Servant-e-s d’autel : des repères pour aider à engager une véritable discussion.
Dans votre paroisse, seuls les jeunes garçons sont admis à être servants d’autel.
Vous êtes parent d’une jeune fille, qui supporte mal cette situation.
Vous êtes paroissien et vous désapprouvez cette décision.
Voici quelques repères qui vous aideront à engager une discussion, courtoise et bien argumentée, avec le curé de votre paroisse.
L’admission au service de la messe pour les filles, développée depuis une quinzaine d’années, ne fait l’objet d’AUCUNE INTERDICTION pontificale ou diocésaine.
Il s’agit de la position individuelle du curé de paroisse, qui peut être infléchie.
Interrogé sur ce point par un fidèle, l’Archevêque de Paris l’a confirmé, tout en précisant que « rien ne devait devenir un sujet de discorde ».
Raison de plus pour que ceux qui sont contre ce type de pratique expriment leur désaccord, pour parvenir à des solutions collectives.
C’EST BIEN UNE DISCRIMINATION fondée sur le sexe. En effet, il ne s’agit pas simplement de préserver la non-mixité des équipes. Si c’était le cas, filles et garçons serviraient la messe à tour de rôle. Or, bien que ce mot ne soit jamais prononcé, les petites filles ne sont pas jugées dignes de participer à l’Eucharistie, et sont exclues de toute position symbolique du lien avec Dieu. Elles demeurent les deux pieds dans l’utilitaire, comme frappées d’interdit d’autel.
ELLE N’A AUCUN FONDEMENT THÉOLOGIQUE. Chaque être humain, quel que soit son sexe, sa race, sa culture, est créé à l’image de Dieu. Ceci fonde la dignité absolue de chacun et explique pourquoi filles et garçons – fait exceptionnel parmi les religions – sont baptisés exactement de la même manière. C’est donc en fonction de leur seul état de baptisés que les servants d’autel ont à être choisis. Ces enfants n’ont prononcé aucun vœu. Leur réserver le service de l’autel au nom d’une éventuelle future ordination presbytérale repose, non seulement sur un vide théologique, mais sur une méconnaissance de la dignité conférée au baptême. Il serait donc possible, logique et peut-être envisageable de déposer plainte à l’officialité diocésaine pour ce motif.
ELLE EST LE PRÉLUDE A UNE ÉVICTION PLUS LARGE
Tous nos correspondants nous confirment que cette exclusion en annonce d’autres : petit à petit, les femmes se trouvent écartées des lectures et de la distribution de la communion. Si vous laissez faire, demain il n’y aura plus à l’autel que la chef de chœur, si c’est une femme. La crainte qui est sous jacente à ces pratiques est la crainte, archaïque mais réelle, d’une impureté féminine.
LES CONSÉQUENCES
- Toute ségrégation produit de l’humiliation, de la souffrance, et de la violence.
Si on désigne les petites filles comme « indignes » de certaines fonctions, (en leur en assignant d’autres obligatoires), les garçons les ressentiront comme inférieures. Ils vivront leur « privilège » comme une situation de pouvoir.
En agissant ainsi, l’institution ecclésiale crée les conditions de futures relations de couple désastreuses, des relations de domination que toutes les démocraties veulent éradiquer.
Si une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint ou compagnon, c’est bien parce que celui-ci la considère comme inférieure, et pouvant être « corrigée » quand son comportement n’est pas à la hauteur de ses attentes.
Demandez à votre curé s’il oserait dire « certes, les Blancs et les Noirs sont égaux, mais seuls les Blancs serviront la messe ? »
« Malheur à celui qui blesse un enfant », chantait Enrico Macias. C’est toujours vrai. L’humiliation détruit un(e) enfant, lui fait perdre sa confiance en lui (elle), le pousse à se venger.
- CES PRATIQUES VONT ÉLOIGNER LES FILLES DE LA FOI
Elles apprennent à l’école que l’égalité des sexes est inscrite depuis1946 dans la Constitution française. Elles voient qu’une femme peut être députée, sénatrice, ministre, candidate à la Présidence. Elles ont peut être une Maman ingénieure, conseiller municipal… A la maison, on s’efforce à un partage des tâches équitable, même si c’est difficile.
QUEL EST CE DIEU qui les renvoie à leur seule appartenance au genre féminin ?
Les prêtres sont des hommes célibataires. Leur connaissance de la vie des familles, des relations de couple, de la psychologie de l’enfant n’est pas évidente. Quant aux luttes pour les droits des femmes, ils les diabolisent volontiers et ne gardent que des images fausses et caricaturales.
ILS ONT A ENTENDRE DES LAÏCS, ILS DOIVENT SE METTRE A LEUR ÉCOUTE.
N’hésitez pas à demander à dialoguer, à exposer votre point de vue, faites le en couple ou avec d’autres paroissiens hommes, si vous le pouvez, cela n’en aura que plus de poids.
Dans certaines paroisses que nous connaissons, ce sont même les pères de famille, ou les maris qui refusent de donner la communion ou de lire si les femmes sont exclues des lectures ou de la communion, ou les fillettes du service de l’autel. Faites-le savoir autour de vous ! Pourquoi pas dans votre paroisse ? A chaque demande de service, répondez simplement : « Demandez donc à Catherine, ou à Françoise ! »
Le comité de la jupe est à votre disposition si vous souhaitez une aide plus adaptée. comitedelajupe@laposte.fr.
Pour le Comité de la jupe, Michelle Colmard-Drouault et Danielle Nizieux


Cette vertueuse ségrégation me rappelle la doctrine américaine du « Separate but Equal » (séparés mais égaux) qui permit aux Blancs de garder leur domination sur les esclaves affranchis.
http://en.wikipedia.org/wiki/Separate_but_equal
http://americanhistory.si.edu/brown/index.html
Les Blancs trouvaient aussi très chrétien d’interdire leurs églises aux Noirs. Je suis heureux que les Noirs d’aujourd’hui ne soient pas « resté à leur place » et je suis heureux que les femmes d’aujourd’hui n’entendent pas « rester à leur place ».
