Le Comité de la Jupe crée la Conférence des Baptisé-e-s de France!

Voici le discours tenu dimanche 11 octobre 2009 par Anne Soupa,
à l’issue de la Marche des Cathos Citoyens.
« Aujourd’hui, en ce lieu, maintenant, je rends grâce à cause de vous qui êtes venus, poussés par votre conscience, vous qui avez marché jusqu’ici, où nous sommes ensemble.
Notre diversité est évidente. Nous ne sommes pas « que des femmes », ou « que des laïcs ». Parmi nous, il y a des prêtres, des religieux, des religieuses, des diacres, des gens de tous âges, des Parisiens, des Bordelais, des Dijonnais, des Lyonnais, des Nantais, des Strasbourgeois, des Vendéens… Et plus largement encore, dans différentes villes de France, des groupes se sont rassemblés aujourd’hui, en communion avec nous.
Je rends grâce pour ces échanges qui ont ponctué notre marche. Il est trop tôt pour en connaître l’ensemble. Mais voici quelques paroles, fortes, que nous rapporte Christine : (des exemples d’échanges produits par les marcheurs sont donnés)
Il nous est impossible désormais d’en rester à la question particulière portée au début par le comité de la jupe, celle de la dignité des femmes. Notre cause, maintenant, est plus vaste : l’horizon s’élargit. Qu’avons-nous en commun ? notre baptême! Et à cause de ce baptême qui nous a donné l’Esprit, nous croyons en la force de la parole et nous n’avons pas peur.
Un sentiment profond me pousse à rendre grâce pour notre Église qui nous a transmis le trésor de l’Évangile, ce trésor que nous devons, à notre tour, annoncer.
Mes mes ami-e-s, il est temps ! Oui mes ami-e-s il est temps de rendre compte de l’espérance qui est en nous.
Espérance ténue… mais déjà violente… Oui, violence d’une espérance qui nous pousse à prendre nos responsabilités.
On nous dit : vous voulez le pouvoir. Et bien oui, nous voulons pouvoir prendre nos responsabilités.
Nous l’affirmons ici :
le pouvoir est une responsabilité
et la responsabilité est un pouvoir.
Alors à ceux qui nous disent : « Vous prenez le pouvoir ?»… Nous répondons : « nous prenons nos responsabilités ! »
Quelles responsabilités ? En France, les laïcs, mais aussi les prêtres et les diacres, disons « les baptisés », n’ont aucun lieu pour débattre tous ensemble, aucune instance où décider de l’avenir de leur Église et de ses missions.
Pour savoir ce qu’ils pensent, n’y aurait-il que le sondage ?
Est-il décent d’enfermer dans les cages des statistiques la voix des ces baptisés qui portent le nom incomparable de « fidèles du Christ » ? Non, il y là quelque chose de dérisoire!
C’est pourquoi… Oui c’est pourquoi nous créons ici,
devant vous, avec vous, pour nous tous,
la Conférence des Baptisés de France,
notre maison de parole, notre assemblée commune .
Laïcs fidèles du Christ, prêtres, diacres, religieux et religieuses, évêques et cardinaux y sont conviés, je dirais même plus, ils y sont… convoqués.
Désormais, nous tous,
nous sommes la Conférence des Baptisés de France.
Notre projet est ambitieux, mais nous nous confions au Christ, que nous voulons servir. Nous lui offrons toutes nos forces, toute notre patience, tout notre enthousiasme.
Dieu veuille que cette œuvre soit vraiment, pour nos frères et pour nos sœurs, source de liberté et de richesse.
Mais que sera La Conférence des Baptisés de France ?
Elle sera à l’image de l’ensemble des catholiques qui veulent une Église vivante.
Le premier chantier que nous ouvrons est celui de la représentativité. Et donc nous lançons un appel à ceux qui le souhaitent pour qu’ils nous rejoignent dans une instance constituante. Pour ce faire nous réunirons dès que possible des États généraux.
La Conférence des Baptisés de France qui naît aujourd’hui a trois fondements:
D’abord un attachement indéfectible à nos sources, la Bible et la grande Tradition catholique.
Ensuite, le respect fidèle de la lettre et de l’esprit de Vatican II – qui s’est ouvert il y a 47 ans jour pour jour.
Enfin, bien évidemment, la stricte parité entre les hommes et les femmes.
La Conférence des Baptisés de France aura besoin de moyens. Car… Même si nous sommes pleins d’ardeur, il nous faudra des bonnes volontés, un minimum de ressources, beaucoup de discernement et beaucoup, beaucoup de créativité… Elle aura besoin de vous et de beaucoup d’autres…
La Conférence des Baptisés de France se donne pour commencer trois missions, qui sont trois véritables ministères : les ministères de l’Écoute, de la Bénédiction, de l’Espérance.
Un ministère de l’Écoute :
Si nous voulons encourager la liberté de la parole pour les catholiques, nous voulons aussi écouter les souffrances, les joies et les aspirations profondes des hommes et des femmes de ce temps. Il importe que l’Évangile leur soit annoncé, vraiment, au cœur de leur vie.
Un ministère de la Bénédiction :
Nous voulons sans nous lasser reconnaître ce qui se fait de bon et de beau dans le monde, les actes d’amour, de générosité, de compassion, de pardon et de partage. Tout simplement voir Dieu à l’œuvre… Et le louer !
Un ministère de l’Espérance :
Nous croyons que l’être humain aspire profondément à rencontrer Dieu, et que Dieu lui offre la vie en abondance. Nous devons annoncer cette sollicitude de Dieu envers chacun et chacune, et pour l’humanité toute entière.
Ce soir, ce 11 octobre 2009,
en cette place St Sulpice de Paris, d’où partit au 17e siècle un nouvel élan missionnaire,
tous ensemble,
nous sommes la première expression
de la Conférence des Baptisés de France.
Désormais, vous en êtes les ambassadeurs ! Portez l’appel ! Portez le à tous et à toutes –
ils sont nombreux ceux qui vous attendent,
dans les paroisses, dans les mouvements, dans les services, dans les communautés, dans vos familles.
Vous êtes venus dans la confiance, repartez dans l’espérance.
Et que Dieu, dans sa bienveillance,
nous accompagne et nous bénisse !
Anne Soupa



Lu dans http://www.amisdelavie.org/spip.php?article2082 (22/09/2009) par Mgr Barbarin :
« Je crois à la complémentarité des femmes et des hommes, sur fond de différence, dans l’Eglise comme ailleurs. Dans mon ministère, j’ai toujours constaté que les femmes me disaient à l’oreille des vérités que je n’avais ni vues, ni entendues. Nous avons souvent des difficultés à accepter la différence dans les lieux de responsabilités.. »
Lu les paroles prononcées par le pape Benoit XVI lors de l’ouverture du Congrès ecclésial du diocèse de Rome, en mai, 2009 sur le thème « Appartenance ecclésiale et co-responsabilité pastorale » :
« Cette conscience commune de tous les baptisés d’être Eglise ne diminue pas la responsabilité des curés. Il vous revient justement à vous, chers prêtres, d’encourager la croissance spirituelle et apostolique de tous ceux qui sont déjà assidus et engagés dans les paroisses : ils sont le noyau de la communauté qui servira de ferment pour les autres ».
