l’évêque était-il une femme ?

Mercredi 21 avril 2010
Par comitedelajupe

Depuis l’article d’Estelle du 8 mars dernier, « les jupes appuient la barbe« , il semblerait que cela ait donné des idées en retour… jusqu’à un évêque… Si si !!! Au point d’enseigner sur « la joie d’être femme »… Avouons-le que, depuis la traine inestimable du cardinal Canizares, nous n’avions guère eu d’autre occasion d’humour aussi déplacé… Ce n’est hélas pas un poisson d’avril…

15 commentaires sur “l’évêque était-il une femme ?”

  1. Cecile

    Pourquoi un évêque successeur d’apôtre ne peut pas parler sur la joie d’être une femme ? Pourquoi y voir nécessairement un mal avant même qu’on sache ce qu’il a à dire ? N’y-a-t-il pas un risque de concevoir l’Eglise comme une lutte de pouvoir si la femme chrétienne se met à refuser ce qu’un évêque veut lui dire ?

    #1442
  2. gabrielle

    Dans le même genre, j’ai participé à une journée de « réflexion » sur le Cantique des cantique par un père (professeur je pense au centre Sèvres)parlant de l’amour du couple image de l’amour pour Dieu en des termes très surprenants qui m’ont géné de la part d’un célibataire ;
    j’étais mal à l’aise. A un moment il a dit « nous » et s’est repris pour dire « vous » le savez bien.

    #1444
  3. Camille

    Il y a des prêtres qui ont une femme ou un homme dans leur vie , plus qu’on ne le pense.
    Dommage qu’ils n’en disent rien pour le profit de toute l’Eglise et surtout pour de la clarté et de l’honnêteté vis-à-vis de tous. Je ne veux pas être « complice » des ces situations et devoir demander pardon dans 20 ans (ou je l’espère fort)dans un temps encore plus proche.

    Cecile, je me permets de vous dire que j’ai pu penser comme vous dans ma jeunesse innocente (!) mais aujourd’hui, au mitan de ma vie, je pense que le propos de Mrg Blanquart est ridicule surtout le mot « enseignera » !

    #1445
  4. Agnès

    Parler pour parler…verbiage vain, alors qu’un témoignage de vécu structurant puisque authentique est attendu: je ne vois pas comment c’est possible de la part d’un être masculin.
    Tout ce qu’il pourra dire ne sera qu’intellectuel,un « copier , coller »; pour un enseignement, je suis certaine que l’attente des participants et participantes est autre. C’est tout simplement lamentable.
    Y a tellement d’autres sujets qui seraient bien dans son profil et son vécu d’évêque que c’est vraiment une erreur de communication et de projet. c’est carrément déplacé.

    ceci dit, je suis pleinement heureuse d’être une femme,un être féminin, ayant la chance de vivre dans des conditions agréables , ce qui n’est vraiment le cas de beaucoup sur notre planète. .J’en suis très consciente.

    #1447
  5. Chris

    C’est visiblement un sujet très à la mode de « réapprendre » aux femmes ce que c’est qu’être une femme. une « vraie » femme, s’entend, pas une horrible féministe dépravée. Une femme selon la soi-disant révélation de Dieu. Il y a même des sessions qui s’organisent ici ou là.
    C’est à ça qu’on arrive quand on promeut un discours différentialiste qui dit en gros « les hommes et les femmes sont égaux en dignité mais pas en rôle ».
    C’est au nom de cette différence de « rôle » que les femmes sont opprimées partout dans le monde et soumise à la vision que les hommes ont de leur « rôle ».
    Et le pire, c’est que dans nos sociétés, il y a des femmes qui sont complices. C’est parce que les femmes sont opprimées, malmenées, violentées, dans tant d’endroit dans le monde, que nous devons, nous, femmes occidentales être intransigeantes, parce que nous portons l’espérance et l’avenir de milliards de femmes.
    La société cléricale demeure profondément patriarcale, comme l’étaient nos sociétés jusque très récemment. C’est bien sûr ce qu’exprime cet évêque qui croit qu’il détient des lumières sur ce que doivent être les femmes, ose prétendre nous « l’enseigner ».
    Cet évêque n’est pas disqualifié parce qu’il est un homme mais parce qu’il est le représentant de la société cléricale patriarcale, c’est à dire d’un système d’oppression et de disqualification des femmes.

