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Voilà un colloque qui s’annonce passionnant.
Il intègre en particulier deux notions rarement abordées :être féministe et syndicaliste; être féministe et catholique. Car il est primordial de toujours réaffirmer l’indépendance des femmes par rapport aux pouvoirs constitués, et ce qu’elles peuvent apporter à la société, tant temporelle que spirituelle.
Un léger regret, cependant, c’est qu’il n’y ait aucune invitée de l’Alliance des Femmes pour la Démocratie, c’est à dire des mouvements de libération des Femmes « différentialistes ». Ces mouvements estiment – contrairement aux idées reçues – que ne pas reconnaître la différence des sexes aboutit à la seule référence masculine (voir »Il y a Deux Sexes » ,d’A.Fouque). En conséquence, la situation se bloque ! Il existe un « négationisme de la différence », qui aboutit à ce qu’on a vu dernièrement pour les retraites: le principe d’égalité nie que ce sont les femmes qui font et élèvent les enfants.
Au comité de la jupe, nous restons prudentes sur le discours différentialiste. A la différence de la société civile, où les droits sont les mêmes pour les hommes et les femmes, l’Eglise est, dans sa structure actuelle, inégalitaire. Et le discours différentialiste, elle en use et en abuse, dispensant avec prodigalité des louanges éthérées à « la femme », « sentinelle de l’invisible », mais aussi prisonnière de la cage dorée que le discours clérical lui construit.
Aussi, le discours différentialiste, nous nous l’interdisons pour ne pas reproduire les schémas de domination qui peuplent les discours ecclésiaux. Dommage, nous aimerions toutes dire des choses sur nous, sur les hommes, sur ces fameuses différences qui font la vie plus belle…
Michelle C.D.
Colloque international « Les féministes de la 2e vague, actrices du changement social »
20-22 mai 2010 – ANGERS
organisé par le CERHIO (Centre de recherches historiques de l’Ouest) et le Centre d’histoire de Sciences Po (Paris) à la Maison des Sciences humaines, 5 bis Bd Lavoisier, Angers
En partenariat avec : Archives du féminisme, Musea, Bibliothèque Marguerite Durand, Bibliothèque Universitaire d’Angers (Centre des archives du féminisme), Bibliothèque de Documentation internationale contemporaine (BDIC), EFiGiES, Women in French – Grande-Bretagne.
PROGRAMME
Jeudi 20 mai
Bienvenue : Jean-François SIRINELLI, directeur du Centre d’histoire de Sciences Po, et Jean-Michel MATZ, directeur du CERHIO
14h00 Michelle PERROT : Conférence inaugurale sur George Sand
15h00 Christine BARD (Université d’Angers), Biographie et prosopographie dans l’historiographie du féminisme : bilan et perspectives
Débat
Postérités, sous la présidence de Charles SOWERWINE (Université de Melbourne, Australie)
16h00 Máire CROSS (Newcastle University), D’une vague à l’autre: les usages féministes de Flora Tristan
16h20 Edith TAÏEB, La postérité d’Hubertine Auclert
Débat et Pause
Traces et mémoire
16h40 Annie METZ (Bibliothèque Marguerite Durand), Le public de la Bibliothèque Marguerite Durand, 1990-2010
17h00 Bénédicte GRAILLES (Université d’Angers), Les raisons du don. L’exemple du Centre des Archives du féminisme (2001-2010)
17h20 Hélène FLECKINGER (Université de Paris I), Militer en images. Carole Roussopoulos ou les usages féministes de la vidéo
17h40 Diana HOLMES (University of Leeds), Le ‘je’ féministe et le temps qui passe : Colette, Agnès Varda, Nancy Huston
Débat
ü Fanny BUGNON, Corinne BOUCHOUX (Université d’Angers / Musea), Portraits de féministes dans Musea, musée virtuel sur l’histoire des femmes et du genre
ü Evelyne ROCHEDEREUX, lecture commentée des « Belles histoires de la ghena goudou », Les Temps modernes, 1974.
Soirée
Vendredi 21 mai
Transition d’une vague à l’autre et années MLF, sous la présidence de Karen OFFEN (Stanford, Etats-Unis)
9h00 Sylvie CHAPERON (Université de Toulouse Le Mirail), Simone de Beauvoir d’une vague à l’autre
9h20 Evelyne DIÉBOLT (Paris), Les premières militantes du mouvement protestant Jeunes Femmes
9h40 Dalila MORSLY (Université d’Angers), Fadela M’Rabet, pionnière du féminisme au seuil de l’Algérie indépendante
10h00 Bibia PAVARD (Centre d’histoire de Sciences Po), Qui sont les 343 femmes du manifeste d’avril 1971 ?
