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Archive for janvier, 2010
CITE DU VATICAN, 21 JAN 2010 (VIS). Le nouveau Président du Conseil pontifical Iustitia et Pax, le Cardinal Peter Kdowo Turkson, a signé un communiqué pour commenter la nomination de Mme Flaminia Giovanelli au poste de Sous-secrétaire du dicastère. Licenciée en sciences politiques de l’Université de Rome et diplômée en archivistique et sciences religieuses, elle est au service du Saint-Siège depuis 1974, d’abord près la Commission Iustita et Pax, où elle n’a cessé de suivre les questions de développement, pauvreté et travail dans la perspective de la doctrine sociale de l’Eglise. Mme Giovanelli est experte en politique de développement et travail auprès l’OMT, le Conseil de l’Europe, l’Union Européenne et la Economic Commission for Europe de l’ONU.
« Il s’agit de la première femme à occuper un tel poste dans ce dicastère pontifical. Avant Mme Jovanelli, une laïque australienne, Mme Rosemary Goldie, avait rempli des fonctions similaires au Conseil pontifical pour les laïcs, tandis que la religieuse Rosanna Enrica, FMA, est actuellement Sous-secrétaire de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique. La promotion de Flaminia Giovanelli confirme la confiance que l’Église et le Pape placent dans la femme. Jean-Paul II avait déjà indiqué la nécessité d’une plus ample et significative présence féminine dans la vie de l’Église et dans le développement de la société« .
CON-IP/PROMOTION FEMME/GIOVANELLI VIS 100121
Continue Reading »Une réflexion de Michelle Colmard Drouault
Dans les vœux pour l’année à venir, Anne se posait la question de savoir pourquoi les individus de sexe masculin avaient accaparé la gestion du religieux.
A mon avis, la gestion du religieux n’est qu’un avatar (le mot est à la mode !) de leur appétit de gestion du monde. Les hommes se sont pris pour Dieu, et ont voulu dominer le monde.
Manipuler la peur, croire mettre Dieu à son service
Et cela continue. Le premier auxiliaire de la domination est la peur. Et la peur de Dieu, dont les mâles prétendent être les interlocuteurs privilégiés, constitue l’arme suprême pour asservir. Mais au fur et à mesure que le savoir a progressé, que la philosophie s’est approfondie, les pouvoirs « de droit divin », les notions de blasphème ont été interrogés, puis attaqués.
La « liberté de conscience », la liberté de questionner, a officiellement triomphé.
Cependant, les dominateurs savent très bien que, lorsqu’on est à cours d’arguments pour justifier des mesures injustes, des abus ou des dictatures, l’axiome « Dieu veut » peut encore impressionner des peuples fragiles.
L’originalité du christianisme
Dominer le monde implique de s’approprier la reproduction du vivant. Et seules les femmes peuvent assurer cette production sans laquelle l’espèce humaine s’éteindrait.
Les hommes ont depuis toujours le fantasme de la reproduction mâle à l’identique, mais ce n’est qu’un fantasme, et ils sont bien obligés d’en passer par les femmes. J’ai la conviction profonde que le christianisme a justement alerté le genre masculin sur le danger d’un tel appétit narcissique. Nous sommes la seule religion où Dieu est « engendré et non pas créé ». Pour se faire homme, même Dieu a dû naître d’une femme. Cela sonne comme un avertissement et une brillante démonstration de la coopération indispensable des sexes.
Depuis que les femmes disposent de leur corps
Les hommes sont restés sourds et aveugles, animés par une volonté de puissance sans limites.
Face à cette évidence, ils ont détourné la dignité des femmes pour faire d’elles un simple « lieu de passage », une ressource dont ils disposeraient. Pour dominer le monde, il était essentiel de contrôler les femmes, de s’approprier leur force, de la contenir. Le magistral tour de passe-passe est d’avoir cantonné les femmes à cette fonction reproductrice en la dévalorisant.