Égaux mais différents ? Commencez par réaliser l’égalité ; on verra ensuite pour les différences.
Vous retardez avec le problème des filles enfants de choeur.
Vous me faites penser aux moines qui discutaient du sexe des Anges lors de la prise Constantinople par les Turcs.
IL Y A LE FEU DANS LA MAISON.
L’affaire de la pédophilie fait des ravages et chaque jour amène sont lot de tristes nouvelles.
Je ne vois pas comment Benoît 16 va pouvoir rétablir la confiance alors que des fidèles sont de plus en plus nombreux à quitter l’Eglise sur la pointe des pieds écoeurés. Au travail j’en entends de belles et je ne trouve plus quoi répondre. De plus en plus nombreux les séminaristes les plus sérieux se posent des questions.
Je crois bien qu’il n’y a qu’une seule solution : abolir le célibat pour les prêtres séculiers quitte à le maintenir pour les ordres religieux (Jésuites, dominicains). C’est d’ailleurs ce que suggère Alain Besançon dans l’avant-dernière livraison de l’excellente revue COMMENTAIRES. Je vous signale aussi que Philippe Meyer a évoqué la question dans l’Esprit public sur France culture de dimanche dernier.
Maintenant il faut un ELECTRO-CHOC.
Aujourd’hui à la messe des Rameaux, toute une petite troupe de garçons en aube blanche entoure notre curé qui bénit les rameaux à l’entrée de l’église. Au moment de remonter l’allée centrale, il prend d’autorité par la main une fillette et la pousse devant lui. Elle a assisté à toute la messe sur le banc des enfants de choeur au milieu des garçons
Parfois je me demande si les curés ne sont pas un peu débordés par l’aile conservatrice de leurs ouailles, ou au moins tiraillés entre des exigences contradictoires de leur part. Il faudrait que j’en parle avec lui. A ce propos, même si je suis 100% d’accord avec ce que vous écrivez, Michelle et Danielle, j’ai peur que ça ne soit un peu « musclé » comme « éléments de langage » pour engager un dialogue avec un prêtre.
@Constance,
Toute discrimination fondée sur ce qu’est biologiquement un être humain (sexe, race, ou ethnie), ne peut être considérée comme négligeable, surtout si elle touche des enfants.
Cependant, vous avez raison sur l’urgence de s’occuper de la pédophilie. Il y a néanmoins un lien entre les deux problèmes. Un(e) pédophile est une personne dans l’incapacité d’avoir une relation adulte, et de se confronter à l’autre différent, c’est à dire, dans le cas qui nous occupe, à la femme. (je signale un très bon article sur le sujet de MJ Thiel, dans La Croix du 11 mars) Pour moi, la non-mixité ne fait que renforcer cette stratégie d’évitement de la confrontation avec une femme/sujet, et le repli sur un identique dominé, qui n’est pas en posture de refuser, et à qui l’on propose la séduction de l’initiation à la caste élue.
En plus de blesser des enfants, ces pratiques discriminatoires augmentent donc les risques de déviations, ou les confortent.
Michelle
A Michelle,
Vous n’avez pas tort.
Mais comment les prêtres qui font voeu de chasteté, ce qui signifie l’absence de relation avec la femme, pourraient-ils avoir une relation adulte.
Mettre des petites filles à l’autel ne résoudra pas le problème, bien au contraire, car les prêtres continueront à être entourés d’enfants et non pas d’adultes. Sans compter que les risques de pédophilie pourront se diriger vers les filles.
Personnellement je trouve peu sain d’employer des enfants (gaçons ou filles) comme servants de messe. Ii serait beaucoup efficace d’employer uniquement des adultes hommes et femmes comme celà se fait dans certaines paroisses. Mais il est vrai que dans ce cas Monsieur le curé ne pourra pas en faire uniquement à sa tête, car les adultes ne s’en laisseront pas conter.
Dans ma jeunesse, jusqu’en 1968, c’étaient des « grands clercs » (entre 18 et 25 ans, en général élèves de grandes écoles ou de l’Université), qui assuraient le service de l’autel.
Bref, tout est à refaire, mais vite, car sinon les Eglises se videront et par le système des vases communicants les Temples se rempliront avec il est vrai une certaine perte.
Ma religion est faite : on devrait choisir les prêtres parmi des adultes d’au moins 35 ans, mariés, ayant exercé des responsabilités professionnelles réussies, capables de diriger une paroisse et d’avoir des relations d’égalité normales avec les gens. Bien entendu, ce n’est pas en leur présentant le curé d’Ars comme modèle que l’on y parviendra. C’est totalement obsolète ; plus persone ne veut de cette sorte de religion du 19ème siècle.
Il y a du pain sur la planche (ou plutôt sur la patène !!!)
@ Constance
Je crois d’après ce que j’ai lu un peu partout que ce qu’il faudrait changer si nécessité est là ce n’est pas le statut canonique des prêtre mais toute la théologie du ministère sacerdotale tel que nous l’avons hérité de tous les concile qui en ont parlé jusqu’à maintenant y compris Vatican II . Le seul problème c’est que la crise des vocations est un problème uniquement occidental (sauf la Pologne et l’Italie ), moi qui a grandi en Amérique du Sud je peux vous garantir que les séminaire sont remplis
@Constance
En « Occident », pour parler vite, quand devenir prêtre, c’était accéder à un statut social désirable, à des conditions matérielles assez favorables, à être reconnu comme un notable d’autorité et avoir une vie intellectuelle plus intéressante que celle des gens de son milieu, les séminaires étaient pleins. L’étaient-ils pour de bonnes raisons?