    #1448
  6. Michelle

    Il suffit de renverser cette affiche pour voir ce qu’elle a d’ubuesque : Soeur Unetelle vous parlera à telle heure de « la Joie d’être un homme ». !
    C’est simplement l’a-priori sempiternel qu’une femme est un être « sur lequel » on peut parler, puisque l’unique sujet référent est toujours masculin. Mais cela continue dans la société civile. Puisque des hommes politiques créent des commissions d’enquête sur certains codes vestimentaires féminins, ultra minoritaires….j’attends avec impatience une commission d’enquête uniquement féminine, sur le port du caleçon !
    Toute plaisanterie mise à part, je crois que vous faites erreur, Chris, lorsque vous parlez du différentialisme. Il existe une école féministe différentialiste, qui dit ceci : c’est au contraire parce que la différence des sexes est niée, et que la norme du sujet est toujours l’Homme, qui refuse qu’il y ait deux sujets égaux mais différents, que les femmes sont opprimées. La femme est opprimée pour ce qu’elle est, c’est à dire celle qui a le pouvoir de donner la vie. Contraints de passer par elles pour se reproduire, les hommes cherchent à contrôler les femmes et à les soumettre. Vous voyez bien que dans presque toutes les sociétés, le fait d’être mère est une discrimination, et pas un honneur. Un homme et une femme, ce n’est pas pareil, et nous ne nous libérerons pas en devenant des hommes…. car alors, il n’y a plus de femmes ! Les Noirs n’ont pas obtenu les droits civiques en devenant blancs (ce qu’ils ne pouvaient pas plus que nous ne pouvons changer de sexe), mais en se faisant respecter en tant que Noirs. Le différentialisme dont vous parlez est similaire au racisme : une fonction est assimilée à un être humain en fonction de ses caractéristiques biologiques. Et il est combattu par ces féministes là également !

    #1449
  7. Chris

    @Michelle
    La thèse de la « jalousie » des hommes vis à vis des femmes qui portent les enfants, garçons ou filles, c’est-à-dire qui font du « même » et du différent est défendue en France par Françoise Lhéritier. Je la trouve assez convaincante et je vois bien comment elle justifie le patriarcat. La reprise en main des hommes sur le corps des femmes.
    Pour autant, je ne me « trompe » pas quand je parle de différentialisme. Je ne suis pas en accord avec ce féminisme-là qui « raconte » des choses sur la différence des femmes. Je ne crois pas par exemple qu’il y a une façon de faire de la politique des femmes, ou une façon de faire de la littérature, ou n’importe quoi d’autre.
    Je revendique pour les femmes une stricte égalité humaine avec les hommes, sans spécificité particulière. J’ai beaucoup plus en commun avec un homme de ma culture et de ma génération qu’avec une femme d’une autre culture ou d’une autre époque sous le seul argument qu’elle serait comme moi femme.
    Quant aux noirs, ils ne sont pas devenus blancs, ils sont « devenus » humains, des humains de plein droit et de plein exercice.
    En résumé, oui, il existe au moins deux féminismes. Permettez que je ne me « trompe » pas en en choisissant un. Simplement, je ne fais pas le même choix que vous.

    #1450
  8. Cecile

    Merci pour tous les commentaires enrichissants, mais je maintiens ma position et je continue à ne pas me retrouver dans cet article. Je pense que la suspicion n’encourage pas la charité au contraire elle l’a asphyxié. J’ai du mal à m’imaginer une Église où certains sujets seront interdits aux successeurs d’apôtre.

    #1451
  9. @ Cécile,
    La question est celle- ci : le bonheur a-t-il à être « enseigné » ?
    N’y est-on pas plutôt initié par des gens… heureux ?
    Cette affichette au look si désuet que c’est à se demander si ce n’est pas tout exprès, met à l’honneur, par son dessin en médaillon, la Vierge à l’Enfant, une « maternité ».
    Le bonheur d’être mère, n’est-ce pas par des mères qu’on y est initiée ? Même le mari, le compagnon le plus attentionné, le plus proche, reste un peu sur le seuil de ce bonheur-là, non ?
    Quand au bonheur qu’un homme ou une femme peut vivre dans le célibat pour Dieu, la virginité, il se propage sur le même mode : le rayonnement, le témoignage (sans paroles, c’est plus parlant) et l’appel intérieur, à décrypter en Église.