10h20 Mathilde DUBESSET (IEP Grenoble), Catholiques et féministes : itinéraires de trois femmes à Lyon dans les années 1960-1980
Débat et Pause
Féministes et syndicalistes : une Table Ronde animée par Françoise THÉBAUD
11h20 Pascale LE BROUSTER (Université de Paris VII), (Une syndicaliste-féministe : le parcours de Jeannette Laot à la CFDT 1961-1981) ; Slava LISZEK, Marie Couette, féministe de la CGT ; Jocelyne GEORGES, Les dirigeantes féministes de la CGT entre 1944 et 1968 ; Dominique LOISEAU (ESO Nantes), De la difficulté de s’identifier comme féministe : les responsables syndicales en Pays de Loire aujourd’hui
12h30 Déjeuner
Féministes dans la vie culturelle, sous la présidence de Denyse BAILLARGEON (Université de Montréal, Canada)
14h00 Fabienne DUMONT, Nil Yalter : confluence des mémoires migrantes, des femmes et des ouvrières
14h20 Pauline BOIVINEAU (Université d’Angers), Danseuses contemporaines et féministes ?
Débat et Pause
15h00 Claire BLANDIN (Paris-Est Créteil), Christiane Rochefort, un parcours féministe littéraire et médiatique
15h20 Michèle SCHAAL (Indiana University, Bloomington / Frankreich Zentrum der FU Berlin), Marie Darrieusecq et Virginie Despentes : une troisième vague féministe littéraire
15h40 Christiane ACHOUR-CHAULET (Université de Cergy Pontoise), Leïla Sebbar, le féminisme à l’initiale d’une écriture et son devenir dans l’œuvre
16h00 Débat et Pause
16h40 Françoise PICQ, Féministes des années mouvement et aujourd’hui
17h00 Table Ronde animée par Christine BARD, avec Brigitte BOUCHERON (Bagdam, Toulouse), Thomas LANCELOT (Mix’Cité), Moïra SAUVAGE (Commission Femmes d’Amnesty International) et Marie-Thérèse VAN LUNEN-CHENU (Femmes et hommes en Eglise / Genre en christianisme)
ü Projection des vidéos d’Archives du féminisme (Françoise FLAMANT et Hélène FLECKINGER, d’Archives du féminisme) dans le hall de la MSH
ü Exposition dans le hall de la MSH (sous la direction de Valérie NEVEU, Université d’Angers et étudiants de M1 Bibliothéconomie)
18h00 Pot offert par le Centre des archives du féminisme, visite de l’exposition Quand le CAF sort de sa réserve (Bibliothèque Universitaire de Belle Beille, salle Burgess).
Soirée
Samedi 22 mai
Depuis les années1990, sous la présidence d’Elisabeth ELGAN (Södertörn University, Suède)
9h30 Laure BERENI (New York University), Penser la dimension transversale des mobilisations féministes : l’espace de la cause des femmes
9h50 Annie JUNTER-LOISEAU (Université de Rennes 2), Les politiques territoriales d’égalité : une affaire de femmes engagées
10h10 Soline BLANCHARD et Milka METSO (Université de Toulouse Le Mirail), Rue des entrepreneuses : des universitaires féministes à l’épreuve du ‘marché’
10h30 Débat et Pause
11h00 Yves DENÉCHÈRE (Université d’Angers), Les féministes au parlement européen
11h20 Lilian MATHIEU (CNRS-ENS Lyon) et Ariane JOSSIN (Centre de recherche sur l’action politique en Europe de Rennes et Centre Marc Bloch de Berlin), Féministes et altermondialistes : le point G au contre-sommet d’Annemasse (2003)
11h40 Claude FERAL (Université de la Réunion), Huguette Bello, féministe de La Réunion
12h00 Nassira HEDJERASSI (Université de Lille III), Expériences de Groupes de féministes des migrations (forcées) en France dans les années 2000.
12h20 Débat
Conclusion
Ce colloque est organisé avec le soutien de :
Université d’Angers (CERHIO, BU, Conseil Scientifique, MSH)
Centre d’histoire de Sciences Po
Archives du féminisme
Conseil régional Pays de la Loire
Angers Loire Métropole
Conseil général de Maine-et-Loire
Organisatrice : Christine Bard, directrice de la MSH Confluences et présidente de l’association Archives du féminisme
Christine.Bard@univ-angers.fr
Renseignements : Emilie.Pouleau@univ-angers.fr
C’est le thème de l’émission « Tombé du Ciel » de La Chaine Parlementaire à l’occasion de la journée internationale des femmes de 2010.
Émission où Anne Soupa est interrogée par Agnès Vahramian en sa qualité de bibliste, en début d’émission :
http://www.lcpan.fr/emission/79868/video
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8 mars, Journée internationale des femmes
Le Comité de la Jupe sonne l’alerte.
La situation des femmes et des petites filles régresse en France dans l’Église Catholique
Le comité de la jupe proteste contre la dérive récente qui exclut les petites filles du service de l’autel, pendant la messe. Dans presque toutes les paroisses de Paris, dans de nombreuses régions de France (ouest, sud est, sud ouest), l’exclusion fait tache d’huile sans que les paroissiens aient les moyens de s’y opposer. Le déploiement plus solennel de la liturgie qui lui est associé accrédite en outre l’idée que l’exclusion des fillettes amène davantage de beauté et de solennité !
Cette exclusion des petites filles et des femmes est visible aussi pour d’autres services, tels la distribution de la communion et la prise en charge des lectures.