@christine
Certes, les prêtres ont perdu tout statut social en France, et leur condition n’est guère enviée.
Je note que les diacres permanents, qui ont une situation sociale et un métier et qui ont fait l’objet d’une sélection draconienne, ne souffrent pas du même désintérêt que les prêtres catholiques qui sont totalement dévalorisés.
Aujourd’hui ce sont les laîcs qui sont théologiens ou philosphes catholiques (par exemple pour prendre deux personnalités très différentes : Véronique Margron ou Jean-Luc Marion).
@Christine ,
je souscrit totalement à ce que vous dites mais je ne crois pas que le statut social du prêtre est la seule cause de la crise des vocation en Occident si non il serait difficile d’expliquer le cas de la Pologne et de l’Italie qui ordonnent une moyenne de 500 ordinations par an .En 2007, il y a eu autant d’entrées dans les séminaires polonais (2 226 diocésains et religieux) que dans les séminaires des États-Unis et du Canada réunis (2 238) .
Ce n’est pas que je m’en réjouisse, mais il y a une chute des vocations de 50% en Pologne entre 1990 et aujourd’hui!
Année sacerdotale oblige, dans notre diocèse nous avons eut droit aux reliques du Curé d’Ars. Bien des gens sont allés se prosterner devant ces reliques. J’ai écrit a mon évêque pour lui faire part de ma stupéfaction. Des reliques, l’on se croirait au Moyen-âge. Pour lui il faut des rites, pas seulement de l’intellect, mais enfin… le curé d’ars qui devait être un saint homme en son temps. Il disait « : après Dieu, c’est le prêtre ». Qui peut entendre ça aujourd’hui ?
Je crois que nous devrions demander « une année des laïcs »
ALICE
Dans ma paroisse au fond du désert d’Arabie, les messes se succèdent en plusieurs langues suivant les communautés. Chez les francophones: uniquement des garçons comme servants de messe. Chez les Philippins? des filles et des garçons. Il y a des jours, j’ai honte. (et où je pense fortement à changer de communauté: la liturgie a l’air plus sympa chez les Philippins et les Indiens)
@Alice,
Votre suggestion est excellente, et il se trouve que nous avons un projet de ce genre dans notre besace. Rendez-vous bientôt.
C’est d’une année des baptisé+e+s qui vivent au milieu du monde dont nous aurions besoin, prêtres et laïcs ensemble. Car c’est d’une spiritualité de plein vent, vécue par des chrétiens, hommes et femmes, mariés ou non, ministres ou non, inventifs et responsables, dont le monde a besoin.
Les Chrétiens « dans le siècle », prêtres et laïcs, n’ont pas à être à la remorque des Chrétiens qui suivent la « règle » d’un Ordre religieux ; or c’est toujours un peu ça qu’on nous propose, aussi bien dans le style de la prière que dans l’idéal pauvreté, chasteté et… obéissance…
Ah l’obéissance !!! A-t-elle lieu d’être la même dans un lieu clos où l’on a choisi d’entrer en connaissance de cause et où l’on a, littéralement, « voix au chapitre » et dans un lieu d’Eglise ouvert à tous les courants mais où, paradoxalement, tout dépend d’un seul qu’on n’a pas choisi et qui ne nous consulte pas (rien ne l’y oblige, au reste) ? Il est urgent de passer d’un idéal d’obéissance-soumission à la hiérarchie à une obéissance aux circonstances (le caractère de mon évêque ou de mon curé étant une de ses données, mais une seulement parmi d’autres qui ont aussi leur importance). C’est la Mission qui commande, les besoins du « monde », du « siècle »
Helas, dans toute organisation, l’exemple et l’impulsion viennent d’en haut et dans notre cas, Benoit 16 tend vers le conservatisme pur et dur. A force de tendre la main aux groupes les plus stricts, sans l’ombre d’une ambiguité ou d’un doute, à force de faire la sourde oreille face aux problèmes de son église ou anachronisme (saint Pie 12???), comment peut on imaginer que le reste des membres soient plus ouverts ou tentés de s’exprimer et d’être plus accueillants. Comment penser que les catholiques ne soient pas de plus en plus déçus? Tout semble être règle et rappel à l’ordre ces temps-ci mais l’Église elle, n’est pas prête a faire amende honorable. De si nombreux états ont un jour admis leurs erreurs, leurs mauvais traitements de telle communauté, en un geste refondateur, de pardon et de pacification. Il me semble qu’hélas il n’y a rien de cela à attendre de notre Église, pour ses erreurs passées ou celles de certains de ses membres. Cela m’attriste de voir que sous Benoit 16 nous sommes embrigadés dans un mouvement de fond, rétrograde, repoussant les filles à des taches subalternes. Qui sommes nous donc pour critiquer la place, l’enferment des femmes dans d’autres religions quand la nôtre pr&pare tranquillement leur ségregation? Pas sûre d’etre encore membre à long terme
Que Benoît 16 soit rétrograde, c’est peu contestable. Mais je suis très atristé par des critiques que je vois de plus en plus éclore contre Jean-Paul II, que, dans certains milieux, on traite de dangereux progressiste. Attention ! les lefebvristes se sont toujurs déchaîné contre Jean-Paul II, notamment parce qu’il a su renouer le dialogue avec les Juifs. Alors, à propos de la pédophilie, j’en ai un peu assez de voir critiquer la génération Jean-Paul II et de voir porter au pinacle Benoit 16 qui, selon certaines bonnes âmes , aurait été le premier à réagir contre ce fléau.