    Le bonheur est affaire d’initiation, tout au long de la vie. Je crois à une initiation au bonheur par la rencontre et la fréquentation de gens heureux ; et je crois que l’homme le plus heureux qui a jamais existé est Jésus. Si Matthieu nous le présente solennellement « enseignant » les Béatitudes, c’est parce que les disciples avaient été frappés par le bonheur qui émanait de lui, habituellement ; et c’est parce que certains, séduits, s’étaient mis à son école (école de vie et non pas « enseignement » de type catéchétique).
    Jésus et le bonheur d’être femme, d’être mère ? Il y a quelque chose là-dessus dans l’Évangile, une « béatitude » isolée : « Comme Jésus était en train de parler, une femme éleva la voix au milieu de la foule pour lui dire : « Heureuse la mère qui t’a porté dans ses entrailles, et qui t’a nourri de son lait ! » Alors Jésus lui déclara : « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » (Luc 11, 27-28). Ce qui est amusant (enfin un petit moment, car c’est tellement tarabiscoté et édifiant que c’en est lassant), c’est de découvrir les commentaires de ces deux versets lapidaires par ceux qui en sont embarrassés : toutes ces pieux exercices pour mettre sur le pinacle  » la « vocation » d’être mère.

    Le bonheur d’être femme : quelle drôle d’idée tout de même d’aller « à l’écart » (comme c’est écrit sous l’image pour aller l’apprendre… Car il y a cela encore, très important : le bonheur d’être femme, se découvre aussi par soi-même, à vivre les relations de tous les jours, et spécialement l’amitié, avec des hommes…

    #1452
  10. Anne

    Ce qui est surprenant est le titre de l’annonce: « à toutes les mères d’aujourd’hui »… »la joie d’être femme ».
    Où vont aller les femmes qui ne sont pas mères et donc…peut-être pas vraiment femmes? Une femme n’aurait de « vie accomplie » qu’en étant mère? ça alors!!!!
    Je pense à toutes celles qui n’ont pas pu être mères et qui auraient aimé l’être…
    et à toutes celles qui le sont devenues sans le vouloir….
    et encore à celles qui ne le sont pas,par choix…
    et encore à celles qui le sont devenues et ont décidé de ne plus l’être…
    Seraient-elles toutes exclues à l’image de l’exclusion de « la Table » pour les divorcés ?

    #1453
  11. Gonzague

    @ Michelle

    Pour vous répondre sur le différentialisme tout en faisant droit à vos justes préoccupations, je vous propose cet extrait de la sociologue Christine Delphy qui fut la première à théoriser en France la notion de genre :

    « Jusqu’à présent les politiques dites d’égalité ont été d’égalité formelle : basées sur l’idée que les femmes ont un « retard » à rattraper par rapport aux hommes, et que l’égalité consiste à leur permettre de faire les mêmes choses que les hommes – d’où l’accusation justifiée qu’il s’agit pour les femmes de s’aligner sur un modèle « masculin » qui pénalise les femmes. En effet, considérer le modèle masculin comme « neutre », c’est oublier qu’il est fondé sur l’exploitation des femmes, et que les femmes non seulement n’ont pas de femmes à exploiter, mais que tant que l’exemption des hommes du travail domestique n’est pas remise en cause, « l’égalité signifiera toujours pour elles la double journée de travail » (Plateau, 1995). On ne peut pas « regretter » l’oppression des femmes et refuser de mettre en cause les privilèges des hommes. Et tant que ce ne sera pas clairement énoncé et revendiqué comme la pré-condition de toute démarche égalitariste, tant que la problématique de l’égalité sera accaparée par une définition libérale qui veut amener les femmes à parité avec les hommes sans toucher au statut de ceux-ci [...] il ne faudra pas s’étonner que beaucoup de femmes continuent de considérer l’égalité et l’universalisme comme autant de duperies et se tournent vers des revendications de spécificité, maternalistes ou non, ce que j’appelle l’équivalence – y compris en voulant élaborer un « modèle féminin » du travail salarié comme du reste, refusant, comme le féminisme libéral, de mettre en cause, le faux universalisme du modèle dit « neutre » mais renonçant aussi à atteindre un véritable universalisme. »
    Christine Delphy, « Genre et classe en Europe », in L’Ennemi principal tome 2 : Penser le genre, Paris : Syllepse, collection « Nouvelles questions féministes », 2001

    Sur le même sujet, un autre article très éclairant : Colette GUILLAUMIN, « Question de différence », Nouvelles questions féministes, n°6, septembre 1979. Nouvelle publication dans Colette GUILLAUMIN, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature, Paris, Côté-femmes « Recherches », 1992.

