Des femmes prêtres?

Jeudi 23 avril 2009
Par Christine

Depuis qu’il nous arrive de répondre à des journalistes, Anne et moi sommes souvent sollicitées sur la question des prêtres qui pourraient être des femmes.

Il est vrai que l’action de la Jupe ne vise pas directement cet objectif, cependant, il est bon de répondre, au moins un peu.

D’abord, une réponse rapide que je nommerai jurisprudence Gamaliel.

Souvenez-vous, le pharisien Gamaliel « sauve la mise » des apôtres devant le Sanhédrin, dans les tout premiers temps de la prédication de l’Évangile, à Jérusalem. Alors que le conseil est près de les condamner, il se lève et dit : « Si leur propos ou leur œuvre vient des hommes, elle se détruira d’elle-même ; mais si vraiment elle vient de Dieu, vous n’arriverez pas à les détruire » Actes 5, 38-39.

De la même façon, nous disons que si les arguments qui sont opposés aux femmes pour réserver les ministères ordonnés aux hommes, viennent de Dieu, alors, ils tiendront. S’ils viennent des hommes, ils tomberont d’eux-mêmes.

Pour autant, la certitude que j’ai qu’ils tomberont d’eux-mêmes ne nous dispense pas de réfléchir un peu à la question.

L’argument de la masculinité du Christ m’a toujours semblé difficile à tenir. Pourquoi faudrait-il, pour être en figure du Christ, « in persona Christi » être de sexe masculin. Pourquoi confisquer l’universalité du Christ au profit d’un seul sexe au risque de rendre la « figure » hémiplégique ?

L’argument que c’est un choix que le Christ lui-même a fait, a toujours beaucoup plus retenu mon attention. En effet, pourquoi le Christ, qui de façon indiscutable ne montre pas la moindre trace de misogynie, au contraire, il est à l’aise avec les femmes, il n’est qu’à le voir avec la Samaritaine, avec Marthe et Marie, avec Marie-Madeleine ne choisit-il aucune femme parmi les douze ?

Intention symbolique ou soumission au modèle culturel ?

J’avoue que je ne voyais pas bien ce maître, si libre, s’incliner sur un point si crucial devant les us du temps.

Alors si le choix est symbolique, de quoi est-il symbolique ? Est-il nécessaire, impératif, de le respecter aujourd’hui ?

La lecture de l’excellent ouvrage de Maurice Vidal, Cette Église que je cherche à comprendre, aux Éditions de l’Atelier m’a ouvert une voie de compréhension.

Maurice Vidal rappelle une chose que je savais, mais sa façon de le dire, et sans doute ma façon de le lire ont opéré comme une révélation. En effet, le choix de Jésus de douze hommes juifs est tout sauf un effet du hasard. Jésus-Christ est le Messie qui accomplit la promesse et qui va rassembler Israël. Aussi choisit-il pour symboliser ce nouvel Israël douze hommes juifs, qui figurent les douze fils de Jacob et donc les douze tribus d’Israël. L’intention du Christ est bien et de renouveler et d’accomplir l’Alliance dans la continuité de l’histoire sainte d’Israël. Du passé, le Christ ne fait pas table rase, au contraire, il fonde en enracinant.

Très bien voilà qui justifie ô combien le choix initial et fortement symbolique des douze hommes juifs.

Mais ensuite, les premières communautés chrétiennes, et Paul à leur tête ont bien compris que la nouvelle Alliance conclue dans le sang du Christ avait une vocation universelle et qu’en Christ, Dieu ne rassemblait pas seulement la maison d’Israël, les fils de Jacob, mais l’humanité tout entière. Vision grandiose à laquelle l’assemblée de Jérusalem, et Pierre à sa tête, souscrit pleinement. Et Paul pourra avoir ces mots sublimes : « Il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus ».

Et de fait, l’Église pour donner une succession aux apôtres ne s’embarrassera pas de choisir douze hommes juifs. Bien vite, elle en choisira plus de douze, parce que la moisson est abondante et qu’il faut des bras, et elle ne considérera pas comme déterminant de les choisir juifs. Alors pourquoi pendant deux mille ans les choisit-elle hommes ? Par convention, par habitude, parce que ça ne venait à l’idée de personne que les femmes puissent être capables et dignes (que les curieux et curieuses lisent les propos de saint Thomas d’Aquin sur la faiblesse des femmes).