Le problème que Dieu nous pose, c’est qu’il n’est pas notre invention. Reste à le prendre tel qu’il est, et à être tels qu’il nous veut.
C’est à nous à changer la société où qu’elle aille.
Il faut une sacrée dose d’humilité pour accepter que les filles soient éloignées de l’autel.
Jeudi Saint dans ma paroisse. La cérémonie s’ouvre par la remise de la croix à une trentaine de servants d’autel. Un « grand clerc » explique le symbolisme de la couleur des cordons. Les parents sont probablement heureux de voir leur fils… pour les autres, c’est long. Pas de filles. Il existe pourtant des « servantes de l’assemblée » dans cette paroisse, mais elles n’ont pas été conviées. A quoi bon ? Elles portent des capes blanches, sans croix, ni cordon. Leur rôle, de toute façon, est mineur, et on comprend qu’il ne faille pas les mettre à l’honneur aujourd’hui : elles distribuent les feuilles de chants et conduisent la procession des offrandes, selon leur « charisme féminin » !
La messe se poursuit. Au moment du lavement des pieds, quelques hommes de l’assemblée vont s’asseoir sur les marches du choeur, rejoints par des servants d’autel. Pendant toute la messe, c’est l’institution du Sacerdoce qui a prévalu et, bien sûr, les femmes ont été totalement évincées. La perspective est faussée. L’Institution de l’Eucharistie, le lavement des pieds- acte de charité par excellence, au centre de la vie chrétienne, s’adressant indifféremment aux hommes et aux femmes – sont passés au second plan. Il y a quelque chose de poignant à voir une Eglise se crisper sur des structures qu’elle met toute son énergie à préserver. Ne serait-elle plus qu’une structure qui lutte pour sa survie ? La priorité absolue n’est-elle pas l’annonce de l’Evangile et la vie sacramentelle, offerte à tous, sans distinction de sexes ?
Les prêtres se rendent-ils compte de l’amertume que peuvent ressentir les femmes de l’assemblée devant des pratiques aussi discriminatoires ? Mesurent-ils combien il y a peu de filles de l’âge des servants d’autel dans l’assemblée ? Les filles, aujourd’hui, privilégient massivement l’école, structure qui leur permet de se construire et de trouver leur identité d’une manière plus satisfaisante. L’Eglise, en établissant une telle hiérarchie entre le genre masculin et le genre féminin, aura bien du mal à les retenir.
Certes, nous avons un besoin vital de prêtres pour demain, mais l’Eglise prend un risque en évinçant les filles et en les traitant comme des fidèles de second rang. Il y a déjà – et demain, ce sera encore plus prononcé – une cassure dans la transmission de la foi aux petits enfants, qui se fait essentiellement par les femmes. De ce côté, le déficit dans la transmission risque d’être considérable.
@ Marie,
Il faut une sacrée dose d’humilité pour reconnaître que nous ne savons pas tout. Que l’Église ne sait pas tout. Que nous ne sommes pas branchés en ligne directe avec Dieu, ni les mystiques, ni les saints, ni le Pape ; personne, jamais. Il y a toujours des médiations.
Et la première des médiations c’est le temps, y compris pour l’Église. « Que ton Règne vienne ! » : autrement dit ce Règne, bien mystérieusement déjà là, n’est pas encore venu en plénitude. C’est là tout le lent travail de l’Esprit Créateur, y compris au sein de son Église, dans son organisation et jusque dans la compréhension qu’elle peut avoir d’elle-même.
Être chrétien c’est apprendre à lire les signes des temps, comme Jésus l’a fait. Quand on me dit que ce qu’il n’a pas fait, il ne faut pas le faire, ni aujourd’hui, ni jamais, je ne retrouve pas la saveur de l’Evangile, ce qui le rend si passionnant à lire et scruter au fil du temps…
En Jésus, Dieu s’est vraiment fait homme, pas seulement pour la mort et les clous de la croix, mais aussi pour toute l’épaisseur d’une vie humaine, forcément située et limitée, y compris dans les relations hommes/femmes … Et lui qui était heureux d’être « doux et humble », nous sommes très nombreux, prêtres et laïcs, à croire qu’il a fait ce qu’il a pu, tout ce qu’il a pu mais seulement ce qu’il a pu, face aux circonstances qui se sont présentées à lui ; notamment concernant l’appel des femmes à le suivre.
Je ne vous cache pas que je trouve ces disputes (je parle de celles que vous rapportez) sur les papes ridicules. C’est là qu’un peu d’humilité est souhaitable et surtout un ancrage dans la foi qui aille ailleurs et plus profond que dans la personne du pape ! Beaucoup de ces discussion sont celles de salon …et chacun y va de « son » pape, façon de valoriser « sa » façon de voir.
En revanche, je ne comprends pas Marie qui dit qu’il faut de l’humilité pour accepter que les petites filles soient éloignées de l’autel. Il faut résister, oui !!! Nous sommes dans une période de repli, de peur, et même de retour en arrière. Il y a des aveuglements terribles, des compromissions. En effet, la maison brûle et ce n’est pas le moment de continuer à culpabiliser les baptisés qui ont le courage de se bouger, de dénoncer et de proposer de nouveaux chemins ecclésiaux.
Je ne regarde, certes pas la messe à la télévision toutes les semaines, mais j’ai remarqué que ,lorsqu’il i a des filles servantes de messe, la messe est célébrée en…Belgique. J’ ai du mal à penser que c’est un hasard. D’autant que, dans une église de Seine et Marne que nous fréquentons , alors que il y a quelque temps sur trois servants il y avait souvent deux filles, il n’y en a plus maintenant .