Aujourd’hui, dans la réalité des faits de notre Eglise de France, la prise de responsabilité d’une femme dans une paroisse dans le respect du Canon 212 § 3 peut être source de beaucoup de souffrance par la calomnie et l’exclusion dont elle peut faire l’objet et cela par l’exercice d’un pouvoir sans limite du cure. En place de toute médiation pastorale, la violence ultime est celle d’une plainte à l’Officialité, tribunal ecclésiastique de l’Eglise pour « dénonciation calomnieuse à supérieurs ».
Partir, non !mais rester dans L’Eglise ,autrement .Il y a bien ce matin de Pâques qui existe pour nous tous et qui nous ramène à la Vie en refusant la victoire du mal qui a été fait.
Chère Christine, ce n’est pas moi qui parle de schisme visible ou silencieux. La première fois que j’ai entendu ce mot c’est dans une entretien de Christian Terras à la télévision comme si il menace de l’Eglise d’un schisme. Il en parle presque tout le temps. Moi je crois vraiment dans l’Eglise, en nous, dans l’institution et dans tous les baptisés, mais je crois aussi que le combat spirituel est plus difficile que ne l’était il y a quelque siècles. Le combat est devenue plus subtil et donc féroce, il se cache derrière une vitrine qui se veut social, fraternel et amour.
Vous avez parlé de l’Esprit saint, mais je pense qu’il faut parfois se demander si nous chrétien à commencer par moi on ne se cache pas parfois derrière l’Esprit saint pour faire passer devant notre moi. Je suis quelqu’un de peu dogmatique, j’aime beaucoup le dialogue, je pense vraiment que la vertu qui nous donne le ciel évidement en plus des trois vertus théologale c’est l’obéissance. J’ai été toujours été frappé par l’obéissance de Jésus à son père ou l’obéissance des saints envers l’Eglise. Je pense qu’obéir c’est accepter de renoncer à sa préférence propre pour un bien plus grand c’est le don de l’amour. Pour moi l’obéissance relève d’une très profonde sagesse. D’ailleurs je ne sais pas si vous l’avez déjà remarqué l’obéissance est seul commandements des 10 qui est suivi d’une béatitude. Évidement nous sommes dans une époque où l’obéissance n’existe plus je le vois avec mes potes à l’université ou dans leurs familles, chaque semaine j’entends un ancien qui regrette l’ancien temps, nous sommes en effet à une époque où on relativise tout, même l’autorité. Je ne dis pas qu’on devrait s’écraser comme des » vaut rien », chaque enfant de Dieu possède sa dignité d’être enfant de Dieu, mais il faut avoir l’humilité d’accepter un Non lorsqu’il y a un Non.
Et sI la vertu d’obéissance disparait dans notre societe c’est sûrement aussi parce que notre société a tué l’image du père pour remonter celle de la femme. Comme on dit trop d’excès tue l’idée.
Personnellement je pense que le sacerdoce de la femme est plus grand que celui de l’homme mais différent. Je pense que le sacerdoce de l’homme est lié à la création première de l’homme et de la femme en deux sexes complémentaires et unis par Dieu pour faire une seule humanité, image de Dieu. Dieu assigna à l’homme de représenter l’autorité qui se met au service de l’amour et de témoigner par sa force et son travail.
Il fit de la femme le sacrement plus grand encore de l’amour lui-même, celui qui donne vie et ordonne tout à l’amour. Ce rôle réciproque, loin d’être un piège d’acier, est plutôt une vocation inscrite dans la nature et le tempérament des hommes et des femmes, avec souplesse et complémentarité.
Et lorsque Dieu vint sur la terre pour restaurer l’humanité, il mit dans le rapport sacerdoce ministériel / sacerdoce royal cette même dimension:
* Le prêtre – homme se montre, parle, enseigne, exerce l’autorité.
* La femme (sacerdoce royal) lui rappelle là où est l’ESSENTIEL (ce qui ne passe pas) à savoir l’Amour.
La femme en est donc LE SIGNE SACRAMENTEL alors que l’homme étant, dans ces gestes SYMBOLIQUE, à travers LE SACERDOCE MINISTRIEL.
Une analogie: Dans la nature, il y a des femmes très masculines. Et cela n’empêche pas que seules les femmes accouchent. Ce rôle leur fut réservé par Dieu. Et les hommes ont beau trouver cela injuste et discriminatoire, c’est un fait, c’est une volonté de Dieu. Idem au plan surnaturel dans la « geste » sacramentelle.
Demander une visibilité de la femme dans l’Eglise au même titre que l’homme c’est pour moi tuer l’anthropologie de l’humanité que Dieu a voulu dans l’Eglise et dans le monde .
CHRISTINE ;Merci à vous de relire mon message auquel vous avez répondu au nom du comité .Et de vous reporter au blog spécial de La Croix sur lequel il y a 3 commentateurs .Amicalement AM
Louis, mon modèle c’est Jésus. Je ne connais pas suffisamment la vie des saints pour pouvoir m’y référer. Ce que je sais, c’est que la qualité de « vierge et martyre » me porte personnellement plus à la compassion qu’à un idéal à atteindre. C’est drôle que vous me parliez de Jeanne d’Arc parce-que je me pose toujours beaucoup de questions à son sujet. Je n’arrive pas en effet à concevoir comment Dieu aurait pu armer son bras pour « bouter l’Anglais hors de France »mais ça, c’est une autre affaire… Qu’elle ait compris la mission différente que Dieu a imparti à l’homme et à la femme : je ne sais pas.
La condition des femmes de son époque était bien différente de celle de l’époque de Jésus et combien différente de la nôtre !!
L’égalité des droits, l’exigence de la parité – notamment en politique – ont conduit les femmes à prendre de plus en plus de responsabilités.
Ce mouvement n’est pas contre les hommes : il veut simplement dire aux hommes que nous les femmes, nous sommes là, avec eux, souvent c’est vrai à des fonctions insignifiantes, et plus rarement à d’autres parce que le mythe de la pomme et du péché originel nous colle à la peau et qu’avant d’être intelligentes, il faut bien le dire, nous sommes pécheresses.
Pitié pour nous qui voulons juste réfléchir à l’avenir de cette Eglise que nous aimons tant. Et il n’y a qu’à lire les blogs pour comprendre qu’au moins le débat est lancé !!
Julius, je ne suis pas d’accord !
L’Eglise que j’aime est plurielle, diverse, elle accepte d’entendre toutes les idées, toutes les questions et elle refuse la pensée unique. Pourquoi parler de fermeture quand c’est précisément l’ouverture que nous cherchons ?
