Boadicée et les 343 salauds

Auteur.e: 
Sébastien Morgan
Date: 
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Qui se souvient de Boadicée ?

Elle fut la Reine des Icènes, peuple celte vivant sur les terres d'Albion la Blanche.

Qui s'en souvient ? A la suite d'un traité inique, l'administration romaine réduit son peuple en esclavage. Refusant cette situation, elle exprime son désaccord. Comment ? Une femme reine ? Une barbare ? Et qui ose parler contre Rome ? Une légion est envoyée avec pour instruction de l'humilier. La reine est fouettée en public, ses deux filles violées devant elle par une dizaine de soudards...

Qui se souvient de Boadicée ?

Suite à cela, elle prit les armes, son peuple derrière elle. La plus grande révolte celtique de toute l'histoire. Londres est prise, rasée jusqu'aux fondations, la Tamise devient un fleuve de sang. L'oppresseur frémit, se ressaisit, envoie de nouvelles légions et écrase les révoltés. Boadicée est morte mais sa mémoire demeure, son combat s'inscrit dans l'intemporalité, dans la méta histoire.

Qui s'en souvient ?

Certes pas les signataires de la pétition abjecte dite des « 343 salauds » justifiant et défendant la possibilité pour un homme de disposer d'un autre être humain à son gré. La prostitution, le plus vieux métier du monde ? Peut-être. L'esclavage a beaucoup d'années derrière lui également. Et entre les deux, un lien insécable puisque 80 % des prostituées arpentant nos rues sont issues de la traite des êtres humains. Comment dans certaines têtes malades, cette idée de pétition a-t-elle pu germer ? Dernier avatar d'une société de consommation décadente qui se croit tout permis.

Qui se souvient de Boadicée ?

Certes pas l'Iran dont le gouvernement vient de voter une loi permettant aux hommes de se marier avec des gamines de 13 ans. Certes pas la Hollande qui vient d'autoriser la création d'un parti pédophile.

Qui se souvient de Boadicée ?

Certes pas ceux qui enferment les femmes sous des sacs et des grillages, ceux qui coupent les mains des petites filles qui mettent du vernis, ceux qui brûlent les visages à l'acide, ceux qui lapident les corps et broient les âmes. Certes pas ceux qui pulvérisent la famille et les individus par les coups, les claques et les mots acerbes.

Qui se souvient de Boadicée ?

Certes pas ceux qui au nom du combat contre la théorie du genre voudrait enfermer les femmes dans des rôles stéréotypés, dans des métiers « adaptés à leur condition » ou mieux encore dans des non métiers car, pour eux, le rôle de la femme est purement biologique et se résume à mettre au monde et à éduquer la progéniture... Ceux qui sont choqués par des petites filles jouant avec des épées ou des camions, par des garçons jouant à la dinette (alors que le métier de chef est largement dominé par les hommes, ô ironie !)

Qui se souvient de Boadicée ?

Certes pas les tenants du patriarcat religieux qui empêchent la femme de guider les âmes, qui l'enferment dans l'image de la femme soumise, gentillette, aux mains jointes et aux yeux baissés.

Certes pas les femens hystériques hurlant leur colère contre tout et n'importe qui, croyant utiliser leur corps pour se battre mais n'exhibant qu'une vulgarité irréfléchie et aveugle.

Qu'on se souvienne de Boadicée, qu'on se souvienne de la Reine des Icènes, de la mère blessée et de sa marche sur Londres !

Qu'on s'en souvienne et que naisse une sorte de femmes et d'hommes habités par le Feu Sacré et prêt à en découdre avec ce monde qui sans cesse rabaisse la moitié de sa population.

Qu'on se souvienne aussi de la Sainte Chevalière Jeanne, de la Vierge qui terrasse le Dragon, de la reine Kahena et de toutes celles qui se levèrent contre l'iniquité.

Qu'on s'en souvienne et que naisse une femme ni féministe, ni soumise mais forte, féminine, reine et guerrière !

 

Sébastien Morgan

Auteur de « Devenir soi-même, chronique d'un chrétien du XXIe siècle », Ed.Mercure Dauphinois, 2013.

www.relianceuniverselle.com

Commentaires

Je me trompe peut-être mais j'ai bien du mal à imaginer que quelqu'un qui désapprouverait, par exemple, l'action des "bonnets rouges", les qualifierait "d'hystériques et irréfléchis"... De même, j'ai souvent entendu traiter certains militants syndicalistes assez radicaux d'"agités" ou "d'excités" mais jamais "d'hystériques". Je fais peut-être erreur, mais j'ai quand même la nette impression que ce mot est particulièrement utilisé lorsqu'il s'agit de femmes... Et puis soyons sérieux: Condorcet, Olympe de Gouges, Simone de Beauvoir, Sylviane Agacinski, Elisabeth Badinter, Judith Butler... dans une "opposition aveugle à l'homme"????? Ni aveugles (pourquoi toujours cette accusation de manque de lucidité ou de réflexion?), ni hostiles aux hommes, bien au contraire, ces personnes, défendant d'ailleurs des opinions très variées, ne méritent-elles pas que l'on fasse honneur au mot "féministe"? Et les hommes féministes (et ils sont nombreux, et peut-être pourrait-on vous compter parmi eux?), sont-ils foncièrement schizophrènes? En quoi demander l'égalité serait vouloir établir des discriminations contre les hommes? Quelles discriminations? Souvenons-nous de Boadicée, soit, mais souvenons-nous aussi des "féministes", sans les caricaturer. Lisons-les, critiquons-les, approuvons-les, réexaminons leur pensée, précisons-la, contestons-la, mais ne laissons pas salir ce mot. Libre à chacun de le reprendre ou non à son compte, il n'y a nulle obligation, mais laissons hommes et femmes qui le désirent le brandir en hommage à ces grands, sans les accuser d'aveuglement ou d'opposition aux hommes (il me semble d'ailleurs que les hommes ont eux aussi beaucoup gagné aux combats des féministes). Il y a peut-être des "féministes" qui sont tombé(e)s dans des errements ou des impasses? Et alors? C'est aussi le cas de chrétiens, ce n'est pas pour autant que nous devons rougir du terme.

Merci, Aurélie, de défendre le beau mot de "féministe". Il a son lot de dérives, ni plus ni moins que quantité de réalités humaines mais il a ceci de particulier qu'il aimante les railleurs. Et la raillerie, c'est comme les capitaux flottants, cela va et vient d'une monnaie à l'autre et cela se fixe selon des facteurs aussi irrationnels que dangereux.

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