Ceci dit, avec leur nouveau primat, ça pourrait changer;
Sur notre paroisse de la région nantaise (aujourd’hui trois clochers), il n’y a pas de servants de messe. En trente ans (donc avec une variété de prêtres, curés, équipes pastorales) je n’en ai d’ailleurs jamais vu. Du coup, je ne suis pas très à l’aise, parce que peu habituée, avec les liturgies où il y a des servants de messe.
Et je voudrais aussi témoigner du fait qu’il y a encore des paroisses où il n’y a pas de servant(e)s de messe
Quel est le fondement théologique et/ou canonique de la présence de servant(e)s de messe ?
Merci d’éclairer ma lanterne !
Anne
Ne pouvons nous pas vivre tous ensemble avec nos différences (Emmanuel, traditionalistes, pro vatican II)sans forcemment nous opposer constamment?
Tout ce ci me rappelle une page de mon livre … Si le cœur vous en dit, venez faire un petit tour à Libreville, Akébé, paroisse des Mages.
Voir dans La joie de vivre en communauté, le début du chapitre « Mon rapport au sacré » :
http://joie-en-communaute.over-blog.com/article-3756400.html
Cordialement
Gérard
A mon humble avis, la question n’a pas été assez réfléchie par les uns et les autres. Les intentions sont bonnes de chaque côté. D’un côté, on veut supprimer une discrimination, de l’autre on veut confier à chaque sexe une fonction. Pour ma part, je trouve que les deux intentions peuvent se rejoindre. Par exemple, en instituant deux groupes de servants de messe ou d’autel, celui des filles au service de l’assemblée, et celui des garçons au service du prêtre. Cela me semble symboliquement logique, puisque l’assemblée représente l’épouse du Christ, le prêtre représente l’Epoux de l’Eglise. Chaque groupe pouvant accéder au choeur ou à l’autel, dans une détermination des rôles qui reste à préciser. Qu’en pensez-vous ?
Dans notre paroisse dirigée par des prêtres de la Communaute St Martin, seuls les hommes ont la possibilité d’asssurer les lecctures, pas de servants d’autel fille (elles ont un rôle ridicule. baptisées « équipe sourire » elles peuivent distribuer les feuilles à l’entrée de l’église, porter calice et ciboire jusq’au pied de l’autel où les garçons viennent les leur chercher. Pour le baiser de paix, le célébrant le donne à un enfant de choeur qui vient le transmettre (hors du choeur) à une de ces filles qui le transmet à chaque banc.Ellles sont vetues d’une cape blanche assez minable. La communion n’est jamais distribuée par des laïcs. J’ai honte pour ces petites filles et pour ma paroisse qui se vide de + en +. Le samedi soir la moyenne d’âge est de + 70 ans…
Vous vous demandez pourquoi les filles sont à nouveau décourager de devenir servantes de messe? « C’est parce qu’elles le font mieux que les garçons » m’a répondu un prêtre à ce sujet. Etant plus mature à cette âge là, elles font souvent avec bien plus d’attention et de sérieux le service de l’autel que les garçons. Les garçons le ressente et on constate que les églises accueillant les filles, n’accueillent après quelques années… plus que des filles! Etrange paradoxe puisque la prêtrise est une mission destinée aux hommes au sein de l’église catholique.
C’est pourquoi beaucoup de paroisses ont choisi de faire marche arrière et de privilégier les garçons dès que possible au service de l’autel. Discrimination, je ne sais pas, mais en tout cas, ça n’est certainement pas une question de supériorité de sexe.
Formidable! On a discriminé les femmes en raison de leur « faiblesse » et maintenant en raison de leur « force ». Est-ce qu’une attitude un peu pédagoqique ne devrait pas amener à inciter les garçon à vouloir bien faire puisque les filles en sont capables?
Mais non, on voit bien ce qui se passe dans les collèges, aimer lire, être bon en classe, c’est des trucs de « gonzesse ». « Ça » parle toujours au nom du sexisme, du sentiment de supériorité du sexe masculin et du mépris pour les filles.
Et maintenant, des magazine bien pensants nous expliquent que nos sociétés souffrent de « féminisation!
À ce niveau de mauvaise foi, les bras m’en tombent!
Dans mon diocèse, notre évêque, en conformité avec le droit de l’Eglise, a décidé de réserver le service du prêtre aux seuls garçons. Il m’en a expliqué directement la raison, à savoir que notre société efface de plus en plus les identités filles/garçons. La liturgie étant un lieu symbolique de l’anthropologie chrétienne, il est bon de différencier parfois certains rôles. Je trouve cette explication au moins assez logique. Du coup, dans ma paroisse on est en train de créer une équipe liturgique d’enfants filles/garçons pour donner un lieu de mixité aux côtés du groupe des servants du prêtre. Remarquez que je ne dis pas ici « servants d’autel » ou « enfant de choeur » pour bien faire comprendre que l’autel et le choeur ne sont pas interdits aux filles (par une procession d’offrande, une lecture, un chant…).
En effet, votre évêque, maître chez lui (de droit divin?) a le droit de décider. Il n’est pas obligé de décider la ségrégation, le droit de l’Église permet que les « servants d’autel soient filles ou garçons. Alors il invoque une raison qui est en train de devenir la « Vulgate » d’un certain nombre de courants catholiques: la différence sexuelle! Oui, notre société « efface » les identités sexuelles en ce qu’elle efface la discrimination et les injustices à l’égard des femmes, injustices commises depuis… le commencement de monde? Mais dans les origines, il y avait, aussi la violence du droit de vengeance direct, et divers autres pratiques (anthropophagie, sacrifices humains, esclavage), que nos sociétés en se civilisant ont aboli. La logique qui consiste a proroger les injustices parce qu’elles seraient « de nature », vision ancienne, ou pour faire droit à la diversité, vision moderne me semble à tout le moins perverse.