Or, dés que les femmes sont devenues maîtresses de leur corps, elles ne pouvaient plus être considérées comme des instruments. L’hostilité des religieux à la contraception dans presque toutes les religions n’est qu’une panique devant cette perte de contrôle. L’accès féminin à toutes les formes de savoir n’a fait que l’augmenter.
Se poser en caste de genre, seul lien avec Dieu qui ordonne aux femmes de se soumettre, c’est la formidable manœuvre de l’Homme qui veut prendre la place de Dieu.
Et nous devons la combattre, car, comme l’annoncent nos frères et sœurs Musulmans « Il n’y a de Dieu que Dieu »…
Michelle Colmard Drouault
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«L’Eglise se prive des talents des femmes»
Élisabeth Dufourcq, auteur d’« Histoire des chrétiennes » (1)
RECUEILLI PAR CLAIRE LESEGRETAIN
La Croix du 15 janvier 2010
Alors que le Christ a reconnu le génie des femmes, les Apôtres ne l’ont pas compris et les ont vite écartées. Selon l’historienne Élisabeth Dufourcq, rester fidèle à ce schéma antique conduit l’Église à un risque de sclérose
«Je voulais comprendre pourquoi, en tant que femme, j’étouffais dans l’Église catholique », écrivez-vous. La rédaction de ce livre vous a-telle éclairée ?
ÉLISABETH DUFOURCQ : Si je suis chrétienne, depuis l’enfance, c’est grâce au Christ. Jésus de Nazareth dialogue avec les femmes, il les écoute et reconnaît en elles l’action de l’Esprit Saint. À plusieurs reprises, il souligne l’importance de leur vision prophétique, et fait reconnaître à ses disciples le génie avec lequel elles abordent la vie et le surnaturel. En tant que femme, très heureuse de l’être et habituée à travailler dans des milieux masculins, j’avoue être gênée par les privilèges de fonction ou de mission que se réservent «naturellement» les hommes. Ériger en quasi-dogme ces formes de prédestination sexuée m’apparaît comme un signe de crainte et de faiblesse.
Il n’y a aucun machisme dans les Évangiles ?
Aucun. Le Christ est entouré de femmes qui l’aident dans sa mission. Alors que beaucoup d’hommes cherchent à le perdre, jamais dans les Évangiles une femme ne se méfie du Christ. Et c’est par des femmes que passe une part essentielle de la Révélation. Dès la Visitation, l’accueil prophétique d’Élisabeth puis de Marie inaugure l’ère chrétienne (Lc 1, 39). C’est à la Samaritaine que Jésus révèle, pour la première fois, qu’il est le Messie (Jn 4). C’est à Marie Madeleine en premier qu’il se montre ressuscité – ce qui signifie que l’événement central du christianisme a d’abord été compris par une femme. D’où la formule de saint Hippolyte de Rome (III siècle) à propos des femmes au tombeau qui sont « apôtres des apôtres ». Mieux même, plusieurs passages de l’Évangile montrent que le Seigneur prend en compte ce que lui disent les femmes et change d’avis. Ainsi, après la réponse audacieuse de la Cananéenne (Mt 15, 21), il admet que, même venant d’une femme qui n’est pas « une brebis d’Israël », une parole de foi intense peut vaincre le mal.
« C’est par des femmes que passe une part essentielle de la Révélation. »
Ailleurs, Jésus reconnaît que la femme qui perd son sang est guérie, non pas parce qu’elle a touché son manteau, mais à cause de sa foi (Lc 8, 43). Jamais Jésus ne réduit une femme à sa seule fonction biologique: alors que l’une d’elle bénit le ventre qui l’a porté et les seins qui l’ont nourri, il répond : « Heureux plutôt ceux et celles qui écoutent et observent la parole de Dieu » (Lc 11, 27). Pour lui, ce qui est générique de l’humanité, c’est le couple. C’est en ce sens qu’il refuse la répudiation, acte unilatéral. C’est tout cela que les Apôtres ne comprennent pas.
Les Évangiles ne rapportent-ils pas un dialogue entre un Apôtre et une femme ?