Qui aujourd’hui oserait prétendre que les femmes ne sont pas dignes ou capables ? Certainement pas notre frère cardinal archevêque de Paris, André Vingt-Trois, qui s’en est expliqué. Alors, que reste-t-il ? Le fameux symbole des douze fils de Jacob figurant les douze tribus, si puissant pour les contemporains du Christ nous parle-t-il ? Non. Il ne reste que des arguments oiseux sur la « nature » des hommes et des femmes sur la fameuse égale dignité dans la différence qui me font toujours penser à cette réplique de Coluche, « et certains seront plus égaux que d’autres ! »… par nature !

Allez, je ne suis pas une pétroleuse, je suis patiente le fruit tombera quand il sera mûr. Mais de temps en temps, secouons l’arbre.

Christine Pedotti

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18 commentaires sur “Des femmes prêtres?”

  1. Serge

    Bonjour, votre explication me semble très intéressante (et je vous avoue qu’effectivement elle trouble ce en quoi je croyais jusqu’à présent) ! Pouvez vous m’éclairez alors sur ces autres explications :

     » Je me pose d’abord la question suivante : si Dieu s’est incarné en un homme était-ce parce qu’il était contraint de le faire vu les contingences de l’histoire des hommes ? s’est-il trompé de sexe en s’incarnant ? il y avait bien des prophétesses et des femmes qui disaient des oracles de son temps. Dieu n’était-il pas libre de faire ce que bon lui semble ?

    Je pense que Dieu est libre et n’est limité en rien. Notre Dieu est un Dieu humble. S’avons-nous le reconnaître ? Il n’est pas un Dieu de revendication.

    Il a pris forme humaine et par la même s’est offert à la visibilité de toute l’humanité. Il a de fait pris chair en un homme, se pliant aux exigences de la nature qui impose à l’être humain d’être sexué male ou femelle. Il ne s’agit pas d’une erreur de Dieu mais d’un choix délibéré de Dieu. On ne lui impose rien. C’est lui qui prend l’initiative en toutes choses aussi bien pour sa mort sur la croix qu’au moment de son incarnation. Il ne faut pas se tromper de débat. Aujourd’hui, un homme ou une femme peuvent être signe visible de la présence invisible de Dieu. Personne n’a le monopole de l’Esprit Saint. Tous, remplis de l’Esprit, peuvent dire, avec humilité, la parole de Dieu et lui prêter un visage. Mais la référence au Christ tête du corps passe par la reconnaissance d’un choix qui ne dépend pas de nous mais de Dieu. C’est ce que j’appelle le sens littéral des choses : les choses sont d’abord ce qu’elles sont avant toute interprétation que je puis leur donner. Et ce sens premier est que Dieu s’est incarné en un homme. En conséquence, personnellement, non par confort mais par obéissance aux faits historiques, je pense que le rôle de prêtre est dévolu aux hommes. Le mois de mai, Mois de Marie, pourrait nous éclairer sur le rôle de la femme. Sans son oui, rien
    ne se serrait passé. Mais la prévenance de l’amour de Dieu a comblé sa servante de son Esprit de manière à soutenir son oui à son action dans sa vie. »

    Merci beaucoup !

    Serge.

    #336
  2. Christine

    @Serge,
    Il me semble que vous situez bien la question; Dieu s’incarne dans un être humain de sexe masculin, il fallait bien que ce soit l’un ou l’autre. Le fait est historique. a-t-il une portée théologique? Ontologique? Ce choix définit-il à jamais des rôles des hommes et des femmes, à jamais?
    Vous apportez une réponse, une opinion. Peut-on de façon fondée en avoir une autre? C’est ce que je crois, et je l’appuie sur le fait qu’historiquement, Jésus choisi douze hommes juifs, et qu’on a retenu comme pertinent ni douze ni juif, seulement homme… Je laisse chacun méditer et forger son opinion.
    Christine pour le Comité.