En contrepartie, les prêtres assignent aux fillettes un rôle et une image qui relèvent de leur seul arbitraire et qui outrepassent leur mission. Cette attitude qui constitue une véritable discrimination au profit des garçons, dans une logique ancienne de domination masculine, est inacceptable.
Les parents de jeunes garçons doivent être avertis des dangers que courent leurs fils à être l’objet d’une sollicitude fondée sur leur masculinité et non sur leur simple dignité de baptisés. Il y a là de nombreux risques. Celui d’un pré-recrutement opéré dans des conditions d’immaturité évidente, celui d’une manipulation dont on a déjà abondamment dénoncé les méfaits et que l’on espérait disparue pour toujours, celui, enfin, d’une survalorisation de la masculinité préjudiciable aux bons rapports futurs entre les hommes et les femmes.
Quant aux parents de fillettes, ils ne peuvent que s’inquiéter des réactions de rejet de leurs filles devant une Eglise qui les accueille si mal. Lorsqu’on a dix ou douze ans, ces humiliations ne s’oublient pas.
A partir de ce jour, nous prenons l’engagement d’assurer de notre soutien les paroissiens désireux de faire savoir au curé leur désaccord sur le sujet.
http://comitedelajupe.fr ; comitedelajupe@laposte.fr; tel: 06 62 26 40 74
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Samedi 6 mars, 16-18 heures : « Femmes et religions », débat au Sénat,
dans le cadre de l’année de la Turquie en France, avec Nathalie Sarthou Lagus, directrice adjointe de la revue Etudes et deux personnalités féminines turques.
L’adresse du Sénat est le 15 rue Vaugirard, 6ème.
Le colloque est ouvert à tous mais il est préférable de s’inscrire en envoyant un email à info@comitefranceturquie.com. Toutefois, une personne sera à l’accueil pour faciliter l’entrée de personnes non inscrites.
Lundi 8 mars, 18 h 20-19 heures, à l’émission « Du grain à moudre » sur France Culture, sur le thème : « La jupe: soumission ou émancipation? », avec Christine Bard, auteur de « Ce que soulève la jupe, éd. Autrement, Sihem Habchi, Présidente de Ni Putes Ni Soumises, et Marie-Hélène Bourcier.
Lundi 8 mars, 1 heure du matin, sur la chaîne parlementaire, LCP, à l’’émission « Tombé du ciel », dans le cadre de la « journée de la femme »… et ensuite multidiffusée à différents horaires tout au long du mois de mars sur LCP.
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Si déjà, dans un sondage de « La Croix « du 24 Avril 1985, un français sur deux trouvait l’Eglise catholique inadaptée à la société moderne ; force est de constater que 25 ans plus tard, il ne s’agit même plus d’inadéquation, mais d’un fabuleux bond en arrière .
Je viens d’avoir en main la feuille paroissiale d’un petit village, transmise à une amie par des catholiques aussi révoltés qu’abasourdis.
Dans cette feuille explicative des activités paroissiales, la distinction entre les fonctions d’aide des garçons et des filles est particulièrement soulignée, tout à la fois dans la présentation (2 feuillets distincts), la dénomination, et le style.
Les jeunes garçons sont destinés à être servants d’autel. Ils doivent accomplir leur fonction « dignement ».
Cette fonction se déroule en quatre étapes, illustrées par des grades, et des insignes gradués :
Novice, puis Servant, Clerc, et Cérémoniaire.
Les Servants sont divisés en trois grades aux noms pompeux : servants, Cruciféraire, et Céroféraire ;
Les Clercs sont subdivisés en Acolytes et Thuriféraires ;
Le Cérémoniaire doit être confirmé, et porte une croix dorée, les autres grades bénéficiant d’une croix de bois, puis de bronze, et enfin, d’argent.
De nombreuses photos de jeunes servants en aube apparaissent avec leurs prénoms, valorisant les jeunes élus.
(Celles d’entre nous qui ont des enfants imaginent aisément la fierté ludique de petits garçons qui se vantent auprés de leurs copains « je suis Thuriféraire à l’église ! » quelle aura !)
Le problème est qu’il ne s’agit ni de jouer, ni de paraître, mais de reçevoir et transmettre le message du Christ.
Les jeunes filles sont des « Auxiliaires de Marie ».
Elles sont présentées comme un « complément » des servants d’autel,
Il n’est plus question ici de dignité. Elles représentent le « Service Charité dans l’Humilité »
Leurs fonctions ne sont plus symboliques, ni religieuses, elles sont totalement matérielles :
Distribution des feuilles de messe, aide aux personnes âgées et malades, aux mamans pour les petits enfants,quêtes, chants ; et, tout de même, lectures.
Elles assurent aussi des fonctions « hors liturgie », comme des ateliers pour enfants.
L’atelier d’apprentissage des lectures est encadré par un homme, de même que celui qui participe à la rédaction du bulletin trimestriel.
Seules deux photos de jeunes filles anonymes illustrent ces propos, et un énorme encadré rappelle SERVICE CHARITE HUMILITE.
Il s’agit d’une confusion que l’on croyait révolue entre la différence biologique des sexes, et le clivage hierarchisé des fonctions.