Vous me demandez ce que je cherche, ce que je veux :
d’abord, une prise de conscience collective du vide des églises, du manque de prêtres etc. Ensuite le droit à la parole et de vraies responsabilités dans la laïcité pas tellement pour moi, qui en ai déjà assez et qui ai passé l’âge d’en prendre de nouvelles, mais pour tous ceux qui se sentent capables d’en prendre, qui sont porteurs d’espérance et que je soutiens et encourage de tout mon coeur.
Jusqu’à un sacerdoce pour les femmes ? Mais oui, pourquoi pas ?
Même pour les femmes mariées ? oui, aussi !
et pour le mariage des prêtres : oui mais ce n’est pas une obligation.
D’autres questions ??
N’oubliez pas que ce ne sont que mes réponses !
Je ne représente que moi dans ce débat !!
@martine Faïsse;
Je suis de loin d’être intégriste , je suis vraiment quelqu’un d’ouvert au dialogue mais pour moi après maintes lectures, aussi bien théologique ou ceux des saints, je suis convaincu que le sacerdoce pour les femmes est une hérésie pas moins que ça. J’ai fait mes recherches sans connaitre ce que Jean Paul II avait dit de cela mais en effet si j’avais été pape j’aurais agit exactement comme lui ces-à-dire, j’aurais coupé court à tout dialogue sur ce sujet comme il l’a fait. Et malheureusement à tort peut-être, le comité de la jupe est vu comme un mouvement qui cherche tout doucement à introduire le sacerdoce ministériel des femmes dans l’Église , je pense que c’est l’une des raisons qui fait qu’il suscite tant de méfiance dans l’Église.
@Fred sur le sacerdoce des femmes,
Le Comité de la Jupe, celles qui le représentent dans les médias, sont régulièrement interrogés sur cette question du sacerdoce des femmes. Nous indiquons avec constance que nous avons une opinion, mais que cette question ne fait en aucune façon partie des « revendications » que nous avons sur les discriminations envers les femmes. En revanche, nous pensons qu’il n’est pas bon qu’une telle question soit déclarée interdite. Nous ne sommes pas les seules à regretter cet état de fait, de nombreux théologiens de très grand renom et d’une indiscutable fidélité à la Tradition catholique, ont exprimé leur regret et même leur opposition à cette interdiction, y compris ceux qui sur le fond était en accord avec le pape.
En tout état de cause, nous considérons que la question du sacerdoce des femmes n’est pas, très loin de là, une priorité.
Quand à la méfiance que nous susciterions, je ne sais pas à quoi vous faites allusion. Les messages de sympathie et de soutien se bousculent sur nos mails et nos téléphones, ils émanent de nos amis qui sont parfois de « simples » baptisés, souvent des prêtres, des théologiens, des évêques. Le temps viendra peut-être où nous souhaiterons que ces soutiens amicaux s’expriment publiquement. Pour l’heure, nous sommes un mouvement de baptisés à peine naissant, et puisque nous usons de la situation de responsabilité qui est celle de notre baptême, il n’y a aucune raison pour que nous nous abritions derrière une autre autorité, fusse-t-elle celle d’amis éminents dans la hiérarchie ecclésiastique.
Christine pour le Comité et la CBF en train de naître
Martine,
Je vous remercie de votre franchise. Moi aussi je ne parle que pour moi.
Je considère que l’Eglise, comme la foi en Dieu, comme la foi au Christ, est une donnée!
Je peux y adhérer ou pas en fonction de mes capacités rationnelles propres et de la grâce que j’ai reçue. Mais ce n’est pas quelque chose qui se vote à la majorité!
Une instance de style démocratique, telle que vous semblez l’imaginer, c’est quelque chose qui ne peut PAS être l’Eglise. Cela ne peut même pas être une religion, à mon sens.
Les théologiens « de grand renom » auxquels Christine fait référence, ne me rassurent pas. Depuis toujours les hérésies ont été le fait de théologiens. Luther n’en est qu’un exemple célèbre.
Notre source c’est la Bible (l’ancien testament explicitant le nouveau qui est la véritable alliance nouvelle), formulée, transmise et interprétée par la Tradition ecclésiale. Cette Tradition est vivante mais d’une vie organique; elle fait l’objet d’un développement endogène. Il n’est pas possible de fabriquer dans son coin quelque chose de nouveau, serait-on un « théologien à la mode ».
Aussi une femme prêtre est pour moi une impossibilité, cela ne se discute pas. C’est exactement comme si vous me disiez : « parlons de la possibilité que le Christ ait été en fait un petit lapin rose … » Ainsi le fait que vous l’envisagiez, crée chez moi un immense malaise.
Cependant, il y a des sujets sur lesquels nous pourrions avancer en commun. A savoir le rôle du laïc et l’exercice de son ministère.
J’y mettrai pourtant deux remarques :
- Comme il a été remarqué dans un article de ce site, le baptême est le même pour l’homme et la femme. Envisageriez-vous que le ministère du baptisé soit différent pour l’homme et pour la femme ? Pouvez-vous détailler ce point ? (Pas de piège, je n’ai pas la réponse.)
En quoi vote projet spécifique ne pourrait-il être satisfait par une congrégation laïque féminine particulière ?
- L’Eglise possède le sacrement de l’Ordre (c’est une des choses qui la séparent du choix orgueilleux des protestants).
Cet ordre sacramentel est lui-même hiérarchique. Il possède, seul parmi les croyants, l’autorité en matière de discipline sacramentelle et en matière de discipline d’enseignement (la prédication, la théologie, ce qu’on peut enseigner dans la foi).
Acceptez-vous cet état de fait, comme nécessaire à la foi catholique ?
Si non, je suis obligé de placer votre démarche comme en dehors de l’Eglise. Si oui, beaucoup de choses restent ouvertes.
Comme envisagé par Thérèse Huvelin, il ne serait pas absurde de chercher à revivifier les anciennes fabriques (par exemple sous la forme d’associations 1901, liées à une paroisse ou un groupe de paroisses). Mais dans le respect des prérogatives des ministres ordonnés.
Au fond je me demande s’il n’y a pas deux non-dits derrière tout cela :
1- De nombreuses femmes ont maintenant des diplômes en théologie et en droit canon. Elles constatent avec douleur que cela ne leur donne pas une autorité sur des prêtres ou évêques pourtant moins diplômés qu’elles et que cela est définitif.
Je ne peux que leur répondre : Oui c’est ainsi, mais la foi n’est pas affaire de pouvoir. Et puis, cela n’empêche pas d’exercer des responsabilités et des ministères importants, mais il restera toujours un « plafond de verre » dans les sacrements et l’enseignement.
Au carmel de Lisieux, Thérèse a « dominé » non seulement les archevêques de son temps, mais aussi les grands théologiens.
