Quand les Pères de l’Eglise soutiennent le Comité de la jupe

Mardi 25 août 2009
Par comitedelajupe

gregoire

Je ne résiste pas au plaisir de vous citer ces deux extraits de textes de l’époque patristique (tirés, bien sûr, de Sources Chrétiennes).
Le premier est d’un pape: Grégoire le Grand (pape de 590 à 604): dans la 25ème Homélie sur l’évangile, il commente la parole de Jésus ressuscité à Marie (Madeleine): “Ne me touche pas”.
Ces mots montrent que Marie a voulu embrasser les pieds de celui qu’elle a reconnu. Mais le maître lui dit: “Ne me touche pas”. Ce n’est pas qu’après sa résurrection, le Seigneur a refusé d’être touché par des femmes, puisqu’il est écrit des deux femmes qui viennent à son tombeau: “Elles s’approchèrent de lui et lui saisirent les pieds” (Mt 28, 9). (Homélie 25, 5; trad. G. Blanc, Sources Chrétiennes n° 522, p. 117-119).
Voilà un avis autorisé à opposer à ceux (celles?) qui pensent qu’une femme ne peut approcher de l’autel, ni une fille être enfant de chœur… (La suite explique que “Jésus monte vers son Père dans notre cœur, lorsque nous le croyons égal au Père”; c’est donc la foi, et nul autre critère, qui permet de “toucher le Seigneur”.)

Le deuxième texte concerne autre chose: la compatibilité de l’état de vie conjugal et du “sacerdoce”. Mais il émane du pouvoir civil et non d’une autorité ecclésiale: c’est une loi du Code théodosien qui ne veut pas qu’on fasse pression sur les clercs qui étaient mariés avant leur ordination, pour qu’ils se mettent à vivre en célibataires. Je trouve ce qui est dit magnifique:
Et même une chaste affection exhorte à ne pas abandonner celles qui, avant le sacerdoce de leurs époux, leur avaient été unies en mariage légitime. En effet, il n’est  nullement déplacé de voir unies aux clercs celles qui, en partageant leur vie, les ont rendus dignes du sacerdoce.
Code Théodosien XVI, 2, 44, trad. J. Rougé, SC 497, p. 211. C’est une loi datable de 420, promulguée par les empereurs Honorius et Théodose. Quand le pouvoir civil donne des leçons d’humanité à l’Eglise!!!

Bernard Meunier, chercheur au CNRS, est directeur de l’Institut et de la collection des « Sources Chrétiennes » à Lyon.

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6 commentaires sur “Quand les Pères de l’Eglise soutiennent le Comité de la jupe”

  1. Julius

    La conclusion tirée du premier élément est toute fantaisiste.

    Le deuxième élément n’a nullement l’autorité d’un père de l’Eglise.
    Il semble par ailleurs tronqué et sorti de son contexte.
    L’objectif à l’époque était, sans rompre le lien juridique du mariage, d’éviter la vie commune ou tout au moins de vivre « comme frère et soeur », c’est à dire dans la continence absolue.
    Des conciles ultérieurs ont dû durcir ces conditions à cause des abus (= du non respect de la continence).
    Il s’agit bien sûr de clercs déjà mariés, AVANT leur ordination.

    Si l’on veut éviter qu’une femme soit enfant de choeur ou présente dans le sanctuaire, c’est d’abord pour éviter d’y retrouver la concubine du prêtre, mais c’est aussi pour tuer dans l’oeuf tout désir de prêtrise féminine.

    Une telle situation tuerait l’Eglise et conduirait à la charmante situation anglicane, où récemment un « révérend » a célébré le « mariage religieux »(entre eux) de deux autres révérends.

    Si c’est votre désir, faites vous anglicane, essayez ensuite d’éviter l’explosion de cette confession qui n’a même plus de théologie cohérente. Après vous pourrez en reparler dans l’Eglise catholique.

    #64
  2. Pour « tuer dans l’oeuf tout désir de prêtrise féminine » : une solution, une seule, radicale : ne pas baptiser les filles. Parce que c’est de là que vient toute cette scandaleuse embrouille : dans le Christ ressuscité, « il n’y a plus ni l’homme ni la femme », dit l’Apôtre.

    #67
  3. Julius

    Chère Thérèse,

    bien sûr je pourrais dédaigner de la main votre provocation.

    Je pourrais aussi vous rappeler que vous faites dire à l’apôtre ce qu’il ne dit pas.
    D’abord parce que l’Eglise a voulu unir les nations, non les détruire (bien qu’il n’y ait plus « ni juif, ni grec ») et qu’en cela la chrétienté n’est PAS l’Oumma musulmane, qui nie les différences, au risque d’avilir l’homme en le privant de son héritage culturel.
    Ensuite parce qu’il y a dans la première aux corinthiens, des passages qui vont explicitement contre cela (« la femme a été faite pour l’homme et non l’homme pour la femme »).
    Bref l’homme est l’homme, la femme est la femme, aucun n’est « l’humain »!