Encore une fois, le genre masculin est consacré aux fonctions honorifiques, le genre féminin confiné dans l’ « humilité » de petites tâches. Cela n’a rien à voir avec la Foi, mais avec relève d’une idéologie sociale. Cette littérature m’a mise mal à l’aise, car elle m’a rappelé un souvenir inquiétant : la centralité de la notion de genre dans le programme du régime de Vichy ; avec la restauration d’un prétendu « ordre social naturel », reposant sur la différence hiérarchisée des sexes. On pourait citer une abondante littérature qui exalte la construction d’une virilité basée sur son négatif : le féminin. On est un homme parce qu’on n’est pas une femme !
Si l’humilité est une vertu si chrétienne, pourquoi ne pas l’apprendre aux jeunes garçons ?
Pourquoi ne peuvent ils être sensibilisés au grand âge, à la maladie, aux jeunes enfants ?
Cela les aiderait certainement dans leur future vie de couple et de famille .
L’instauration d’un pareil ordre rétrograde à l’intérieur de l’Eglise ne va aboutir qu’à un résultat :faire fuir toutes les personnes ouvertes sur le monde, citoyens engagés dans leur profession ou leurs activités pour la construction d’un monde meilleur, et attirer tous les passéistes. Peut on imaginer un instant que des mères elles-mêmes médecins, magistrats, ou chefs d’entreprise, vont inscrire au catéchisme des petites filles qui devront subir une telle ségrégation ? Et même si elles sont simplement infirmières ou employées, les mères sont traitées dans la vie civile avec une dignité inscrite dans notre Constitution. Les jeunes filles ainsi malmenées ne vont guère inciter leurs camarades à venir dans les aumôneries.
Il ne faut pas s’étonner si ensuite les média voient le catholicisme comme une secte moyenâgeuse, et diffusent cette image.
Il y va de la crédibilité de notre Eglise de manifester notre désaccord et notre indignation contre de telles pratiques, ensemble, hommes et femmes .
Michelle C.D.
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Un dimanche, récemment, fête patronale dans une paroisse parisienne, des prêtres nombreux, des diacres, des servants de messe, une liturgie solennelle. Les lectures sont confiées à deux hommes, ce qui est devenu systématique aux messes dominicales depuis plusieurs mois, les femmes sont invisibles, sauf pour la lecture des intentions. A ce moment, le chef de chœur laisse la place à une femme de la chorale, pour entonner le refrain de l’invocation. Le symbolisme de ces deux voix féminines est transparent. Une scission selon les genres se fait parmi les laïcs : les femmes représentent l’assemblée, il n’est plus question du sacerdoce des Baptisés ni de leur responsabilité de Confirmés. Seuls les hommes, parmi les laïcs, de par leur appartenance au genre masculin, peuvent proclamer la Parole de Dieu et donner la Communion. A eux seuls la dignité du sacerdoce des Baptisés. De nombreux clercs, surtout dans le diocèse de Paris, ne veulent plus de la présence visible des femmes dans la liturgie. On s’étonne même que les femmes proclament les intentions du même lutrin d’où la Parole a été proclamée un peu plus tôt !
La pensée différentialiste est ici poussée à l’extrême, aux hommes le culte, la lecture de la Parole, la distribution de la Communion. Les femmes sont silencieuses et invisibles, elles ne peuvent plus que représenter l’assemblée dans ses demandes suppliantes à Dieu. C’est la conception qui préside au clivage entre les servants de messe et les servantes de l’assemblée, conception faisant de la différence des sexes un marqueur très fort en terme de rôles et de fonctions, même au sein des laïcs, en contradiction avec les principes qui régissent une démocratie moderne et les pratiques sociales courantes, en contradiction avec les textes de l’Eglise qui parlent de la dignité de tous les baptisés et de leur responsabilité dans la proclamation de la Bonne Nouvelle au monde.
Et c’est ainsi que le catholicisme contemporain, voulant resacraliser la liturgie et « réenchanter » le monde, perd de sa crédibilité aux yeux de nombreuses femmes de la modernité et les plonge dans un profond désenchantement.
S. de Chalus
Continue Reading »Une réflexion de Michelle Colmard Drouault
Dans les vœux pour l’année à venir, Anne se posait la question de savoir pourquoi les individus de sexe masculin avaient accaparé la gestion du religieux.
A mon avis, la gestion du religieux n’est qu’un avatar (le mot est à la mode !) de leur appétit de gestion du monde. Les hommes se sont pris pour Dieu, et ont voulu dominer le monde.
Manipuler la peur, croire mettre Dieu à son service
Et cela continue. Le premier auxiliaire de la domination est la peur. Et la peur de Dieu, dont les mâles prétendent être les interlocuteurs privilégiés, constitue l’arme suprême pour asservir. Mais au fur et à mesure que le savoir a progressé, que la philosophie s’est approfondie, les pouvoirs « de droit divin », les notions de blasphème ont été interrogés, puis attaqués.
La « liberté de conscience », la liberté de questionner, a officiellement triomphé.
Cependant, les dominateurs savent très bien que, lorsqu’on est à cours d’arguments pour justifier des mesures injustes, des abus ou des dictatures, l’axiome « Dieu veut » peut encore impressionner des peuples fragiles.