    #339
  3. Allegro

    Merci pour cet éclairage historique… J’ajoute que si Dieu s’était s’incarner en une femme, celle-ci n’aurait eu aucune écoute, ni aucune suite…. en cette époque, ce qui fut difficile pour Jésus (et lui a valu la Croix) aurait été impossible à une femme : très peu d’écoute et certainement pas l’honneur d’un procès politique. Si on craignait les agitateurs en cette époque, personne ne prenait au sérieux une femme !

    Bref la questions que je me pose est autre : pourquoi poser l’égale dignité des hommes et des femmes dans l’Eglise en terme d’accès à la prêtrise? Ne pourrait-on pas être créatif? Créer un sacerdoce spécifique aux femmes (et réservé à elles), avec bien sûr un niveau équivalent de responsabilité et de dignité, mais sans mélanger égalité (qui est légitime) et similitude? L’Eglise n’est pas une entreprise où on devrait considérer que les hommes et les femmes c’est pareil.

    J’avoue que je sèche un peu pour proposer quelque chose. J’avoue aussi que l’habitude de ne m’adresser qu’à des prêtres hommes fait que voir des femmes à cette charge provoquerait pour moi un choc culturel qui ne justifie pas en lui-même un refus de cette possibilité.

    Mais plus raisonnablement, je me dis que, puisque c’est l’Eglise (en tout cas celle que je connais) qui m’a appris tout ce que je sais sur la richesse de la différence entre hommes et femmes sans jamais s’en être servi pour cantonner les uns et les autres dans un rôle préfabriqué (si, si, cette Eglise existe vraiment, chez nous…) dans la société ou la famille, alors cette Eglise peut aussi être … créative. Et proposer une forme de sacerdoce pour les hommes et une autre pour les femmes… dans l’égalité, dans la différence.

    Et d’ailleurs, cela serait aussi l’occasion de perdre la détestable habitude de proposer uniquement aux femmes des têches dites féminines, sans les proposer aussi aux hommes… Le ménage de l’église, le repas… Ce n’est pas tout de vouloir donner des responsabilités « élevées » aux femmes. Encore faut-il mettre en pratique cette belle parole « aucune tâche n’est indigne » en les proposant aussi aux hommes… Idem, pour le caté, ou les aumoneries, tâches très respectées certes, mais tellement « féminines » : les enfants, les pauvres, les vieux… c’est pas pour les hommes? Avez vous vu le regard des gens devant un homme qui avoue être catéchiste???

    Bien à vous

    Allegro

    #342
  4. Allegro

    Oups… je crois que mon commentaire précédent dans ses premières phrase porte à confusion. Je voulais bien dire que pour moi l’Incarnation du Christ comme homme et non femme répondait en quelque sorte à un nécessaire souci d’efficacité. et donc que ça n’a pas la portée théologique et ontologique de figer éternellement les rôles de l’homme et de la femme … Je vous rejoins donc sur ce point, Christine.

    Allegro

    #343
  5. jean-paul

    dans un premier temps , il me semblerait plus efficace de demander pourquoi on ne pourrait pas avoir des femmes diacres ?
    elles sont attestées dans le N-T , nottamment dans 1 Co avec une diaconnesse à Cenchrées ( port de Corinthe). quels étaient leurs rôles ? étaient -elles affectées aux mêmes taches que les hommes diacres : le service des tables , l’aide aux démuni(e)s orphelins et veuves ?
    à l’époque patristique , il est rapporté qu’elles assistaient les baptêmes féminins par immersion . Il est d’ailleurs remarquable que le rite de l’initiation chrétienne soit le même pour les hommes et pour les femmes . Pas beaucoup d’autres exemples dans les autres religions …
    Certes , Jésus était un homme de sexe masculin , mais mystiquement comme l’ont bien vu certains mystiques ( Julienne de Norwich) il est aussi notre mère , puisque l’Eglise ,notre mère , est son corps . l’Eucharistie n’est -elle pas du point de vue de ses effets chez les
    fidèles l’analogue d’une gestation feminine ? qu’est-ce donc que donner son sang en boisson et son corps en nourriture en biologie , si ce n’est être enceinte et tout partager avec son foetus ? de ce point de vue jésus forme et porte notre futur corps glorieux en gestation dans l’acte eucharistique , ça donne à penser sur la pertinence de certaines idées.
    et c’est analogue au Platonisme ou l’âme terrestre accouche de ses ailes pour sa vie d’au delà pendant le cours de son existence ( Phèdre )
    Il est vrai qu’il faut choisir entre une ritualité sacerdotale vétérotestamentaire obnubilée par la pureté et la phobie des écoulements sanguins des femmes dont certaine éléments ont perduré dans le sacerdoce catholique ( nottamment dans l’ablution des mains du célébrant ..) et l’authenticité du dernier repas pascal du Christ ?
    Comment justifier le rejet des fillettes servantes d’autel , hors d’un sacré suranné?
    Quel sacré a voulu transmettre Jésus ,n’est-ce pas plutôt le sacré de l’émerveillement et de la louange permanente dans l’action de grâce qui nous donne l’énergie de nous liberer du péché et de la mort dans un pélerinage quotidien où nous nous aidons tous à cheminer ?

