Pauvreté au féminin

Le nombre croissant de personnes âgées présentes dans les « soupes de nuit » distribuées par les associations caritatives, et parmi les demandeurs d’aide au Secours Catholique,inquiète. A juste titre.
Les causes sont aisées à déceler :l’ASPA(allocation de soutien aux personnes âgées, ex FNS, c’est à dire le minimum vieillesse) est de 708,95 euros mensuels, alors que le seuil de pauvreté a été fixé à 905 euros ! Etre âgé signifie –t-il avoir moins besoin de manger, se vêtir, se chauffer ? c’est absurde !
Or, ces personnes âgées en situation précaire sont essentiellement des femmes.
Pourquoi ? Scandale qui ne semble pas susciter beaucoup d’indignation, le montant moyen de leurs retraites est lui aussi en deça du seuil de pauvreté :825 euros mensuels, contre 1426 pour les hommes, soit 601 euros de moins.
La dignité des femmes, c’est d’abord de vivre correctement.
Les femmes cotisent moins, alors qu’elles fournissent un travail effectif beaucoup plus important que les hommes : une mère de deux enfants qui a un emploi fait des semaines de plus de 70 heures ! Mais le temps d’éducation des enfants, pour lequel elles interrompent souvent leur activité salariée,les soins à un enfant handicapé ou à des parents âgés, ne sont pas rémunérés, alors qu’ils sont des fonctions sociales indispensables.Ils ne donnent droit qu’à des cotisations minimales (1 trimestre par année au titre des allocations familiales),ou à aucune,suivant les cas.
Pour remercier les femmes de préserver notre première richesse, la richesse humaine :la mendicité dans leur vieillesse.
Dans leur jeunesse, les femmes sont aussi massivement en dessous du seuil de pauvreté :temps partiel subi,chômage,elles sont majoritaires à en être victimes, et ce sont aussi les femmes élevant seules des enfants, de plus en plus nombreuses, de plus en plus facilement à la rue, qui sont aidées par les associations. « personnes âgées », et « familles monoparentales », deux termes involontairement cache-sexe,qui obturent l’évidence que les femmes sont les êtres les plus pauvres de ce pays.
Cependant, la féminisation de la pauvreté est un phénomène constant sur tous les continents.
Les inégalités les plus importantes concernent l’Asie, l’Amérique du Sud, et une partie de l’Afrique. Partout, pourtant, en plus du travail domestique, les femmes fournissent un travail gratuit indispensable à la survie des communautés :cultures, commerce, transformation de produits en aliments. Mais elles ne comptent pas. Elles ne sont pas reconnues comme « économiquement actives ».
Les discriminations de genre freinent le développement et l’indépendance des femmes partout dans le monde. Elles les rendent vulnérables aux violences diverses ajoutées aux violences socio-économiques.
Au Pakistan, 80% des femmes subissent ou ont subi des violences conjugales ou familiales.
Au Guatémala, elles sont exploitées dans les usines, sans couverture sociale, pour des salaires dérisoires, et le taux de violences domestiques est également très élevé.
En Afrique, les viols sont en train de se banaliser de façon dramatique.
En Europe de l’Est, 75% des personnes victimes de traite des êtres humains sont des femmes.
Et en Ile de France, une enquête récente dévoilait que 84% des femmes disaient avoir subi, au moins une fois dans leur vie, une forme de violence en raison de leur sexe, qu’elle soit verbale, psychologique, morale, physique, sexuelle.
Mais toutes, nous continuons à combattre les discriminations.
Toutes les associations qui aident et soutiennent les femmes savent que l’image des femmes qui est véhiculée est un facteur de régression ou de progrès.
Nous ne devons pas laisser l’Eglise catholique persister dans cette incohérence : aider les pauvres d’un côté, et diffuser des images et des attitudes misogynes de l’autre.
Michelle Colmard Drouault


L’Eglise catholique exploite largement la vulnerabilite des femmes :
Dans les paroisses, la grande majorite des personnes au service de l’eglise sont des femmes qui n’ont pas ou qui ont une activite professionelle minimale. Ce sont des personnes corveables a merci car profondement animees d’une vrai generosite et d’un immense besoin de reconnaissance par leur statut famillial et professionnel. L’autorite reste masculine, sans partage et hors de controle de la hierarchie ecclesiale ;c’est celle du cure.
L’Eglise catholique exploite largement la vulnerabilite des femmes :
Dans les paroisses, la grande majorite des personnes au service de l’eglise sont des femmes qui n’ont pas ou qui ont une activite professionelle minimale. Ce sont des personnes corveables a merci car profondement animees d’une vrai generosite et d’un immense besoin de reconnaissance par leur statut famillial et professionnel. L’autorite reste masculine, sans partage et hors de controle de la hierarchie ecclesiale ; c’est celle du cure.
Sans ces femmes l’Eglise catholique ne pourrait survivre. La misogynie est loin d’etre combatue dans l’Eglise puisque c’est un vecteur de sa survie dans le fonctionnement ecclesial actuel. Il n’y pas de place pour les femmes « avec une tete trop pleine ». Elles sont porteuses de verites positives et constructives mais destabilisatrices dans un structure ou l’egalite des hommes et des femmes est loin d’etre acquise.
On peut que s’attrister que seule la societe civile, et en cela l’education accessible au plus grand nombre de femmes peut permettre de lutter contre leur vulnerabilite, quel que soit le milieu culturel et cultuel.
Sans ces femmes l’Eglise catholique ne pourrait survivre .La misogynie est loin d’etre combatue dans l’Eglise puisque c’est un vecteur de sa survie dans le fonctionnement ecclesial actuel.Il n’y pas de place pour les femmes « avec une tete trop pleine ». Elles sont porteuses de verites positives et constructives mais destabilisatrices dans un structure ou l’egalite des hommes et des femmes est loin d’etre acquise.
On peut que s’attrister que seule la societe civile, et en cela l’education accessible au plus grand nombre de femmes peut permettre de lutter contre leur vulnerabilite, quel que soit le milieu culturel et cultuel.
Merci Madame. Le silence conditionné se passe de commentaires. Ca n’est pas bien. C’est vous qui avez raison de nous rappeler que de toutes les crises, celle ci devrait en être une de première.
Bonjour
Je suis du Québec et je viens de découvrir votre blogue avec beaucoup d’émotion. Après plus de 40 ans loin de l’église, les circonstances m’ont ramenée au culte comme « bénévole » et je retrouve les mêmes irritants qu’alors et plus. L’attitude de notre petit prêtre envers les bénévoles et aussi ses propos concernant les religieuses me font dresser les cheveux sur la tête. Je reviendrai bientôt pour mieux vous lire et partager mes commentaires. Je vous souhaite donc une longue continuité.
et…. ce n’est pas le rapport DAGENS qui modifieras le statut de la femme dans l’Eglise. Il propose que l’on fasse une année de réflexion sur « la vie consacrée » ce serait plus judicieux me semble-t-il de faire une année de réflexion sur » le peuple de Dieu » fraternellement
ALICE
Dans quelques jours, la Conférence des baptisés annonce une initiative qui tout à fait dans votre sens!