Dois-je rappeler que nous n’avons qu’un seul maître ? Mon évêque ne se comporte pas en « maître de droit divin », mais en serviteur de l’Evangile de vérité. Je crains que votre mauvaise humeur empêche le dialogue serein et non-violent (y compris dans les mots employés). Juste quelques questions : pour vous, la différence sexuelle est-elle toujours une discrimination ? Le fait que Jésus fut un homme et non une femme est-il une discrimination ? La décision des Eglises catholiques et orthodoxes de réserver le ministère épiscopal et presbytéral aux seuls hommes est-elle une discrimination ?
Merci pour ces belles questions d’homme.
Et merci à Christine… un peu de d’humour ne fait pas de mal !
Il parait qu’à une époque, on discutait sur le sexe des anges …
Gérard
Il est sûr que je préfère la bonne humeur et même le mauvais humour au procès d’intention. Mais votre humour ne ressemble-t-il pas à une gentille pirouette pour éviter de répondre ? Je pose, selon vous, de « belles questions d’homme », ce qui signifie probablement que vous y répondez par l’affirmative ? Dans ce cas, nous ne lisons pas l’évangile de la même manière, ce qui est notre droit à chacun. Sauf que pour ma part et sur ces trois questions, je n’ai pas de problème métaphysique sur les réponses apportées par les Eglises catholiques et orthodoxes depuis 2000 ans, j’y adhère sans diificulté. Enfin, excusez-moi de répondre comme un homme, car je n’ai aucun complexe à ce sujet.
Précision : certaines femmes n’apprécient pas toujours l’humour des hommes – l’existence de ce blog en est la preuve -, alors je ne ferai pas trop d’humour avec vous, ne serait-ce que par galanterie.
Cher ami,
Quand on a pendant de longues, de très longues années supporté « l’humour des hommes », il arrive qu’on soit un peu lassée.
Quant au mot d’André Vingt-Trois, il ne relève pas tant de l’humour que de l’aveu de l’inconscient, et dans le cas précis, d’une parole malvenue parce que l’homme était dans une impasse conceptuelle. En effet, pour ma part, et pour le connaître, je n’ai aucune raison de croire à sa misogynie, mais il ne pouvait pas répondre « en raison » à la question qui lui était posée, et ça je suis bien certaine qu’il n’aime pas cela. Il a voulu s’en tirer par une sorte de pirouette, eu final très ratée. Quand finalement, il reviendra publiquement sur ses propos à la suite de notre plainte devant l’officialité, il dira: « j’ai dit l’inverse de ce que je pensais ». Et c’est vrai! Il a dit l’inverse de ce qu’il pensait. Je tiens que nombre de responsables cléricaux disent régulièrement « l’inverse de ce qu’ils pensent » parce qu’ils sont censés dire la parole officielle qui n’est pas leur parole, une pensée qui n’est pas leur pensée. Forcément, à force, ça les détruit de l’intérieur. Pour connaître de près nombre d’entre eux, j’ai vu avec effroi l’oeuvre lente de destruction de ce que ces personnalité avait de plus riche. Quel gâchis! Quel crime pour nous qui sommes les héritiers du Verbe!
Pensez un peu à la phrase de l’Évangile « que votre oui soit oui, et votre non soit non ». On en est tellement loin. Et on en meurt!
Une pirouette pour éviter de répondre … bien sûr ! Il y a tellement de problèmes plus importants …le sexe des anges, le sexe des enfants de choeur …il faut ré-écouter Coluche … la messe en latin … En voila un qui nous manque, mais il est donc toujours d’actualité ! Je ne savais pas qu’il pouvait exister de tels forum où l’on a le temps de bavarder sur les enfants de choeur ! Pendant qu’il y a 150 millions de femmes excisées …
Voir : http://partenia2000.over-blog.com/article-6-fevrier-2010-journee-internationale-de-lutte-contre-les-mutilations-sexuelles-feminines-66457810.html
Bon week end quand même !
Gérard
Je constate que vous-même ne savez pas répondre « oui » ou « non » à mes trois questions. Si on n’est pas d’accord avec une décision de son institution, soit on le dit au risque d’en assumer personnellement et courageusement les conséquences, soit on pressent que toute vérité n’est pas toujours bonne à dire à tout moment. Si on dit un désaccord publiquement, encore faut-il le dire pour des raisons sérieuses et avec charité. Le tout est d’obéir à sa conscience éclairée et non pas seulement aux sentiments d’un moment. Jésus a parfois parlé ouvertement, parfois il a gardé le secret. Tout dépend du contexte et du discernement que l’on arrive à faire. Pour ma part, je ne suis pas absolument contre les filles servantes d’autel. Mon évêque actuel pense les choses à sa manière de façon logique, le suivant pensera différemment avec une autre logique. Je trouve que deux discours peuvent ici coexister librement, comme le permet librement l’Eglise. L’intolérance n’a donc pas de place ici. Dans la Maison du Père, chacun peut trouver sa place et c’est tant mieux. Bon dimanche à vous.
@Joachim : ce n’est pas en tant que masculin que le Christ est Christ, mais en tant que divin. Arguer de sa masculinité pour écarter les femmes du sacerdoce, c’est faire fonds sur un contresens concernant Sa nature et attribuer un caractère essentiel et premier à ce qui n’est qu’un caractère contingent et second. L’argument de la préservation de l’unité du symbole ne vaut pas davantage. Le Christ n’est pas un symbole mais une réalité. Au nom de l’argument de la préservation de l’unité d’un symbole on peut continuer à entretenir les pires préjugés : par exemple, que le noir vaut moins que le blanc, etc. au motif que la symbolique de ces couleurs dispose ceux qui les portent à supporter essentiellement les jugements de valeur qui concernent ces couleurs.