Si vous cherchez le pouvoir faites l’ENA (ou épousez un Sarkozy) …
2- Il n’y a plus beaucoup de prêtres et de nombreuses paroisses, réduites à vivre en quasi-jeûne sacerdotal, les voient de plus en plus comme un « corps étranger ». De plus, les jeunes prêtres sont souvent de sensibilité traditionnelle et l’on en vient à s’interroger sur leur « légitimité ». Pourquoi se dit-on, notre communauté de base n’élirait-elle pas alors ses propres responsables ?
Pourquoi pas, en effet, mais votre communauté ne serait plus alors catholique. Dans le cadre de la législation française actuelle, on serait même fondé à vous expulser des églises.
Peut-être ne voyez vous pas l’argument qui condamne le principe du vote local comme autorité suprême et qui rejette l’auto-célébration de soi-même. Acceptez au moins l’idée que dans l’Eglise, rechercher le pouvoir, c’est fuir la sainteté. Or seule cette dernière compte …
@ christine
Pourriez vous SVP m’indiquer votre bibliothèque des bons théologiens respecté dans l’Église qui défendent le sacerdoce ordonnée des femmes .Merci
Pour ma part je voudrais vous faire partager un témoignage d’une femme dont j’ai la chance d’écouter le témoignage Lucienne SALLE:
http://www.priertemoigner.ch/audio/Atelier%20Lucienne%20SALLE.mp3
Je salue avec joie la naissance de la Conférence des Baptisés de France.
J’aime l’Eglise et ses nombreux saints, laïcs, prêtres, religieux(-ses). Je n’aurai pas eu accès à la Parole et ne serait pas croyant sans cette longue chaîne par qui m’a été transmise la foi.
Mais, je ne peux plus supporter que, de l’Église, il soit fait une institution totalitaire dans laquelle est frappé d’excommunion, sinon d’excommunication, quiconque ne dit pas amen à une certaine langue de bois cléricale (dont s’interdisent fort heureusement nombre de prêtres, d’évêques et de religieux).
Nombreux sont ceux qui, sur la pointe des pieds, quittent l’Eglise, parce qu’en 2009, un lieu où seul parle celui qui détient le monopole du pouvoir, la culture des hommes de notre temps ne l’accepte plus. C’est tout à fait contraire à l’esprit de synodalité illustré par Ac 15.
Nous voulons Vatican II, tout Vatican II et, puisque, pour le moment au moins, il n’y a pas urgence à y ajouter quoi que ce soit, rien que Vatican II.
Merci à Anne Soupa et à tous ceux qui veulent contribuer donner une voix aux sans-voix de l’Eglise, c’est-à-dire à la grande majorité des baptisés.
Fraternellement dans le Christ
Emmanuel
(Ile de La Réunion)
Cher Emmanuel,
je crois que vous retrouverez l’essentiel de ce que vous dites dans les convictions que nous avons exprimées en lançant la marche et que le journal La Croix a publiées.
http://www.comitedelajupe.fr/presentation/nos-convictions/en-marche/
@fred,
Lisez-moi avec attention, j’ai parlé du fait que le débat a été interdit par Jean-Paul II? À cela, de nombreux théologiens se sont opposés. Depuis, ceux qui voudraient publier sur le sujet seraient inévitablement condamnés. CQFD. En conséquence, il faut parfois lire 2500 pages pour trouver au détour d’un propos anodin, une défense fondée du sacerdoce ouvert aux femmes. Dans le cas que je cite, il s’agit sans doute de l’un des plus grands théologiens français vivant. Vous comprendrez que toutes choses égales par ailleurs, je ne jette pas son nom en pâture.
« Acceptez au moins l’idée que dans l’Eglise, rechercher le pouvoir, c’est fuir la sainteté. » dit Julius ! Vous voulez donc dire que les prêtres dans l’Eglise n’ont jamais rien recherché, qu’ils sont tombés dans le pot de confiture, comme ça! Souvent, il est vrai, on entend untel ou untel dire : « c’est un appel »…Comme si les femmes finalement ne pouvaient pas être appelées. Le souci est que ces hommes ne voient pas à quel point « ce choix de Dieu » a été contesté par le Christ lui-même. L’élection ne peut pas s’en tenir à une possession. Il faut aller plus loin. De même que le christianisme doit s’ouvrir à Israël, Israël doit s’ouvrir au christianisme. C’est le chemin, l’élection n’a de sens que si l’autre est reconnu comme élu aussi. Le besoin d’être entre hommes à l’exclusion des femmes n’est pas tenable. Si c’est pour vous de l’orgueil de le penser, comprenez que d’être exclue n’a rien d’une situation orgueilleuse. Et puis, quand je le dis, je ne le dis pas pour moi…
@ Christine
Je vous avoue que je ne regrette pas cette décision du pape je l’approuve et je m’en réjouis je ne vois pas pourquoi le pape aurait ouvert un débat sur un sujet qu’il pense hérétique ? Peu de catholique trouveraient par exemple normal que le pape ouvre un débat sur la présence réelle dans l’hostie. Je pense que certains débats ne méritent pas d’être débattus parce que ils feraient plus de mal que de bien à l’Eglise.
Je sais vous allez me dire que beaucoup de catholique sont assez mûrs pour porter et supporter les divergences d’opinion et la contradiction, oui c’est en effet vrai mais il faut aussi rappeler que les catholiques croient aussi à l’autorité morale et de foi du magistère dont la visibilité c’est le pape alors si en effet nous sommes mûrs, nous sommes aussi humbles. Il faut par conséquent parfois accepter d’obéir pour renoncer à sa préférence propre pour un bien plus grand mais obéir ce n’est pas chuchoter, comme le font certains théologiens, obéir c’est faire corps avec celui à qui on a donné sa confiance. Après tout on a déjà vu dans l’histoire de l’Eglise des schismes qui sont nés à partir des dissensions théologiques.
Fred, pour ma part je pense qu’il y a dans l’Église (dans la société civile aussi d’ailleurs) un devoir de désobéissance. Je crois qu’on peut légitimement, après s’être informé, avoir entendu, prié, consulté, avoir remis en question… décider de ne pas obéir de la manière que vous évoquez, parce que ce type d’obéissance peut, dans certaines circonstances, pour certaines personnes et sur certains sujets, être littéralement un péché contre l’Esprit. Je ne dis pas cela comme un jugement envers les personnes qui font le choix d’une obéissance qui fait corps : c’est aussi une idée que je partage, je l’ai vécue moi-même et j’aurai certainement encore à la revivre. Mais il peut aussi arriver qu’il en aille autrement.
Bravo pour votre initiative
@Françoise
Oui tu as raison dans une certaine mesure, mais Mgr Lefebvre avant de s’opposer radicalement à Rome avait certainement prié et pris conseil aussi et pourtant ….. Mais je comprends ce que vous voulez dire. Pour ce qui est du sacerdoce ordonné des femmes parce que c’est de ça que je parle, rien ne justifie la désobéissance parce qu’il ne s’agit pas d’un cas de conscience morale, il s’agit d’une question théologique pour lequel le pape comme autorité de foi, garant de la vérité catholique a tranché. Et pour ma part je m’en réjouis parce que il s’agit tout simplement d’une hérésie.