    #1457
  12. Camille

    Je continue à penser que des actions comme celles que Michelle préconise « la soeur untel va parler du bonheur d’être homme » seraient une bonne chose car finalement, le contexte est tendu, crispé et ceux qui ne veulent rien entendre ou écouter de ce qui se vit de différent et sans doute dérangeant manquent souvent singulièrement d’humour.
    Si une femme avec un peu de talent oratoire pouvait proposer à Bordeaux une conférence avec ce titre: la joie d’être homme , sans méchanceté mais avec finesse , ce serait trop bien, non ?

    #1501
  13. LACH jacqueline

    Je crois que le problème est simple.Que les hommes ne soient pas des femmes, je le sais très bien j’ai été mariée 29 ans. Mon lit et le reste me l’ont appris et je ne m’en suis jamais trouvée mal.
    le problème est : qui a le pouvoir de parler de qui.
    Or, c’est un fait dans l’Eglise catholique romaine seuls les hommes parlent, édictent, posent les lois. Donc pour les femmes. Les femmes subissent.
    Qu’on considère que souhaiter participer à ce pouvoir de parler, édicter, poser les lois ne relève pas de notre condition ne doit pas ETRE ACCEPTE. Il faut combattre pour participer au grand discernement de la hiérarchie sacerdotale.
    Et si les femmes ne peuvent être de la hiérarchie sacerdotale, il faut donc que les lieux où l’on parle, édicte, pose les lois ne soient pas seulement réservés à la hiérarchie sacerdotale, mais bien à côté et composés d’hommes et de femmes à égalité.
    Alors, on vous dira : Jésus a envoyé les 12. Je vous répondrai, il a envoyé la Samaritaine qui l’a reconnu comme étant le Messie, Marthe a fait de même et il s’est révélé ressuscité à des femmes. N’appelle-t-on pas Marie de Magdala l’Apôtre des Apôtres car elle a été envoyée annoncer aux Apôtres la résurrection ?

    Je vous conseille de lire L’Histoire des Femmes Chrétiennes – l’Autre moitié de l’Evangile- d’Elisabeth Dufourc, c’est un pavé d’érudition.
    Entre révolte et soumission il y a un espace de créativité pour la participation. Réclamons et si on ne donne pas prenons..Tout est une question de courage dans la vie. Les conditions sont aujourd’hui favorables comme elles ne l’ont jamais été.

    #1638
  14. Alain Bernier

    chère Jacqueline Lach,non pas les hommes, mais le Clergé seul, et hiérarchiquement parle ! Croyez-vous que le chrétien ordinaire, mâle, soit mieux compris et représenté ? Pourqoi des générations d’adolescents ont-ils quitté la « pratique catholique » dès le lendemain de leur l° communion, où ils venaient de s’engager « solennellement » à …en renouvelant les « promesses du baptême » ? Curieux, non ? Réponse : la masturbation avec son cortège de confessions pour pouvoir communier ! Les hommes et les femmes ont souffert et souffrent encore du pouvoir ecclésiastique, moins un service qu’une domination de caste. Et qu’on retrouve, plus ou moins dans toutes les sociétés religieuses, même dites Eglises, Mais où est le christianisme là-dedans, quand on fait fuir les brebis au lieu d’aller les chercher ? Quant au débat : superficiellement mais réellement la maladresse de l’Evêque suggère qu’il connaît mieux qu’elles ce que c’est que d’être une femme ! Mais plus profondément, en terme de vocation (à la sainteté) c’est la femme qui est programmée pour apprécier la Virilité et l’homme la Féminité. NE pas confondre le statut biologique (mâle-femelle) et la vocation humaine. Féminité et Virilité sont des qualités Spirituelles, donc divines, comme la Paternité, la seule, la vraie, celle de notre Père du Ciel (dixit Jésus et aussi : n’appelez personne Père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est dans les cieux ! Encore une imposture !

    #1701
  15. LACH jacqueline

    Oui, Alain Barnier,
    vous avez raison, je me suis laissée aller à dire les hommes pour le sacerdoce ordonné.
    C’est une erreur. Il faudra que je veille à l’avenir à ne pas faire ainsi l’amalgame.
    J’estime beaucoup trop les hommes en général, ceux avec qui je réfléchis, travaille, partage mon souci du monde pour oser faire une aussi grossière erreur.
    Mais il faut remarquer que le sacerdoce ordonné à son plus haut niveau prend plus souvent conseil auprès des hommes, qu’auprès des femmes., et malheureusement cela devient la règle dans certaines paroisses.

    #1728

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