Cher Gérard,
La lutte des femmes est si récente que les choses ne sont pas si acquises. Quand on vire les filles pour cause « d’impureté » (parfois on se drape dans d’autre mauvaises raisons « différentialistes »), on ressuscite de vieux archaïsmes, et c’est bien le terreau de tous les crimes contre la féminité des femmes. Je ne suis pas certaine que votre condescendance moqueuse soit justifiée.
Chacun a sa place dans la maison du Père mais pas les filles dans le sanctuaire, vous avez raison c’est tout à fait logique…
Vous savez Joachim, les femmes sont fatiguées des sophismes et des faux arguments. les femmes sont des membres à part entière de l’espèce humaine, et à quelques décimales après la virgule près, elles sont mêmes majoritaires. Alors, les raisonnements sur la « différence », je m’assois dessus par lassitude.
Sinon, je vous signale quand même que ce site et le Comité de la Jupe ont pour objectif la lutte contre la discrimination à l’égard des femmes dans l’Église catholique. Quand vous posez des questions auxquelles il a déjà été répondu des dizaines de fois sur ce site, ne vous étonnez pas que j’éprouve un certain épuisement.
MAis s’il faut mettre les points sur les « i », à vos trois questions, ma réponse est oui, non, oui.
@ Christine. Voulez-vous faire croire que je considère les « femmes » comme « impures » ? Vous vous enfoncez dans le procès d’intention, le terrain devient devient très glissant. Où ai-je écrit que les femmes sont exclues du sanctuaire ? J’ai dit exactement le contraire. Au jour du baptême, les femmes accèdent à l’autel, pourquoi voulez-vous que je le leur interdise ? Je n’ai pas le pouvoir d’empêcher le baptême des filles, si cela peut vous rassurer. Par ailleurs, le « sanctuaire » n’est pas que le choeur, c’est toute l’Eglise-Assemblée qui forme le vrai sanctuaire. Il faudrait moderniser un peu votre théologie de la liturgie.
Enfin, vous répondez à mes trois questions.
A la première, vous répondez « oui », autrement dit vous considérez la Création de l’homme et de la femme mal faite. La sexualité est donc mauvaise. Du coup, selon votre logique, l’homosexualité est aussi mauvaise que l’hétérosexualité ? Je ne fais que déduire ce que vous affirmez à la base.
A la deuxième, vous répondez « non ». Pourtant,on pourrait se poser la question : mais pourquoi Jésus n’était-il pas une femme ? Cela serait bien plus moderne pour nos sociétés.
A la troisième, vous répondez « oui ». Donc vous pensez que toute la Tradition ecclésiale s’est trompée. L’Esprit-Saint était-il en vacance depuis 2000 ans ?
De toute manière, se servir des petites filles pour revendiquer le sacerdoce ordonné des femmes dessert leur cause. C’est finalement de l’instrumentalisation des enfants pour une cause qu’ils ne comprennent pas encore et qui est vouée à l’échec.
Votre combat, à ce que je vois, est vraiment désespéré. Il n’est donc pas étonnant que soyez épuisée.
@Gérard
Je suis tout à fait d’accord avec Gérard. Je trouve sidérant et effrayant que l’on veuille faire scandale dans l’Eglise pour ces questions de filles enfant de choeur, alors qu’il y a tant de causes où l’on devrait se battre pour la dignité de la femme. Que d’énergie perdue !
@ pati : Les femmes n’ont jamais été écartées du sacerdoce par l’Eglise, relisez le rituel du baptême où il est dit à toutes les filles : tu es prêtre. Vous confondez simplement sacerdoce et ministère sacerdotal et ce n’est pas jouer sur les mots. Faut-il rappeler qu’un ministère n’est pas un « pouvoir » mais un service, ce n’est pas l’objet d’une revendication, mais un don que Dieu fait à l’Eglise et au monde ? Faut-il rappeler que les services dans l’Eglise comme dans la nature sont multiples ? Faut-il rappeler que le principal « pouvoir » en Dieu et dans l’Eglise ne consiste pas dans le « pontifical » et le « cathédral » mais dans l’humilité de la sainteté et dans l’Amour ? Vous faites donc vous-même un contresens sur la nature de ce qui est essentiel et contingent pour l’évangile.
Quant à l’argument que nous pourrions nous passer de symboles pour accéder au Christ, c’est tant mieux pour vous car vous vous trouvez déjà au paradis, dans le face à face avec Dieu. Je vous envie.
Quant à réduire un symbole à l’unicité du sens, c’est méconnaître la force du symbole. Le noir a aussi son côté positif, comme « couleur » par exemple de la séduction. A l’inverse, le blanc peut receler du négatif, quand il symbolise, par exemple, le vide (la page blanche).
Joachim,
Oui, votre mauvais foi m’épuise. Je suis étonnée que ça ne vous fatigue pas d’être si assuré de tout.
Je vais d’ailleurs rompre l’échange, soyez homme/vir, et bénissez Dieu de vous avoir fait tel et si plein d’assurance.
@Christine. Désolé pour vous, je ne me sens d’aucune mauvaise foi, mais complètement sincère. La sincérité ne signifie pas d’ailleurs que j’ai raison sur tout, seulement que je n’ai pas peur d’argumenter et de répondre aux contre-arguments sur un blog qui va à l’encontre même de mes opinions. Le débat ne me fait pas peur en soi, s’il en reste aux limites du respect. Je veux bien me tromper, mais je dois dire que sur ces sujets devenus classiques, mon opinion est faite après de multiples débats sur d’autres forums. Je constate que vous ne manquez pas d’assurance vous-même, malgré votre épuisement. J’admire au moins votre courage dans votre entêtement. Vous êtes une vraie progressiste qui avez le mérite de ne pas changer vous-même d’opinion facilement. Alors, bonne continuation dans votre argumentaire malgré tout.