L’originalité du christianisme
Dominer le monde implique de s’approprier la reproduction du vivant. Et seules les femmes peuvent assurer cette production sans laquelle l’espèce humaine s’éteindrait.
Les hommes ont depuis toujours le fantasme de la reproduction mâle à l’identique, mais ce n’est qu’un fantasme, et ils sont bien obligés d’en passer par les femmes. J’ai la conviction profonde que le christianisme a justement alerté le genre masculin sur le danger d’un tel appétit narcissique. Nous sommes la seule religion où Dieu est « engendré et non pas créé ». Pour se faire homme, même Dieu a dû naître d’une femme. Cela sonne comme un avertissement et une brillante démonstration de la coopération indispensable des sexes.
Depuis que les femmes disposent de leur corps
Les hommes sont restés sourds et aveugles, animés par une volonté de puissance sans limites.
Face à cette évidence, ils ont détourné la dignité des femmes pour faire d’elles un simple « lieu de passage », une ressource dont ils disposeraient. Pour dominer le monde, il était essentiel de contrôler les femmes, de s’approprier leur force, de la contenir. Le magistral tour de passe-passe est d’avoir cantonné les femmes à cette fonction reproductrice en la dévalorisant.
Or, dés que les femmes sont devenues maîtresses de leur corps, elles ne pouvaient plus être considérées comme des instruments. L’hostilité des religieux à la contraception dans presque toutes les religions n’est qu’une panique devant cette perte de contrôle. L’accès féminin à toutes les formes de savoir n’a fait que l’augmenter.
Se poser en caste de genre, seul lien avec Dieu qui ordonne aux femmes de se soumettre, c’est la formidable manœuvre de l’Homme qui veut prendre la place de Dieu.
Et nous devons la combattre, car, comme l’annoncent nos frères et sœurs Musulmans « Il n’y a de Dieu que Dieu »…
Michelle Colmard Drouault
Continue Reading »Un texte extraordinaire
A propos de l’évangile de la Messe du 4 octobre 2009 (Marc 10, 2-16), Voici un texte d’un père de l’Eglise du IVème siècle, Grégoire de Naziance, évêque de Constantinople.
On remarquera l’extraordinaire modernité de ce texte vieux de 17 siècles…
Texte découvert sur le site de l’Abbaye de Boscodon le 16/11/2009 et communiqué par les bons soins de Malvina
Homélie de saint Grégoire de Naziance
Le Christ, prenant la parole, répliqua aux pharisiens : N’avez-vous pas lu l’Ecriture ? Au commencement, le Créateur les fit homme et femme. La question que tu poses, (dit-il) me paraît concerner l’honneur qu’il faut rendre à la chasteté, et réclame une réponse empreinte d’humanité, – chasteté au sujet de laquelle je vois que la plupart des hommes ont des idées erronées, et que leur loi est injuste et inégale. Pourquoi les hommes ont-ils châtié la femme et laissé l’homme impuni ?
L’épouse qui a déshonoré le lit de son mari est adultère et la conséquence en est, pour elle, les dures sanctions des lois; au contraire, l’homme qui est infidèle à sa femme n’encourt aucune peine. Je n’accepte pas cette législation; je n’approuve pas cette coutume.
Ce sont des hommes qui ont légiféré de la sorte; voilà pourquoi cette législation est dirigée contre la femme; ils ont placé aussi les enfants sous l’autorité des pères, et ils ont négligé les intérêts de la femme. Dieu n’agit pas ainsi. Remarque l’égalité de la législation divine : un unique créateur de l’homme et de la femme, une unique poussière qu’ils sont tous les deux ; une image unique, une loi unique, une mort unique, une résurrection unique. Nous sommes nés à la fois de l’homme et de la femme; unique est la dette des enfants à l’égard de ceux qui les ont engendrés.
Comment réclames-tu donc, toi, la chasteté, sans l’apporter ? Comment demandes-tu ce que tu ne donnes pas ? Comment, étant un corps de même dignité, légifères-tu d’une manière inégale ? Si tu regardes le mauvais côté des choses, la femme a péché, mais Adam aussi; le serpent les a trompés tous les deux; un parti ne s’est pas trouvé plus faible, ni l’autre plus fort. Songes-tu au bon côté des choses ? Le Christ les sauve tous les deux par ses souffrances. Le Christ s’est fait chair pour le salut de l’homme ? De même aussi pour le salut de la femme. Il est mort pour l’homme ? La femme aussi est sauvée par sa mort.
Orat.37, 6-7 PG 36, 290-29
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CHAOS
D’après ce que relatent les participants au « jeudi du 222 » du 19 novembre, une pasteure pleine d’enthousiasme aurait tacitement plaidé pour la possibilité de l’ordination des femmes ; tandis qu’un frère dominicain prédisait « le chaos » dans l’Eglise catholique, si cela devait survenir…
Tout d’abord, une question : les Eglises protestantes et anglicanes vivent-elles dans le chaos ?
Il semble évidemment non. La religion Juive, qui comprend depuis peu de temps des femmes rabbins, ne paraît pas non plus partir à la dérive…
Comme cette récurrente notion de chaos sonne à mes oreilles un air connu !