Si, un seul : le Jeudi saint, lorsque Pierre, interpellé par une servante, prend peur et répond en reniant le Christ (Lc 22, 56). Les femmes, elles, restent fidèles au Christ jusqu’au Calvaire. Ce n’est donc pas à leur sujet que Jean écrit « les siens ne l’ont pas accueilli» (Jn 1, 11). Or, curieusement, dans les Actes des Apôtres, les amies du Christ – Marie Madeleine, Marthe, Jeanne, l’épouse de l’intendant d’Hérode, etc. – n’apparaissent plus. Tout se passe comme si, avant la conversion de Paul, les Apôtres, par souci de responsabilité, faisaient du christianisme une affaire d’hommes. Le leur reprocher serait un anachronisme ; les imiter en serait un autre ! De même, dans les Actes, la séparation entre le ministère de la parole et celui des « tables », c’est-àdire de la charité (Ac 6, 1), entraîne une scission entre ces deux versants de la mission que le Christ, lui, ne sépare pas.
Et Paul ? Saint Paul fait confiance aux femmes qu’il connaît et leur confie des rôles importants. Phébée, diaconesse de l’Église de Chencrées, a présidé des assemblées (Rm 16, 1-2). Mais Paul est aussi soucieux de décence antique. Quand il demande aux Corinthiennes de se taire dans les assemblées (1 Co 14, 34), il s’adresse à des femmes plus nombreuses que les hommes parmi les baptisés. Dès lors, ces servantes affranchies des premières communautés, plus tard ces patriciennes, n’exerceront jamais un rôle proportionné à leur nombre ni à leur aide financière. En matière de morale domestique, par ailleurs, les lettres de Paul ne doivent pas être interprétées de façon restrictive. Dans le fameux verset « femmes soyez soumises à vos maris » (Ep 5, 22), le mot grec upostasseomenoi peut être traduit par «étayer», au sens d’un socle qui soutient l’homme.
Et aujourd’hui, qu’en est-il ?
Du fait de la diminution du nombre des prêtres en Occident, les femmes, qu’on le veuille ou non, prennent la relève. Depuis plus de trois décennies déjà, ce sont elles qui catéchisent, qui souvent organisent les funérailles, qui animent les aumôneries en lycées ou en hôpitaux… Il est important qu’elles puissent accéder à des études théologiques solides. Et si certaines se sentent appelées à un ministère, pourquoi l’Église ne pourrait-elle pas changer d’avis, comme le Christ lui-même a changé d’avis en écoutant des femmes? En restant monolithique, l’Église se prive, me semble-t-il, de talents et de grâces. L’intendant fidèle n’est pas celui qui enterre ses talents mais celui qui les fait fructifier (Mt 25, 14)! Cependant, cette question ne doit pas se poser en termes de pouvoirs ni de revendications, mais de charisme.
Et si un jour les femmes accédaient à un ministère ordonné dans l’Église catholique romaine, qu’en feraient-elles ?
Comme chez les hommes, certaines le vivraient comme un service, d’autres, peut-être, comme un pouvoir… Quand les prêtres ou les évêques catholiques invitent des femmes remarquables qui sont pasteures protestantes, ils semblent très à l’aise: seule leur valeur pastorale et théologique compte. Alors, pourquoi ces blocages à l’égard des femmes catholiques ? Personnellement, je prie pour qu’un jour des femmes puissent présider l’Eucharistie dans l’Église catholique. Cela se fera, si Dieu le veut… Et je crois que Dieu le voudra.
(1) Bayard, 2008, 1 260 p., 39 €.
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Le 13 janvier dernier, Christine Pedotti était l’invitée de l’émission d’Anne Vial, Midi Magazine sur Fréquence Protestante.
Une interview qui mérite d’être écoutée pour dissiper les a priori, les méconnaissances…
Une interview qui peut répondre à un certain nombre de questions
quant à la responsabilité et le sérieux de celles et ceux qui croient en cette démarche.
Cliquer ci-dessous pour écouter directement :