@Fred sur l’ouverture du presbytérat et/ou du diaconat aux femmes.
Voici quelques livres utiles, dont beaucoup qui datent d’avant la position « définitive » de Jean-Paul II :
- BEHR-SIGEL Elisabeth et WARE Mgr Kallistos, L’Ordination des femmes dans l’Église orthodoxe, Cerf, 1998
- BERERE M.J., DUFOURT R ., SINGLES D., Et si on ordonnait des femmes ?, Le Centurion, 1982
- CONGAR Yves, « Diaconesses », in Catholicisme 3, p. 719-721
- GENEST Olivette, « Femmes et ministères dans le Nouveau Testament » , Studies in Religion / Sciences Religieuses 16/1 (1987), pp. 7-20.
- GENEST Olivette, « »La justification du non-accès des femmes aux ministères ordonnés dans l’Église catholique romaine relue à la lumière de l’exégèse biblique », in »Actes du colloque « L’accès des femmes aux ministères ordonnés dans l’Église catholique : une question réglée », octobre 2006, Centre justice et foi / Centre St-Pierre / L’autre Parole / Femmes et Ministères.
- GRYSON Roger, Le ministère des femmes dans l’Église ancienne, Gembloux, Duculot 1972
- LEGRAND Hervé, « L’ordination des femmes au presbytérat », in LAURET Bernard et REFOULE François (éd.), Initiation à la pratique de la théologie. Tome III : Dogmatique 2, Paris, Cerf, 1993, p. 260-264.
- LEGRAND Hervé, » Traditio perpetua servata ? La non-ordination des femmes : tradition ou simple fait historique ? « , in Rituels, Mélanges offerts au père Gy, Cerf, 1990
- MARTIMORT A.G., Les Diaconesses. Essai historique, coll. « Bibliotheca Ephemerides liturgicae Subsidia » n° 24, Rome, C.L.V., Edizioni Liturgiche, 1982.
- RAMING Ida, « Naissance et développement du mouvement pour l’ordination des femmes dans l’Eglise catholique romaine d’Europe », Approches féministes de l’Histoire et de la Religion, Angela Berlis et Charlotte Methuen (Eds) (Annuaire de l’Association Européenne des Femmes pour la recherche théologique, n°8) , Leuven : Peeters 2000, pp. 225-240.
- WIJNGAARDS John, L’ordination des femmes dans l’Église catholique, éd. Association Chrétiens autrement, 2005
- Parvis hors série, 2006, Actes du colloque « Femmes prêtres, enjeux pour la société et pour les Églises » organisé par Femmes et Hommes en Eglise et Genre en Christianisme, en janvier 2006 à Paris.
- Revue de droit canonique : « Femmes, pouvoir et religions », t. 46/1, Institut de droit canonique de Strasbourg, juin 1996
A ce stade des échanges, je crois que la lecture du livre de Daniel Duigou: « L’ Eglise sur le divan », peut nous aider a avancer; il arrive au bon moment …et il est conseillé par la C B F.
Au fur et à mesure des commentaires, ceux ci deviennent de nouveau idéologiques et perdent de vue l’intention de rassembler des gens de dialogue qui veulent rassembler leur point de vue pour faire progresser la vie chrétienne non au rythme des dogmes restrictifs et surannés, mais au rythme plein d’oxygène de l’évangile où l’Esprit Saint a de nouveau une chance de se manifester, et l’Espérance à revenir un peu plus dans le coeur de nos contemporains… Bravo pour l’initiative… qu’elle se répande comme un bienfait dans nos provinces.
Merci pour cette marche du week end dernier…
Un peu d’air frais ne fait jamais de mal.
Il est même arrivé qu’il souffle au Cénacle dont portes et fenêtres étaient sans doute bien cadenassées.
L’Esprit souffle où Il veut et quand Il veut et pas seulement au Vatican. Cela n’interdit pas d’ailleurs qu’Il y souffle aussi !
Et s’Il souffle partout, ce n’est pas pour attiser des schismes, mais simplement parce qu’Il nous est promis à tous et à toutes. C’est ce que m’a appris l’Eglise… si je l’ai bien entendue, notamment quand j’ai été confirmé !
Relisons avec humilité la parabole du Semeur : si notre mouvement porte des fruits, c’est que la parole que nous avons entendue n’a pas été semée sur des coeurs secs comme la pierre.
Donc, pour moi une seule question : porterons nous du fruit ? Si non, il faudra continuer à se convertir… et si oui, aussi…!!!
Tenez moi au courant de la suite des événements…
Bien fraternellement à tous et à toutes.
@ Fred
Hérésie ? Le mot me paraît un peu fort.
Je pense que le devoir de désobéissance peut aussi s’appliquer s’il est question de théologie. Parce qu’une question théologique a forcément une dimension de conscience morale. Sinon cela signifierait que ce n’est qu’un détail pour la personne qui la défend.
Personnellement, je n’ai pas de position arrêtée sur le fait d’ordonner ou pas des femmes. De ce que j’ai lu (de points de vue différentes), il ne me semble pas que les arguments « contre » avancés soient incontournables. J’observe aussi que des femmes, dont le nombre me paraît difficile à évaluer mais qui semblent assez nombreuses, disent entendre un tel appel. Ce qui mériterait au minimum d’être considéré sans a priori. Discerné. Pourquoi vouloir tirer tout de suite un trait dessus ? Qu’est-ce que Dieu peut vouloir nous dire à travers cela ?
Enfin, au risque de vous choquer, je vous avouerai que le pape n’est pas pour moi l’autorité ultime dans l’Église. Ceci dit sans agressivité ni irrespect de ma part. L’autorité ultime, je crois, ne peut être que collégiale. En ce sens, elle revient au concile.
@ Théophane
Je ne suis pas tout à fait d’accord. Je ne vois pas d’idéologie dans les propos échangés jusqu’ici. Il me semble que simplement chacun expose sa conviction et l’argumente avec un certain respect de l’autre.
Les arguments sur la capacité des femmes à exercer telle ou telle fonction nous renvoient des décennies en arrière ! La règle est la règle, mais elle n’a pas toujours été la règle: elle peut changer. Et voyez l’état de l’Église, le nombre des pratiquant(e)s, la grande misère des paroisses. La France, notamment, est devenue une terre à évangéliser, soyez réalistes : toutes les forces doivent être employées pour faire rentrer l’Église catholique dans le XXIème siècle. Sinon qu’en restera-t-il?