En effet, le chaos a été prédit si les femmes accédaient à certaines fonctions dans la société civile (juges, médecins, chercheurs), puis, si elles obtenaient le droit de vote, enfin, si elles devenaient éligibles, et chefs d’État….
Madame Curie a tranquillement découvert le radium, qui soigne tant de pathologies, et c’est une femme qui a identifié en premier le virus VIH. Eva Joly s’est attaquée à la corruption dans la République. Plus loin de nous, Bénazir Bhutto a payé de sa vie la volonté d’un Pakistan plus démocratique. Aang San Su Khi résiste pacifiquement à la junte birmane…
Pendant ce temps, le chaos enfle sur cette planète, grâce à des dictatures menées par des hommes, des mouvements terroristes et rebelles émanant d’idéologies tout à la fois totalitaires et sexistes. Il suffit de penser à l’Iran, et l’Afghanistan.
En Afrique, des bandes d’hommes et d’adolescents armés sèment la terreur. Rwanda, Darfour…
Dans tous ces conflits modernes, les femmes sont au contraire, les premières victimes du chaos. Cela fait des années qu’Amnesty International dénonce les viols systématiques comme armes de guerre, les exactions où l’on tue des bébés.
Nulle part sur la terre, il n’existe de bandes de femmes armées qui persécutent des hommes désarmés, alors que le contraire, chaos suprême, se produit chaque jour.
Partout dans le monde, les femmes sont les premières à subir des violences inouïes, auxquelles elles résistent avec une dignité qui force l’admiration.
Au chaos, elles réagissent en continuant envers et contre tout à maintenir la vie, et en se dressant contre les injustices. En Inde, au Mexique…
En France, les femmes sont en première ligne de la crise économique, les plus nombreuses chômeuses, et le contingent des femmes sans abri avec leurs enfants augmente sans cesse.
Les violences familiales, dont on a beaucoup parlé cette semaine, les livrent au chaos de la fuite et de la rue si les interventions ne sont pas assez efficaces et rapides.
Alors ? Un peu de modestie, Messieurs, lorsque l’on prophétise le chaos hypothétiquement apporté par les femmes.
Ce sont sans doute les êtres humains de sexe masculin qui auraient à apprendre de l’autre moitié du monde pour parvenir à la Paix.
Michelle Colmard Drouault
Communiqué de presse du Comité de la Jupe.
Mardi 24 novembre 2009
À propos de l’exclusion des filles du chœur dans certaines paroisses en France
Le comité de la jupe dénonce vigoureusement la dérive récente qui, dans certaines paroisses, exclut les petites filles du service de l’autel. Les deux motifs invoqués, à savoir que cette exclusion favoriserait l’éclosion de vocations presbytérales et que les petits garçons partiraient s’ils partageaient cette fonction avec des filles, sont grotesques.
En contrepartie de cette exclusion dénuée de tous fondements théologiques et anthropologiques, les clercs assignent aux fillettes un rôle et une image qui relèvent de leur seul arbitraire. Sous couvert d’éloge de la différence, on pratique une discrimination au profit exclusif des garçons, et on restaure d’inacceptables logiques de domination, d’un sexe sur l’autre.
Les parents de jeunes garçons doivent être avertis des dangers que courent leurs fils à être l’objet d’une sollicitude fondée sur leur masculinité et non sur leur simple nature de baptisés. Il y a là de nombreux risques : celui d’un pré-recrutement de futurs prêtres opéré dans des conditions d’immaturité évidente, celui d’une manipulation dont on a déjà abondamment dénoncé les méfaits et que l’on espérait disparue pour toujours, celui, enfin, d’une survalorisation de la masculinité préjudiciable aux bons rapports futurs entre les hommes et les femmes.
Quant aux parents de fillettes, ils ne peuvent que s’inquiéter des réactions de rejet de leurs filles devant une Eglise qui les accueillerait si mal. Lorsqu’on a dix ou douze ans, ces humiliations ne s’oublient pas.
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Y a-t-il discrimination entre les hommes et les femmes dans l’Église catholique ? La réponse est simple, oui, oui, et oui.
Cette discrimination est assumée et fondée sur une vision théologique : la femme est ordonnée à l’homme comme l’homme est ordonné à Dieu.
L’égale « dignité » (c’est le terme en usage) n’établit pas l’égalité réelle. Car il y a d’abord un ordre divin. Et dans cet ordre divin, le masculin est le sexe premier (pour preuve, Dieu est Père, et le Christ est homme-masculin) et le féminin est le sexe vicaire, qui célèbre la gloire de Dieu par le service (de préférence, le service des hommes). C’est indiscutablement ce que nous transmet l’enseignement traditionnel de l’Église.
Reste à savoir si cet enseignement traditionnel peut ou doit être élevé au rang de Tradition, c’est à dire être considéré comme un usage inspiré par l’Esprit.
Nous, femmes et hommes, actifs au sein du Comité de la Jupe, catholiques fidèles, nous disons : « NON ».