    #348
  6. GHERARDI

    Bonjour,

    Des femmes comme prêtres ou diacres, cela existe déjà dans l’église, chez les protestants, cela s’appele des femmes pasteurs…..
    Est-ce que l’église catholique peut accepter que l’on propose un tel rapprochement, à un moment où le pape lui-même a refusé la communion mutuelle entre catholique et protestant ????

    Ceci dit, étant donné l’image du Dieu le Père, il est parfois difficile même à moi, qui suis en recherche et non baptisée, d’accepter que les cultes assurés par des femmes.

    Il faut dire que même chez les protestants, il y en a peu encore.

    mais j’ai le souvenir d’un culte luthérien à la télévision du dimanche matin, assuré par une femme pasteur, très inspirée, très « maternelle » ou très fraternelle selon les points de vue, qui m’avait vraiment beaucoup impressionnée.

    Des femmes diacres, oui, ce serait un premier pas dans l’église catholique.

    Il faut continuer, espérer, mais ce n’est pas gagné.

    Dans le souci de l’ oecuménisme, je vous signale le projet suite au passage au numérique pour Radio Notre Dame d’avoir 100 % de son canal et de ne plus le partager avec Fréquence Protestante, cette dernière avait jusqu’ici 25 % d’antenne, et cela était agréable de pouvoir suivre les émissions catholiques et protestantes sur le même canal.
    J’ai appris cela en écoutant l’antenne est à vous, émission du Lundi Soir sur Fréquence Protestante, une pétition est en cours et curieusement ce sont en majorité des personnes catholiques qui ont appelé et qui vont se mobiliser pour cela.
    Ceci dit , si cela n’aboutissait pas, à l’avenir, Fréquence Protestante devrait trouver un bout de canal numérique sur celui d’une autre radio pas forcément confessionnelle si ce n’est les radio juives et Musulmane, il n’y avait que Radio Notre Dame comme radio chrétienne …..;;

    Dans l’attente de réactions à mon courriel, bon courage à toutes et à tous.

    Muriel GHERARDI
    Secrétaire dans l’enseignement catholique

    #352
  7. Anselme

    Dans le judaïsme et le christianisme Dieu est père; la relation père-fils est capitale (relisez l’enfant prodigue). Le Christ qui est Dieu est homme et je vous rappelle que nos prêtres offrent le Sacrifice (car la Messe est un sacrifice et non pas un vague repas comémoratif et convivial) qui rend substatiellement et véritablement présent le Christ sous es apparence du pain et du vint et qule Prêtre agit in persona Christi: il est donc logiqque que ce soit un homme.
    Gherardi parle d’ue « femme pasteur, très inspirée, très « maternelle » ou très fraternelle selon les points de vue, qui m’avait vraiment beaucoup impressionnée », je veux bien tout ce q’on veut mais notre Dieu est un Dieu père pas une déesse-mère comme chez les païens.