Julius, ce qui est une donnée, c’est notre tradition chrétienne, notre éducation, notre pratique familiale. La foi me semble beaucoup plus intimiste et individuelle : elle n’est pas une donnée, elle est une quête permanente. Je ne comprends pas d’où vient votre idée de « vote ». Il s’agit de constat, de dialogue, de débat d’idées pour trouver comment faire vivre l’Eglise de demain, avec l’enthousiasme et la volonté de chaque baptisé qui le désire. Je trouve l’idée magnifique, j’ai du mal à cerner votre malaise.
Notre source c’est surtout le Nouveau Testament. Jésus a été le Premier Réformateur et il aimait sa religion qu’il connaissait sur le bout du doigt et bien mieux que les Docteurs de la loi qu’Il arrivait à mettre en difficulté.
Je n’ai pas la prétention de vouloir faire la même chose, j’ai juste envie que toutes les questions soient posées.
Hérésie dites-vous, mais souvenez-vous de Galilée et de tous les savants que l’Eglise a excommuniés et condamnés au bûcher. Dieu merci, nous n’en sommes plus là. L’Eglise a évolué, elle n’est pas le bloc de béton armé que vous voudriez qu’elle soit. Relisez l’article d’Anne : la conférence des baptisé-e-s pourquoi c’est une bonne idée. Elle y parle d’un ferment nouveau d’unité dont le but serait de contribuer à la visibilité du corps du Christ.
Vous pensez vraiment qu’il puisse s’agir là d’une idée hérétique ?
Fred,
j’ai juste envie de vous rappeler la Pentecôte. Les apôtres morts de peur, enfermés chez eux, et puis soudain, l’Esprit comme un feu qui les anime, qui leur donne la compréhension des langues et la faculté de les parler.
Qui les fait sortir, qui les fait oser.
Vous, vous voulez couper court. Ne pas prendre de risque.
Attendre plutôt que le feu s’éteigne de lui même.
Bloquer toutes les issues et boucher vos oreilles pour ne plus rien entendre.
Est-ce que parfois, avec les fidèles de votre église il vous est arrivé de chanter « le vent souffle où il veut… Et toi, tu entends sa voix … Mais tu ne sais pas d’où il vient, et tu ne sais pas où il va, le vent … »
J’aime penser que l’Esprit de Dieu peut s’engouffrer par toutes les brèches …
Enfin un peu d’air frais dans cette Eglise qui se dit universelle mais reste romaine et cléricale.
L’un des problèmes à regarder en face c’est celui des prêtres. Homme ou femme, marié(e) ou pas, là n’est pas la question. Mais n’a-t-on pas dès les premiers siècles continué à fonctionner avec le modèle du prêtre juif, intermédiaire entre Dieu et les hommes, entre le divin sacré et l’humain ? (Comme d’ailleurs le prêtre dans les religions « païennes »)
On a oublié que l’Eglise est un peuple de prêtres, de prophètes et des rois…c’est le lot de tout baptisé et pas seulement de ceux qui se prétendent plus spécialement appelés. Nous sommes tous appelés à vivre notre baptême dans sa plénitude .
Le sacerdoce pour les femmes, NON si c’est pour reproduire celui qui est actuellement vécu par des hommes.
Les premiers presbytes étaient choisis dans les communautés pour être au service de leurs frères, sans doute au vu de leur sagesse et de leur vie en conformité avec l’Evangile. On peut penser qu’ils avaient derrière eux une certaine expérience de la vie familiale ou professionnelle…Et qu’étant arrivés à un certain âge ils n’avaient plus à faire la preuve de leur valeur ni a faire carrière… Est-ce qu’on ne s’est pas un peu fourvoyé en appelant à la « vocations » sacerdotale des jeunes (hommes) qui ne connaissent presque rien de la vie (et surtout rien des femmes !!!) et qui vont essayer pour certains degravir les échelons des dignités ecclésiastiques…
Chacun essaie de tirer l’Esprit Saint de son côté…mais on peut tout de même se demander s’il n’est pas « interdit de séjour au Vatican…
Merci Gabrielle de faire un peu de provoc et surtout de refuser de commettre les mêmes erreurs en se contentant de remplacer les hommes par des femmes.Il faut de tout pour faire l’Eglise: des vieux et des jeunes, des hommes et des femmes…au service de Dieu. Un peu d’air frai fait du bien dans la vieille Maison.
Merci Gabrielle de ramener à l’essentiel et à l’origine !
Dans « La plus belle histoire de Dieu.
Qui est le Dieu de la Bible ? », (Seuil, 1997)
le père Joseph Moingt présente « le Dieu des chrétiens » en 70 pages essentielles en lesquelles il montre que Jésus a été condamné à mort pour des raisons religieuses, non pas par sa religion en particulier mais par la religion en général.
Il constate : « La religion tend toujours à se mettre à la place de Dieu, à obliger les gens à passer par elle pour aller à Dieu. Pour beaucoup, on trouve Dieu dans le culte ou les cérémonies religieuses, et nulle part ailleurs. La religion ce sont donc les obligations et les traditions religieuses avec lesquelles on croit qu’on a accès à Dieu ou qu’on contente Dieu. C’est avec une telle conception que Jésus a rompu. »
Et il précise aussitôt après : « Je ne dis pas qu’on n’a pas besoin de tout cela. Au contraire, on en a toujours besoin, mais l’essentiel n’est pas là, contrairement à ce que croient beaucoup de gens ».
Je pense, avec une pointe d’humour mais c’est en même temps très sérieux, qu’organiser l’Eglise et la diriger est, par le fait même de Celui qui en est la tête, « mission impossible » et le sera à l’avenir de plus en plus ! Et c’est pourquoi je suis d’une grande tendresse pour les membres de la hiérarchie, de haut en bas : c’est très humain cette crispation actuelle sur le « sacerdoce », c’est la remontée à la surface du vieux fond religieux commun à toutes les religions… En fait l’Eglise, en son corps entier, a pris, avec l’âge, de l’embonpoint : le « religieux » capitonne tout et le « sacerdoce » des prêtres a progressivement tout squeezé (ou presque), avec le consentement ou la passivité des fidèles.
Cela n’aura qu’un temps, je le crois, je l’espère, je le veux. Sinon Jésus serait mort pour rien…
Résister à ce religieux comme Lui-même y a résisté. Tout faire, là où l’Esprit nous a mis, pendant l’aujourd’hui que dure notre vie, pour remettre l’Eglise en phase avec Jésus des Evangiles – en commençant par nous-mêmes.
Merci Thérèse,
De nous rappeler ce texte formidable de Joseph Moingt, 70 petites pages, accessibles, essentielles, décisives. À lire et à relire. Aujourd’hui disponible dans la petit collection Point seuil.
http://www.laprocure.com/livres/jean-bottero/la-plus-belle-histoire-dieu-qui-est-dieu-la-bible-essai_9782020382090.html
Dieu notre père,
Merci de nous avoir créés différents
Merci pour la vie qui nous surprend là où on ne l’attend pas ou plus
Merci pour ce bol d’air frais apporté par le naissance de la Conférence des Baptisés de France
Garde nous unis
Jésus notre frère,
Marche avec nous,
Apprend nous à écouter nos frères et à les servir
Esprit Saint
Eclaire notre intelligence
Mes frères et mes soeurs de toutes « tendances » dont je lis les commentaires,
Merci pour votre énergie, votre respect et votre patience les uns envers les envers les autres, votre enthousiasme
Bonne journée à nous tous avec le Christ,
Brigitte
Quelques suggestions après une présentation peut-être un peu longue.
