Aller vers l’égalité des femmes et des hommes conjointement dans les Églises et dans la société

Annie Crépin
03/03/2018

Atelier FHEDLES 

Femmes et hommes, Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société

Aller vers l’égalité des femmes et des hommes conjointement dans les Églises et dans la société

St Jacut – Janvier 2018 – Colloque « Dieu est-il sexiste ? Femmes, hommes, religions »

Présentation de l’association FHEDLES

Récits fondateurs, mythes et rites :

  • dans la Bible un dieu patriarcal mais aussi…
  • dans les évangiles, Jésus rétablit l’égalité entre les femmes et les hommes 
  • l’apport des théologies féministes 

Aujourd’hui dans les Églises et dans la société :

  • L’Église catholique, un lieu de discrimination ;
  • La réciprocité des échanges entre religions et société

Échanges : 

  • Aujourd’hui comment nommer Dieu ? De quel Dieu avons-nous besoin ?
  • Quelles influences sont exercées par le symbolique et le ritualisme religieux sur les représentations et les normes sociétales ?
  • Comment les évolutions de la société dans la vie quotidienne, les mentalités, les progrès scientifiques questionnent-ils les religions ?     

L’association FHEDLES

www.fhedles.fr :

  • 1970 Naissance à Paris et Bruxelles du groupe international FHE – Femmes et Hommes dans l’Église
  • 1992 Création de DLE – Droits et Libertés dans les Églises
  • 2002 Création par FHE du centre Genre en Christianisme
  • 2011 Réunion des 2 associations FHE et DLE

Objectifs :

Œuvrer au sein des Églises et de la société à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :

  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes ;
  • la transformation profonde des mentalités et des institutions ;
  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés ;
  • la promotion de recherches historiques et théologiques 

Les récits fondateurs, mythes et rites :

Comment accéder à Dieu sans l’intermédiaire des images ?

« Comme l’homme se construit et construit son monde, il construit aussi son Dieu. L’histoire de Dieu reflète l’histoire de l’homme… L’humanité est passée du dieu de la tribu aux dieux cosmiques, puis au dieu absolu… » (Alice Gombault, théologienne)

Dans la Bible, un Dieu le plus souvent patriarcal, androcentrique, tout puissant conforme au contexte de l’époque (Gn 2)

Mais aussi un Dieu créateur de vie où il n’est pas question de pouvoir, de violence

« L’auteur de Gn 1 se représente un dieu à l’image du meilleur qui existe à ses yeux d’observateur… Tout converge vers la bénédiction, le don la relation de l’humain avec lui-même, puisqu’il est créé "masculin et féminin" » (Michèle Buret, théologienne)

Dans les évangiles :

Pour Jésus, les femmes sont des êtres humains à part entière, elles ne sont pas réduites à leur statut de mère ou épouse. Les femmes ne sont pas considérées comme des biens pour les hommes Cf. Épisode de la femme adultère ;  Jésus choisit des hommes pour devenir ses apôtres, mais les femmes viennent à sa rencontre, bravant probablement les mœurs de l’époque ; Malgré le contexte patriarcal, les rédacteurs des évangiles n’ont pas pu passer sous silence l’étrangeté des rencontres de Jésus avec les femmes ;Les textes évangéliques lus dans les églises ont été sélectionnés par des hommes ; Le christianisme naissant se démarquait sur la question de l’égalité entre les femmes et les hommes  

L’apport des théologies féministes :

Dès les années 1960 – 1970, les théologiennes féministes principalement américaines et canadiennes, partant de leur expérience humaine quotidienne et vis-à-vis de Dieu, s’attachent à :

Déconstruire le patriarcat ; « Dans son discours sur Dieu, le patriarcat rate la transcendance divine. Quand Dieu s’appelle seulement « lui », il est pensé trop petit. Ce qui doit être dit ne peut pas l’être vraiment dans un langage sexiste ignorant la moitié de l’humanité. » (Dorothée Solle, 1998)