    Le problème est que je sens dans vos propos l’expression d’une douleur et d’un désir, somme toute d’apparence légitime …
    Pourtant je n’ai pas le choix : une femme-prêtre est inacceptable, impensable.

    Il faut soigner, guérir ce désir, il est irréaliste! De toute façon de nombreux hommes (dont moi) ne sont pas prêtres et vu la charge, je ne le regrette pas vraiment (est-ce lâcheté ?).
    Nous sommes appelés à des charges, états, devoirs, différents. De même les dons reçus sont différents.
    L’âne reproche-t-il à la montagne d’être là ? Non, il la gravit et c’est bien.
    Qui est le plus grand? se demandaient les apôtres et leur mère venait défendre leur cause.
    Ce n’est pas la jalousie qui fait le bonheur …
    Bernanos faisait dire à ses carmélites : « ce n’est pas la règle qui nous garde, c’est nous qui gardons la règle. »
    Avoir une âme d’enfant c’est aussi cela.

    #204
  4. Christine

    @Julius,
    Cher ami, vous qui semblez soupçonner beaucoup de névrose, de frustrations et d’hystérie chez les femmes qui regrettent que le sacerdoce ne soit pas ouvert aux femmes, méfiez-vous de votre inconscient qui vous fait dans deux commentaires successifs, dans les images que vous utilisez, assimiler les femmes à des ânes et à des lapins roses. permettez-moi d’être dubitative.

    #207
  5. Julius

    C’est un peu faible comme attaque, mais bon :
    -je ne vois pas où j’ai pu envisager de la névrose ou même de l’hystérie, là c’est votre inconscient qui parle.
    - âne et lapin sont des images prises au hasard.
    - l’âne n’est jamais pris comme symbole féminin (« monté comme un âne ») . Par ailleurs dans mes propos, la comparaison était louangeuse, ce que je visais était la ténacité humble.
    - le lapin rose est peut être inconscient, je cherchais quelque chose qui MANIFESTEMENT ne s’applique pas au Christ. J’ai voulu éviter une comparaison trop injurieuse.
    - dans les deux cas, il ne s’agissait pas de comparer ces animaux spécifiquement à des femmes.

    Désolé si je vous surprends ou choque, mais pour moi, les hommes sont AUSSI des chrétiens !!!

    Décidemment, y a du boulot.

    #209
  6. @ Julius,
    Pour Thérèse de Lisieux l’Eglise est un coeur brûlant d’amour… Je le crois moi aussi envers et contre tout, je m’efforce d’en vivre chaque jour un peu mieux et cela me met dans une JOIE au-dessus de toute tristesse passagère, une joie qu’il me faut allumer ou raviver chez d’autres. Et Thérèse a beaucoup parlé de ses « désirs » dont elle n’avait pas peur. (Manuscrit B.) Remarque en passant : elle écrit à l’époque où Freud découvre l’inconscient…
    La question du « sacerdoce des femmes » qui vous fait si peur est mal posée. Elle n’est de toute façon à mon avis plus de saison : le magistère a raté le coche de l’ouverture du sacerdoce ministériel à tous les baptisé-e-s, homme ou femmes, marié-e-s on non. On est selon moi désormais au-delà, on est devant quelque chose qui demande à naître et qui va demander à tous, du Pape à la dame qui change les fleurs au pied de l’autel, efforts et courage, foi et confiance, toutes choses dont l’amour rend capable. Au moment d’entrer dans sa Passion, Jésus a pris l’image de la femme dans les douleurs de l’enfantement (Luc): il est permis de voir les « crises » actuelles qui secouent l’Eglise comme… des contractions qui seraient moins douloureuses si on se crispait moins !

    Répondre à vos insinuations (besoin d’être guérie, jalouse etc.) serait du temps perdu. De même il faudra bien cesser un jour d’accoler le mot « revendications » à toute demande venue d’en-bas, du terrain, ce tic de langage dont La Croix ne se corrige pas. Ces soupçons tuent dans l’oeuf le dialogue.
    Comment peut-il se faire que ce que font naître dans l’âme le baptême, la confirmation et l’Eucharistie puisse être différent chez l’homme et la femme ? Ces sacrements sont tournés vers la Parousie (quand le Christ récapitulera tout en Lui pour tout remettre à son Père): il faut bien que la pratique et la discipline de l’Eglise nous en donnent le goût, nous en fassent sentir dès maintenant la saveur. C’est tourné vers cet horizon que Paul dit « il n’y a plus ni l’homme ni la femme » et le 4° Evangile nous dit à toutes pages que la vie éternelle est déjà commencée. C’est de là que je parle, dans la foi nourrie de ce Pain-là.
    Un laïc homme ou femme, peut-il aujourd’hui donner – dans la grande Eglise, dans la Maison commune et non pas dans quelque groupe spécial – pleine mesure aux charismes qu’il a reçus ? D’expérience beaucoup répondront non comme moi. Et si on se posait la question que l’Esprit en soit empêché, contristé ?

    #217

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