Né en 1945, baptisé … en questionnement périodique dès le début de l’adolescence, engagé pourtant des décennies en paroisses et ailleurs.
Les prémices du concile m’ont rassuré, sa conclusion m’a paru hâtive et pleine de compromis conduisant vite à un retrait par rapport aux prudentes réformes amorcées, et depuis une vingtaine d’années à une sclérose telle que je me suis en conscience retiré. J’ai lu des textes du concile, plus tard le journal du concile de Y Congar qui m’a éclairé sur des tenants de la tradition craignant que toucher à une maille détricote l’ensemble, et des « dans le monde » disant qu’il n’était pas possible de rester sourd aux humains. Puis j’ai lu sur les drames humains, orchestrés sous autorité du pape, vécus par des théologiens jésuites puis dominicains, sur la question des prêtres ouvriers, sur le départ en grand nombre d’hommes auxquels l’idée de vocation avait été insufflée si fort quand elle n’était pas imposée … A travers tout cela, j’ai pris conscience du rôle de la délation -le plus coupable est celui qui écoute!!- et de l’attentive écoute du st office d’ottaviani et de ses successeurs, et du fait qu’il en avait été de même dans les périodes plus anciennes.
Alors, pour moi, le cœur du pb n’est pas le sacerdoce des baptisés et des prêtres, pas homme/ femme (Mme Agacinski sur Métaphysique des sexes mérite un détour), c’est le duo pouvoir obéissance (+infaillibilité) dont découle des méthodes inadéquates pour ma génération et ringardes pour la génération suivante … disant cela je n’ignore pas certains renouveaux sympathiques quoique bcbg et parfois franchement sectaires. Il n’y a presque plus de troupeau et de + en + d’humains libres et, en général, de bonne volonté et réfléchis, y compris en amérique latine, en pologne en espagne … Les débats boutiquiers sont hors de propos, et merci à Thérèse qui dit que le sens religieux n’a pas de religion, qu’il est de toujours et de toute culture, et qu’un clergé s’il est nécessaire et doit être contrôlés pour éviter qu’il s’arroge des pouvoirs au détriment du service.
Je suis femme et fière de l’etre.Peut être n ai-je pas de tête… mais j ‘ai un coeur et c ‘est l’essntiel de l’évangile… Pour mémoire ce sont des hommes, pleins de savoir, avec une tête bien pleine qui ont torturé et assassiné le Christ… Alors , je considère les propos du cardinal Vingt-Trois comme une insulte vis à vis de lui-même et de ses pairs…Ceux contre lesquels le Christ lutte dans les Evangiles, ce sont les pharisiens… Notre Eglise a les siens… Le don du coeur fait partie de notre nature de femme… Difficile peut-être de l’admettre, et c ‘est parce que nous sommes tellement proches de l’ amour que nous sommes tellement dangeureuses et autant brimées, humiliées, de par le monde entier. A propos, Marie avait-elle quelque chose dans la tête?…Qund à l’ordination des femmes pourquoi vouloir signifier l’Epoux alors que nous signifions l’Epouse, couronne de gloire de l’Epoux? Marie est celle qui écrase la tête du serpent…une femme!!! Nous sommes par nature au-dessus du sacerdoce ministériel!
Votre démarche a, du peu que j’ai lu dans les journaux et rapidement sur ce site, beaucoup de positions sur lesquelles je devrais me retrouver.
Mais par pitié, ne succombez pas à ce massacre du français avec ces « é-e-s »! Quand on parle des « baptisés » on comprend qu’il s’agit et des hommes et des femmes. Pas besoin de le rappeler à coup de marteau pilon avec cette formulation si moche.
C’est surtout qu’il convient dans ce cas d’écrire baptisé(e)s, avec des parenthèses et non des tirets…
A part cela, j’avoue ne pas avoir lu les commentaires sur ce site mais je voulais exprimer mon adhésion totale à vos propos tels que présentés par l’article de Stéphanie Le Bars dans Direct matin plus le 26/10/2009. Je retrouve là un condensé des orientations de l’église catholique qui ne semblent en effet la pousser que vers l’extrémisme au lieu de sa prétendue universalité, comme cela a été si bien souligné dans la citation d’Anne Soupa. Bravo et continuez à tenter de faire évoluer cette institution volontairement poussiéreuse de manière à ce qu’elle reflète l’avis de ses fidèles plutôt que de reposer sur des conceptions arriérées!
je prends con naissance de vos propos, réunions, « constitution », aujourd’hui.
Si je peux me permettre, puis je, à mon âge avancé, vous recommander, vous demander, de contribuer aux efforts de compréhension pour et vers l’unité de l’Eglise autour de notre Pape;
Courage !
@ Boisseau,
Quelle unité visons-nous ?
Ou plutôt vers quel horizon d’unité nous oriente l’Esprit du Seigneur mort sur la croix et Ressuscité?
Réponse dans l’Evangile, dans Vatican II, dans la 1ère homélie de Benoît XVI :
- « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tous les hommes » ; le Christ rédempteur est le « premier-né de toute la création » ; nous sommes, nous baptisés, « distingués et prédestinés à reproduire l’image du Fils pour qu’il soit le premier-né parmi une multitude de frères ». Autrement dit nous devons avoir constamment à l’esprit et au coeur « le terme des siècles », quand « comme on peut le lire dans les saints Pères, tous les justes de puis Adam, « depuis Abel le juste jusqu’au dernier élu », se trouveront rassemblés auprès du Père dans l’Eglise universelle. » (Lumen Gentium, 2 et 3)
- « Rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés », dit l’Evangile selon Jean.
Qui sont les enfants de Dieu dispersés ? Seulement les membres de l’Eglise visible qui chipotent sur ceci ou cela, font pression pour freiner sa marche en avant ? seulement les baptisés séparés en de multiples Eglises et chapelles ? seulement ceux qui ne fréquentent plus les sacrements ? Bien sûr que non !
- « l’Eglise qui est le règne de Dieu déjà mystérieusement présent, opère dans le monde, par la puissance de Dieu, sa croissance visible (…) A cette union avec le Christ, qui est la lumière du monde, de qui nous procédons, par qui nous vivons, vers qui nous tendons, tous les hommes sont appelés » (Lumen gentium 3)
- Et ce qui est merveilleux, c’est que Benoît XVI a centré sa première homélie sur le bon Pasteur qui est hanté pas les brebis perdues qui errent dans les déserts modernes ! Puisse-t-il toujours garder cette visée pastorale ! Puissions-nous l’y aider par tous les moyens que nous jugeons bons !