    En ce qui concerne les diaconesses tout le monde fait une confusion ente les 7 diacres choisis par les apôtres qui étaient des colaborateurs des apôtres qui leur avaient imposé les mains. Ils sont ensuite devenus un ordre et il s’agit du premier (ou du deuxième avang 1972) degré du sacerdoce. Les diaconnesses (et non les femes diacres) étaient des veuves ou des vierges auxqelles on avait confié des tâches de service et notamment le baptème des femmes que par décence on ne pouvait confier à des hommes (je vous rappelle que n’importe qui et même un non chrétien peut, en cas de nécessité, conférer le baptème ; c’est arrivé à un de mes parents éloignés qui durant la guerre de 1914 avant de mourir a été baptisé par un de ses tirailleurs sénégalais).

    Si l’en est en désaccord avec ces principes alors honnêtement on ne peut plus se prétendre catholique (romain ou autre) et alors aller voir chez les protestants si l’herbe est plus verte.

    Ceci dit ce qu’il faut c’est dissocier le ministère sacerdotal de la gouvernance de l’Eglise ce qui est un tout aute problème et ne concerne pas que les femmes. Il faudrait que tous les laïcs hommes et femmes aient leur mot à dire dans le gouvernement de l’Eglise. Si les prêtres ne faisaient que leur mission de prêtres mais toute leur mission de prêtre l’Eglise fonctionnerait plus. J’enrage de voir des prêtres qui ne peuvent consacrer un moment aux fidèles qui ont de véritables problèmes et s’occupent de questions d’intendance que des laïcs compétents résoudraient beaucoup mieux. Une de mes amies ne va plus se confesser car elle avait l’impression qu’elle dérangeait le prête qui regardait sans cesse sa montre. J’enrage également quand je vois qu’un prêtre n’est pas capable d’assurer à un fidèle un entretien avec la même qualité qu’un cadre moyen assure au moindre de ses subordonnés (quand je reçois un de mes collaborateurs pour un entretien, je fais en sorte d’être totalement libre, sans téléphone ni ordi et je prends le temps q’il faut pour un échange de qualité). Or j’ai l’impression que tous ces jeunes prêtres arrivistes se comportent comme les cadres de France-Telecom. Les prêtres de ma jeunesse savaient nous parler longuement des choses essentielles (pas seulement dans le domaine religieux : je leur dois une très grande partie de ma culture, d’un milieu culturellement tès simple ce sont eux qui m’ont fait découvrir la musique, la peinture, le cinéma et la littérature).

    #359
  8. Sophie Laminou

    Vous n’avez pas tort, le sacerdoce des hommes devrait passer par le sacerdoce des femmes. Avant Jésus, il y a eu Marie et Dieu le Père ensemble. Il y a un sacerdoce des femmes qui ne peut être volé aux femmes. Marie, la très catholique, notre modèle, femme mariée qui a enfanté, représente un sacerdoce irremplaçable. Il faudrait y songer !!! A+

    #365
  9. Sandrine

    Pas OK du tout avec cette phrase d’Anselme :

    « Si l’on est en désaccord avec ces principes alors honnêtement on ne peut plus se prétendre catholique (romain ou autre) et alors aller voir chez les protestants si l’herbe est plus verte ».

    NON, ce n’est pas un dogme que seul un homme puisse être prêtre, ce n’est pas inscrit dans le credo (contrairement à ce que prétend l’ineffable Plunkett) c’est juste un tradition.

    Une tradition c’est vivant, ça peut changer. la preuve : en France une majorité de gens communient dans la main de nos jours, qui aurait cru ça possible il y a quarante ans ?…

    De même on nous assène qu’un prêtre ne peut pas être marié. Mais il y a des prêtres catholiques mariés dans les rites orientaux, et avec les anglicans qui vont devenir cathos, il va y en avoir encore plus…alors ???

    Des femmes diacres, il y en avait dans les premiers siècles, mais les traductions mauvaises du Nouveau Testament les ont fait passer à la trappe…

    Je suis persuadée qu’un jour il y aura des femmes prêtres, aucune raison sérieuse ne s’y oppose pensent certains prêtres (qui n’osent pas toujours le dire tout haut) et beaucoup de fidèles.

