Pandémie, confinement, égalité

Auteur.e: 
Valérie Josse
Date: 
10/04/2020

 

Serait-ce un effet du confinement ?

Regardant pour la première fois de ma vie la messe des Rameaux à la télévision, assise dans mon canapé face à ce huis clos un peu triste tourné en studio, il me semble que je n’ai jamais écouté cet Évangile avec la même attention.

Une évidence me frappe avec une force sans précédent : quand Jésus, au seuil de la Passion, a besoin de ses disciples, que font-ils ? Ils dorment. Et pas qu’une fois ! Puis Judas le trahit, Pierre le renie.

Et pourtant, encore aujourd’hui, c’est la masculinité des Douze que certains persistent à opposer à toute tentative d’ouvrir la gouvernance de l’Église à la moitié de l’humanité. Aux femmes qui, pourtant toujours présentes auprès de Jésus, comme Christine Pedotti l’a merveilleusement mis en lumière, ont reçu de lui la mission la plus importante, celle de faire connaître la nouvelle de la Résurrection. Une nouvelle que les disciples, d’ailleurs, refusent d’abord de croire… parce qu’elle leur est transmise par des femmes !

Comme si ce n’était pas assez de l’Évangile des Rameaux, la Une du journal Le Parisien, le même dimanche 5 avril 2020, en rajoute encore. Alors que le gouvernement commence à envisager des stratégies de sortie du confinement, dans la perspective encore incertaine de la fin de la crise sanitaire, c’est à l’expertise de quatre hommes que recourt Le Parisien pour « raconter le jour d’après ». C’est édifiant. Les infirmières, les caissières, les enseignantes, les auxiliaires de vie, les aides-soignantes, les médecins… toutes ces femmes en première ligne, avec les hommes, qui s’exposent pour lutter contre la pandémie et préserver notre quotidien ne comptent pour rien dès qu’il s’agit de réfléchir aux choses importantes…

Serions-nous à la veille d’un retour en arrière ?

« Rien n’est jamais acquis. Il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Votre vie durant, vous devrez rester vigilantes. » Cet avertissement de Simone de Beauvoir semble, hélas, en cette période si particulière, plus que jamais d’actualité !

 

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