En un mot comme en 100, rassembler l’Eglise dans l’unité ne peut se faire que d’une manière paradoxale: en regardant toujours plus loin, en recherche avec le bon Pasteur des « plus loin ». Les lefebristes et autres contestataires de l’ouverture aux autres opérée par Vatican II ne sont pas les « plus loin » : même s’ils n’ont pas compris pour l’Eglise, ils sont eux aussi des fidèles du Christ. Et il ne faudrait pas que le souci du Pape de les ramener dans l’unité visible et plénière de l’Eglise fasse perdre à celle-ci le souci des « plus loin » que sont les incroyants, de ceux qui, pour toutes sortes de raisons refusent de s’ouvrir à la Bonne Nouvelle qu’est Jésus-Christ. L’Eglise est pour ceux qui n’en sont pas.
à Thérèse,
« L’Eglise est pour ceux qui n’en sont pas ». Je souligne votre dernière phrase, tellement efficace, qui me semble résumer tant de choses. Elle est un programme à elle seule. Elle est facile à retenir.
« L’Eglise est pour ceux qui n’en sont pas ».
Merci.
« Chacun à sa place »
J’ai beaucoup entendu cela quand j’étais jeune dans les années 60 pour l’ouvrier, la petite bonne, les enfants, les noirs (aux Etats Unis par un pasteur ségrégationiste) et évidemment les femmes qui n’avaient pas droit de discuter de politique, d’ économie ou de mécanique ou de choses établies une fois pour toute!
Depuis quelques décennies la mixité avec l’égalité des droits a permis de vrais échanges.
Les hommes qui considéraint les rôles dits exclusivemnt féminins, concernants les enfants et la maison peu valorisants osent pour beaucoup d’entre eux, de nos jours dire qu’ils prennent plaisir s’occuper de leurs enfants !
Pourtant, notre liturgie dominicale ne cite plus Joseph, époux de Marie qui a été essentiel à la vie de Jésus qu’il devait reconnaître comme son père. Ce qui semble faire de Marie, notre mère à tous une maman célibataire!
Les femmes occupent de plus en plus toutes sortes de fonctions selon leur capacités et leur féminité.
En lisant la bible je n’ai jamais compris que notre Créateur nous créant à son image hommes et femmes différents nous imposait un rôle. Certes nous sommes mères et les hommes sont pères et nous savons, depuis peu il est vrai, que nous partageons génétiquement la parentalité.
Depuis Abraham, la femme était toujours soumise à un homme (père, frère, mari ) les veuves ont longtemps été ignorées sans parler de celles que pour toutes sortes de raisons les hommes maltraitaient. L’instruction et la loi étaient à peu près exclusivement réservés aux hommes.
Depuis quelques décennies l’humanité sait que les qualités intellectuelles , organisationnelles des femmes ne sont pas moindre que celles des hommes
Dans notre Eglise elles ont été instruites par le Christ et les premières à croire en sa résurrection , beaucoup de romaines dès le premier siècle de notre ère se sont engagées à suivre le Christ, ont été baptisées et ont participé à la fondation de l’Eglise.
Au XVIème siècle Catherine de Sienne rehaussa la dignité du pape en Avignon en le faisant revenir à Rome et fut déclarée docteur de l’Eglie par…Paul VI
Depuis longtemps elles se sont engagées à faire connaître Dieu dans leur foyer, dans les couvents et monastères les ordres religieux.
La Charité premiere est autant donné à l’homme (voir St Paul) qu’à la femme. Depuis Vatican II elle a le droit de se former.
Comment se fait-il qu’elle puisse être consultée qu’elle ait des missions ponctuelles de haut nieau, mais qu’elle ne puisse ni accéder au sacré ou à l’organisationnel?
La figure christique du prêtre (indispensable m’a-t-on dit) n’est-elle pas plus évidente chez une soeur Théresa que chez le Mgr Williamson ou malheureusement encore chez certains jeunes prêtres?
Il y a vraiment urgence d’en parler entre tous les baptisés. La place de chacun ne doit pas interdire des discussions pour mieux faire évoluer, faire vivre notre Eglise
Félicitations pour cette initiative. Enfin des croyants en Jésus se relèvent.
Il faut se rappeler qu’en 1905, lors des lois qui nous ont valu ce joyau de la laïcité, l’église protestante a transféré ses écoles à l’État, car elle estimait que son devoir d’annonce de la Parole ne passait pas par le conditionnement de l’être ans ses premières années; d’autre part elle a construit se structures sur le modèle de l’Association parce qu’elle a estimé que c’était aujourd’hui un bon modèle pour inclure la participation de tous et la parité. Les responsables de l’église catholique, non élus, ont refusé ce modèle et ont préféré garder le modèle théocratique qui justifiait le pouvoir de la caste sacerdotale.
Ceci n’a rien d’évangélique et il est bon que les chrétiens enfin réagissent, et en masse.
mais pour cela il va falloir faire un gros travail d’information car, hélas ! beaucoup top de chrétiens en sont encore au catéchisme de leur enfance. je n’en voudrai pour preuve que certaines réflexions inscrites sur ces messages où on prend le récit de la création au pied de la lettre.
Du bon travail en perspective ! mais il y faudra beaucoup de ténacité car les obstacles ne manqueront pas et de toutes natures, y compris par le mensonge et la calomnie, hélas !
Bonne route
votre initiative soulève de vrais problèmes: tout baptisé est prêtre prophète et roi.La sacerdoce est le privilège du baptisé qui témoignage de Jésus-Christ dans sa vie et le transmet aux autres;
La fonction ministérielle n’est qu’un ordre sacarmentel dont le but est de permettre aux prêtres de rendre présent Jésus-Christ au milieu de son peuple en marche. C’est dire si la prêtrise est un service, et ne doit pas en plus, accaparer l’autorité de direction de l’Eglise!
Il n’y a pas de raison théologique pour s’opposer à l’ordination des hommes mariés et des femmes. La seule constatation est que Jésus n’a pas pris de femmes comme apôtre.Cependant, au matin de Pâques, c’est d’abord à des femmes qu’il se montre…
Le plus important, – dans l’état actuel de l’Eglise- me parait de reprendre l’idée de commencer par l’ordination des Viri Probati – des hommes mariés ayant une expérience de la vie et qui pourraient transmettre les sacrements-autre question essentielle à aborder: l’insertion poissible des divorcés remariés dans l’Eglise, au nom de la miséricorde de Dieu. C’est quand je suis faible que j’ai besoin de Toi Seigneur, et alors je me sens fort, nous dit St-Paul.Le refus de l’Eglise d’accorder les sacrements aux divorcés remariés n’est pas compatable avec la charité et n’est certainement pas évangélique!
Bon courage de soulever toutes ces questions, mais comment dépasser les bonnes intentions, et obtenir que ces vraies questions soient réellement débattues et abordées dans notre Eglise?