cathos citoyens… Ainsi Annonay, Le Mans, Lille, Lyon Marseille, Menton… La presse locale a pu en parler… En voici un exemple avec Le Mans :
Les Laïcs de l’Église en Marche, un article paru dans Ouest-France Le Mans le 12 octobre 2009
Le comité de la jupe de la Sarthe, présidé par Karine Laforest, organisait hier après-midi une marche des citoyens laïcs, comme à Paris. Ce comité a été créé en signe de protestation à une déclaration du cardinal Vingt-Trois, à propos d’un ministère de la Parole ouvert aux femmes : « Le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête. »
Une quarantaine de chrétiens, dont trois prêtres, ont marché dans le quartier des Sablons en réfléchissant à la place des femmes dans l’Église. « Les catéchistes, ce sont des femmes. Ceux qui prennent des décisions pour l’église catholique, ce sont des hommes », soulignait Erick Marganne. Plus largement, le comité défend la parole des laïcs au sein de l’Église.
Mais il y eut aussi FR3 Lyon qui s’intéressa à ce qui s’est passé à Lyon
et qui peut se lire en cliquant sur ce lien
Certes les mobilisations étaient moindre qu’à Paris,
mais il est intéressant de se rappeler que le démarrage de ces groupes ressemble à ce qui s’est passé à Paris :
lorsque le groupe de Paris s’est mis en route… Elles n’étaient que 15… C’était il y a seulement 10 mois de cela…
Et sans oublier les autres villes qui n’ont pas forcément fait de « démonstration publique » chez elles, mais sont allées en délégation à Paris : Bordeaux, Dijon, Rennes, Strasbourg, Nantes, Auxerre, Grenoble, Montauban, Toulouse…
Alors sommes-nous face à un évènement dérisoire, non représentatif de ce qui compose l’Église de France actuellement, comment certains le pensent et ne se privent pas de le faire entendre ?…
Où bien ne sommes-nous pas, au contraire, entrain de (re)découvrir et de (ré)entendre une autre « masse critique » de notre Église de France, bien réelle et bien vivante, mais trop souvent ignorée ?…
Une « Masse critique » qui a quelque chose à dire de sensé, de murement réfléchi par une expérience ecclésiale conséquente, et qui a l’intelligence de trouver et de proposer des moyens simples et bien concrets pour dire publiquement, sereinement et tranquillement mais fermement ce qu’elle a à dire… Pour que les choses bougent réellement…
Et si c’était ça, le vrai début d’une opinion publique catholique citoyenne ?
Si c’était ça le vrai début d’une expression publique de chrétiens, véritablement adultes dans leur foi…
De quoi avoir peur ? Quelle Bonne et Heureuse Nouvelle que ce qui se passe !
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En réaction à l’annonce de la création de la Conférence des Baptisé-e-s de France, plusieurs messages nous sont parvenus directement ou indirectement, nous accusant de vouloir la division, de préparer de nouveaux « schismes » (sic)…
Avant de parler de schisme, ne pourrait-on envisager de parler de débat, de dialogue?
Je crois l’Église assez forte, et beaucoup de catholiques assez mûrs pour porter et supporter les divergences d’opinion et la contradiction. Ce que je chéris dans l’Église catholique, c’est sa vocation à l’universalité, pas à l’uniformité.
Une fondation comme celle de la Conférence des baptisé-e-s de France est un risque que nous prenons parce que nous croyons en notre âme et conscience en son caractère prophétique pour notre temps, dans notre pays, dans la société qui est la nôtre.
Nous prions l’Esprit Saint de nous soutenir et de nous éclairer. Nous nous en remettons aussi à la correction de nos frères et de nos soeurs, afin qu’il nous guident et nous alertent, nous secouent, nous contestent.
Notre passion, c’est de faire résonner l’Évangile.
Nous croyons que le monde a besoin de l’entendre, de l’entendre comme une proposition de sens et de bonheur.
Chaque époque a pour cela imaginé des moyens. Certains ont été validés d’autres sont tombés dans l’oubli. L’Esprit Saint fait son boulot, il tamise. Mais moi, je ne crois pas que l’Église catholique et sa Tradition soient immuables. L’une et l’autre, dans leur réalité terrestre sont soumises au temps et au changement. Ceux qui nous ont précédés ont écrit leurs pages, à nous d’écrire les nôtres.