Non, cette discrimination n’est pas légitime, nous ne lui reconnaissons aucun fondement théologique. Cette pratique et cet enseignement « traditionnels » sont les fruits d’une situation sociale et culturelle qui a un nom et qui se nomme patriarcat. Et l’organisation patriarcale du monde n’est pas un objet de révélation divine. Ce n’est pas Dieu qui fonde le patriarcat, c’est la situation de péché de l’humanité, qui a pour conséquence le déséquilibre de la relation entre les hommes et les femmes.
C’est ce que raconte l’auteur inspiré quand il fait énoncer par Dieu les conséquences du péché. Dieu dit à la femme : « Ta convoitise te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi. » Genèse 3,16.
À la femme, la ruse et la séduction, à l’homme l’usage de la force et de la domination. Mais ces conséquences du péché, nous n’avons pas à nous y soumettre, au contraire, nous avons à nous battre contre. Et d’ailleurs, saint Paul le comprend bien qui énonce que sauvés dans le Christ, « Il n’y a plus ni homme ni femme. » Dans le Christ, nous sommes sauvés des anciens rapports de violence, de séduction et de domination entre les sexes.
À nous de faire advenir ce salut dans la vie de tous les jours, dans les rapports ordinaires entre les hommes et les femmes.
Alors, non, encore une fois, non ! La situation de soi-disant « complémentarité » entre l’homme et la femme, qui dans les faits impose aux femmes une situation de service, n’est pas la révélation d’un ordre divin. Elle n’est pas voulue par Dieu. C’est une situation de violence et d’injustice, une situation de péché, qui doit être combattue. C’est ce que nous faisons et ne cesserons de faire. À cause du Christ Jésus en qui nous sommes sauvés.
Christine Pedotti et Anne Soupa CDJ.
Continue Reading »La première lecture proposée le samedi de la 31ème semaine du temps ordinaire dans le calendrier liturgique catholique romain propose des versets du chapitre 16 de l’épître de Paul aux Romains. On y voit l’apôtre saluer ses amis de Rome. Or, curieusement, la lecture ne commence qu’au verset 3 : « Saluez Prisca et Aquilas, mes collaborateurs en Jésus-Christ … ». Si on ouvre sa Bible, on voit que le chapitre commence par ces versets : « Je vous recommande Phoebé, notre sœur, diaconesse de l’église de Cenchrées. Accueillez-la dans le Seigneur d’une manière digne des saints, aidez-là en toute affaire où elle aurait besoin de vous. Car elle a été une protectrice pour bien des gens et moi-même ». Y a-t-il un motif sérieux pour omettre ces deux versets ? En effet, ceux-ci ne sont pas difficiles à comprendre… Je ne vois qu’une raison pour ne pas mentionner Phoebé : la peur que la place de cette femme dans une communauté primitive donne des idées de ministère à des chrétiennes catholiques aujourd’hui !
Étouffer la voix des femmes dans l’Église n’a jamais empêché celles-ci de continuer le dialogue instauré avec elles par le Christ lui-même, c’est ce que raconte très bien Élisabeth Dufourcq dans Histoire des chrétiennes, l’autre moitié de l’Évangile (Bayard, 2008). La quatrième couverture de cet ouvrage commence par la question « Que s’est-il passé entre le Christ et les femmes depuis 2000 ans ? » A chacune de nous d’apporter sa réponse personnelle aujourd’hui, malgré les freins de ces messieurs en pensée, en parole, par action et par omission…
publié sur http://www.valence.cef.fr/La-coupure-liturgique-de-Romains.html
Anne-Noëlle CLEMENT
Déléguée diocésaine à l’oecuménisme
Dorénavant tout ce qui concerne la Conférence catholique des Baptisés de France est transféré sur son site propre :
Conférence Catholique des Baptisés de France (www.conferencedesbaptisesdefrance.fr)
Mettez à jours vos marque-pages !
En conséquence les nouveaux commentaires concernant la Conférence ne seront validés que sur l’autre site.
En revanche, vous continuerez à trouvez ici tout ce qui concerne plus spécifiquement la place des femmes dans l’Eglise.
Le Comité de la Jupe demeure instance de vigilance, et ne cessera de faire entendre sa voix à chaque fois que cela lui semblera nécessaire !
Pendant le Synode sur l’Afrique qui se tient en ce moment à Rome,
voilà quelques extraits de ce que disent certains évêques
sur la dignité des femmes et de leur place au sein de l’Eglise…
>
> Mgr.Telesphore George MPUNDU, Archevêque de Lusaka (Zambie): Dans mon pays,
> « les femmes sont trop souvent victimes d’abus, de violences domestiques
> conduisant parfois à la mort, de discriminations culturelles ou de pratiques
> coutumières et de lois qui manquent clairement d’objectivité à leur
> encontre. Nous, évêques, devons parler plus clairement et avec insistance en
> défense de la dignité des femmes à la lumière de l’Écriture et de la
> Doctrine sociale de l’Église… Pour promouvoir le respect des femmes et
> leur intégration dans les structures ecclésiales de responsabilité, de prise
> de décision et de planification, nous invitons le Synode à recommander à
> tous les diocèses d’établir ou de consolider un apostolat de la famille et
> des bureaux pour les affaires féminines, les rendant pleinement
> opérationnels et pleinement efficaces ».