    Alors quitter l’Eglise ? Non, mais agir à l’intérieur, comme le font Anne et Christine : merci à elles. Les femmes ont trop envie de quitter l’Eglise à cause de la manière dont « on » se comporte avec elles, alors merci Anselme de ne plus tenir ce langage…

    #369
  10. Anselme

    Non Marie n’est pas prêtre.

    Nous n’avons qu’un seul prêtre « Jésus Christ le juste » qui a institué les apôtres qui ont eux mêmes institué des évêques comme successeurs (épiscope : suveillant ou inspecteur), lesquels ont choisi des prêtres ou presbytres (anciens ; le terme hébreu est « cohen » c’est à dire sacrificateur, en grec hiereus et en latin sacerdote) comme collaborateurs.

    Relisez la lettre aux Hébreux dans la traduction BJ :

    He 7:23- De plus, ceux-là sont devenus prêtres en grand nombre, parce que la mort les empêchait de durer ;
    He 7:24- mais lui, du fait qu’il demeure pour l’éternité, il a un sacerdoce immuable.
    He 7:25- D’où il suit qu’il est capable de sauver de façon définitive ceux qui par lui s’avancent vers Dieu, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur.
    He 7:26- Oui, tel est précisément le grand prêtre qu’il nous fallait, saint, innocent, immaculé, séparé désormais des pécheurs, élevé plus haut que les cieux,
    He 7:27- qui ne soit pas journellement dans la nécessité, comme les grands prêtres, d’offrir des victimes d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple, car ceci il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même.
    He 7:28- La Loi, en effet, établit comme grands prêtres des hommes sujets à la faiblesse ; mais la parole du serment – postérieur à la Loi – établit le Fils rendu parfait pour l’éternité

    #370
  11. Christine

    @Anselme
    Il me semble, pour être strictement exact, que le terme grec hierus c’est-à-dire, stricto sensu, « prêtre », (le Nouvaeu Testament est entièrement écrit en grec) ne figure nulle part, sinon pour désigner les prêtres juifs et le grand prêtre et les prêtres des cultes païens. En revanche, on trouve bien des épiscopes, des presbytes et des diacres.
    En conséquence, le christianisme ne connaît pas de « prêtres », intermédiaires entre le ciel et la terre, au sens où les autres religions les connaissaient, parce que Jésus-Christ est l’unique médiateur.

    #371
  12. Sophie Laminou

    Mais alors que faites-vous du sacerdoce commun des baptisé.e.s ? Il me semble que comprendre le rôle des prêtres sans comprendre celui de Marie, c’est « zapper » l’essence du catholicisme; or, seules des femmes peuvent être « sacrements » de cette part féminine dans l’oeuvre de Dieu. C’est vous même qui le dites : « Le Christ qui est Dieu est homme et je vous rappelle que nos prêtres offrent le Sacrifice qui rend substantiellement et véritablement présent le Christ et que le Prêtre agit in persona Christi: il est donc logique que ce soit un homme. » Donc, suivant ce que vous dites, et,suivant « la logique » (si on comprend bien l’origine de ce mot !), il manque réellement quelque chose car le Christ a voulu d’abord révéler l’oeuvre de Dieu le Père, et cela ne s’est pas fait sans Marie, « sacrement » de l’autre « corps du Christ », peuple sacerdotal. C’est le même corps mais pas présenté de la même manière…Avec Marie, il y a le signe de l’enfantement, de la naissance, de l’amour maternelle, il y a l’image de la « poule avec ses poussins »…[je n'en dirai pas plus, car bien entendu comment être si sure de tout ça, mais je ne peux m'empêcher de répondre à Anselme si "rectiligne" qui je l'espère me pardonnera mes tentatives d'"imaginer" l'Eglise autrement.]