C’est le serviteur qui a enterré son talent afin de ne pas être jugé sur ce qu’il a fait, qui est condamné. Alors, nous nous mettons en marche, nous fondons et oeuvrons avec Crainte et Confiance, tout à la fois, et nous en remettons au Seigneur.
Christine pour le Comité et la Conférence à peine naissante…
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Interview sur RTL le 11 octobre à 12 h
Christophe Decroix : Invitée de RTL midi Anne Soupa, bonjour ! Vous êtes théologienne et fondatrice du Comité de la Jupe qui organise en ce moment même des marches à travers toute la France. La première marche des cathos citoyens. Alors il faut d’abord rappeler en un mot dans quel contexte vous avez créé le Comité de la Jupe il y a maintenant un peu moins d’un an ?
Anne Soupa : C’était à la suite d’une parole malheureuse concernant les qualités des femmes et nous considérons maintenant que la page est tournée. Nous, nous avons élargi notre base et notre réflexion et nous regardons vers des questions plus larges.
C.D. : Alors pour rappeler plus précisément c’était Mgr Vingtrois archevêque de Paris qui avait dit à propos de la place des femmes dans l’Eglise : « Le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête. » D’où le Comité de la Jupe aujourd’hui. Quel est le but de votre marche, des marches qui sont organisées un peu partout en France aujourd’hui ?
A.S. : Nous voulons contribuer à la création d’une opinion publique crédible dans l’Eglise. Les laïcs, les prêtres, les religieux, les religieuses, ont très rarement voix au chapitre, sont très rarement entendus et on arrive à une situation très paradoxale : lorsque l’on veut savoir ce que pensent les catholiques, il ne reste que le sondage… C’est tout de même dommage !
C.D. : Ca veut dire que vous êtes un peu les syndicalistes de l’Eglise ?
A.S. : Pas du tout ! Nous ne sommes ni « tradis » ni « progressistes » : nous sommes résolument « au centre », résolument de « l’intérieur ». Et nous avons décidé une fois pour toutes que nous ne voulions ni nous taire, ni partir !
C.D. : Alors aujourd’hui c’est justement la date anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II. C’était en 1962. C’était un Concile qui avait été une ouverture de l’Eglise sur le monde ? Est-ce que vous avez le sentiment aujourd’hui qu’il est remis en cause par le Pape ?
A.S. : Oh il y a un recul certain des principes de Vatican II. En particulier sur la question de la collégialité dans l’Eglise, c’est évident !
C.D. : c’est-à-dire que vous diriez que c’est un Pape réactionnaire ?
A.S. : C’est un Pape qui ne regarde pas beaucoup vers l’avenir…
C.D. : Cela veut dire quoi ça précisément ?
A.S. : C’est-à-dire qu’il est pris dans une entreprise de restauration d’une certaine structure de l’Eglise. Et que nous considérons qu’il est urgent de préparer l’avenir. Et de regarder vers une organisation plus adaptée aux besoins de nos contemporains afin que l’annonce de l’Évangile soit mieux assurée.
C.D. : A l’issue de cette marche vous devez faire une annonce importante que vous nous révéler sur RTL, de quoi s’agit-il ?
A.S. : Ecoutez il s’agit de donner à tous les catholiques de France les moyens d’être adultes, d’être respectés dans leur Eglise, et d’avoir voix au chapitre. Effectivement nous souhaitons qu’une instance soit créée dans ce domaine, dans cette vocation afin que l’annonce de l’Évangile soit meilleur pour l’avenir.
C.D. : Quel genre d’instance ? C’est pas très clair là… On a un petit peu de mal à comprendre pour l’instant…
A.S. : Et bien nous pensons créer la Conférence des Baptisé-e-s de France…
C.D. : Qui consisterait en quoi alors ?
A.S. : Cette décision nous oblige à réfléchir très sérieusement sur la représentativité, sur les moyens, et sur les missions surtout. Et ces missions déjà nous les voyons au nombre de trois : un ministère d’écoute, un ministère de bénédiction et un ministère d’espérance !
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