Souligner les images féminines de Dieu et des femmes dans la Bible ;Inventer de nouveaux langages sur Dieu, de nouvelles représentations de Dieu : Dieu Père non-patriarcal, Dieu-Mère, Dieu-e, Dieu-Sagesse… ;Produire des rituels pour des communautés multiples et diverses ;Conceptualiser l’écoféminisme « L’analyse féministe radicale permet de montrer que les problèmes écologiques ou environnementaux ne pourront être surmontés par des objectifs uniquement technologiques : pour assurer la guérison de la terre, il est nécessaire d’ordonner autrement l’ensemble de nos relations sociales, de sexe, de classe, de race… » (Rosemary Radford Ruether, 1996)      

L’Église catholique romaine, un lieu de discrimination :

Le christianisme a adopté pour ses structures d’organisation, son langage et sa symbolique le cadre qui l’a vu naître, l’androcentrisme. Pourtant, depuis ses origines, il a su créer des avancées significatives pour le statut de la femme, à titre d’exemple : 

Affirmation de l’égalité de l’âme ;  Comme les hommes les femmes sont témoins devant les tribunaux ecclésiastiques ;Le consentement personnel des futures épouses est exigé pour le mariage religieux ;L’instruction des femmes est possible dès le XVIIe siècle. la participation plénière des femmes à la vie et aux ministères de l’Eglise est interdite ; leur liberté en matière de droits sexuels et génétiques est restreinte ;  

 

Les décalages entre religions et sociétés :

Même si les institutions et les mentalités religieuses se différencient des institutions politiques, sociales et culturelles, des échanges réciproques existent :

Dans les sociétés anciennes la religion, sous ses innombrables formes, imprègne la totalité de la vie sociale et culturelle ; Dès son origine et au cours des siècles, la religion chrétienne s’est organisée selon la culture dominante de la société ; néanmoins elle a rendu possible des avancées quant au statut des femmes ; Actuellement les sociétés démocratiques sont en avance sur les normes archaïsantes de la religion et adoptent des lois respectueuses de l’égalité entre les femmes et les hommes ; Néanmoins les mythes religieux continuent à façonner l’imaginaire social, par exemple la sacralisation de la nature et des différences entre hommes et femmes au détriment de la construction sociale et culturelle du genre ;Compte tenu de ces avancées, la relecture des textes fondateurs qui s’est imposée peut à son tour engendrer une interpellation de la société sur les questions contemporaines de pauvreté, migration, environnement… Aujourd’hui comment nommer Dieu ? De quel Dieu avons-nous besoin ?  Quelles influences sont exercées par le symbolique et les rites religieux sur les représentations et les normes sociétales ? Comment les évolutions de la société dans la vie quotidienne, les mentalités, les progrès scientifiques questionnent-ils les religions ?     

Annie Crépin

 

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Crédit photo: 
FHEDLES
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Commentaires

Auteur du commentaire: 
SKF
Bonjour Etant l'auteure de cette présentation préparée pour l'atelier FHEDLES que nous avons animé avec Annie Crépin, lors du colloque interreligieux de St Jacut fin janvier 2018, je suis très surprise de la voir publiée intégralement sur votre site, sans que ni moi-même ni Annie Crépin n'aient été consultées à ce sujet. Nos associations étant alliées, nous ne  doutons pas de votre bonne volonté. Mais nous nous interrogeons : comment se fait-il que votre webmestre publie sans l'autorisation des auteurs-es ? Ce message est également valable pour l'article suivant, publié également sans notre autorisation intitulé "Quelques points forts du colloque" dont je suis aussi l'auteure ; ne vous étonnez donc pas de voir apparaitre ce même commentaire. Amicalement Sylvie Kolaczek Froissard - Membre du CA de FHEDLES PS : Je pense que nous serons d'accord pour que ce commentaire ne soit pas publié sur votre site  

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