>
>
> Mgr.Théophile Kaboy RUBONEKA, Évêque-coadjuteur de Goma (RDC): « Les conflits
> et les guerres ont conduit, particulièrement à la victimisation et à la
> chosification de la femme. Sur des milliers de femmes ont été perpétrées,
> par tous les groupes armés, des violences sexuelles massives, comme arme de
> guerre, en violation flagrante des dispositions juridiques internationales.
> Partant de notre expérience en cours en RD Congo, pour soulager tant soit
> peu les conséquences et les traumatismes subis par les femmes et les
> enfants, nous proposons: 1. Lutter contre les violences sexuelles en
> remontant à leur dernière cause, à savoir la crise de la gouvernance… 2.
> La création des maisons de la femme et de la jeune fille comme centres
> d’écoute et d’accompagnement des femmes violées et traumatisées. 3.
> L’implication directe des femmes dans les Commissions « Justice et Paix »:
> pour que les femmes promeuvent la paix et luttent contre des idées
> avilissantes sur elles… 4. La formation par la catéchèse et
> l’alphabétisation des femmes pour permettre à la femme de jouer adéquatement
> son rôle. Elle s’articule autour de trois modules, tels que: dignité et
> vocation de la femme, la femme comme artisan de la paix et la femme en tant
> qu’actrice du changement social. 5. La mise en place de structures de
> promotion de la femme« .
>
> Mgr.Augustine Obiora AKUBEZE, Évêque d’Uromi (Nigeria): « Jadis, nos ancêtres
> croyaient dans les sorcières et dans le danger qu’elles représentaient pour
> les individus et pour la société… Pour eux il s’agissait d’êtres non
> humains disposant de pouvoirs maléfiques menaçant familles et communautés…
> De nos jours les femmes suspectées de sorcellerie sont abandonnées,
> écartées, discriminées, victimes de l’ostracisme social. Parfois on les
> emmène en forêt, on les maudit publiquement avant de les exécuter…
> D’autres sont aspergées d’acide et laissées agoniser, ou enterrées vives.
> Certaines Eglises ne s’opposent pas à ces actes et on connaît les cas de
> Pentecôtistes qui ont enchaîné et torturé des femmes pour leur faire avouer
> qu’elles étaient sorcières. Malheureusement, tant dans les familles qu’à
> l’école, dans certaines églises ou mosquées, dans les médias et au cinéma,
> on fait croire aux Africains que les sorcières existent et leurs pouvoirs
> existent… Il est stupéfiant qu’au XXI siècle tant d’Africains croient
> encore à ses superstitions d’un autre âge. Nous croyons donc que ce Synode
> doit prendre en compte cette question, en vue de prendre des décisions
> pratiques pour éclairer les fidèles ».
>
> SE/ONZIEME CONGREGATION/… VIS
> 091012 (1070)
source : VIS (synode)
Je ne résiste pas au plaisir de vous citer ces deux extraits de textes de l’époque patristique (tirés, bien sûr, de Sources Chrétiennes).
Le premier est d’un pape: Grégoire le Grand (pape de 590 à 604): dans la 25ème Homélie sur l’évangile, il commente la parole de Jésus ressuscité à Marie (Madeleine): “Ne me touche pas”.
Ces mots montrent que Marie a voulu embrasser les pieds de celui qu’elle a reconnu. Mais le maître lui dit: “Ne me touche pas”. Ce n’est pas qu’après sa résurrection, le Seigneur a refusé d’être touché par des femmes, puisqu’il est écrit des deux femmes qui viennent à son tombeau: “Elles s’approchèrent de lui et lui saisirent les pieds” (Mt 28, 9). (Homélie 25, 5; trad. G. Blanc, Sources Chrétiennes n° 522, p. 117-119).
Voilà un avis autorisé à opposer à ceux (celles?) qui pensent qu’une femme ne peut approcher de l’autel, ni une fille être enfant de chœur… (La suite explique que “Jésus monte vers son Père dans notre cœur, lorsque nous le croyons égal au Père”; c’est donc la foi, et nul autre critère, qui permet de “toucher le Seigneur”.)
Le deuxième texte concerne autre chose: la compatibilité de l’état de vie conjugal et du “sacerdoce”. Mais il émane du pouvoir civil et non d’une autorité ecclésiale: c’est une loi du Code théodosien qui ne veut pas qu’on fasse pression sur les clercs qui étaient mariés avant leur ordination, pour qu’ils se mettent à vivre en célibataires. Je trouve ce qui est dit magnifique:
Et même une chaste affection exhorte à ne pas abandonner celles qui, avant le sacerdoce de leurs époux, leur avaient été unies en mariage légitime. En effet, il n’est nullement déplacé de voir unies aux clercs celles qui, en partageant leur vie, les ont rendus dignes du sacerdoce.
Code Théodosien XVI, 2, 44, trad. J. Rougé, SC 497, p. 211. C’est une loi datable de 420, promulguée par les empereurs Honorius et Théodose. Quand le pouvoir civil donne des leçons d’humanité à l’Eglise!!!
Bernard Meunier, chercheur au CNRS, est directeur de l’Institut et de la collection des « Sources Chrétiennes » à Lyon.
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