Juste une dernière chose : l’équipe liturgique d’enfants (mixte) dans ma paroisse prend forme d’assez belle manière. Comme quoi, ce débat finit par porter du fruit.
@ Joachim : eh bien, si le symbole est polysémique et si Christ est un symbole, les femmes en sont ravies, car cela signifie que Christ, au titre de son humanité même, est homme ET femme. Si vous êtes aussi conséquent que vous prétendez l’affirmer, tirez-en les conclusions qui s’imposent. Y compris pour ce qui est du ministère et du service sacerdotal.
@Pati. Dans son humanité aujourd’hui glorifiée, Jésus n’est ni hermaphrodite, ni transexuel, ni androgyne. Je ne vois pas non plus que la différence des sexes soit condamnée par la Bible ou la Tradition de l’Eglise. En revanche, en Christ il n’y a plus l’homme et la femme. Autrement dit toute chrétienne, par son baptême, représente le Christ Jésus tout comme les chrétiens. Les chrétiennes n’ont pas à avoir de commplexe vis-à-vis des chrétiens. Ce qui ne signifie que les rôles humains et ecclésiaux des hommes et des femmes soient devenus comme par magie et dans une sorte de confusion toujours interchangeables. Le Mystère pascal n’annule en effet ni la Création, ni l’Incarnation, mais les assume pleinement. L’Eglise ne se sent pas le pouvoir de changer ce qu’elle reçoit des Saintes Ecritures et de la Tradition. Il est vain et inutile de vouloir revenir sans cesse sur ce sujet qui a déjà été tranché une fois pour toute.
» Il est vain et inutile de vouloir revenir sans cesse sur ce sujet qui a déjà été tranché une fois pour toute. »
Ah, la belle assurance! Mais pas de chance, la question se pose et se repose. Des femmes la pose, et des hommes la pose, et des théologiens la pose. Comme une pousse rebelle, comme une herbe folle qui dérange le jardin bien ordonné où les hommes et les femmes sont bien rangés à leur place, de toujours à toujours, pour toujours et à jamais. Ah, la sale bête de petite question qui repointe son nez. Pourtant, le pape à dit… Mais ça ne marche pas, ça ne suffit pas. PAPADI PAPADA, la formule magique ne fait pas d’effet.
Il y a 20 ans, dans le courrier des lecteurs et des lectrices de Grain de Soleil, journal pour les enfants curieux de Dieu, publié par Bayard Presse, des dizaines et des dizaines de lettres de petites filles disaient « pourquoi est-ce que moi je ne peux pas être prêtre? ». Parce que parce que…
Aujourd’hui, ces petites filles ont trente ans.Que pensent-elles aujourd’hui. Que diront-elles à leurs fils et à leur filles? Peut-être bien qu’elles ne leur parleront pas de Dieu. Parce que parce que… Pour ce Dieu là, le Dieu du papadipapada, du » parce que parce que », elles n’en sont plus du tout curieuses.
@Joachim : Au nom du Mystère pascal, la dogmatique autoritaire refait surface dès qu’on pousse un peu l’argumentaire, à ce que je constate (avec Christine, semble-t-il)… Un coup, le symbole donné comme transcendant et polysémique, un autre coup le symbole donné comme ce qui maintient l’univocité dans l’immanence… Vous prêtez beaucoup de POUVOIR, et de pouvoirs contradictoires, au symbole. Il rend bien… SERVICE. A force de servir servilement à tout, chacun va finir par comprendre qu’il n’est plus bon à rien. Sauf à servir n’importe comment les intérêts particuliers de ceux qui devraient Le servir, et Le servir dans la soumission et la reconnaissance du sacerdoce universel des chrétiens. « Catholikos » veut bien dire « universel », non ? Le pouvoir de cette simple définition n’est, vous dites, pas « senti » par l’Eglise elle-même ? C’est fort fâcheux. Cela veut donc dire que l’Eglise ne connaît pas sa propre définition.
Ecarter les femmes du ministère sacerdotal au nom du Mystère pascal n’est pas davantage soutenable que les admettre ou admettre les hommes seulement au même ministère en raison de ce Mystère. L’universalité de l’Eglise, elle, n’a en revanche rien de mystérieux. Et c’est par définition de l’Eglise même comme universelle que les femmes devraient en droit, sinon en fait (car toutes ne peuvent être ici compétentes, de même que tout homme ne l’est pas), être admises par l’Eglise au ministère sacerdotal.
Il y a un excellent article dans le numéro de janvier 2011 de la revue « Etudes », signé par Joseph Moingt : « Les femmes et l’avenir de l’Eglise ». Vous devriez le lire. Cela vous éviterait peut-être de sombrer avec le navire en dorlotant ce qui ressemble fort -pardonnez ma franchise- à un péché d’orgueil.
Fraternellement.
@Christine et Pati. Ce qui serait orgueilleux de ma part, ce serait de vouloir absolument vous faire changer d’avis et de répondre sans cesse à vos arguments. Vous êtes sur ce blog les majoritaires et je me retire de ce dialogue difficile. Que l’Esprit Saint nous accompagne tous vers la Vérité tout entière. Bon dimanche, dans la Paix du Christ.
Peut-être Joachim a-t-il pris le temps d’aller lire la pensée de Joseph Moingt ?..
En tout cas merci pour ces échanges ; on a eu un aperçu en condensé de la rigidité d’un certain point de vue bien occidentalo/romain…
Aujourd’hui dans nos églises de France les servants d’autel sont en train de remplacer les mouvements qui permettaient de lier foi et vie quotidienne (ACE, scoutisme, MEJ…) et sans doute aussi d’éveiller les consciences à une certaine saine critique… il me semble qu’il faudrait s’inquiéter de cela…