Contresens ?

Mardi 22 septembre 2009
Par xavier

mgr-bernard-podvin

Perle trouvée ce matin dans anneedusacerdoce.org je cite :

« Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des Évêques de France, parle de cette année (NDLR du sacerdoce) comme un cadeau du Saint-Père, une invitation pour tous les chrétiens à : « Prier pour les prêtres. Les aimer. Leur donner occasion de témoigner sur ce qui fonde leur vie. Redire à quel point le sacerdoce commun des baptisés ne peut être déployé s’il ne s’abreuve au sacerdoce ministériel. Redire combien ce sacerdoce ordonné n’est rien s’il n’est greffé sur l’Unique Pasteur. Une année sacerdotale qui suscite la confiance ! Donatrice de souffle dans les communautés chrétiennes. »

N’est-ce pas exactement l’inverse qu’il s’agirait de lire ?

« Le sacerdoce ministériel ne peut se déployer que s’il s’abreuve au sacerdoce communs des baptisés »

L’autorité de l’émetteur ne doit pas ébranler les plus solides fondements de l’ecclésiologie ! Il suffit pour s’en convaincre d’aller relire son cours élémentaire d’ecclésiologie…

Encore une belle illustration de la torsion complète du sens du sacerdoce qui ne peut que nous inquiéter, et n’assure pas la confiance au contraire, surtout lorsque cela vient d’un tel émetteur…

Quelle bataille à livrer pour remettre les choses dans le bon ordre…

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8 commentaires sur “Contresens ?”

  1. Anne

    « Transmettre le dépôt de la foi » belle mission, « tordre les Ecritures », sale boulot… Serions-nous aujourd’hui réengagés dans une guerre idéologique, de sinistre mémoire?

    #27
  2. Je n’ai pas le temps ni le goût de passer mon année à ergoter sur les productions de cette « année sacerdotale ». Je considérerais cela comme une infidélité majeure au bon Pasteur. Il est ailleurs, Lui. Il est par monts et par vaux, scrutant l’horizon : où sont-elles ces brebis qu’Il connaît chacune par son nom ?
    Benoît XVI, en sa première homélie de pape, avait su nous donner la hantise de ces brebis dispersées dans ces déserts contemporains qui ne cessent de s’étendre… C’est à elles qu’il faut donner priorité absolue. C’est la Mission qui est la « nature », « l’essence » de l’Église et du sacerdoce (commun et ministériel). Et la Mission eh bien c’est… les « autres », celles et ceux qui sont « dehors » ! Il faut relire l’introduction de la Constitution dogmatique du l’Église, Lumen gentium :
    « 1. Le Christ est la Lumière des nations; aussi, en annonçant l’Evangile à toute créature (cf. Mc 16, 15), le saint Concile réuni dans l’Esprit-Saint désire-t-il ardemment illuminer tous les hommes de la lumière du Christ qui resplendit sur le visage de l’Eglise. Celle-ci, pour sa part, est dans le Christ comme un sacrement ou, si l’on veut, un signe et un moyen d’opérer l’union intime avec Dieu et l’unité de tout le genre humain; elle se propose donc, en suivant de près la doctrine des précédents Conciles, de faire connaître avec plus de précision à ses fidèles et au monde entier sa nature et sa mission universelle. Ce devoir, les conditions actuelles l’imposent à l’Eglise avec une urgence accrue: il importe en effet que la communauté humaine, toujours plus étroitement unifiée par de multiples liens sociaux, techniques, culturels, puisse atteindre également sa pleine unité dans le Christ. »
    Quand les prêtres et les laïcs regarderont ensemble du côté des brebis perdues, ils s’entendront très bien, y compris pour inventer une organisation nouvelle du « signe », du « sacrement » qu’elle est.
    Qui, aujourd’hui, dans l’Église, a la préoccupation les « brebis » les plus éloignées ? Où sont les prêtres qui, aujourd’hui, se portent à la rencontre des non-chrétiens, en frères, en hommes de la cité ? Ils ne le font guère ? Raison de plus pour le faire, nous, sans se laisser prendre ni dans les rets des « multiples obligations du service » ni par je ne sais quelle fascination sur l’ »être » et la fonction du prêtre. C’est là qu’est le contresens, qu’est l’infidélité de l’Église qui se doit d’être tournée vers les « autres » qu’elle.

    #28
  3. xavier

    pour nourrir la réflexion de manière simple, il suffit de prendre déjà connaissance d’une intervention toute récente, celle du P Jean Manssart, dans une intervention qu’il a faite pour le conseil épiscopal du diocèse de St Brieux-Tréguier… le 17 septembre dernier…

    http://saintbrieuc-treguier.catholique.fr/Le-Christ-Pretre-le-sacerdoce-des

    là on respire un peu mieux !

    #36
  4. geneviève

    Prier pour nos prêtres est non seulement une responsabilité de l’ensemble des chrétiens pour les soutenir dans la difficulté de leurs ministères, mais doit être à mon avis, en tout premier lieu, la joie profonde de rendre grâce à Dieu de leur réponse à un appel particulier à servir leurs frères en Christ au sein de l’Eglise …. Tous en tant que baptisés sommes appelés à être des témoins de l’Evangile et à essayer de le vivre avec le plus de vérité et d’amour possible au milieu de nos frères en humanité. Cela suppose que les uns et les autres, prêtres, religieux, religieuses et laïcs, nous nous portions dans la grande prière de l’Eglise, chacun dans le sacerdoce qui lui est propre, aucun dominant l’autre mais ayant besoin de l’autre ….. chacun en tant que baptisé apportant à l’autre sa richesse et sa participation à l’annonce de la Bonne Nouvelle adressée à tous, dans le respect de chemins bien variés et souvent douloureux du monde contemporain dans lequel nous vivons, c’est le premier souci qui devrait habiter le coeur de chaque chrétien quelque soit sa vocation ….
    Nous nous nourrissons à la source qu’est le Christ, c’est lui qui donne sens à nos vocations et je pense que nous devrions méditer très profondément ce passage dans St Jean 17.20-21 : « Je ne prie pas seulement pour eux, je prie aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi : que tous soient un comme toi Père, tu es en moi et je suis en toi, qu’ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé »

    #42
  5. Polygalla

    En tant que baptisés, nous sommes tous égaux en droits et en devoirs. Le Christ n’a pas d’abord cherché à être prêtre. Il est allé par les chemins et a aimé ses frères et sœurs, les humains.
    La pyramide hiérarchique, héritée du modèle antique est dépassée. Laissons grandir en nous notre humanité abreuvée par la Parole qui soutient l’exercice de notre liberté. Et, par nos gestes et paroles, proclamons la Bonne Nouvelle dont notre monde a tant besoin.

    #151
  6. AMDG

    « L’autorité de l’émetteur ne doit pas ébranler les plus solides fondements de l’ecclésiologie »
    => quelle autorité ?
    AMDG

    #246
  7. Christine

    L’émetteur est le porte-parole de la Conférence des évêques de France.

    #248
  8. AMDG

    Oui, c’est ce que je dis… quelle autorité ?

    #250

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