Une grande Dame

Dimanche 11 décembre 2011
Par Comité

Une grande dame, modèle de résistance ferme et non-violente ; un couple exemplaire, et l’espoir pour la Birmanie : c’est « The Lady », de Luc Besson, l’histoire d’Aung San Suu Kyi et de son combat pour la démocratie.

Fille du général Aung San, qui a négocié l’indépendance de son pays en 1947, Aung San Suu Kyi n’est qu’une jeune enfant lorsqu’il est assassiné la même année, alors qu’il organisait des élections libres.

En 1962, les militaires prennent le pouvoir. La démocratie n’est qu’un rêve condamné à ne jamais se réaliser.

Etudiante en Angleterre, Suu Kyi rencontre Michael Aris, professeur de civilisation tibétaine. Ils travaillent ensemble, puis se marient, et ont deux fils.

Quand un soir de 1988 à Londres, la jeune femme apprend que sa mère restée en Birmanie dans la maison familiale, a été victime d’un accident vasculaire, elle n’hésite pas et part la rejoindre.

Ce sera le début d’une longue épopée, d’un long combat que nous avons tous suivi, haletants , découragés, admiratifs, révoltés …

Veillant sa mère à l’hôpital, Aung San Suu Kyi est témoin des terribles exactions du régime.

Lorsque des étudiants viennent lui demander, en tant qu’héritière de son père, de se mettre à la tête du mouvement pour la démocratie, elle répond présente.

La Ligue Nationale pour la Démocratie voit le jour.

Elle gagne les élections arrachées de haute lutte au pouvoir, mais ne peut exercer son mandat ministériel : assignée à résidence dans sa propre maison, la voilà prisonnière de dictateurs qui n’auront de cesse de tenter de la faire plier par les plus douloureuses pressions qui soient : l’éloigner de ses enfants et de son mari, auxquels on refuse leurs visas à l’aide de divers subterfuges juridiques.

Michael Aris, son époux, ne désarme pas, il obtient qu’elle soit proposée pour le prix nobel de la paix qu’elle reçoit en décembre1991.

Ce que nous voyons tout le long du film, c’est, en même temps que l’amour, l’immense respect de cet homme pour Aung San Suu Kyi et son combat pour libérer son pays, son soutien indéfectible, qui l’a aidée à demeurer forte, sans culpabilité, toujours debout devant ses adversaires, qui n’obtiendront jamais aucune concession à la liberté de son peuple de cette disciple de Ghandi.

Aung San Suu Kyi est libre depuis Novembre 2010.

Elle a rencontré récemment le général Thein Sein en vue de l’avancée du processus démocratique.

Après avoir vu le film de Luc Besson, nul doute que nous continuerons à nous intéresser à la Birmanie, et à en suivre l’actualité…

Michelle C. Drouault.

3 commentaires sur “Une grande Dame”

  1. claudine onfray

    on en sort en se disant :
    quelle force tranquille!
    quelle leçon d’humanité simple et sainte!
    et nous ,que risquons nous ?
    que risquent nos pasteurs?
    une carrière, des honneurs, une réprobation…
    quand sortirons- nous de cette torpeur pour affronter les vraies questions?

    #10971
  2. nizieux mauger

    remarquable film en effet.
    trajectoire étonnante de cette femme qui a saisi au bond la balle envoyée par les militants . Elle aurait pu choisir le confort de sa vie à Oxford et elle a vécu au contraire une vraie conversion: elle s’est mise au service de son pays et de ses idées, en assumant les conséquences douloureuses inévitables.
    le film est un peu « rapide  » à la fin et on ne sait pas comment se passe sa vie militante dés lors que sa détention est levée.
    on ne peut s’empêcher de comparer les sorts des 2 femmes d’exception dans cet « orient compliqué » que sont Benazir Butho et elle-même. Deux parcours à la suite de leurs pères héros nationaux, mais dans 2 contextes religieux et politiques différents. Des pressions internationales non comparables. Et à ce jour, 2 destins : la mort pour l’une, et pour l’autre? l’accés au gouvernement?
    a suivre!

    #10999
  3. Michelle

    Certains auraient souhaité que j’analyse plus précisément ici les choix qui se présentaient à Aung San Suu Kyi. Un dialogue du film les résume assez bien: »Vous avez la liberté de choisir votre époux et vos enfants, ou votre pays » lui dit un émissaire de la junte militaire. « Quelle sorte de liberté est ce donc là?  » s’exclame t-telle, et son interlocuteur ne peut s’empêcher de baisser les yeux. Peut être un peu idéaliste. Sans doute n’a-t-il ressenti aucune honte. Mais la question reste.
    En face d’une dictature militaire,les tactiques sont restreintes. Aung San Suu Kyi aurait pu être une sorte de de Gaulle,et appeler à la Résistance depuis l’Angleterre.Mais quelle résistance ? le peuple n’était pas armé, et les représailles terribles: des massacres et exécutions sommaires pour la moindre manifestation. La junte n’avait aucun souci de respectabilité.Faire cela , c’était risquer davantage de vies, sans exposer la sienne. Elle ne l’a pas voulu.
    Le commentaire précédent a raison d’évoquer le destin de Bénazir Buttho, car il me semble que ce qui a effectivement fait toute la différence, c’est ce soutien européen, et la pression internationale tout à la fois des ONG, de multiples associations, et de certains gouvernements, pour la libération d’Aung San Suu Kyi et la démocratisation de la Birmanie..En France on peut citer Amnesty International, et l’Alliance des femmes pour la Démocratie, qui ont mené un combat sans relâche.
    Bénazir était quasiment seule à se débattre, mais tout aussi symbolique dans la représentation de son peuple. Merci d’avoir rappelé sa mémoire.

    #11023

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