    #373
  13. Christine pour le Comité et la CBF

    Je tiens à rappeler très fermement que ni le Comité de la jupe ni la Conférence des Baptisé-e-s ne militent pour l’ordination des femmes. Interrogées dans la presse sur ce sujet, Anne Soupa et moi, n’avons pas cessé de le répéter. En revanche, il est exact que nous avons une opinion, selon laquelle, il nous semble que les arguments théologiques et ontologiques ne sont pas « indiscutables ». Ce qui signifie qu’on peut en discuter. Et cela, nous ne faisons que rejoindre nombre de théologiens d’évêque et de cardinaux, tous, strictement catholiques. Je rappelle aussi qu’existe, contre l’ordination des femmes, un argument d’autorité, énoncé par le pape Jean-Paul II.
    En théorie, le débat est fermé. En réalité, c’est une question dont ne peut pas se débarrasser aisément. Dans nos sociétés civiles, qui découvrent la réalité de l’égalité des femmes et des hommes et leur égale compétence à tous les postes et pour toutes les responsabilités il est normal que s’exprime un étonnement sur cette radicale différence qui est instaurée entre les hommes et les femmes par le catholicisme, et qu’on lui en demande raison. C’est pourquoi, bien que cette question soit tranchée par l’argument d’autorité, elle ne cesse de revenir.
    Vos commentaires sur cet article sont donc les bienvenus et les échanges se poursuivront dans une courtoisie dont je tiens à vous remercier. Mais je répète que l’article exprime une opinion, pas une revendication, l’ordination de femmes nous semblant aujourd’hui inopportune.
    Pour finir, je rappelle que nous nous engageons au nom de notre responsabilité baptismale et que c’est cette responsabilité, dans son entier que nous voulons assumer. Rien d’autre !
    Par ailleurs, je dénonce ici, les journalistes qui prétendent que notre combat serait in fine un combat pour l’ordination des femmes et répandent ce mensonge sur les ondes. Ce n’est d’ailleurs pas seulement un mensonge, c’est une calomnie dont la fonction est de discréditer notre initiative. Ces personnes mènent un combat contre nous sans respecter aucune règle. Ils n’ont tout simplement pas vérifié leurs sources, ce qui est le B.A BA du métier, puisqu’ils n’ont pas pris contact avec nous. Ce sont des pratiques qui déshonorent la profession et ces personnes devraient préciser qu’elles s’expriment, non comme journalistes, mais comme des polémistes. Je ne citerai pas leur nom ici, pas encore, parce que je veux d’abord prendre contact directement avec eux et leur donner une chance de s’expliquer, ce qu’ils ne nous ont pas accordé.

    #374
  14. Christine (de Soissons)

    Je vais essayer de poursuivre l’échange sur la base des précisions de Christine.
    La question des femmes prêtres me paraît polluée par la question de l’exercice du pouvoir dans l’Eglise.
    Même si, effectivement, le sacerdoce ministériel étant considéré comme hiérarchique dans l’Eglise Catholique, la plupart des hommes et toutes les femmes sont écartées des instances de décision et de gouvernement, il me paraît plus sage de réfléchir dans un premier temps à ce sacredoce ministériel, et comment il pourrait êtré décliné au féminin, sans passer forcément par la case « presbytérat » et exercice du pouvoir.
    Par exemple, mais ce n’est que mon point de vue, il me paraîtrait signifiant que le baptême, par son axe « mort-résurrection-vie nouvelle », soit administré par des femmes (et pas seulement quand ce sont des femmes qui doivent être baptisées!). De même, le baptême fait rentrer dans la famille chrétienne. Bien souvent, la femme est plus attentive à la sauvegarde de la famille que l’homme, qui est davantage porté à faire éclater le cocon pour aller voir ailleurs (ce qui me semble beaucoup plus lié à l’eucharistie).
    Ce que je veux dire, c’est que c’est plutôt masculin que d’oser se risquer hors du cocon pour aller en mission ; dans une famille, c’est souvent le papa qui amène ses enfants à sortir et aller à la rencontre du monde.
    Dans ce sens, qu’un homme célèbre l’eucharistie et nous envoie en mission me paraît signifiant
    Bon, c’est rapidement dit, mais j’en suis là de mes réflexions.
    Excusez-moi si les termes utilisés ne sont pas exacts. j’espère en tous cas qu’ils se font comprendre….
    Enfin, je réagis au commentaire d’Anselme qui dit que « notre Dieu est un Dieu père pas une déesse-mère comme chez les païens ». Dire que le Père est un homme me paraît une hérésie. Ni le Père ni l’Esprit Saint n’ont de sexe. Simplement, les termes que nous utilisons en français pour les « désigner » sont du masculin. Limite de l’humanité pour rendre compte de ce qui la dépasse…

    #377
  15. Anselme

    Ok pour échanger des arguments avec courtoisie à condition de respecter le principe de l’égalité des armes et du débat contradictoire, sans censure d’aucune sorte bien entendu. De toutes façon des centaines de livres ont été écrit sur ce sujet fort sensible pour tous ceux qui partagent la conception catholique ou orthodoxe du sacerdoce chargé d’offrir le sacrifice.

    Christine a écrit :

    « En conséquence, le christianisme ne connaît pas de « prêtres », intermédiaires entre le ciel et la terre, au sens où les autres religions les connaissaient, parce que Jésus-Christ est l’unique médiateur. »

    Ce me semble être une contre-vérité. En effet le Pape est le Pontifex Maximus (titulature reprise des Empereurs de Rome) et les évêques des Pontifes c’est à dire des ponts entre Dieu et les hommes. n’oubliez pas que le Pape est l’Evêque de Rome.
    Ceci dit à quoi bon se fatiguer à traiter d’une question qui fait partie des fondements du dogme catholique et Que le Pape lui-même ne pourrait pas remettre en cause sans cesser d’être catholique.

    Par contre des sujets comme la gouvernance dans l’Eglise, le rôle des femmes dans la doctrine (plusieurs femmes sont docteurs de l’Eglise) ou le mariage du clergé peuvent (et doivent) être discutés.

    Enfin je regrette que des Anglicans rejoignent Rome car je pense qu’i faut continuer la lutte de l’intérieur. D’ailleurs il existe un fort courant protestant opposé auclergé féminin et à l’ordination des homosexuels.

    #379
  16. Sandrine

    Mais non, Anselme :

    il ne s’agit pas d’un dogme.Ce n’est pas dans le credo.
    Il s’agit d’une tradition.

    #387
  17. Anselme

    Mais si ! d’ailleurs il n’y a pas que les Credo (il y ena 3) mais toute la Tradition de l’Eglise. Si nous ne nous appuyons pas sur la Tradition et sur les Pères nous cessons d’être catholiques.

    On ne peut faire tabler rase de 20 siècles de catholicismes pour en revenir à un christianisme primitif mythique.

    Tous nos dogmes sont dans la Tradition y compris le 1er de tous le dogme de la sainte Trinité qui date du Concile de Nicée.

    #402
  18. Christine

    @Anselme
    La constitution Dei Verbum, sur la Révélation, du Concile de Vatican II a fort justement éclairé la question des sources de la foi, Écriture et Tradition. C’est un des très grands apports intellectuels du Concile. Il n’est plus question de deux sources, mais d’une source unique: La Tradition sacrée et la Sainte Ecriture possèdent donc d’étroites liaisons et communications entre elles. Toutes deux, en effet, découlant de la même source divine, se réunissent, peut-on dire, en un seul courant, et tendent à la même fin.. La prééminence de l’Écriture y est affirmée. Le Magistère (vivant de l’ Église) n’est pas au-dessus de la parole de Dieu; il la sert, n’enseignant que ce qui a été transmis, puisque, en vertu de l’ordre divin et de l’assistance du Saint-Esprit, il écoute pieusement la parole, la garde religieusement, l’explique fidèlement, et puise dans cet unique dépôt de la foi tout ce qu’il nous propose à croire comme étant divinement révélé. Ce qui signifie que la Tradition de l’Église est vivante, qu’elle est sans cesse articulée à l’Écriture et s’y réfère. Cette belle vision nous garde de tout fondamentalisme dans la lecture de la Bible. Elle nous garde aussi de toute fixité, de tout fixisme sur les questions innombrables qui se posent à nous, que l’Écriture éclaire, mais qu’elle ne tranche pas.
    On ne peut pas prétendre que la Tradition s’oppose à l’ordination des femmes depuis toujours, simplement parce que la question ne s’est réellement posée que récemment, quand les femmes ont cessé d’être des êtres humains de seconde zone.
    Pour autant, je rappelle une fois encore que nous ne demandons pas que les femmes puissent être ordonnées puisque c’est la vocation baptismale qui est notre principale préoccupation.

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